Références

"Nous allons nous entretenir aujourd'hui d'une époque [à laquelle] nous devons tout ce que nous avons : je veux parler de la Révolution de 1789 [...]
Je pense ne surprendre personne ici en déclarant que moi, enfant du peuple comme vous tous, je suis un admirateur de cette Révolution, qui a tout fait pour la classe à laquelle nous appartenons. Partisan résolu des principes ineffaçables contenus dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, je ferai tout mon possible pour arriver à les faire connaître, ces principes devant former le catéchisme de tout républicain [...]
[La République] a fait de grands efforts pour rendre les lois plus justes, et pour que les charges soient également réparties entre tous les citoyens. Elle a surtout cherché à améliorer le sort du peuple, de l'ouvrier, de ce qu'on a l'habitude d'appeler le petit."
Conférence populaire prononcée par l'instituteur d'une commune du Loir-et-Cher (167 habitants) en 1899, publié par J. OZOUF, Nous les maîtres d'école, Paris 1967.

Recherche

Texte Libre

Citoyen, citoyenne,

Vous trouverez ici quelques contributions visant à participer humblement aux débats concernant la "chose publique" et la vie de la "cité".

Pourquoi ? Parce que la politique n'est pas une activité abstraite réservée à une élite, mais bien un processus démocratique aboutissant à des décisions qui influencent la vie quotidienne de chacun d'entre nous.

Participez vous aussi, et enrichissez le débat en laissant vos commentaires.

Salut et Fraternité

PS : les articles purement historiques sont regroupés désormais sur le blog http://pagesdhistoire.over-blog.com/

vie démocratique

Samedi 24 novembre 2007

En 2003, un rapport du Conseil d'Etat constatait : 
"Le statut de la fonction publique a permis que se constitue en France une fonction publique intègre, professionnelle et impartiale, aussi bien au service de l'Etat que des collectivités territoriales et des établissements publics".

Le statut du fonctionnaire est à la fois, pour lui-même, une contrainte et une protection.
Le statut est une contrainte, puisque le fonctionnaire s'engage pleinement et exclusivement au service de l'Etat (il ne peut pas exercer un autre emploi en même temps que celui de fonctionnaire), qu'il doit accepter des mutations géographiques, et se contenter d'une grille de rémunération inférieure à celle du privé.

Mais le statut est aussi une protection, qui rend le fonctionnaire indépendant du pouvoir politique. D'abord, le fonctionnaire est recruté par concours, ce qui limite les phénomènes de clientélisme ou de cooptation; ensuite le fonctionnaire détient en propre son grade, lequel est distinct de son poste; mais encore l'Etat doit donner un poste au fonctionnaire qu'il a recruté, et si ce poste n'existe temporairement plus, l'Etat doit maintenir son traitement dans l'attente d'une affectation. Ces deux dernières dispositions visent clairement à empêcher que l'administration puisse supprimer un poste pour se débarrasser d'un fonctionnaire. Certes, le fonctionnaire encoure toujours le risque d'être muté, mais il ne sera pas du jour au lendemaine sans ressources. 
Or, il faut insister sur ce point, ces garanties ne sont pas là pour le bien-être personnel du fonctionnaire, mais bien pour que le fonctionnaire soit en mesure d'être indépendant du pouvoir politique d'une part, et de sa hiérarchie locale d'autre part. Cette indépendance garantit in fine
l'impartialité du fonctionnaire vis-à-vis des citoyens.
Il est donc important de mobiliser les citoyens pour la préservation du statut du fonctionnaire, et pour éviter que ne s'y substituent des contrats. Car, les employés du privé le savent bien, un contrat peut être rompu; un employé recruté par contrat peut être licencié, et en particulier s'il s'oppose - à un moment ou à un autre - à sa hiérarchie. 
On voit clairement que des fonctionnaires recrutés par contrat tomberaient irrémédiablement sous la coupe du politique, et devraient changer de comportement en fonction des alternances, ou pire encore favoriser ou défavoriser telle ou telle catégorie de citoyens ou tel ou tel individu en fonction des consignes qui leur seraient transmises  !
Pour citer Anicet LE PORS, ancien ministre de la Fonction publique, la conception française de la fonction publique repose sur "l'égalité, l'indépendance, la responsabilité. Ainsi, le fonctionnaire, citoyen à part entière, n'est pas un sujet du pouvoir politique, ni de l'administration, mais assume une responsabilité importante car il sert l'intérêt général." (Revue Pour, n°124, novembre 2007, p. 21).

Par Serge MAUPOUET
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 10 avril 2008

Qu'est-ce qu'être vraiment à gauche ?
Débat épineux ? Oui, si on entre dans les détails ... non si on cherche à dégager les grandes lignes.
En tout cas, ce n'est pas forcément se positionner comme le souhaiterait BHL ... et ce n'est pas non plus une adhésion à un courant de pensée particulier. Car, il n'y a pas une seule gauche, il y a bien des gauches.

