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"Nous allons nous entretenir aujourd'hui d'une époque [à laquelle] nous devons tout ce que nous avons : je veux parler de la Révolution de 1789 [...]
Je pense ne surprendre personne ici en déclarant que moi, enfant du peuple comme vous tous, je suis un admirateur de cette Révolution, qui a tout fait pour la classe à laquelle nous appartenons. Partisan résolu des principes ineffaçables contenus dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, je ferai tout mon possible pour arriver à les faire connaître, ces principes devant former le catéchisme de tout républicain [...]
[La République] a fait de grands efforts pour rendre les lois plus justes, et pour que les charges soient également réparties entre tous les citoyens. Elle a surtout cherché à améliorer le sort du peuple, de l'ouvrier, de ce qu'on a l'habitude d'appeler le petit."
Conférence populaire prononcée par l'instituteur d'une commune du Loir-et-Cher (167 habitants) en 1899, publié par J. OZOUF, Nous les maîtres d'école, Paris 1967.

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Citoyen, citoyenne,

Vous trouverez ici quelques contributions visant à participer humblement aux débats concernant la "chose publique" et la vie de la "cité".

Pourquoi ? Parce que la politique n'est pas une activité abstraite réservée à une élite, mais bien un processus démocratique aboutissant à des décisions qui influencent la vie quotidienne de chacun d'entre nous.

Participez vous aussi, et enrichissez le débat en laissant vos commentaires.

Salut et Fraternité
Serge MAUPOUET


PS : les articles purement historiques sont regroupés désormais sur le blog http://pagesdhistoire.over-blog.com/

Samedi 9 janvier 2010 6 09 /01 /Jan /2010 17:43
Nous reprenons ici un constat, celui établi par les IUFM (Instituts universitaires de formation des maîtres) eux-mêmes.

Les deux ministères en charge du dossier, le Ministère de l'Education nationale et le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, ont présenté leurs projets le 13 novembre 2009 aux organisations de représentants des personnels. Pour un directeur d'IUFM - s'exprimant dans le courriel d'accompagnement d'un Communiqué de son établissement  -, "Ces projets, en fait, nient toute dimension professionnelle à la formation d'enseignant". Déjà, l'année précédente, les IUFM avaient couru le risque voir leur rôle réduit à la mise en place de modules professionnalisants complétant ces masters.

Le projet de cadrage des masters enseignants a ensuite été présenté au CNESER (Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche) le 21 décembre 2009. Seuls le MEDEF et l'UNI n'ont pas rejeté le texte (Pour, n°142, janvier 2010). Une motion a par contre été adoptée pour "un nouveau cadrage des masters garantissant l'articulation entre des éléments progressifs de professionnalisation et une formation disciplinaire" (Pour, n°142, janvier 2010).

Pour avoir une analyse critique de la réforme, on peut se référer utilement à l'entretien du "Café pédagogique" avec Jean-Louis Auduc, directeur-adjoint d'IUFM (www.cafepedagogique.net/lexpresso/pages/2009/12/j-lauduc28122009.aspx) bon connaisseur du système éducatif, dont j'avais suivi certaines interventions, il y a dix ans, lorsque j'étais moi-même en formation à l'IUFM de Créteil.

Sans aller aussi en profondeur que l'article précédent, et en puisant dans diverses sources, on peut, pour faire simple, poser que, dans ces projets, il y a un arbre, mais derrière il y a la forêt.

L'arbre, c'est l'intention affichée d'élever le niveau de recrutement de la licence au master. Quasiment personne ne peut contester a priori a légitimité d'une telle intention. C'est justement l'habilité de l'ensemble du dispositif que de mettre en avant une proposition qui ne peut, en pratique, qu'être très largement acceptée.

Mais derrière l'arbre, il y a la forêt.
La forêt, c'est d'abord le fait que les masters qui conduiront au recrutement seront des masters disciplinaires et non pas des masters professionnels. Or, par exemple, les professeurs des écoles n'ont pas vocation à être hyper-spécialisés dans une discipline, mais au contraire doivent acquérir des compétences d'enseignants polyvalents. Les nouveaux enseignants recrutés disposeront, certes, d'une plus grande compétence dans une discipline, mais leur formation professionnelle sera réduite à des stages, au demeurant assez courts.
La forêt, c'est ensuite le schéma général adopté pour les conours, lequel ne permettrait pas de bien s'assurer des compétences des candidats pour accomplir réellement des missions d'enseignement. C'est encore le fait que le temps de préparation des épreuves écrites de ces concours n'est pas clairement défini dans le cadre de la mise en place des masters.
La forêt, c'est encore le fait que la formation professionnelle des candidats ayant obtenu le concours se fera seulement sur 1/3 de leur temps de service, tandis que les 2 autres tiers seront consacrés à leurs activités concrètes d'enseignement dans leur établissement d'affectation.
La forêt, c'est toujours qu'on tourne le dos à la possibilité de faire jouer la complémentarité IUFM-UFR, c'est à dire qu'on coupe les liens et échanges réciproques entre les lieux de diffusion des savoirs universitaires (les UFR - cf. fr.wikipedia.org/wiki/Unit%C3%A9_de_formation_et_de_recherche) et les lieux de transmission des savoirs professionnels (les IUFM - http://www.iufm.fr/).
La forêt c'est finalement qu'on va mettre devant des élèves de jeunes enseignants qui n'auront pas vraiment en main les outils pour gérer une classe, qui n'auront pas pu assez réfléchir, en amont, sur le décalage qui peut exister entre leur représentation de ce qu'est une classe, et ce qu'une classe peut être dans la réalité ...

Et ces quelques remarques n'épuisent pas le sujet !
Serge Maupouet
Publié dans : éducation
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Un instituteur...

Discours de Gambetta à la réunion des Comités républicains à Bordeaux (le 26 juin 1871) :

 "Il n'y a de politique vraiment sage, vraiment féconde, que celle du pôle républicain.

 Il ne faut pas nous laisser détourner du droit chemin ni par les calomnies ni par les injures; et j'ai la conviction que, si nous voulons tenir bon et rester au poste, si nous voulons incessamment, sur toutes les questions posées, produire les solutions républicaines, nous arriverons à démontrer bientôt, sur toutes les questions posées que nous valons mieux que les injures, que nous sommes un parti de gouvernement capable de diriger les affaires, le parti de l'intelligence et de la raison, et que c'est parmi les hommes se réclamant de nos principes qu'on trouvera vraiment les garanties de science, de désintéressement et d'ordre, sans lesquelles un gouvernement n'est qu'une affaire au profit de quelques uns.

 Aux plus sages ! aux plus dignes ! Parfaitement ! c'est une gageure qu'on doit accepter. Ce n'est pas une formule nouvelle pour des républicains : c'est leur dogme, de ne voir attribuer les fonctions publiques qu'au mérite et à la vertu.

 Oui, quelque calomniés que soient aujourd'hui les hommes et les principes de la Révolution française, nous devons hautement les revendiquer, poursuivre notre œuvre."

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