Références

"Nous allons nous entretenir aujourd'hui d'une époque [à laquelle] nous devons tout ce que nous avons : je veux parler de la Révolution de 1789 [...]
Je pense ne surprendre personne ici en déclarant que moi, enfant du peuple comme vous tous, je suis un admirateur de cette Révolution, qui a tout fait pour la classe à laquelle nous appartenons. Partisan résolu des principes ineffaçables contenus dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, je ferai tout mon possible pour arriver à les faire connaître, ces principes devant former le catéchisme de tout républicain [...]
[La République] a fait de grands efforts pour rendre les lois plus justes, et pour que les charges soient également réparties entre tous les citoyens. Elle a surtout cherché à améliorer le sort du peuple, de l'ouvrier, de ce qu'on a l'habitude d'appeler le petit."
Conférence populaire prononcée par l'instituteur d'une commune du Loir-et-Cher (167 habitants) en 1899, publié par J. OZOUF, Nous les maîtres d'école, Paris 1967.

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Citoyen, citoyenne,

Vous trouverez ici quelques contributions visant à participer humblement aux débats concernant la "chose publique" et la vie de la "cité".

Pourquoi ? Parce que la politique n'est pas une activité abstraite réservée à une élite, mais bien un processus démocratique aboutissant à des décisions qui influencent la vie quotidienne de chacun d'entre nous.

Participez vous aussi, et enrichissez le débat en laissant vos commentaires.

Salut et Fraternité

Dimanche 8 juin 2008

Un appel à la mobilisation pour le livret A est à nouveau lancé sur le blog du PCF du 14e arrondissement de Paris (http://pcf-paris14.over-blog.org/article-20278945.html). Je vous en recommande la lecture. Vous pouvez aussi consulter l'article de Marianne 2 (http://www.marianne2.fr/Lagarde-offre-le-livret-A-en-pature-aux-banques_a87446.html), et signer une pétition sur le site de l'Humanité (http://www.humanite.fr/Pas-touche-au-Livret-A,874196), ou sur le site du collectif  "Pas touche au livret A" (http://www.pastoucheaulivreta.org/phppetition/?petition=3)

Il y a déjà plusieurs mois que le MRC a, de son côté, appelé a une telle mobilisation, c'est ce qui m'a conduit a laisser ce commentaire sur le blog du PCF du 14e : "Je souscris entièrement à votre article. Il faut une action unitaire de toute la gauche pour sauver le livret A. Je vous rappelle à ce propos que Georges Sarre a écrit à François Hollande, Marie-George Buffet, Jean-Michel Baylet et Cécile Duflot, en date du 26 février dernier, pour demander à ce que la gauche prépare une riposte unitaire. A-t-il été entendu ? Je ne le sais pas. Il y a bien eu des tracts et des actions, mais je n'ai pas encore vu de déclaration commune de tous les dirigeants des partis de gauche. C'est cela qui manque sans doute pour que l'action atteigne le poids politique nécessaire. Il y a urgence ! " 

Dès le mois de  février, le MRC (http://www.pastoucheaulivreta.org/archives/92#more-92)  et le PCF (http://www.pastoucheaulivreta.org/archives/103 s'étaient positionné contre la réforme, suivis par le PRG, fin février (http://www.pastoucheaulivreta.org/archives/131) et par les présidents des groupes de gauche au Conseil de Paris, qui avaient pris position (http://www.pastoucheaulivreta.org/wp-content/uploads/2008/02/article_2041-1.pdf). La LCR s'est inscrite dans le mouvement le 4 mars (http://www.pastoucheaulivreta.org/archives/154), les Verts le 27 avril (http://lesverts.fr/article.php3?id_article=3923), et le PS s'est apparemment contenté d'un courrier de la délégation française au sein du Groupe socialiste au Parlement européen, courrier adressé à Christine Lagarde (http://www.pastoucheaulivreta.org/archives/285) : en tout cas si le PS a pris une position officielle, elle est bien cachée, car je n'ai pas réussi à la dénicher (merci à tout lecteur qui me donnerait la bonne adresse ...). La seule position disponible en tapant "Livret A" sur le site national du PS est une critique de la trop faible hausse de la rémunération du Livret par Michel Sapin, le 17 janvier 2008 (http://economie.parti-socialiste.fr/2008/01/17/livret-a/).

L'ensemble de ces partis (MRC, PCF, PRG, LCR, Les Verts ...), ont répondu à l'appel du collectif "Pas touche au Livret A", qui - après avoir diffusé son argumentaire début février (http://www.gauchealternative.org/spip.php?article986) - avait convenu d'un  rassemblement le 29 avril devant le Sénat (http://republique.over-blog.com/article-18683159.html), puis a organisé une nouvelle action le 3 juin devant l'Assemblée Nationale (http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/06/06/livret-a-les-adversaires-de-la-reforme-contre-le-cadeau-fait-aux-banques_1053776_823448.html?xtor=RSS-3208). Hélas, il semblerait que l'action n'ait pas mobilisé autant qu'il aurait été souhaitable ...