Non, être à gauche, c'est surtout adopter une certaine ligne de conduite :
- avant chaque décision, choisir de faire passer l'intérêt du plus grand nombre avant l'intérêt du plus petit nombre. Prendre des décisions pour le peuple, c'est être de gauche.
- s'assurer que les décisions prises sont partagées par le peuple. Gouverner avec le peuple, c'est aussi être de gauche.

Etre à gauche, c'est se battre sur le terrain des idées, en souhaitant aller vers un idéal de progrès, et de progrès partagé :
- aller dans le sens de la proposition constructive - mais dans le respect des deux points précédents (gouverner dans l'intérêt du plus grand nombre, gouverner avec le peuple), et non pas de la réaction conservatrice; être une force de progrès démocratique et social, c'est être de gauche;

Etre à gauche, c'est être dans le combat politique et social :
- constater que la société actuelle est le résultat d'une évolution, elle-même permise par une succession de combats, dans les domaines politique et social; être dans la lutte, c'est être de gauche;

Etre à gauche, c'est aussi partager un héritage :
- se souvenir que la gauche plonge ses racines dans la Révolution française d'abord, dans celle de février 1848 ensuite, et par conséquent concevoir la Nation comme une émanation de la volonté populaire; la Nation, selon la "conception française" (cf. Renan), est en effet issue de la volonté collective de vivre ensemble en partageant une histoire, un héritage, des valeurs communes (ce dernier point n'étant pas des moindres);
- les républicains de gauche précisent qu'il est nécessaire d'admettre la Nation comme constituant une protection pour le plus grand nombre, et comme étant un espace d'épanouissement démocratique particulièrement pertinent; c'est en outre agir pour faire en sorte que l'Etat national ne soit pas un outil de contrainte aux mains du plus petit nombre, mais bien un outil de développement pour tous; agir prioritairement dans le cadre de la Nation, au bénéfice des citoyens, c'est être de gauche. Et cela n'empêche pas d'avoir un esprit tolérant, ouvert à l'universel, etc. A mon sens, cette conviction qu'il est nécesaire de continuer à agir prioritairement à l'échelon national, devrait aussi être un des fondements de la gauche : on voit bien, en effet, et chaque jour un peu plus, que c'est par l'affaiblissement de la Nation comme échelon protecteur, que les forces de la conservation, de la régression sociale, qui peuvent être dominantes à des échelons supranationaux, font des progrès en France même.

Ce qui manque à la gauche de gouvernement, ce qui explique qu'elle perde périodiquement les élections, notamment présidentielles et législatives, - alors même qu'elle devrait être en position de les gagner, comme en 2007 - c'est qu'elle n'apparaît plus vraiment à gauche, parce qu'elle ne respecte pas une certaine ligne de conduite, parce qu'elle n'agit assez pour un progrès partagé au bénéfice du plus grand nombre, parce qu'elle oublie d'être dans le combat social, et qu'elle renonce à assumer une partie de son héritage.

Il est important de savoir qui on est, pour savoir où l'on va, et encore plus lorsqu'il s'agit de susciter l'adhésion ...

Par Serge MAUPOUET
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 18 juin 2008

Selon une dépêche de l'AFP, "le Sénat a refusé mercredi d'inscrire la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution, revenant sur une disposition votée en ce sens par les députés en première lecture du projet de réforme des institutions." Une large majorité s'est dégagée contre cet amendement.
Prise de conscience après la mobilisation largement médiatisée de l'Académie française ? Sursaut républicain (on voudrait le croire ...) ? Quoiqu'il en soit, le Sénat a retoqué la proposition pourtant adoptée à la quasi-unanimité à l'Assemblée nationale !
Il est souvent question de l'inutilité de l'Académie française ... il est souvent question de l'inutilité du Sénat ... Pour cette fois, les Républicains - dont les jacobins - doivent une fière chandelle à l'existence de ces deux institutions pourtant fort conservatrices !
Soulignons que le vote a transcendé le clivage gauche-droite :
"La majorité UMP mais aussi les centristes, les communistes, les radicaux - dont l'ancien PS Michel Charasse - et quelques sénateurs PS, comme Robert Badinter ou Jean-Luc Mélenchon, ont voté la suppression. La majorité du PS, les Verts et quelques UMP ont en revanche voté contre."[1] et [2]

[1] http://www.lefigaro.fr/politique/2008/06/18/01002-20080618ARTFIG00614-langues-regionales-le-senat-contredit-l-assemblee.php
[2] évidemment, l'article du Figaro (journal qui, je le précise, n'est pas du tout dans mes lectures préférées - une fois n'est pas coutume ...), ne mentionne pas le vote du sénateur MRC. Mais François Autain a bien voté pour la suppression de la disposition ajoutée par les députés. Vous pouvez le vérifier sur le site du Sénat : http://www.senat.fr/scrupub/2007/scr2007-98.html

__________________________________________________________________________________________
Le 3 juin précédent, j'avais pu écrire sur "L'inquiétude légitime de Jean-Luc MELENCHON face à la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution" :
Fier d'être jacobin". Voilà une affirmation devenue rare face à la pression d'un politiquement correct qui favorise d'autres orientations et jette largement le discrédit a priori sur celle-ci ... Mais Jean-Luc MELENCHON l'a bien dit, et nous le remercions chaudement. Cela fait vraiment du bien d'entendre un homme politique de premier plan affirmer son jacobinisme !

