Références

"Nous allons nous entretenir aujourd'hui d'une époque [à laquelle] nous devons tout ce que nous avons : je veux parler de la Révolution de 1789 [...]
Je pense ne surprendre personne ici en déclarant que moi, enfant du peuple comme vous tous, je suis un admirateur de cette Révolution, qui a tout fait pour la classe à laquelle nous appartenons. Partisan résolu des principes ineffaçables contenus dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, je ferai tout mon possible pour arriver à les faire connaître, ces principes devant former le catéchisme de tout républicain [...]
[La République] a fait de grands efforts pour rendre les lois plus justes, et pour que les charges soient également réparties entre tous les citoyens. Elle a surtout cherché à améliorer le sort du peuple, de l'ouvrier, de ce qu'on a l'habitude d'appeler le petit."
Conférence populaire prononcée par l'instituteur d'une commune du Loir-et-Cher (167 habitants) en 1899, publié par J. OZOUF, Nous les maîtres d'école, Paris 1967.

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Citoyen, citoyenne,

Vous trouverez ici quelques contributions visant à participer humblement aux débats concernant la "chose publique" et la vie de la "cité".

Pourquoi ? Parce que la politique n'est pas une activité abstraite réservée à une élite, mais bien un processus démocratique aboutissant à des décisions qui influencent la vie quotidienne de chacun d'entre nous.

Participez vous aussi, et enrichissez le débat en laissant vos commentaires.

Salut et Fraternité

Mardi 3 juin 2008

"Fier d'être jacobin". Voilà une affirmation devenue rare face à la pression d'un politiquement correct qui favorise d'autres orientations et jette largement le discrédit a priori sur celle-ci ... Mais Jean-Luc MELENCHON l'a bien dit, et nous le remercions chaudement. Cela fait vraiment du bien d'entendre un homme politique de premier plan affirmer son jacobinisme !

C'est lors du débat au Sénat, mardi 13 mai 2008, "autour d’une question orale avec débat posée par Nicolas Alfonsi (sénateur rdse)  à la ministre de la culture et de la communication à propos de la sauvegarde et la transmission des langues régionales ou minoritaires" [1] que le sénateur PS a senti nécessaire de réaffirmer ce positionnement.

Alros que les députés ont souhaité, presqu'unanimement [2], inscrire dans la prochaine révision constitutionnelle que "les langues régionales font partie du "patrimoine" de la France"" [3], Jean-Luc MELENCHON a exprimé son inquiétude, et a évoqué les risques de dérives communautaires [4].

L'ensemble du discours mérite d'être consulté, mais je vous en donne un extrait, qui me semble significatif, concernant les implications de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, dont la ratification serait sans doute facilitée, dans un second temps, par l'adoption de la révision constitutionnelle [5] :

"Le fait de parler une langue différente ne suffit pas à instituer des droits particuliers en faveur de ses locuteurs ! Or c’est ce que prévoit explicitement la charte : il s’agit d’encourager la pratique de ces langues « dans la vie publique et la vie privée ».
S’agissant de la vie privée, je rappelle que le caractère laïque de notre République interdit que les institutions gouvernementales et étatiques fassent quelque recommandation que ce soit concernant la vie privée des personnes.
Quant à la vie publique, il est précisé que les États doivent « prendre en considération les besoins et les vœux exprimés par les groupes pratiquant ces langues ».

À l’évidence, ce texte [il s'agit ici de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires] a été écrit à l’intention de pays où des secteurs entiers de la population parlent une autre langue que la langue nationale et seulement celle-là, comme c’est le cas des minorités hongroises ou autres, qui existent dans divers pays de l’Union européenne. Mais en aucun cas il n’a été écrit pour la France, car dans quelles conditions peut-on désigner les représentants de ces groupes ? Va-t-on maintenant élire des représentants des locuteurs de telle ou telle langue ? Non ! C’est en totale contradiction avec l’idée d’égalité républicaine !

Il ne peut être question de faire bénéficier de procédures en langues régionales devant les autorités judiciaires, comme le prévoit l’article 9 de la charte, ou devant les services publics, comme le décide l’article 10. Témoigner, poursuivre en justice, signer des contrats dans une autre langue que la langue française constituerait un recul par rapport à l’ordonnance de Villers-Cotterêts. Pourtant, c’est ce que prévoit cette Charte européenne des langues régionales ou minoritaires !

Le Conseil constitutionnel a donc eu raison de dire, en 1999, qu’en conférant « des droits spécifiques à des “ groupes ” de locuteurs de langues régionales ou minoritaires, à l’intérieur de “ territoires ” dans lesquels ces langues sont pratiquées, [cette Charte] porte atteinte aux principes constitutionnels d’indivisibilité de la République, d’égalité devant la loi et d’unicité du peuple français. »

[...]

Pour toutes ces raisons, la République française n’a donc rien à gagner à modifier sa Constitution pour ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Elle ne pourrait que se renier en le faisant. Elle doit, tout au contraire, continuer sa politique bienveillante et intégratrice, qui donne aux cultures et aux langues régionales toute leur place dès lors que la République est première chez elle !"