Donc, j'en reviens à mon préambule : si les foules n'ont pas été suffisamment mobilisées, c'est sans doute parce que le relais politique n'a pas été, lui aussi, suffisant. Il faudrait maintenant une véritable coalition des dirigeants de la gauche pour que le message devienne audible, et que l'on préserve le rôle social incontestable du Livret A.

par Serge MAUPOUET publié dans : social
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Samedi 7 juin 2008

Je recois un courriel du Collectif de défense des services publics en Charente, courriel qui me signale l'article ci-dessous, paru dans la Charente Libre du 06/06/08. Cet article s'inscrit certainement dans une série "on vit une époque de progrès" ...

"Jugeant être «face à une nouvelle menace pour le bureau de poste de Villefagnan», le comité de vigilance pour la défense des services publics organise une réunion publique ce lundi 9 juin, à partir de 18 heures, à la salle des fêtes de Villefagnan. «La Poste veut réduire ses bureaux de plein exercice de trente-deux à treize en Charente. Villefagnan, Aigre et Champagne-Mouton ne seraient plus bureaux de poste, mais simples agences. Pour la moindre chose importante, il faudra aller à Ruffec, Mansle ou Confolens», s'inquiète Edgard Saulnier, maire de Villefagnan, conseiller général et président du collectif de défense des services publics en Charente. «La Poste réduit ses offres, perd de la clientèle et justifie ainsi la réduction de ses services.» Autre sujet de colère, la suppression de la voiture du préposé au courrier pour Villefagnan: «La distribution se fera à vélo: possible pour les lettres mais pas pour les nombreux colis». Edgard Saulnier montre aussi du doigt le nouveau système de gestion des tournées: «Si un préposé veut prendre une journée, les cinq autres se débrouillent pour le suppléer. Autant dire que le courrier attendra un jour de plus.»"

Pour les personnes intéressées, outre la réunion du lundi 9 juin signalée dans l'article, la réunion suivante du Collectif de défense des services publics en Charente se tient le mardi 10 juin, à 18h salle C, au "Nil", à Angoulême.

En ce qui concerne les services publics en Saintonge, je vous invite à consulter mes propres articles sur ce blog, concernant la crèche familiale de Saintes (http://saintongejacobine.over-blog.com/article-20241115.html)  et les nombreux incidents (pannes ou retards) affectant les trains régionaux ou transrégionaux (http://saintongejacobine.over-blog.com/article-19948089.html). En attendant un prochain article sur le service postal en Charente-Maritime : entre les courriers postés en bureau et qui se retrouvent le lendemain dans la boîte de celui qui les a expédiés, les plis qui mettent trois mois pour arriver à destination, la suppression des flammes, la suppression des bureaux et leur transformation en agence postale, la réorganisation de tournées, la hausse considérable du prix d'affranchissement des colis, etc., il y aurait de quoi dire ... mais il me manque encore des données et statistiques incontestables. Car, comme mes lecteurs le savent, j'aime pouvoir m'appuyer sur des faits bien tangibles. Rendez-vous est donc pris pour un prochain article sur ce thème.

Je vous donne néanmoins ici un extrait de l'Esprit d'Agglomération, journal de la Communauté de Communes du Pays Santon, édition de juin 2008, qui confirme la transformation en cours des bureaux de poste en points multi-services :
"Saint-Sever-de-Saintonge a vu partir à regret "son" bureau de poste. Mais l'activité n'a pas disparu puisque l'entreprise au logo jaune et bleu a proposé à la mairie d'ouvrir une agence postale communale. A la différence d'un bureau de poste "classique", le personnel est employé par la commune et les missions sont moins larges, en se limitant à l'essentiel (affranchissement, réception ...). En échange, La Poste fournit l'ensemble des prestations et matériels nécessaires au fonctionnement de l'agence. Depuis octobre 2007, les usagers sont donc accueillis dans un nouveau bâtiment attenant à la mairie." (p. 14)
Un seul gagnant dans l'opération : La Poste, qui fait porter les frais de personnel sur la mairie tout en conservant un point de réception et d'envoi du courrier. Pour ce qui est des usagers et des collectivités, c'est autre chose ...

par Serge MAUPOUET publié dans : social
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Samedi 7 juin 2008

J'avais déjà eu l'occasion de manifester mon inquiétude concernant le maintien des activités de la crèche familiale de Saintes, une des 3 structures de ce type existant en Charente-Maritime.

On sait bien que depuis l'instauration de la PSU (prestation service unique) par la CAF (caisse d'allocations familiales), les crèches familiales sont en difficulté. Mais, ici, à Saintes, la mobilisation des parents avait incité l'ancienne municipalité à refuser de passer sous le régime de la PSU, ce qui avait permis de sauver l'essentiel, de maintenir les assistantes maternelles dans la structure, de continuer d'offrir aux parents un règlement forfaitaire.