C'est lors du débat au Sénat, mardi 13 mai 2008, "autour d’une question orale avec débat posée par Nicolas Alfonsi (sénateur rdse)  à la ministre de la culture et de la communication à propos de la sauvegarde et la transmission des langues régionales ou minoritaires" [1] que le sénateur PS a senti nécessaire de réaffirmer ce positionnement.

Alros que les députés ont souhaité, presqu'unanimement [2], inscrire dans la prochaine révision constitutionnelle que "les langues régionales font partie du "patrimoine" de la France"" [3], Jean-Luc MELENCHON a exprimé son inquiétude, et a évoqué les risques de dérives communautaires [4].

L'ensemble du discours mérite d'être consulté, mais je vous en donne un extrait, qui me semble significatif, concernant les implications de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, dont la ratification serait sans doute facilitée, dans un second temps, par l'adoption de la révision constitutionnelle [5] :

"Le fait de parler une langue différente ne suffit pas à instituer des droits particuliers en faveur de ses locuteurs ! Or c’est ce que prévoit explicitement la charte : il s’agit d’encourager la pratique de ces langues « dans la vie publique et la vie privée ».
S’agissant de la vie privée, je rappelle que le caractère laïque de notre République interdit que les institutions gouvernementales et étatiques fassent quelque recommandation que ce soit concernant la vie privée des personnes.
Quant à la vie publique, il est précisé que les États doivent « prendre en considération les besoins et les vœux exprimés par les groupes pratiquant ces langues ».

À l’évidence, ce texte [il s'agit ici de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires] a été écrit à l’intention de pays où des secteurs entiers de la population parlent une autre langue que la langue nationale et seulement celle-là, comme c’est le cas des minorités hongroises ou autres, qui existent dans divers pays de l’Union européenne. Mais en aucun cas il n’a été écrit pour la France, car dans quelles conditions peut-on désigner les représentants de ces groupes ? Va-t-on maintenant élire des représentants des locuteurs de telle ou telle langue ? Non ! C’est en totale contradiction avec l’idée d’égalité républicaine !

Il ne peut être question de faire bénéficier de procédures en langues régionales devant les autorités judiciaires, comme le prévoit l’article 9 de la charte, ou devant les services publics, comme le décide l’article 10. Témoigner, poursuivre en justice, signer des contrats dans une autre langue que la langue française constituerait un recul par rapport à l’ordonnance de Villers-Cotterêts. Pourtant, c’est ce que prévoit cette Charte européenne des langues régionales ou minoritaires !

Le Conseil constitutionnel a donc eu raison de dire, en 1999, qu’en conférant « des droits spécifiques à des “ groupes ” de locuteurs de langues régionales ou minoritaires, à l’intérieur de “ territoires ” dans lesquels ces langues sont pratiquées, [cette Charte] porte atteinte aux principes constitutionnels d’indivisibilité de la République, d’égalité devant la loi et d’unicité du peuple français. »

[...]

Pour toutes ces raisons, la République française n’a donc rien à gagner à modifier sa Constitution pour ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Elle ne pourrait que se renier en le faisant. Elle doit, tout au contraire, continuer sa politique bienveillante et intégratrice, qui donne aux cultures et aux langues régionales toute leur place dès lors que la République est première chez elle !"


Merci M. MELENCHON de votre bel et courageux argumentaire.

Notes :
[1] présentation de son intervention par Jean-Luc MELENCHON lui-même, sur son blog. Voir l'article complet à l'adresse http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=592
[2] Jean-Louis ANDREANI, "La revanche des langues régionales, in Le Monde, daté mardi 3 juin 2008, p. 2
[3] idem
[4]"Il ne s’agit pas de dire que la sauvegarde des langues et cultures régionales nous pousse sur la pente qui conduit automatiquement à la sécession, au particularisme et au communautarisme. Telle n’est pas mon intention ! Mais j’ai bien l’intention de dire que le risque existe." cf. http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=592
[5] Jean-Louis ANDREANI, "La revanche des langues régionales, in Le Monde, daté mardi 3 juin 2008, p. 2

Par Serge MAUPOUET
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 6 août 2008

Extraits de l’interview de Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel à l’université de Montpellier et membre de l’Institut Universitaire de France, publiée dans Libération du 8 juillet 2008, et reprise dans Combat républicain, n° 125, reçu le 6 août 2008.

Quel est le sens de cette révision constitutionnelle ?
Renforcer le pouvoir présidentiel ! Pour le comprendre, il faut revenir aux origines de la Ve République. En 1958, l’objectif est de mettre fin à la toute puissance du Parlement et de restaurer l’autorité de l’exécutif. Mais les constituants hésitent entre donner le pouvoir au Premier ministre - thèse de Michel Debré - ou au président de la
République - thèse du Général. Résultat : ils le donnent à l’un et à l’autre et une dyarchie s’installe au sommet de
l’Etat. D’où de multiples conflits au sein de l’exécutif, entre de Gaulle et Pompidou, Pompidou et Chaban, Giscard et Chirac, Mitterrand et Rocard, et aujourd’hui Sarkozy et Fillon. En 2000, le quinquennat et l’inversion du calendrier électoral commencent à trancher cette ambiguïté fondatrice : élus sur le nom du Président et dans la foulée de son élection, les députés sont pris dans un lien direct et de subordination au chef de l’Etat. La figure du Premier ministre est zappée.