Merci M. MELENCHON de votre bel et courageux argumentaire.

Notes :
[1] présentation de son intervention par Jean-Luc MELENCHON lui-même, sur son blog. Voir l'article complet à l'adresse http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=592
[2] Jean-Louis ANDREANI, "La revanche des langues régionales, in Le Monde, daté mardi 3 juin 2008, p. 2
[3] idem
[4]"Il ne s’agit pas de dire que la sauvegarde des langues et cultures régionales nous pousse sur la pente qui conduit automatiquement à la sécession, au particularisme et au communautarisme. Telle n’est pas mon intention ! Mais j’ai bien l’intention de dire que le risque existe." cf. http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=592
[5] Jean-Louis ANDREANI, "La revanche des langues régionales, in Le Monde, daté mardi 3 juin 2008, p. 2

par Serge MAUPOUET publié dans : saintongejacobine
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Mardi 27 mai 2008

Ce soir, et contrairement à mon habitude, je vais évoquer un fait qui m'a concerné aujourd'hui.
Le lecteur voudra bien m'en excuser. Il d'avance sait que j'ai horreur du nombrilisme.
Mais c'est un véritable coup de gueule que je veux lancer en partant de ce petit vécu ...

Tenez vous bien : je prenais le train ce soir. Comme souvent, pour revenir du travail. Un acte banal, non ?
Pas du tout, bien au contraire. Rien de banal. Prendre le train pour se déplacer devient un vrai défi, comme vous allez le voir ...

Je partais simplement de Jonzac, et je me rendais à Saintes : une quarantaine de km séparent les deux villes.

Départ prévu à 17h55. En fait le train entre en gare à cette heure là, et part avec un léger décalage.
Nous roulons.
Puis le train ralentit progressivement et s'arrête en pleine voie.
Il est 18h15. Nous ne sommes pas encore à Pons.
Un instant d'attente, et un contrôleur annonce qu'un souci mécanique a obligé le train à s'arrêter.
Un quart d'heure s'écoule, et un contrôleur précise que la locomotive est effectivement en panne.
Une heure s'est écoulée, et un contrôleur prévient qu'une locomotive de secours vient de partir de Bordeaux.
Une heure et demi plus tard, la locomotive arrive enfin.
Un bon quart d'heure pour arrimer la locomotive au train en panne et nous repartons.
Nous roulons à vitesse plus réduite que la normale.
Résultat : le train devait arriver à 18h27, et il est arrivé exactement à 21h27.

3 heures de retard pour un trajet de 40 km !

Et ici, je m'arrête au trajet que je devais effectuer, je n'évoque pas les correspondances annulées pour les autres passagers, etc.

Cette panne n'est pas qu'une anecdote. Depuis septembre, c'est la troisième fois sur ce simple trajet que je subis un retard important suite à une panne de locomotive, et ce alors que je ne prends ce train que 3 fois dans la semaine. Là, il est vrai que le record de retard est battu ! 
Trois heures de retard sur un parcours de seulement 40 km, il faut le souligner à nouveau, c'est en effet une prouesse !

Si je cumule ces retards liés à des pannes sur ce trajet, avec d'autres pannes que j'ai subies en fin d'année dernière pour aller à Paris, le tableau se complète. En fin d'année dernière, le TGV Paris-Tours que j'empruntais est tombé en panne, puis à Saint-Pierre-des-Corps, où j'avais une correspondance, tout le trafic était perturbé parce qu'un autre train que le mien était lui aussi tombé en panne.

Alors, de deux choses l'une : ou je suis un malchanceux de première catégorie ... ou vraiment la SNCF n'entretient plus ses trains comme elle le devrait. Au vu de l'annonce de ses bénéfices importants, je penche pour la deuxième solution.

Mais, là, vraiment, cela devient impossible. L'usager est à bout, il craque, il n'en peut plus. Il précise qu'il est solidaire des personnels, qui ont sincèrement l'air d'être tout aussi catastrophé que lui. Mais l'usager ne pardonne pas à la direction de la SNCF de gérer aussi lamentablement cette entreprise de service public dont la mission première ne devrait pas être de faire des bénéfices, mais bien d'assurer une qualité optimale de service pour le plus grand nombre. Il fallait que je le dise ce soir, car l'exaspération est à son comble.

par Serge MAUPOUET publié dans : saintongejacobine
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Vendredi 11 avril 2008

Je viens de trouver en ligne une dépêche AFP qui me semble particulièrement intéressante. Je la reproduis ci-dessous : 

" Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), a affirmé jeudi qu'il excluait un "retour" au PS mais souhaitait la création d'"un grand parti de toute la gauche" avant 2010, pour "gagner" la présidentielle de 2012.
"J'exclus le retour au Parti socialiste, mais je n'exclus pas la participation du MRC dans un grand Congrès de refondation de toute la gauche avec ceux qui voudront venir", a dit l'ancien ministre sur France 24.
Il a invité notamment les communistes à se joindre à cette démarche, estimant qu'ils pourront "mieux employer leur énergie dans un grand parti de toute la gauche que dans un parti devenu à certains égards résiduel".
Ce grand parti devrait se préparer, selon lui, par "des forums de l'unité ou peut-être des assises". Il s'agit "avant 2010 au plus tard" de créer cet "électrochoc" et "cet élan qui permettra de gagner en 2012".
Il a regretté que le PS soit "déchiré aujourd'hui par des querelles de personnes". "L'effort d'élaboration du projet doit prendre le pas sur la concurrence des égos", a-t-il dit.
Proche de Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle, l'ancien ministre a critiqué la récente "consultation participative" lancée par l'ex-candidate: "Je souhaite qu'elle sorte de la phase participative où elle est à nouveau entrée, pour faire une politique de l'offre et dire très clairement aux Français où elle veut les conduire".
[...]
Dépêche AFP, jeudi 10 avril 2008, 16h52.

Au-delà de certains points de rhétorique, parlons de ce qui est vraiment important dans cette dépêche :
- le PS n'avalera pas les républicains de gauche;
- l'excès de démocratie participative, excès que j'ai combattu vivement sur ce blog fin 2006 et début 2007, est dénoncé;
- l'ouverture est faite en direction des communistes : or, pendant longtemps, le parti communiste a accueilli des jacobins et des républicains de gauche;
- il s'agit de refonder avec "ceux qui voudront venir", ce qui ouvre la porte à la venue de tous les républicains de gauche qui le souhaitent !

Tout ceci me conduit à titrer "Républicains de gauche : votre destin est dans vos mains", car l'ouverture est ici clairement faite par JPC, l'orientation est donnée. Depuis l'article du Monde du 4 avril, le doute s'était répandu, on s'interrogeait (voir des articles sur ce blog et sur d'autres, et les nombreux commentaires suscités ! ) ... les républicains de gauche allaient-ils se trouver définitivement en déshérence ? Eh bien, non !
Non seulement, des républicains de gauche, il en reste ! Mais encore, la main leur est tendue, on les appelle tous à se réunir et à construire !
Les républicains de gauche vont pouvoir travailler eux-mêmes à bâtir leur destin !
Car, maintenant, tout va reposer sur le travail des militants !
Les cartes sont, en effet, désormais, dans les mains des citoyens: une ligne politique a été tracée, des perspectives sont ouvertes ... il faut savoir se rassembler pour constuire le grand parti de gauche à ossature républicaine qui est proposé !
Si les républicains de gauche laissent passer cette occasion, parions qu'il n'y aura pas de seconde chance.
Alors, au travail : débattons, mais débattons pour construire ! Débattons pour parvenir à nous réunir !
Et unissons-nous pour le renouveau républicain dans la France a tant besoin !

par Serge MAUPOUET publié dans : saintongejacobine
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Dimanche 6 avril 2008

Deux éléments motivent cet article : 
1 - Concernant le débat qui traversait la gauche républicaine depuis l'article du Monde du 04 avril, une réponse vient d'être donnée, en ligne, sur le blog de Jean-Pierre CHEVENEMENT. Elle se décompose en deux temps.

- Premier temps, une affirmation claire à propos de l'hypothétique fusion du MRC dans le PS évoquée par un article du Monde publié le 04 avril 2008, et qui dément cet article :
"Pour que les choses soient dites clairement, nous [= le MRC] ne sommes pas prêts à adhérer au PS. Tout s'est passé en effet comme si celui-ci avait mené à notre égard – consciemment ou non – une véritable campagne d'éradication au lendemain du 21 avril 2002, cherchant à nous transformer en bouc émissaire commode d'un échec dont son candidat était en fait le principal responsable. Nous n'admettons pas d'avoir été ainsi « criminalisés » pour avoir porté un projet différent sur l'Europe, la politique industrielle, la République ou l'indépendance de notre politique étrangère. Bref nous entendons non seulement nous faire respecter mais conduire des débats de fond sans lesquels il n'y aura pas de refondation républicaine de la gauche. Le MRC se place dans cette perspective de refondation exclusivement. Il n'entend donc pas acquiescer à une version de l'Histoire qui n'a pas d'autre objet que de soustraire à la critique une orientation social-libérale qu'il a toujours combattue. Pas plus qu'hier nous n'accepterons de servir de caution."
Extrait du Projet de texte d'orientation soumis par Jean-Pierre Chevènement à la réflexion du Conseil National du MRC, dimanche 6 avril 2008.
 
Donc, l'affaire semble réglée de ce point de vue. Le MRC ne fusionnera pas avec le PS. Une très bonne nouvelle !
Le démenti qui a circulé dès vendredi soir dans la Fédération MRC du Nord était donc fondé.

- Deuxième temps :
"L'objectif d'un grand parti de toute la gauche doit être clairement affirmé. Seule une nouvelle structure pourra accueillir la masse des sympathisants aujourd'hui sans repères et l'élan des nouvelles générations. Une Fédération ou une confédération pourrait sans doute constituer une étape intermédiaire mais en réalité le temps presse : seule la création d'un grand parti de toute la gauche, déjà relayée par certains responsables socialistes, faisant écho à nos propres propositions, peut créer l'électrochoc nécessaire. Ce nouveau parti devra rassembler largement et sans sectarisme toutes les sensibilités."
Extrait du Projet de texte d'orientation soumis par Jean-Pierre Chevènement à la réflexion du Conseil National du MRC, dimanche 6 avril 2008.