Néanmoins, depuis plus d'un an, toujours sous la précédente municipalité, les signaux étaient à l'orange : tout recrutement d'assistante maternelle, même pour remplacer des démissions ou des départs en retraite était suspendu  ... raison pour laquelle j'avais insisté pour que le maintien de la crèche familiale figure dans le programme de la liste commune PRG-MRC constituée à l'occasion des municipales.

Hélas, la nouvelle municipalité (gauche, PS-PCF-Verts, mais sans le PRG ni le MRC ...), si elle a bien pris connaissance du problème, ne semble pas encore avoir bien pris conscience de la nécessité de concrétiser rapidement toute action indispensable au maintien et à la pérennisation de la structure.

En effet, dans le nouveau journal municipal (Saintes, juin 2008, numéro 1, p. 19), on peut lire un interview d'une élue en charge du dossier :
"La crèche familiale. La crèche les Calinous connaît des difficultés liées au changement de statut des assistantes maternelles. "Ce changement de statut risque d'entraîner à la fois un surcoût pour la structure et peut-être une diminution du nombre d'enfants accueillis. Nous allons travailler sur ce dossier avec l'ensemble des personnes concernées. A Saintes, nous avons différents modes d'accueil pour l'enfance et la petite enfance, celui-ci associe à la fois le dispositif d'un équipement en crèche et le dispositif d'accueil familial. C'est un mode d'accueil qui demande à être soutenu et maintenu, mais peut-être modifié."
Les autres structures
"Une réflexion est actuellement menée autour de la création d'une structure d'accueil petite enfance sur la rive droite, où il n'existe qu'une seule halte-garderie. toutes les structues petite enfance sont concentrées sur la rive gauche. Ce projet pourrait remplacer celui de l'ouverture d'une crèche sur le site de Recouvrance !""

On voit bien ici que, non seulement, le fonctionnement de la créche familiale sera modfié (dans quelle mesure les atouts de la structure actuelle seront-ils préservés ?), mais qu'en outre le projet de la municipalité précédente d'ouvrir une nouvelle structure sur le site de Recouvrance est en passe d'être délaissé.

J'ajoute que les informations dont je dipose personnellement acrroissent mon inquiétude. J'ai en effet assisté au dernier conseil d'établissement de la crèche familiale (réuni le 5 juin) en tant que représentant des parents. Il s'ensuit que nous avons obtenu, en teneur, les réponses suivantes :
- il n'y aura toujours pas de nouveau recrutement d'assistante maternelle, même pour remplacer des démissions ou des départs en retraite;
- cette politique attentiste pour le recrutement ne sera pas modifiée tant que la réflexion sur le nouveau fonctionnement de la structure ne sera pas avancé, mais aucun délai n'est fixé pour le terme de cette réflexion;
- le désengagement de la CAF pose un problème de financement;
- le nouveau statut des assistantes maternelles entraîne lui aussi un surcoût et un problème de gestion de la nouvelle définition des amplitudes horaires d'accueil et du temps de travail sur l'année. 
- il n'est pas actuellement envisagé de transfert de compétence pour élargir le financement de la structure à la CDC (Communauté de Communes);
- il n'y a pas de réponse claire sur la non-fermeture, même si la municipalité affirme qu'elle souhaite le maintien de la crèche familiale; en effet, la non-fermeture reposerait - non exclusivement, mais essentiellement - sur la capacité des assistantes maternelles à inventer ou à accepter un nouveau mode de fonctionnement, qui reste à définir.

Aucune volonté politique pour compenser le désengagement de la CAF ou pour assumer les coûts indiqués ci-dessus ne s'est manifestée. La seule piste financière serait de monter un projet créatif et innovant pour obtenir un financement complémentaire de la CAF (ce qui revient à dire que la municipalité ne souhaite pas consentir une rallonge budgétaire ...).
Lorsque j'ai évoqué la nécessaire mise en balance du coût financier pour maintenir la structure et le coût sociétal induit par la fermeture de la structure (en particulier le fait que les places sont déjà insuffisantes pour répondre aux besoins, et que les femmes actives seront les premières touchées en cas de restriction des possibilités d'accueil), je n'ai obtenu qu'un silence.

Deux points positifs, néanmoins, émergent de la réunion du 5 juin : les avancées obtenues par les parents les années précédentes sont avalisées par la nouvelle équipe, à savoir le paiement en titres CESU et le rejet de la PSU.

En l'état actuel des choses, j'en déduis, à titre personnel :
1) que l'on semble se satisfaire que la crèche familiale continue à simplement survivre (ira-t-on jusqu'à prendre le risque qu'elle meure de sa belle mort ?), en refusant de s'engager à recruter à court ou moyen terme pour maintenir les effectifs d'une part, et en ne fixant pas de délai clair pour mener la réflexion nécessaire à la pérennisation de la structure d'autre part;
2) que le seul projet existant permettant d'accroîter les places d'accueil en crèche est en passe d'être abandonné (création d'une crèche associée à l'EHPAD de Recouvrance).