L’actuel projet de réforme poursuit donc un mouvement déjà entamé ?
Oui, elle enlève, cette fois, des pouvoirs au Premier ministre. Par exemple, ce n’est plus lui mais le Président qui prononcera le discours de politique générale. Le Premier ministre perd aussi la maîtrise de l’ordre du jour puisqu’il devra le partager avec les présidents des groupes parlementaires. En outre, et c’est fondamental, les discussions des projets de loi ne se feront plus sur le projet rédigé par le Premier ministre mais sur le projet réécrit par les parlementaires. Il s’agit donc bien d’affaiblir la position du Premier ministre pour affirmer la primauté du Président.

Vous ne croyez donc pas à la volonté de l’Elysée de rééquilibrer les pouvoirs en faveur du Parlement ?
C’est un faux-semblant. Aujourd’hui, le Parlement ne peut plus être un lieu de contre-pouvoir ou d’équilibre du pouvoir exécutif. En France comme en Allemagne, en Espagne ou en Grande-Bretagne, partout, le Parlement et l’exécutif sont soudés. Il y a longtemps que Maurice Duverger a montré que celui qui gagne les élections gagne à la fois le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif. Le Parlement fait aujourd’hui partie de ce que Montesquieu appelait «la faculté de statuer». Quels sont, en 2008, les lieux «modernes» de la faculté d’empêcher, du contrepoids au bloc exécutif-législatif ? Les citoyens, la presse, la justice, la décentralisation… Or, sur tous ces sujets «modernes», la réforme est muette !

Pourtant, elle accorde beaucoup de nouveaux droits au Parlement…
De la poudre aux yeux. La vraie question n’est pas de renforcer le Parlement, lequel a peu ou prou les mêmes compétences que les parlements anglais, allemand, italien et espagnol. La vraie question, qui n’est pas dans la réforme, c’est le non-cumul des mandats : si les députés sont la moitié du temps dans leur mairie, leur conseil général ou régional, vous aurez beau donner tous les pouvoirs du monde au Parlement, si les députés ne sont pas là pour les exercer, rien ne changera.

A qui profite cette réforme alors ?
Au parti du Président. Prenons l’exemple de l’ordre du jour : aujourd’hui, il est fixé par le Premier ministre, trente
jours sur trente. Si la réforme est votée, ce sera quinze jours pour François Fillon, quatorze jours pour le patron des députés UMP, Jean-François Copé, et un jour pour celui des députés PS, Jean-Marc Ayrault. Il ne s’agit pas d’un pouvoir gagné par le Parlement mais d’un pouvoir supplémentaire pour le parti du Président. D’où l’intérêt porté par Nicolas Sarkozy aux députés UMP. D’où leur convocation régulière à l’Elysée, d’où sa tentation de  "décopéiser" le groupe UMP de l’Assemblée. Cette réforme donne un pouvoir de négociation réelle à l’UMP. Au point que certains craignent un retour au régime de partis, très décrié sous la IVe République. Tout dépendra de  l’importance et de la discipline du groupe majoritaire. (…)


Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 18 janvier 2009

L'Information géographique de décembre 2008 livre un article de Cyprien Richer intitulé "Questions vives pour la géographie de l'intercommunalité [1]". Une bonne base de départ pour une réflexion citoyenne sur l'état de l'intercommunalité aujourd'hui, à condition de ne pas s'en tenir ici à la "neutralité convenue" du travail universitaire, mais de la confronter avec des éléments plus politiques, au bon sens du terme.

C'est pourquoi, en tirant la substantifique moëlle de l'article, je vous propose de la mettre en relation avec les débats actuels sur la simplification de l'organisation territoriale (comité pour la réforme des collectivités locales, présidé par Edouard Balladur), mais aussi avec les positions de l'instigateur de la loi de 1999 sur "la coopération intercommunale" [2] (Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l’Intérieur entre 1997 et 2000). Or, le calendrier fait bien les choses, puisque Jean-Pierre Chevènement, désormais sénateur du Territoire de Belfort vient d'être auditionné, le 14 janvier 2009, dans le cadre de la mission du Sénat sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales [3].

Tout d'abord : qu'est-ce que l'intercommunalité ? Sur le site de l'AdCF (Assemblée des Communautés de France), on trouve la définition suivante :

"Définition de l'intercommunalité
  Quelques repères

L'intercommunalité est le rassemblement institutionnel de plusieurs communes qui partagent un projet de développement et mettent en commun pour sa réalisation leurs moyens et ressources dans un souci d'efficacité de la gestion publique.[...]
Il existe trois catégories de communautés :

- la communauté urbaine (elle constitue un ensemble d'un seul tenant et sans enclave de plus de 500 000 habitants),
- la communauté d'agglomération (elle constitue un ensemble de plus de 50 000 habitants d'un seul tenant et sans enclave autour d'une ou plusieurs communes centre de plus de 15 000 habitants.
- la communauté de communes ([...] elle doit regrouper regroupant plusieurs communes d'un seul tenant et sans enclave. Elle correspond à des territoires plutôt ruraux mais instaure une coopération intercommunale forte sur des axes essentiels de la vie locale).