En première approche, je me contente de penser qu'une fédération ou une confédération semble tout à fait envisageable, et même à très court terme, avec un mérite concernant cette combinaison : les républicains de gauche ne seraient pas ainsi totalement dilués. Au contraire, les républicains de gauche, s'ils étaient les premiers à s'unir, à se fédérer, pourraient se trouver considérablement renforcés.
Pour le parti unique de la gauche, si la proposition est séduisante pour résister au grand parti de droite qu'est désormais l'UMP, il faut évidemment savoir sur quelle base la création se ferait : car, si c'est pour former "un grand PS", autant dire que cela n'aurait aucune utilité pour les républicains de gauche ! Ils seraient encore plus dilués que par une simple fusion dans le PS ...
Par conséquent, ce projet n'est intéressant que s'il s'agit de réunir la gauche sur une base commune la plus large possible, sans unilatéralisme de la part du parti actuellement dominant, pour une refondation prenant en compte le logiciel républicain. Vu l'émiettement actuel des gauches, la tâche paraît cependant rude.
Mon sentiment premier est donc qu'il faut déjà travailler à réunir, à fédérer ou à confédérer tous les républicains de gauche ! Et il faut agir vite.

N'en sachant pas plus, pour l'heure, je me contente de ce petit écrit, et je vous renvoie à l'intégralité du texte : http://www.chevenement.fr/Un-contenu-et-un-chemin-pour-la-creation-d-un-grand-parti-de-toute-la-gauche_a595.html

2 - Sur ce même blog de Jean-Pierre CHEVENEMENT, que je consultais pour savoir si des indications nouvelles concernant l'hypothétique - et désormais démentie - fusion MRC-PS étaient en ligne, j'ai trouvé le nouveau projet du MRC, que je vous invite à consulter, sans en faire ici un commentaire. Chacun pourra ainsi se faire librement sa propre idée : http://www.chevenement.fr/Un-projet-republicain-plus-que-jamais-d-actualite_a596.html

 

par Serge MAUPOUET publié dans : saintongejacobine
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Samedi 5 avril 2008

LES REPUBLICAINS DE GAUCHE 
NE SONT PAS MORTS !

IL EN RESTE !

ILS DEMANDENT SEULEMENT QU'ON LEUR LAISSE LE TEMPS ET LA POSSIBILITE D'AGIR !

Depuis l'article du Monde de 04 avril 2008, qui laissait supposer une fusion prochaine du MRC avec le PS, le débat sur cette perspective est lancé
 [voir aussi notre article ci-dessus, publié le 6 avril, et dont le contenu semble permettre d'apporter, fort heureusement, un démenti à l'article du Monde].

Pour ma part, je me positionne clairement contre la disparition du dernier grand mouvement républicain de gauche indépendant.

Sans doute, si le MRC venait à disparaître, il resterait encore des républicains de gauche, mais ils seraient émiettés, dispersés entre divers partis, en étant toujours en position minoritaire - au mieux groupés en courants -, et ne disposeraient plus d'une médiatisation suffisante.

A propos de l'article du Monde, on ne me convaincra pas, que fusionner 4 à 6 000 militants républicains de gauche issus du MRC avec 160 000 militants PS, laissera une audience quelconque aux républicains de gauche à l'intérieur du nouvel ensemble ...

Soyons clair, si le MRC disparaissait, ce serait l'éviction définitive du courant républicain de gauche de la scène politique.


Au lieu de travailler à la disparition de ce courant, ne serait-il pas déjà plus opportun de travailler à développer un "plus grand MRC", c'est-à-dire un mouvement démocratique puissant qui serait capable de réunir tous les républicains de gauche et d'attirer à lui des militants qui sont aujourd'hui restés dans d'autres formations, ou partis vers d'autres formations, alors qu'ils partagent un idéal commun, fondé sur la mise en oeuvre du logiciel républicain, et des valeurs communes, celles de la gauche véritable ?

Pour cela, une seule solution : il faut cesser de remettre sur la table tous les 2 ans la possibilité d'une fusion du MRC avec le PS. Il faut dire clairement : il existe définitivement un parti autonome, véritablement, essentiellement, structurellement, républicain de gauche.
Un mouvement qui veut réunir tous les républicains de gauche.
Et là, les républicains de gauche auront un véritable espace politique, à inscrire dans la durée.

D'autant que, la gauche étant en miettes, le PS étant fragilisé, le logiciel républicain doit permettre de remettre les républicains de gauche au coeur de l'échiquier politique à gauche. Cela passe par le maintien d'un parti indépendant, visible et aussi puissant que possible.

Oui, il reste des républicains de gauche, oui il reste des républicains socialistes, oui il reste des gaullistes de gauche, oui il reste des jacobins. Aujourd'hui ils sont dispersés : faisons en sorte qu'ils soient unis, pour la concrétisation de leur idéal commun !