J'espère que la municipalité de gauche va réagir rapidement, réorienter vers la jeunesse sa ligne politique (il faut certes une politique en direction des seniors, mais à condition qu'elle n'oublie pas l'enfance et la jeunesse); pour la petite enfance, l'urgence est déjà de s'engager véritablement, avec des moyens humains et financiers, en ayant pour objectif d'abord de maintenir l'existant, puis d'augmenter les capacités d'accueil.

Pour l'instant, et en attente de toute précision complémentaire qui voudrait bien m'être faite, je tiens à manifester ici mon inquiétude. Celle-ci ne sera dissipée que lorsque les recrutements d'assistantes maternelles reprendront, au minimum pour compenser les départs (dans la structure, il n'y a plus que 20 assistantes maternelles, dont 18 réellement en activité, contre 26 il y a seulement deux ans).

Evidemment, j'accueille sur ce blog tout droit de réponse de la part de la municipalité actuelle.

par Serge MAUPOUET publié dans : social
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Mercredi 9 avril 2008

La mise en place du CESU - "chèque emploi-service universel", permettant une participation financière de l'employeur à la garde des enfants de 0 à 3 ans - à l'été 2006, puis du CESU 3-6 ans à la fin 2007 a entraîné une privatisation et une marchandisation de l'action sociale des fonctionnaires.

Avant de préciser ces deux points, un petit rappel de la présentation faite du CESU sur le site de l'URSSAF :
"Le Chèque emploi service universel préfinancé (titres Chèque emploi service universel) [est un titre] qui sert à payer un prestataire de services à la personne ou bien un salarié. Il est préidentifié au nom du bénéficiaire, à valeur prédéfinie, diffusé par des organismes cofinanceurs et émis par les organismes habilités par l'Agence nationale des services à la personne.
Les cofinanceurs (employeur, mutuelle, assurance, caisse de retraite, conseil général ou tout autre organisme habilité) mettent ainsi à la disposition des bénéficiaires (salariés, assurés, adhérents) des titres de paiement destinés au règlement des prestations. Les carnets de CESU cofinancé sont accompagnés de volets sociaux nécessaires à la déclaration des salariés en cas d'emploi direct."


Alors, en quoi pouvons-nous dire que le CESU correspond à une privatisation et à une marchanidsation de l'action sociale ?

Il y a privatisation, puisque la délivrance des CESU est faite par une entreprise privée, choisie suite à un appel d'offres, mais sans qu'il n'y ait eu de discussion au CIAS (Comité Interministériel de l'Action Sociale).

Il y a marchandisation, non seulement parce que la délivrance du titre a un coût pour l'employeur - et si l'employeur est l'Etat, un coût pour le contribuable - et un coût aussi pour l'organisme ou la collectivité territoriale qui encaisse le titre, mais encore parce que la délivrance du titre est source de profit pour la société privée chargée de cette opération.

En outre, le CESU est une prestation dont la distribution est inégalitaire : en effet, puisque l'encaissement du titre a un coût pour l'organisme et/ou la collectivité qui l'encaisse, ledit organisme et/ou ladite collectivité sont susceptibles de ne pas accepter de paiement avec ce titre CESU ! Ainsi, à Saintes, l'acceptation du CESU par la crèche familiale a été actée par la municipalité sortante, mais celle-ci avait bien signifié aux représentants des parents que cela entraînait un coût pour la collectivité.

Mais encore, le titre CESU est accordé sans plafond de ressources pour son montant minimal, à savoir 200€ annuel. Même les salaires les plus élevés peuvent donc prétendre à cette prestation. On peut se demander quelle est ici la légitimité d'une telle "prestation sociale" accordée même aux plus aisés. En théorie, et en dehors des allocations familiales qui, puisqu'elle ont pour but premier d'encourager la natalité, sont légitimement accordées à tous, une prestation sociale, qui veut garder un caractère social, doit dépendre des revenus des bénéficiaires, et doit par conséquent comporter un plafond. Mais, ici, on voit bien que mettre un plafond reviendrait à réduire le marché de l'entreprise privée qui délivre les CESU ...

Enfin, cette prestation individuelle n'est qu'un palliatif au véritable problème à résoudre pour faciliter l'accueil d'enfants en crèches ou en haltes-garderies, à savoir les investissements nécessaires pour augmenter le nombre de places disponibles.

Sources :
- http://www.cesu.urssaf.fr/cesweb/ces1.jsp;jsessionid=DxpxG...KL6 
- "Vers la marchandisation des prestations sociales" in supplément à l'Université Syndicaliste n° 665 du 5 avril 2008, p. 15
Cet article reste une ébauche, appelée à évoluer. En fait, cela faisait longtemps que j'avais envie de rédiger quelque chose sur ce sujet, et l'US m'a apporté quelques éléments complétant ceux qui étaient à ma disposition, d'où la mise en ligne de ce jour, mais l'article peut encore être notablement amélioré ... Vous le retrouverez bientôt avec des compléments.

par Serge MAUPOUET publié dans : social
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Dimanche 29 juillet 2007

Pourquoi nous propose-ton un service minimum dans les transports ?