Elles sont toutes dotées d'une fiscalité propre.
Les communautés de communes peuvent adopter une fiscalité additionnelle sur les 4 impôts directs locaux (taxe professionnelle, taxe d'habitation, deux taxes foncières: foncier bâti et foncier non bâti) ou choisir la taxe professionnelle unique (TPU).
Les communautés urbaines et d'agglomération sont, depuis la loi du 12 juillet 1999, de droit sous le régime de la taxe professionnelle unique.
Les communautés à taxe professionnelle unique gardent néanmoins la faculté d'adopter une fiscalité additionnelle sur les ménages (fiscalité mixte). [4]"


Pour Jean-Pierre Chevènement, il faut revoir en partie les seuils existants et "simplifier les outils de l’intercommunalité :
a) étendre aux grandes agglomérations (plus de 250.000 habitants) le statut de « communauté urbaine » (CU) ;
b) maintenir au-dessus (entre 50.000 habitants et 250.000 habitants) les communautés d’agglomération (CA) ;
c) réserver aux petites villes et au milieu rural le statut des communautés de communes (CC). Les cinq syndicats d’agglomérations nouvelles (SAN) devraient donc disparaître (au profit de CA ou de CC).[5a]
En outre, il propose d'inciter les plus petites communautés de communes à se grouper pour franchir le seuil des 10 000 habitants; mais encore d'appliquer une règle spécifique à la région parisienne : par exemple constituer une seule communauté urbaine, ou sinon penser à la Région Ile-de-France [5b].

Le géographe Cyprien Richer pointe, dans son article, le succès de l'intercommunalité, puisqu'en 2006 85% de la population française est insérée dans une institution intercommunale à fiscalité propre [6].  Jean-Pierre Chevènement, dans sa récente audition au Sénat, actualise les données : fin 2008, il y a au total 2.583 EPCI, groupant 33.600 communes, soit 92 % du total et 87 % de la population française [7]. L'AdCF propose sur son site internet une carte de l'intercommunalité [8]. Mais si Cyprien Richer souligne le succès de l'intercommunalité, c'est pour préciser immédiatement que "cette transformation profonde de l'architecture administrative française paraît cependant poser plus de questions qu'elle ne parvient à en résoudre. [9]"

L'idée intercommunale est ancienne, les premières "ententes intercommunales" remontent à 1837 [10]. Toutefois, les deux lois qui ont véritablement fait naître l'intercommunalité sont les lois de 1992 et 1999. L'expérience a été souvent promue pour recomposer l'échelon municipal, perçu par les élites comme trop émietté [11], ou pour adapter la réalité française à la "légalité européenne" [12] elle aboutit en réalité à conforter le rôle de la commune. La loi ATR de 1992 a promu l'intercommunalité "au rang de "territoire de projet""  en mettant en place une incitation financière : les regroupements se sont alors construits en fonction "d'affinités partisanes"[13].

Derrière une certaine unanimité ci-dessus relevée au sein des élites pour déplorer l'émiettement communal et sa supposée inadaptation au monde moderne, dénote le positionnement de Martin Vanier, relevé par Cyprien Richer : "Cependant, selon Martin Vanier, le mal territorial français, "idée facile et suspecte", caractérisé par l'émiettement communal, n'est, en fait, qu'une lecture partisane de notre organisation territoriale pour la faire évoluer dans le nouveau contexte européen. La France, d'après lui, n'a pas de raison particulière de "stigmatiser ses compromis institutionnels" puisqu'aucun pays ne peut se vanter d'avoir "trouvé le bon compromis entre l'idéal fonctionnel, les impératifs démocratiques, et les nécessités politiques" (Vanier, 1999) [14]" Pour Jean-Pierre Chevènement, l’EPCI n’est pas une collectivité locale mais plutôt une « Coopérative de communes ». Aussi, l’intercommunalité n’est pas un échelon supplémentaire de collectivité. La France, comme la plupart des pays d’Europe occidentale, a trois niveaux de collectivités : la commune, le département, la région. [15] Nonobstant, suivant Cyprien Richer, puisque la situation actuelle est celle du développement de nouveaux territoires locaux intercommunaux se superposant aux communes ou cantons, sans les faire disparaître, le pouvoir local se trouve complexifié d'une part, et l'analyse ne peut plus être que multiscalaire d'autre part [16].