Ici, ce n'est pas seulement la défense d'un parti qui est en jeu,
c'est bien la défense d'abord - et le développement ensuite - d'une ligne politique indissociable de notre histoire républicaine, de notre présent, de notre avenir.

Alors, je le répète :
Oui, les républicains de gauche sont encore vivants  ! Il en reste !
Et ils continueront à se battre pour leur indépendance et la diffusion de leur idéal !


C'est pourquoi, je remercie Michel Sorin d'avoir relayé sur son blog des extraits d'un courriel que je lui ai adressé le jour même de la parution dudit article du Monde. Vous pouvez lire l'article de Michel Sorin à cette adresse :
http://mrc53.over-blog.com/article-18456898.html

par Serge MAUPOUET publié dans : saintongejacobine
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Vendredi 7 décembre 2007

Extrait de George LEFEBVRE, in Maximilien Robespierre, 1758-1794, Beiträge zu seinem 200. Geburstag, Berlin 1958, pp. 7-14, repris dans Jean EHRARD et Guy PALMADE, L'Histoire, Armand Colin, Paris, 1965.

"A nos yeux, Robespierre est le plus éminent des premiers chefs de la démocratie française. Il le doit sans doute à la vénération que lui inspirait Jean-Jacques Rousseau, mais aussi à son origine et à son caractère. Connus aux confins de la Flandre et de l’Artois depuis le XVIe siècle, ses ancêtres apparaissent déjà détachés du travail de la terre, mais ne dépassant pas la condition de greffiers ou de notaires de village. Au début du XVIIIe siècle, le grand-père de Maximilien, installé à Arras et avocat au Conseil souverain d’Artois, semble appelé à se hausser dans la hiérarchie bourgeoise ; mais son fils, on ne sait trop pourquoi, laissa se dégrader la situation familiale et finalement disparut. Parents et amis prirent soin de ses enfants : Maximilien obtint à paris une bourse au collège Louis-le-Grand dont il fut un brillant élève et, devenu avocat, revient mener à Arras une existence honorable, mais de ressources modestes, en harmonie, semble-t-il, avec son tempérament, chaste et sobre, taciturne et méditatif, enclin à se plaire dans le cercle de la famille et d’un petit nombre d’amis. Un petit bourgeois, a-t-on dit. Sans doute, et même de mise toujours soignée, qui ne revêtit jamais la carmagnole et refusa le bonnet rouge ; dont la sympathie pour les travailleurs manuels n’alla jamais jusqu’à les fréquenter ; un homme de cabinet, un orateur d’assemblée nationale et de club, qui n’eut pas de contact avec les militants populaires. De là, en partie, sa popularité : la petite bourgeoisie, qui forma le gros du parti jacobin et sans-culotte, retrouva en lui sa probité, son application, sa dignité de mœurs et sa décence, sa méfiance à l’égard de la richesse excessive et du luxe ostentatoire. De sa nature, des circonstances de sa formation, des modalités de son existence, semblent toutefois résulter plusieurs des traits de sa physionomie qui le desservirent. Affectueux avec ses intimes, il ne souriant pas souvent en public : « je n’aimais pas Robespierre, a écrit Choudieu, car il n’était pas aimable. » Autoritaire et sévère, il écartait les compromis ; défiant et soupçonneux, il ne pardonnait pas facilement. Le commun des hommes put estimer l’Incorruptible, mais de lui n’attendit pas l’indulgence.
Il n’est pas défendu de présumer que le déclin familial et la précarité d’humble boursier aient favorisé en lui l’ambition et que l’élection des députés aux Etats généraux lui soit apparue comme l’occasion de s’ouvrir des perspectives qu’une ville de province ne pouvait lui offrir. S’il en fut ainsi, on ne saurait douter que cette ambition s’accorde avec la haute idée, l’orgueil si l’on veut, que, de ses efforts, de ses succès, de ses épreuves, il avait tirée de sa valeur intellectuelle et morale ; ainsi jaillissait de lui-même, renforçant l’enseignement de Rousseau, le sentiment profond que la naissance ni l’argent ne sauraient être la mesure du talent, de la dignité, des droits du citoyen, et tel est le principe de l’égalité civile et de la démocratie politique.
Aux Etats généraux, il ne se borne donc pas à combattre les privilégiés, à réclamer la libération des opprimés, – juifs, comédiens, hommes de couleur des colonies ; – pour le peuple, il fut avant tout l’avocat du suffrage universel contre le régime censitaire adopté par la Constituante.
Apôtre de la démocratie politique, il a fini par s’inscrire aussi, avec Saint-Just, parmi les protagonistes de la démocratie sociale.  Dans les premiers temps, toutefois, ce trait ne s’accuse pas ; de Rousseau, à la vérité, Robespierre avait bien retenu qu’à l’origine de l’inégalité parmi les hommes, on aperçoit non seulement la nature, mais aussi la propriété individuelle, telle que nous pratiquons ; mais rechercher à ce mal inévitable les correctifs empiriques qui pourraient se recommander à l’homme d’Etat, on ne voit pas que Robespierre s’y fut attaché. De par sa formation, purement littéraire et juridique, l’analyse de l’économie et de la structure sociale cédait le pas au rapport des forces politiques et, puisque les circonstances commandaient avant tout d’arracher le pouvoir à l’aristocratie au profit du Tiers Etat, on s’explique que, durant des mois, cette tâche accapara tous ses instants. Ce fut seulement à partir de 1792 et surtout en 1793, que, voyant une portion croissance de la bourgeoisie, - les « culottes dorées », – se ranger derrière les Feuillants, puis derrière les Girondins, dans l’intention de terminer la Révolution par un compromis avec ses adversaires et par une paix boiteuse avec les coalisés, la nécessité lui apparut de s’associer plus étroitement les classes populaires par des mesures qui les intéresseraient au salut de la République ; plus tard, le 8 ventôse an II (25 février 1794), Saint-Just dira lui aussi : « La force des choses nous conduit peut-être à des résultats auxquels nous n’avons pas pensé. »