Il y a bien l'argument-massue avancé par les promoteurs de la mesure : selon Matignon, "il n'y a pas de sujet interdit quand il s'agit de rendre le meilleur service aux usagers".
En réalité, comme le montre aujourd'hui l'incident de la rame de métro survenu sur la ligne 13, la plupart des retards ou annulations de service dans les transports publics sont liés non pas à des faits de grève mais à des problèmes de matériel, ou bien encore à des comportements incorrects d'une minorité de voyageurs (qui tirent les alarmes ou dégradent les rames ou les bus). Pour les premiers types d'incident, et en restant en région parisienne, il y a peu encore, les trains assurant à partir de la gare de l'Est la liaison avec Provins avaient la facheuse habitude de tomber en rade de bon matin : résultat, les passagers devaient parfois attendre plus d'une heure qu'un autre train soit disponible. Sur la ligne Bus du 393, ce sont les bus roulant au gaz qui refusent bien souvent de repartir après un arrêt ! Pour le second type d'incidents, ceux qui fréquentent, par exemple, la ligne de RER allant à Roissy-en-Brie savent bien que "certains"  (des élèves ou d'autres jeunes voulant embêter des élèves) prenant le train tirent fréquemment le signal d'alarme juste avant d'arriver à la station desservant un lycée, simplement pour que tout le monde soit en retard au premier cours du matin ... plus grave : sur la ligne du bus 182, à Vitry sur Seine, à la fin des années 90, les "incidents" étaient devenus tant fréquents que les chauffeurs ne souhaitaient plus desservir certains arrêts. Pour parler du train : évoquons les ruptures de caténaires sur les lignes TGV, les portions de lignes sur lesquelles la vitesse est limitée parce que les rails sont trop vétustes, le manque de personnel à bord des trains (parfois un seul contrôleur dans un train corail pour assurer la sécurité), etc., etc. ! Bref, arrêtons là une liste qui pourrait être longue ! Pour avoir fréquenté pendant 20 ans les transports parisiens (occasionnellement d'abord, puis quotidiennement de 1988 à 2004, avec juste une coupure pour cause de service national), pour avoir pris le train assidûment pendant plusieurs années sur des trajets Paris-Province (Paris-Blois, Paris-Tours, Paris-Saint-Maixent-L'Ecole en particulier), je peux témoigner que la plupart des annulations ou des retards sont bien liés à ce qu'on appelle de manière générique des "incidents" !
Mais, parlons statistiques : Bernard Thibault le précise, sans que la SNCF ni la RATP n'y trouvent à redire, «90% des perturbations dans les transports n'ont rien à voir avec la grève (et) sont le plus souvent liées à des incidents techniques» (source : 20 minutes, 18/07/2007) ! Par conséquent, dans les transports publics, les retards ou annulation pour faits de grève sont ultra-minoritaires. Ajoutons encore, que les paralysies totales des transports, même en cas de grève, sont l'exception ! De fait, et sans qu'il n'y ait besoin d'une loi, il y a toujours un minimum de trains, de métros, de bus qui circulent ...

Les promoteurs du service minimum travaillent sur des représentations, sur des préjugés, pas sur des faits. Ce service minimum n'est en fait qu'un prétexte qui masque un objectif bien réel : réduire autant que possible le droit de grève. C'est ce sur quoi insiste le communiqué de convergences-service public "Avec le projet sur le service minimum, voulu aujourd'hui dans les transports, évoqué pour demain dans l'éducation nationale et pourquoi pas ensuite étendu à l'ensemble du salariat, une attaque décisive contre le droit de grève est déclenchée."
En effet, lorsqu'une mesure constitue une régression sociale, et que la direction d'une entreprise publique ou un gouvernement ne souhaite pas négocier, la grève est le dernier recours possible. Or, c'est la multiplication de ces mesures de régression sociale qui a été à l'origine de plusieurs grèves importantes depuis 1995. Par le service minimum obligatoire, l'objectif est de pouvoir continuer la politique de régression sociale, mais en ne laissant plus aux salariés la possibilité de faire grève de manière efficace.
Une grève qui ne serait pas gênante pour les usagers - c'est malheureux à dire - ne sera pas prise en compte par le gouvernement ! Les salariés perdront des journées de salaire, mais puisque le service continuera à être rendu de manière plus ou moins convenable, il n'y aura plus de pression suffisante sur les décideurs. Les salariés s'épuiseront dans des mouvements qui ne déboucheront plus sur rien.
Les usagers seront peut-être satisfaits de ne pas avoir été gênés par la grève, mais sauront-ils ce qu'en fait ils auront perdu en sécurité, en qualité de service - et sur le long terme ! - parce que les salariés n'auront pas été en mesure de s'opposer à de mauvaises mesures ?