L'intercommunalité s'est développée prioritairement au sein de régions où les solidarités intercommunales étaient déjà fortes en préalable à tout développement institutionnel. Ainsi, selon José Chaboche "trois arcs [ont été] rapidement couverts, suite à un processus déjà ancien : le Grand ouest, l'arc Rhône-alpin et le Nord-Est [17]", pour les raisons suivantes :
- élus issus des mêmes creusets syndicaux en Bretagne;
- modèle sociopolitique rhénan dans l'arc Rhône-alpin, liant les campagnes au réseau urbain;
- régions industrielles du Nord-Est souhaitant gérer les effets des crises sidérurgiques et minières, après la croissance des années 60
D'une manière plus générale, la constitution d'une identité intercommunale s'élabore sur le long terme. Soit la conscience d'une identité commune préexiste, et dans ce cas l'intercommunalité construit un cadre institutionnel la formalisant, soit cette identité n'existe pas, et elle est à construire par l'instauration d'un fonctionnement solidaire. Pour le premier cas, Cyprien Richer donne en exemple Villefranche-sur-Saône, pour le second cas, il cite le cas du Lunévillois [18].

Malgré l'essor du phénomène intercommunal, le géographe constate que la question de l'intercommunalité a peu passioné ses collègues. Il cite Guy Baudelle (1997) : "l'examen de certains indices laisse à penser que l'intercommunalité est un thème quasi-marginal dans la géographie française [19]"; puis remarque que les dictionnaires de géographie récents oublient de définir le terme "intercommunalité", tout comme la plupart des autres échelons administratifs, peut-être par une aversion disciplinaire persistante envers la géographie politique ou la géopolitique [20]; il note encore qu'une poignée de thèses de géographie ont toutefois porté sur l'intercommunalité [21] ; enfin, il relève qu'entre 1996 et 2006, seule une soixantaine d'articles, dans un corpus de 17 revues géographiques, ont traité de ce thème [22]. D'autres disciplines lui consacrent par contre de nombreux ouvrages : l'intercommunalité intéresse "les sciences politiques, les études administratives et fiscales ou les sciences économiques [23]".

Cyprien Richer s'interroge finalement pour savoir si l'on peut considérer l'intercommunalité comme un nouveau territoire [24] ? Plusieurs territorialités entrent en effet en concurrence : les communes, les pays, les ECPI. La commune comporte un fort ancrage identitaire, alors que l'ECPI n'est perçu que comme une institution de pure gestion. Le pays est lui un "vieux concept", initialiement utilisé en géographie pour désigner un espace porteur d'une cohérence, marqué par une certaine homogénéité. La loi sur les pays de 1995 a fait porter l'accent sur leur "cohésion géographique [25]", mais en maintenant le flou sur leur portée.
Pour Jean-Pierre Chevènement, le Pays n'a plus de raison d'être : "Il serait utile de fondre « les pays » dans les intercommunalités. Les « pays » n’ont pas de réalité institutionnelle. En tant que structures informelles ils n’ont pas d’avenir. Ils sont une source de complexification inutile. Ils doivent donc s’effacer." [26]

Suivant Cyprien Richer, l'intercommunalité semble, aujourd'hui, être plus un outil qu'une identité [27]. En outre, deux facettes de l'intercommunalité entrent parfois en concurrence : l'intercommunalité "de gestion", qui concerne les réseaux et équipement collectifs (électricité, eau, transports) , et l'intercommunalité "de projet" incluant des projets de développement économique et du territoire [28] (en particulier le souci d'une cohérence organisationnelle et d'une politique globale).

Cyprien Richer n'évoque pas la question des relations entre l'intercommunalité et le département. Aussi, sur cette question, il est possible de renvoyer le lecteur vers le dossier de l'AdCF : "Relations Conseils généraux et communautés : Pacte territorial ou lutte d'institutions ? [29]

Pour ce géographe, quelles questions restent ouvertes[30] ? Celles de ...
- la dimension optimale des regroupements intercommunaux : la division reste "trop étroite" (Chacoche, 2001)
- la technique de découpe : la création de pays calqués sur le simple maillage administratifs, ou bien de pays conduisant à la constitution de "fiefs politiques" (Frère, Richer, 2006), résultats tous deux éloignés de l'esprit présidant à la mise en place de ces structures; le grégraphe privilégie l'échelle du bassin versant, celle de l'agglomération, du bassin de vie, de la zone d'emploi, de l'aire urbaine [31]. L'aire urbaine est, en outre, le cadre spatial de référence de la Loi Voynet (1999) et de la loi SRU (2000). En 2006, Jean-Pierre Chevènement pouvait déjà constater que " la très grande majorité des aires urbaines disposent de structures d’action efficaces pour préparer l’avenir à moyen et long terme : 14 communautés urbaines, 164 communautés d’agglomération, alors que nous n’en prévoyions au départ qu’une quarantaine, et de nombreuses communautés de communes constituées autour de villes petites et moyennes [32]
- même remarque que la précédente sur les ECPI, qui sont constitués plus en fonction "des affinités électives [que des] préoccupation spatiales" (Chaboche, Baudelle, 2002)
- l'analyse spécifique du géographe, qui consiste à emboîter ou à mettre en relation des échelles différentes, conduit à mettre l'accent non pas tant sur le découpage des institutions intercommunales, mais sur leur nécessaire articulation. Ainsi, pour Martin Vanier, cité par Cyprien Richer : "c'est [...] la multiplication des échelles et des cadres territoriaux et, surtout, leur articulation qui représente la véritable innovation institutionnelle [33] ". Reprenant l'idée, en conclusion, Cyprien Richer oppose deux manières de considérer la questions intercommunale : "soit l'on discute inlassablement de la taille des périmètres, soit l'on considère la complexité institutionnelle comme une richesse, en recherchant les interactions nécessaires entre les différents échelons [34]."