Ce n’est pas que Robespierre en soit venu à l’idée de bouleverser l’organisation de la société et de retirer à la bourgeoisie la prédominance que la Révolution de 1789 lui avait assurée. « Il ne fallait pas une révolution sans doute, dit-il à la Convention, le 24 avril 1793, pour apprendre à l’univers que l’extrême disproportion des fortunes est la source de bien des maux et de bien des crimes ; mais nous n’en sommes pas moins convaincus que l’égalité des biens est une chimère. » Il condamnait ce qu’on appelait alors « la loi agraire », c’est-à-dire une redistribution de la propriété, ce qu’on dénommera en 1848 le socialisme des partageux. Mais il reconnaissait maintenant à la République le droit d’intervenir pour pallier les pires conséquences de l’inégalité qu’il déplorait. Alors que la Convention préparait une nouvelle Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui prendrait place en tête de la Constitution de 1793, on lit dans le même discours du 24 avril : « En définissant la liberté, le premier des besoins de l’homme, le plus sacré des droits qu’il tient de la nature, nous avons dit avec raison qu’elle avait pour bornes les droits d’autrui. Pourquoi n’avez-vous pas appliqué ce principe à la propriété qui est une institution sociale ? … Vous avez multiplié les articles pour assurer la plus grande liberté à l’exercice de la propriété et vous n’avez pas dit un seul mot pour en déterminer la nature et la légitimité, de manière que votre Déclaration paraît faite, non pour les hommes, mais pour les riches, pour les accapareurs, pour les agioteurs, et pour les tyrans. » Il proposait donc de lui adjoindre les quatre articles si souvent cités : « I° La propriété est le droit qu’a chaque citoyen de jouir et de disposer de la portion des biens qui lui est garantie par la loi ; 2° Le droit de propriété est borné comme les autres par l’obligation de respecter les droits d’autrui ; 3° Il ne peut préjudicier ni à la sûreté, ni à la liberté, ni à l’existence, ni à la propriété de nos semblables ; 4° Toute possession, tout trafic qui viole ce principe est essentiellement illicite et immoral. »
A ces déclarations de principe, les circonstances confèrent une signification concrète : Montagnards, Jacobins, Sans-Culottes venaient de s’entendre pour demander à la Convention d’ordonner la taxation du prix des grains, de rétablir l’obligation de ne les vendre qu’aux marchés publics, d’accorder aux administrations des districts la faculté de garnir ces derniers aux moyens de réquisitions. Les articles de Robespierre, spécialement le quatrième, justifiaient par avance le loi du 4 mai. Quelles autres conséquences en déduisait-il ? Il ne l’a pas dit, mais l’inspiration s’en retrouve dans les lois montagnardes qui suivirent. Tandis qu’un nouveau régime successoral préparait la fragmentation des fortunes, il fut prescrit au contraire de diviser les biens nationaux avant de les mettre en vente dans l’espoir de rendre l’acquisition plus facilement accessible ; on autorisa aussi le partage des communaux et, le 6 ventôse, Saint-Just fit attribuer aux « indigents » les biens des suspects. La loi du 29 frimaire (19 décembre 1793) institua un enseignement primaire, laïque, gratuit et d’ailleurs obligatoire. A l’égard des plus déshérités, la Constitution de 1793 avait érigé l’assistance en un devoir social ; le décret du 22 floréal (11 mai 1794) promit du travail aux chômeurs et organisa la « bienfaisance nationale », c’est-à-dire l’assistance médicale gratuite, des pensions d’infirmité et de vieillesse, une aide aux familles nombreuses ; en résumé : ce que nous appelons la Sécurité sociale. On ne doute donc pas que Robespierre se fît de l’idéal d’une société républicaine la même conception qui transparaît dans les Institutions républicaines et que Saint-Just résume en écrivant : « Il faut que l’homme vive indépendant. » Que chaque citoyen possède une terre, un atelier, une boutique suffisant à pourvoir sa famille, et, petit producteur, échange directement avec ses égaux le produit de son travail.
Conception de petit bourgeois, objectera-t-on de nouveau, et que la révolution elle-même rendait utopique, puisqu’en proclamant la complète liberté d’entreprise, elle ouvrait à la concentration capitaliste une perspective illimitée. Sans doute ! Mais elle concordait avec les souhaits du journalier agricole ou de l’ouvrier citadin et, à l’époque, les conditions ordinaires de la production ne repoussaient pas au rang des chimères l’espoir que la République démocratique, par son intervention, aiderait à la réaliser.