 

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Mardi 3 juillet 2007

La croissance économique ne profite pas à tous. Le taux de pauvreté ne se réduit plus : on peut considérer que 6,9 millions de personnes sont pauvres en France. En consultant l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (publications de 2000 puis de 2006[1]) ou bien l’Observatoire des inégalités (publication du 17 octobre 2006[2]), on obtient une vision un peu différente de la situation. Comment le note bien le second Observatoire : « Définir la pauvreté est toujours une question de normes, une construction statistique. L’écart entre les seuils de 50 et 60 % [du revenu médian (voir plus bas)] le montre bien : le taux de pauvreté va du simple au double selon que l’on utilise la première ou la seconde définition. » Pour l’Observatoire de la pauvreté et de l’exclusion sociale (publication de 2000), si l'on compare les taux de pauvreté en 1970 et 1996, on constate qu’ils n’ont que légèrement diminués, mais qu'en outre les jeunes sont plus fréquemment pauvres en 1996 qu'en 1970. Pour l’Observatoire des inégalités (publication de 2006), la pauvreté se serait réduite entre 1970 et le milieu des années 1990 avant de ne plus baisser. Toutefois, pour les deux sources (publications les plus récentes des deux Observatoires), il apparaît nettement que depuis 1996  la situation au minimum ne s’améliore plus, sinon même se dégrade : hausse du travail à temps partiel, difficultés accrues pour accéder au marché de l’emploi depuis 2001, augmentation du nombre de travailleurs pauvres, multiplication des familles monoparentales.  

En fait, l’INSEE a fait le constat de la persistance de la pauvreté depuis longtemps. Prenons cette étude sur la pauvreté en région Centre réalisée en 1998 ; la pauvreté y touchait  11% des citadins[3] dans les 14 agglomérations concernées par la politique de la ville et étudiées : Bourges, Vierzon, Chartres, Dreux, Châteauroux, Tours, Orléans, Pithiviers, Châteaudun, Amboise, Blois, Vendôme, Romorantin. Le recensement avait été effectué grâce aux fichiers de la CAF , en excluant les étudiants et les personnes de plus de 65 ans – ce qui est contestable, ces deux catégories étant particulièrement touchées par la pauvreté. Pour avoir une vision complète du phénomène, il aurait été nécessaire d’intégrer ces personnes, au même titre que celles qui se trouvent en situation d’exclusion. Parmi ces populations se placent les sans-abri, les marginaux se livrant à la mendicité, mais aussi ceux qui vivent chaque jour avec des revenus extrêmement faibles. 46 000 ménages vivaient dans ces villes, à la date de l’étude, avec des ressources inférieures au seuil de bas revenu, fixé à 3650 francs par mois et par unité de consommation, soit 3650 francs pour une personne seule, 5475 francs pour un coupe sans enfant, 7665 francs pour un couple avec deux enfants. Au total, cela représentait 100 000 personnes, dont 28 000 enfants de moins de 14 ans et 11% de la population urbaine étudiée. Des disparités régionales très sensibles étaient révélées : la proportion de bas revenus variait du simple au double selon que l’on se situait à Châteaudun, Vendôme ou Romorantin (9%) ou à Dreux (17%). Dans l’intervalle se plaçaient des villes comme Chartres, Tours ou Orléans (10%), ainsi que Bourges, Blois et Montargis (12 à 13%). Les ménages à bas revenus pouvaient constituer un quart de la population des quartiers défavorisés : majoritairement des personnes seules, souvent âgées de moins de 25 ans, ou des familles monoparentales (un tiers de l’ensemble à Chartres ou à Amboise). On trouve surtout des familles nombreuses en difficulté dans les populations étrangères, qui représentent un allocataire sur six. Dernier enseignement, la possession d’un travail ne protégeait déjà plus de la pauvreté. Un tiers des 46000 allocataires à bas revenus étaient des actifs, souvent des personnes travaillant en temps partiel imposé. Un couple avec un seul salaire au niveau du SMIC tombait aussi dans la pauvreté. Le constat était fait que seules alors les allocations permettaient aux familles de bénéficier des services indispensables. Evidemment, les bénéficiaires du RMI ou les actifs au chômage étaient particulièrement touchés par la pauvreté. A ce propos, on peut trouver une carte des bénéficiaires du RMI par départements au 31/12/2002 sur le site du journal Les Echos à l’adresse : http://www.lesechos.fr/regions/atlas/pop.htm?images/0414083i.gif

