Depuis la rentrée 2008, les heures élèves obligatoires ont été diminuées : perte de 2 heures par rapport à la situation précédente, accompagnant la supression du samedi matin. La semaine est donc
généralement organisée sur 8 demi-journées (4 jours) et comporte 24 heures pour la plupart des élèves, et un peu plus, ponctuellement, pour certains élèves repérés comme étant en difficulté.
Pourtant aucun travail de recherche sur les rythmes scolaires ne permet de penser que la semaine scolaire était trop longue, en nombre de demi-journées : voir le dossier complet proposé à ce
sujet par la FCPE nationale (
www.fcpe.asso.fr/ewb_pages/d/dossier_fcpe2268.php).
En réalité, ce sont les journées de travail qui sont trop chargées. Supprimer le samedi matin n'est donc pas une solution pertinente, au contraire, puisque cela concentre les enseignements sur
les 4 autres jours de la semaine.
Il est vrai que l'adoption d'une semaine sur 9 demi-journées, c'est-à-dire avec école le mercredi matin, était restée possible dans certains départements (Michelle Frémont, "les 60 heures nouveau
casse-tête", in
Fenêtres sur cours n° 315 du 16 juin 2008, hebdomadaire du SNUIPP-FSU), mais de manière dérogatoire, liée à un projet, et en tenant compte des impératifs de transports
scolaires. Une fiche de synthèse de la FCPE nationale indique que la dérogation est accordée pour une durée de 3 ans maximum (
www.fcpe.asso.fr/e_upload/pdf/procedure.pdf)
Certains maires, certaines municipalités, conscients que la priorité était à donner aux besoins des enfants, ont souhaité promouvoir ce rythme sur 9 demi-journées : ainsi, à Poitiers
(http://
www.mairie-poitiers.fr/rubriques/actualites/poitiers_magazine/poitmag159/pdf/actualite_3.pdf),
à Arras (http://
www.liberation.fr/societe/0101316771-a-arras-voltaire-a-trouve-son-rythme), à
Toulouse (
pedagogie.ac-toulouse.fr/ien31-grand-mirail/articles.php?lng=fr&pg=5). A Belfort, le
maire (Etienne BUTZBACH, Mouvement Républicain et Citoyen) avait fait voter , le 28 mars 2009, une motion souhaitant "que soit restaurée la semaine de quatre jours et demi selon des
modalités concertées avec les enseignants et les parents, dans l'intérêt des enfants" (
www.cmbelfort.com/index.php?post/2009/04/06/Rythmes-scolaires-dans-les-ecoles-belfortaines).
D'autres villes ont mis la réflexion en route, comme Angers (
www.angers.fr/fileadmin/plugin/tx_dcddownloads/Le_questionnaire_01.pdf) ou Lille (
/www.libelille.fr/saberan/2009/03/lcole-ce-sera-p.html). Pour une liste plus complète, on peut consulter (sous réserve d'une
vérification que nous n'avons pas pu faire nous-même) :
fcpe.centre.casanova.nanterre.over-blog.com/pages/Et_si_nous_regardions_ce_qui_se_fait_en_France-1070223.html
En outre, les nouveaux programmes sont alourdis en mathématiques et en français, au détriment des autres domaines d'apprentissage. Il n'y a donc pas, globalement, d'allègement des programmes, et
ceci alors que la semaine est amputée de 2 heures. C'est ce que relève les
textes préparatoires 6e congrès de la FSU, supplément à la revue
Pour, n° 140, p. 5 : "
les
programmes 2008 comportent des notions plus difficiles sur un temps d'enseignement hebdomadaire réduit de 2 heures et fait courir le risque de placer davantage d'élèves en difficulté. La
réorganisation de la semaine scolaire déséquilibre les enseignements au détriment des disciplines de découverte du monde, ainsi que des apprentissages artistiques et d'éducation
physique."
Il est vrai que les enseignants doivent consacrer, désormais, 2 heures par semaine aux élèves en difficultés, sur environ 30 semaines : c'est ce qu'on appelle "l'aide personnalisée". Mais, d'une
part, il ne s'agit pas de suivre toute l'année un groupe d'élève, il y a une rotation entre les élèves inclus dans le dispositif, par conséquent aucun élève ne récupère, en aucune manière, les 2
heures d'enseignement obligatoire supprimées, et d'autre part le dispositif prend des formes variées et complexes : voir le bilan qu'en dresse le ministère de l'Education Nationale (
media.education.gouv.fr/file/Toute_l_actualite/87/1/tableau-aide-personnalisee_37871.pdf)
Mais encore, ces heures ne pallient en aucune manière la disparition progressive des RASED.
En outre, aucune formation particulière des maîtres n'avait été initialement prévue (Michelle Frémont, "les 60 heures nouveau casse-tête", op. cit.).
Enfin, les enquêtes menées par le syndicat enseignant SNUIPP en 2008-2009 ont montré que "
le dispositif est loin d'être la réponse adaptée pour apporter une aide efficace à ceux qui en ont
besoin" (lettre d'informations syndicales "Tout ce qu'on ne vous dira peut-être pas", mercredi 30 septembre 2009, SNUIPP-FSU 86). Ce syndicat appelle à n'utiliser "
les heures d'aide
personnalisée que dans le cadre de projets pour tous les enfants". C'est évidemment une excellente piste pour reconquérir le temps retiré sur les heures élèves obligatoires, et retrouver le
chemin des 26 heures d'enseignement pour tous !
Serge Maupouet
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