Un humanisme anime le dessein démocratique : il s’agit d’améliorer le sort de l’homme. Mais ce n’est pas l’intérêt seul qui l’engendre et qui l’entretient : il doit bien plus à la « vertu », c’est-à-dire au patriotisme sous sa forme généreuse et pure : « L’âme de la République, c’est la vertu, c’est l’amour de la patrie, le dévouement magnanime qui confond tous les intérêts dans l’intérêt général. Les ennemis de la République, ce sont les lâches égoïstes, ce sont les ambitieux et les corrompus. » Cette vertu civique, il ne la séparait pas de la vertu privée, et ainsi, comme chez Rousseau, le sentiment moral s’unit intimement au penchant démocratique. Tous deux sont de préférence l’apanage du citoyen que Robespierre appelle le pauvre, qui vit de son travail, échappe à la misère qui dégrade l’homme et à la richesse qui le détache de ses semblables et l’incline à l’indifférence à l’égard de la communauté s’il n’en est pas le maître. En ce sens, il existe des conditions sociales de la vertu civique et privée ; la démocratie, en les améliorant, favorisera le progrès moral et rehaussera ainsi la dignité de l’homme ; encore faut-il pour que la démocratie naisse, vive et prospère, que la vertu déjà soutienne ses initiateurs.
Une démarche dialectique se manifeste aussi quand on approfondit la pensée de Robespierre, et, impossible de s’y tromper, c’est son spiritualisme qui l’engendre. Comme la plupart de ses contemporains, l’éducation du collège ne lui avait valu aucune imprégnation de la culture scientifique ; l’intuition sentimentale qu’il tenait de Rousseau, lui rendait odieux le sensualisme de Locke et de Condillac, suspect l’intellectualisme cartésien, répugnants les philosophes que nous tenons pour matérialistes, particulièrement Helvétius dont il fit briser le buste aux Jacobins.
S’il ne désespère pas de l’homme, c’est qu’il le dote d’une âme que l’Etre suprême ou la nature a rendue capable de vertu. L’aboutissement de la démocratie est donc pour lui une flamme spirituelle qu’entretient la croyance religieuse. On a soutenu qu’il demeurait catholique : ce n’est pas exact ; car, dès le collège, il cessa de pratiquer ; on a représenté aussi qu’en instituant le culte de l’Etre suprême, il agit non par conviction personnelle, mais en homme d’Etat, soucieux d’offrir au peuple un succédané, qui ménageât ses habitudes et de consolider le prestige de la morale ; de fait, le pragmatisme de Robespierre ne peut se contester ; il s’exprime de manière frappante dans son rapport du 18 floréal (7 mai 1794) : « Aux yeux du législateur, tout ce qui est utile au monde et bon dans la pratique est la vérité … L’idée de l’Etre suprême et de l’immortalité de l’âme est un rappel continuel à la justice : elle est donc sociale et républicaine. »
Mais la déclaration de Robespierre aux Jacobins, le 26 mars 1792, ne laisse nonobstant aucun doute : si sa philosophie manquait de rigueur, comme il le reconnaît lui-même, il croyait à l’existence d’un dieu transcendant, d’une âme individuelle et d’une rémunération dans la vie future : « Invoquer le nom de la Providence et émettre une idée de l’Etre éternel qui influe essentiellement sur les destins des nations, qui me paraît à moi veiller d’une manière toute particulière sur la Révolution française, n’est point une idée trop hasardée, mais un sentiment de mon cœur, un sentiment qui m’est nécessaire. Et comment ne me serait-il pas nécessaire à moi qui, livré dans l’Assemblée constituante à toutes les passions, à toutes les viles intrigues, et environné de tant d’ennemis nombreux, me suis soutenu seul avec mon âme ? Comment aurai-je pu soutenir des travaux qui sont au-dessus de la force humaine, si je n’avais point élevé mon âme à Dieu ? Sans trop approfondir cette idée encourageante, ce sentiment divin m’a bien dédommagé de tous les avantages offerts à ceux qui voulaient trahir le peuple. »
Jaurès a vivement ressenti la profondeur de la sympathie humaine qui inclinait Robespierre dans le même sens : un pessimisme qu’il tenait évidemment de son tempérament, ne lui permettait pas d’espérer que le progrès social pût jamais éliminer le malheur de l’existence individuelle, et il n’en était que plus attaché au sentiment religieux comme la seule consolation qu’il pût offrir aux victimes de la nature et du hasard […] De ce pessimisme, Robespierre n’en exemptait pas sa propre destinée : il ne comptait pas qu’on lui saurait gré de son dévouement à la Révolution et à la démocratie ; bien des fois, il laissa entrevoir qu’au contraire, il s’attendait au pire. Le 12 décembre 1791, il disait : « La guerre donne lieu à des terreurs, à des dangers, à des trahisons, à des pertes. Le peuple se lasse : On calomnie l’Assemblée nationale si elle est sévère, on lui attribue les malheurs de la guerre » ; et le 28 décembre 1792, plus sombre encore, il s’écrie : « La vertu a toujours été en minorité sur la terre. » Comme on l’a vu attester le 26 mars 1792, il trouvait dans sa croyance le rempart de son courage.
[…]
par Serge MAUPOUET publié dans : saintongejacobine
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Mardi 22 mai 2007

Les principes du jacobinisme sont résumés ainsi par J.-P. B. dans l’Encyclopédie française : « Egalité des chances et égalité des jouissances […], liberté du peuple, souverain maître de ses destinées, fraternité des hommes pour la paix et le bonheur universel : c’est un programme en partie utopique, mais le message court, et pour longtemps, sur les lèvres des hommes. » 

 Les Républicains se sont longtemps référés au jacobinisme, ne manquant pas de rappeler l’action des grands ancêtres, et tout particulièrement celle de Robespierre. Sous la IIIe République , le jacobinisme, adapté à l’esprit du temps, était même devenu consensuel. Clemenceau avait définitivement intégré le jacobinisme dans l’héritage national, en affirmant que la Révolution était un tout, un bloc duquel on ne pouvait soustraire tel ou tel épisode. 

Occultant l’œuvre menée pour la création d’un modèle républicain inédit et la mise en place d’une République sociale (droit au travail, droit à l’assistance, meilleure répartition des richesses, etc.) a tendance à réapparaître aujourd’hui une "légende noire" du jacobinisme : ce dernier serait réductible à la Terreur , ou serait encore synonyme de centralisme parisien étouffant la province. Telle n’est pas notre vision ! 

En effet, le citoyen du XXIe siècle devrait prendre le temps de réfléchir sur le constat erroné qu’on lui propose trop souvent, en lui montrant uniquement les excès temporaires d’une politique et non pas ses réalisations positives et durables ! En effet, si le jacobinisme a pu mener vers des attitudes extrêmes, tel n’était pas son projet ; il faut prendre ici en compte les nécessités du moment, le poids de la guerre extérieure et de la contre-révolution à l’intérieur ; il s’agissait pour les jacobins de mettre en œuvre les moyens indispensables à la victoire de la République. 

Le jacobinisme politique a toujours été une lutte pour la liberté du peuple contre la restauration aristocratique (que cette aristocratie soit issue de la naissance ou de la possession des richesses), pour la défense de la République contre les menaces des ennemis de l’intérieur ou de l’extérieur. 

Le centralisme jacobin lui-même est avant tout la prise en compte de la nécessité de bâtir un pays uni, soudé, capable d’affronter les défis, de passer outre les égoïsmes régionaux. 

Alors, pourquoi aujourd’hui des attaques renouvelées contre le jacobinisme ? Parce que celui-ci, qui se confond avec l’héritage républicain, s’oppose d’une part à la dérive européiste menant vers une utopique fédération européenne (qui n’est pas désirée par les peuples) et d’autre part à la régionalisation créatrice d’inégalités au sein même du territoire national et permettant à des notables de se tailler des « fiefs » électoraux. 

L’intérêt bien compris des citoyens est donc de renouer avec les valeurs républicaines et jacobines. De retrouver le consensus jacobin de la IIIe République qui a permis à la France de surmonter des pages parmi les plus difficiles de son histoire. Le jacobinisme, c’est la volonté de faire un pays plus uni, plus équitable, plus juste, plus égalitaire, plus libre et conscient de lui-même et donc plus apte à relever les défis du monde actuel.

Serge MAUPOUET

par Serge MAUPOUET publié dans : saintongejacobine
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Jacobins

Un instituteur...

Discours de Gambetta à la réunion des Comités républicains à Bordeaux (le 26 juin 1871) :

 "Il n'y a de politique vraiment sage, vraiment féconde, que celle du pôle républicain.

 Il ne faut pas nous laisser détourner du droit chemin ni par les calomnies ni par les injures; et j'ai la conviction que, si nous voulons tenir bon et rester au poste, si nous voulons incessamment, sur toutes les questions posées, produire les solutions républicaines, nous arriverons à démontrer bientôt, sur toutes les questions posées que nous valons mieux que les injures, que nous sommes un parti de gouvernement capable de diriger les affaires, le parti de l'intelligence et de la raison, et que c'est parmi les hommes se réclamant de nos principes qu'on trouvera vraiment les garanties de science, de désintéressement et d'ordre, sans lesquelles un gouvernement n'est qu'une affaire au profit de quelques uns.

 Aux plus sages ! aux plus dignes ! Parfaitement ! c'est une gageure qu'on doit accepter. Ce n'est pas une formule nouvelle pour des républicains : c'est leur dogme, de ne voir attribuer les fonctions publiques qu'au mérite et à la vertu.

 Oui, quelque calomniés que soient aujourd'hui les hommes et les principes de la Révolution française, nous devons hautement les revendiquer, poursuivre notre œuvre."

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