Avant de terminer, rappelons que la pauvreté est mesurée par rapport au revenu médian. Le revenu médian partage les Français en deux groupes égaux : 50% touchent plus que cette somme, 50% touchent moins que cette somme. Ce revenu médian était égal à 7300 francs par mois en 2000 : chiffre peu élevé, mais permettant de mener une vie correcte. Or, sont considérées comme pauvres les populations qui ont des revenus inférieurs à la moitié du revenu médian, soit 3650 francs par mois à cette date. Aujourd’hui le seuil est fixé à 645 euros (4230 francs environ : on notera au passage l’ampleur de l’impact de l’inflation consécutive au passage du Franc à l’Euro, puisqu’en 4 ans un citoyen qui a augmenté ses revenus de 16% reste toujours pauvre !).  Vivre avec moins de 645 Euros par mois relève de l'exploit dans un pays développé, dominé par la société de consommation et ses tentations incessantes. Pourtant 6,2 % de la population française doit encore se contenter de cela pour vivre. Et si l’on place le seuil non plus à 50%, mais à 60% du revenu médian, alors c’est 11,7 % de la population qui est dans la pauvreté. Par conséquent, les discours sur l'accès aux nouvelles technologies de l'information, à l'Internet pour tous, ou bien les incitations à épargner pour préparer soi-même sa retraite, etc., sont des leurres quand on voit que tant de personnes ont déjà si peu de moyens pour vivre au quotidien et élever leurs enfants dignement.

 


 

 

 

 

 

 

[1] Rapport 2005-2006 disponible à l’adresse : http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/064000163/0000.pdf

[2] Observatoire des inégalités, La pauvreté en France, le 17 octobre 2006, avec comme tête d’article : «  La France compte 3,6 millions de pauvres selon la définition la plus restrictive de la pauvreté... »

[3] « La pauvreté touche 11% des citadins », in La Nouvelle République du Centre-Ouest, édition du Loir-et-Cher, mercredi 28 octobre 1998, reprenant les Indicateurs de l’économie du Centre, revue trimestrielle de l’INSEE Centre, n°23.