Jean-Pierre Chevènement, propose de son côté de mieux prendre en compte le rôle des intercommunalités, en particulier par la relance  des contrats de plan entre l’Etat et les groupements intercommunaux, pour un meilleur aménagement du territoire, notamment en matière d’équipements communautaires et d’habitat social [35]. En outre, pour lui, si un danger menace aujourd'hui les intercommunalités, c'est la question de leur financement : "Le vrai danger qui menace les intercommunalités est constitué aujourd’hui par l’érosion de [leur] principale ressource : la TPU, aujourd’hui amputée de la part salariale (dont la progression est alignée à environ 1 % sur celle de la DGF) et plafonnée à 3,5 % de la valeur ajoutée, ce qui touche environ 40 % des bases. Par ailleurs la progression de ces mêmes bases est ralentie voire annulée par le retournement de conjoncture économique. Il faut inscrire cette difficulté de financement dans une perspective plus vaste : celle de la réforme de la fiscalité locale pour garantir une progression raisonnable de ses recettes à l’intercommunalité. La création d’une fiscalité additionnelle, aujourd’hui souvent rendue inévitable par la contradiction entre la nécessité de mener à bien de véritables projets d’agglomération et la stagnation des recettes de TPU, n’est pas une solution pour l’avenir à très long terme. [36]"

[1] "Questions vives pour la géographie de l'intercommunalité", par Cyprien Richer, post-doctorant à l'Université de Franche-Comté, Laboratoire ThéMA, in L'Information géographique, n°4, volume 72, décembre 2008, Armand Colin, Paris, pp. 56-77.
[2] voir le texte de Loi sur légifrance http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000005628197&dateTexte=20090118
[3] "Des réformes ciblées pour les collectivités territoriales" - Intervention de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, ancien ministre de l’Intérieur, dans le cadre de la mission sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales, mercredi 14 janvier 2009.
[4] http://www.adcf.asso.fr/2-163-Fiche-Intercommunalite.php?num=22
[5a] et [5b] "Des réformes ciblées pour les collectivités territoriales" - Intervention de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, ancien ministre de l’Intérieur, dans le cadre de la mission sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales, mercredi 14 janvier 2009. http://www.chevenement.fr/Des-reformes-ciblees-pour-les-collectivites-territoriales_a750.html
[6] "Questions vives pour la géographie de l'intercommunalité", par Cyprien Richer, op. cit. p. 57 ; à
confronter avec la déclaration du ministre délégué aux collectivités territoriales, le 17 mars 2006 au Sénat, qui avance le chiffre de 32 913 communes concernées par l'intercommunalité à fiscalité propre, soit 53,8 millions d’habitants au 1er janvier 2006. Jean-Pierre Chevènement précise que "les groupements à taxe professionnelle unique concernent, eux, 15 130 communes et 40,9 millions d’habitants, soit les deux tiers de la population française." (intervention à la 17e Convention nationale de l'ADCF, Deauville, jeudi 12 octobre 2006)
[7] "Des réformes ciblées pour les collectivités territoriales" - Intervention de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, ancien ministre de l’Intérieur, dans le cadre de la mission sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales, mercredi 14 janvier 2009. http://www.chevenement.fr/Des-reformes-ciblees-pour-les-collectivites-territoriales_a750.html
[8] carte "La France intercommunale 2008" http://www.intercommunalites.com/2-163-Fiche-Intercommunalite.php?num=117
[9] "Questions vives pour la géographie de l'intercommunalité", op. cit., p. 56
[10] idem, p. 64
[11] environ
36 600 communes en France, contre 8 000 en Italie et en Espagne, 1 400 en Allemagne, 590 en Belgique, mais selon Jean-Pierre Chevènement : "c’est dans la commune d’abord que vit le principe de la démocratie." in Jean-Pierre Chevènement, "éléments d'intervention à la 17e Convention nationale de l'ADCF", Deauville, jeudi 12 octobre 2006 
[12] "Des réformes ciblées pour les collectivités territoriales" - Intervention de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, ancien ministre de l’Intérieur, dans le cadre de la mission sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales, mercredi 14 janvier 2009. http://www.chevenement.fr/Des-reformes-ciblees-pour-les-collectivites-territoriales_a750.html
[13] "Questions vives pour la géographie de l'intercommunalité", op. cit p. 65
[14] idem, p. 64
[15]
idemi, p. 65
[16] idem, p. 73
[17] idem, p. 62
[18] idem, p. 65
[19] idem, p. 59
[20] idem, p. 59 et note 5, même page
[21] liste disponible : idem, notes p. 60
[22] idem, p.61
[23] idem, p. 61
[24] idem, p. 66
[25] idem, p. 67
[26] "Des réformes ciblées pour les collectivités territoriales" - Intervention de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, ancien ministre de l’Intérieur, dans le cadre de la mission sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales, mercredi 14 janvier 2009. http://www.chevenement.fr/Des-reformes-ciblees-pour-les-collectivites-territoriales_a750.html
[27] "Questions vives pour la géographie de l'intercommunalité", op. cit., p. 67
[28] idem, p. 69
[29] 
http://www.adcf.asso.fr/files/dosinstitetjuridique/dossier-dApartements-agglos-0908.pdf
[30] "Questions vives pour la géographie de l'intercommunalité", op. cit., p. 70
[31] idem, p. 71, note : ""La notion d'aire urbaine est porteuse d'une double référence : explicite, à un schéma monocentrique classique composé d'un centre et de sa périphérie; implicite, à l'organisation d'un système de transports optimisé en vue de garantir l'accessibilité à ce centre principal" (Gallet, 2005). De ce fait, l'aire urbaine correspond aux limites de la ville automobile; il apparaît donc paradoxal d'estimer que l'optimum territorial de l'intercommunalité (et des transports publics) soit l'aire urbaine."
[32] Jean-Pierre Chevènement, "éléments d'intervention à la 17e Convention nationale de l'ADCF", Deauville, jeudi 12 octobre 2006
[33] "Questions vives pour la géographie de l'intercommunalité", op. cit., p. 72
[34] idem, p. 73
[35] Jean-Pierre Chevènement, "éléments d'intervention à la 17e Convention nationale de l'ADCF", Deauville, jeudi 12 octobre 2006
[36] "Des réformes ciblées pour les collectivités territoriales" - Intervention de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, ancien ministre de l’Intérieur, dans le cadre de la mission sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales, mercredi 14 janvier 2009. http://www.chevenement.fr/Des-reformes-ciblees-pour-les-collectivites-territoriales_a750.html






Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 10 mai 2009

Georges SARRE vous donne rendez-vous, pour une réunion publique à ne pas manquer, avec Jean-Yves AUTEXIER, Michel CHARZAT, Marie-Noelle LIENEMANN, dans le XIème arrondissement (68, av Philippe Auguste).

Oui, il existe encore des hommes et des femmes politiques engagés pour la République sociale. C'est le point commun des orateurs de cette soirée. L'une est au PS, deux sont au MRC, l'un est indépendant, engagé dans l'association 'la gauche avant tout'. Ils dépassent les horizons de leurs organisations respectives et proposent du 'neuf', à 'gauche', contre la 'crise'.

Dans la très grave crise économique et sociale que nous traversons, la Gauche doit trouver au plus profond de ses idéaux la force de se hisser à la hauteur de l'enjeu pour proposer une véritable alternative à la mondialisation libérale. Elle doit pour cela repousser toutes les tentations au renoncement et avoir le courage de proposer une puissance publique réhabilitée, adossée à une citoyenneté relevée, dans une France fière de son modèle républicain et une Europe respecteuse des peuples, protectrice, coopérative.

D'horizons différents, de partis et organisations diverses, les orateurs partagent cette orientation fondamentale et débattront, en toute liberté, de cette gauche d'avenir que nous avons la responsabilité de construire.

Venez donner votre avis. Encouragez cette initiative. Participez à cette réunion publique !

Ne pas manquer !


Réunion publique, mardi 12 mai,
sur le thème "La Gauche, la Crise, le Neuf"

présidée par Jean-Yves AUTEXIER,
avec Michel CHARZAT, Marie-Nolle LIENEMANN et Georges SARRE

19H30, au gymnase du 68 avenue Philippe-Auguste, dans le XIeme
(Métro Alexandre-Dumas, Avron, ou Rue des Boulets)

 

Source : lettre électronique du blog de Georges SARRE

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Un instituteur...

Discours de Gambetta à la réunion des Comités républicains à Bordeaux (le 26 juin 1871) :

 "Il n'y a de politique vraiment sage, vraiment féconde, que celle du pôle républicain.

 Il ne faut pas nous laisser détourner du droit chemin ni par les calomnies ni par les injures; et j'ai la conviction que, si nous voulons tenir bon et rester au poste, si nous voulons incessamment, sur toutes les questions posées, produire les solutions républicaines, nous arriverons à démontrer bientôt, sur toutes les questions posées que nous valons mieux que les injures, que nous sommes un parti de gouvernement capable de diriger les affaires, le parti de l'intelligence et de la raison, et que c'est parmi les hommes se réclamant de nos principes qu'on trouvera vraiment les garanties de science, de désintéressement et d'ordre, sans lesquelles un gouvernement n'est qu'une affaire au profit de quelques uns.

 Aux plus sages ! aux plus dignes ! Parfaitement ! c'est une gageure qu'on doit accepter. Ce n'est pas une formule nouvelle pour des républicains : c'est leur dogme, de ne voir attribuer les fonctions publiques qu'au mérite et à la vertu.

 Oui, quelque calomniés que soient aujourd'hui les hommes et les principes de la Révolution française, nous devons hautement les revendiquer, poursuivre notre œuvre."

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés