Selon une dépêche de l'AFP, "le Sénat a refusé mercredi d'inscrire la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution, revenant sur une disposition votée en ce sens par les
députés en première lecture du projet de réforme des institutions." Une large majorité s'est dégagée contre cet amendement.
Prise de conscience après la mobilisation largement médiatisée de l'Académie française ? Sursaut républicain (on voudrait le croire ...) ? Quoiqu'il en soit, le Sénat a retoqué la
proposition pourtant adoptée à la quasi-unanimité à l'Assemblée nationale !
Il est souvent question de l'inutilité de l'Académie française ... il est souvent question de l'inutilité du Sénat ... Pour cette fois, les Républicains - dont les jacobins - doivent une
fière chandelle à l'existence de ces deux institutions pourtant fort conservatrices !
Soulignons que le vote a transcendé le clivage gauche-droite :
"La majorité UMP mais aussi les centristes, les communistes, les radicaux - dont l'ancien PS Michel Charasse - et quelques sénateurs PS, comme Robert Badinter ou Jean-Luc Mélenchon, ont voté la
suppression. La majorité du PS, les Verts et quelques UMP ont en revanche voté contre."[1] et [2]
[1] http://www.lefigaro.fr/politique/2008/06/18/01002-20080618ARTFIG00614-langues-regionales-le-senat-contredit-l-assemblee.php
[2] évidemment, l'article du Figaro (journal qui, je le précise, n'est pas du tout dans mes lectures préférées - une fois n'est pas coutume ...), ne mentionne pas le vote du
sénateur MRC. Mais François Autain a bien voté pour la suppression de la disposition ajoutée par les députés. Vous pouvez le vérifier sur le site du Sénat : http://www.senat.fr/scrupub/2007/scr2007-98.html
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Ségolène Royal nous parle d'une VIe République basée sur la démocratie participative !
Pourquoi vouloir changer les institutions maintenant ?
La France ne va pas mal parce qu'elle a de mauvaises institutions, elle va mal parce que ses élites politiques - de droite, de gauche, du centre - ne sont pas à la hauteur des enjeux.
Porter le débat sur un changement institutionnel vise à masquer cette carence des élites, rien de plus.
Je signalerai notamment que la démocratie participative - qu'on nous vante tant - commence à être vivement dénoncée en Poitou-Charentes, c'est-à-dire là où on l'a déjà expérimentée. Il suffit, par exemple, d'avoir un peu suivi certains congrès syndicaux réunis dans la région tout récemment pour prendre connaissance des dérives décrites, en particulier le fait qu'on substitue aux instances représentatives élues des réunions participatives sans légitimité démocratique ! Et ce n'est qu'un exemple !
Vouloir transposer ces pratiques à l'échelle nationale est suicidaire pour la démocratie représentative, la seule qui a fait ses preuves !
Nous devons réfléchir sérieusement aux implications négatives de la VIe République telle qu'on veut nous la vendre, avant que de la soutenir ! Il ne faudrait pas abattre un régime politique déjà éprouvé - même s'il n'est pas parfait - pour un qui présenterait encore plus d'inconvénients !
Serge MAUPOUET