par Serge MAUPOUET publié dans : social
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Mardi 22 mai 2007
La "République nouvelle" était destinée, il y a 60 ans, à restaurer le régime républicain après le sinistre intermède du régime de Vichy. Cette république méritait le qualificatif de "nouvelle" car elle instaurait une démocratie économique et sociale jusqu'alors inédite.
Cette nouvelle ambition républicaine était issue de la Résistance, et avait trouvé une traduction concrète dans le programme novateur du CNR (Conseil National de la Résistance ), publié le 15 mars 1944. Du passé, on pouvait et on voulait alors faire table rase. Les élites avaient failli ou trahi. Jean Moulin, de Gaulle, les Quatre-vingts (1) sont restés dans l’histoire parce qu’ils ont été de trop rares exceptions ... 
 Alors, il était possible de faire du neuf et de réaliser enfin ce qui avait été jusque-là une espérance : la justice sociale par des avancées d’une ampleur exceptionnelle. Ce neuf était appelé à durer. Il a constitué notre modèle républicain pendant plus d’un demi-siècle. Ce neuf avait pour nom : suffrage universel masculin et féminin, Sécurité sociale, services publics, comités d’entreprises, retraités généralisées, droit à l’éducation et à la culture, etc. 
 Il faut noter que ce programme révolutionnaire fut réalisé en un temps très court, sans rencontrer d’opposition insurmontable, et dans un contexte financier très difficile. Le pays était en ruine au sortir du Second conflit mondial et les mesures proposées étaient coûteuses pour la collectivité, mais la volonté politique était si forte (2) et la mobilisation des travailleurs si efficace (3) qu’il fut possible de mener de  front reconstruction du pays, création de richesses (4) et mise en place des conquêtes sociales. 
 Aujourd’hui, hélas, des hommes de droite et de gauche consacrent leur travail politique à la destruction systématique de tous les acquis de cette époque. 
 Le prétexte en est double : d’une part le pays serait endetté, d’autre part la mondialisation rendrait inéluctable le sacrifice de ce qui a été bâti hier pour le bénéfice du plus grand nombre. 
 La démonstration précédente montre comment ces arguments sont fallacieux ! Hé quoi ! Au sortir du plus terrible conflit qu’ait connu l’humanité, dans une situation financière désastreuse, les Français ont pu bâtir un modèle économique et social qui a été admiré pendant des décennies, et aujourd’hui alors que le pays vit en paix et qu’il n’a jamais compté autant de contribuables assujettis à l’impôt sur la fortune, il serait impossible de continuer à financer notre modèle républicain, démocratique et social ? 
 Disons-le clairement : nos hommes politiques, de droite et de gauche, qui argumentent sur ce point se moquent des citoyens. 
 Si l’Etat est endetté — à cause d’une absurde politique fiscale, qui permet aux plus aisés d’échapper à la nécessaire solidarité nationale et de subventions données trop largement aux plus grandes entreprises qui les encaissent sans créer pour autant des emplois en France —, la France est riche. La France a les moyens de financer son modèle social, à condition de le vouloir. 
 En outre, nos élites confondent aujourd’hui les dépenses avec les investissements. Les dépenses sociales n’en sont bien souvent pas : en dépensant aujourd’hui de l’argent pour la meilleure santé des citoyens, on réalise en réalité des économies pour demain. Vacciner contre le BCG c’est éviter de devoir soigner des tuberculeux demain. Et si nous prenons cet exemple c’est bien parce que des groupes de pression tentent en ce moment de retirer ce vaccin de la liste de ceux qui sont obligatoires … Ces prétendues dépenses, dans la santé, ou bien encore dans le social, l’éducation, la formation, la recherche, etc. sont donc en réalité des investissements. 
 Quelle est la situation aujourd’hui ? La gratuité de la santé n’est plus assurée : même la consultation d’un généraliste n’est plus entièrement remboursée. Des femmes enceintes sont contraintes de subir des temps de transport extrêmement longs pour accéder à une maternité avec le risque d’accoucher, le grand jour venu, pendant le trajet. Les services des urgences ferment à leur tour, pour ne plus être en fonction que dans les  agglomérations majeures. Les services sociaux se serrent la ceinture ou bien sont réorganisés par pôles comme à l’AP-HP : un service social pour un hôpital entier n’est plus la même chose qu’une assistance sociale dans chaque service. Et ne parlons pas des hôpitaux de province qui n’ont pas d’assistance sociale … ou des établissements scolaires qui bénéficient d’une assistante sociale une demi-journée par semaine pour plus de mille élèves ! Des prestations sociales ont été déléguées au niveau départemental, conduisant à des inégalités de traitement en fonction du lieu de résidence. Il faut parcourir parfois des dizaines de kilomètres pour trouver un bureau de poste qui mérite encore cette appellation. Les trains de nuit ont été supprimés, de nombreuses lignes Corail sont sur le grill, et il faut avoir Internet pour obtenir des prix avantageux : les plus humbles sont donc contraints de payer le train au prix fort ! Avoir un téléphone fixe chez soi est devenu deux fois plus onéreux depuis la privatisation de France Télécom, se chauffer au gaz coûte de plus en plus cher avec la privatisation en cours de Gaz de France, demain ce sera la même chose pour accéder à l’électricité. Etc. 
 Le modèle démocratique français a lui aussi été considérablement éprouvé non seulement par les retouches successives de la Constitution de la Ve République , qui l’ont peu à peu dénaturée, mais encore bien plus par la confiscation du débat politique au profit de certaines élites et des groupes de médias. On l’a bien vu pendant la campagne du référendum sur la Constitution européenne. Les dirigeants des principaux partis, le gouvernement, les médias d’audience nationale ou régionale ont très majoritairement fait campagne pour le oui. 70% du temps de parole a été donné aux défenseurs du oui. Or, c’est le non qui a très majoritairement gagné. Séisme majeur, révélateur de divergences de vues radicales entre le peuple et les élites ! 
 Mais encore, l’alternance systématique droite/gauche à chaque élection nationale montre bien que les élus, depuis vingt ans, ne mènent pas une politique répondant à la volonté populaire. A ce propos, force est de constater que la leçon de 2002 n’a pas été tirée. 
 Un autre projet politique que celui de la régression systématique est possible. Les générations de l’après-guerre ont été capables de relever le défi. Aux générations actuelles de montrer qu’elles sont tout aussi capables de se mobiliser pour construire un avenir meilleur et redonner sens à la fraternité républicaine. 
 Serge MAUPOUET 
 Notes :
 (1) il s’agit des quatre-vingts parlementaires (57 députés et 23 sénateurs) qui, le 10 juillet 1940, ont refusé de voter les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain et se sont ainsi opposés à la disparition du régime républicain.
 (2) en particulier avec la mise en œuvre du plan Monnet et les nationalisations.
 (3) Thorez avait donné la ligne à suivre, à Waziers, le 21 juillet 1945 : « Produire, c’est aujourd’hui la forme la plus élevée du devoir de classe, du devoir des Français ... »  
 (4) Le plein-emploi était assuré, et en 1951, six ans seulement après la fin de la guerre, la production industrielle battait son record historique … qui datait de 1929.
 

 

 

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Jacobins

Un instituteur...

Discours de Gambetta à la réunion des Comités républicains à Bordeaux (le 26 juin 1871) :

 "Il n'y a de politique vraiment sage, vraiment féconde, que celle du pôle républicain.

 Il ne faut pas nous laisser détourner du droit chemin ni par les calomnies ni par les injures; et j'ai la conviction que, si nous voulons tenir bon et rester au poste, si nous voulons incessamment, sur toutes les questions posées, produire les solutions républicaines, nous arriverons à démontrer bientôt, sur toutes les questions posées que nous valons mieux que les injures, que nous sommes un parti de gouvernement capable de diriger les affaires, le parti de l'intelligence et de la raison, et que c'est parmi les hommes se réclamant de nos principes qu'on trouvera vraiment les garanties de science, de désintéressement et d'ordre, sans lesquelles un gouvernement n'est qu'une affaire au profit de quelques uns.

 Aux plus sages ! aux plus dignes ! Parfaitement ! c'est une gageure qu'on doit accepter. Ce n'est pas une formule nouvelle pour des républicains : c'est leur dogme, de ne voir attribuer les fonctions publiques qu'au mérite et à la vertu.

 Oui, quelque calomniés que soient aujourd'hui les hommes et les principes de la Révolution française, nous devons hautement les revendiquer, poursuivre notre œuvre."

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