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"Nous allons nous entretenir aujourd'hui d'une époque [à laquelle] nous devons tout ce que nous avons : je veux parler de la Révolution de 1789 [...]
Je pense ne surprendre personne ici en déclarant que moi, enfant du peuple comme vous tous, je suis un admirateur de cette Révolution, qui a tout fait pour la classe à laquelle nous appartenons. Partisan résolu des principes ineffaçables contenus dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, je ferai tout mon possible pour arriver à les faire connaître, ces principes devant former le catéchisme de tout républicain [...]
[La République] a fait de grands efforts pour rendre les lois plus justes, et pour que les charges soient également réparties entre tous les citoyens. Elle a surtout cherché à améliorer le sort du peuple, de l'ouvrier, de ce qu'on a l'habitude d'appeler le petit."
Conférence populaire prononcée par l'instituteur d'une commune du Loir-et-Cher (167 habitants) en 1899, publié par J. OZOUF, Nous les maîtres d'école, Paris 1967.

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Vous trouverez ici quelques contributions visant à participer humblement aux débats concernant la "chose publique" et la vie de la "cité".

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Salut et Fraternité

Dimanche 29 juillet 2007

Pourquoi nous propose-ton un service minimum dans les transports ?

Il y a bien l'argument-massue avancé par les promoteurs de la mesure : selon Matignon, "il n'y a pas de sujet interdit quand il s'agit de rendre le meilleur service aux usagers".
En réalité, comme le montre aujourd'hui l'incident de la rame de métro survenu sur la ligne 13, la plupart des retards ou annulations de service dans les transports publics sont liés non pas à des faits de grève mais à des problèmes de matériel, ou bien encore à des comportements incorrects d'une minorité de voyageurs (qui tirent les alarmes ou dégradent les rames ou les bus). Pour les premiers types d'incident, et en restant en région parisienne, il y a peu encore, les trains assurant à partir de la gare de l'Est la liaison avec Provins avaient la facheuse habitude de tomber en rade de bon matin : résultat, les passagers devaient parfois attendre plus d'une heure qu'un autre train soit disponible. Sur la ligne Bus du 393, ce sont les bus roulant au gaz qui refusent bien souvent de repartir après un arrêt ! Pour le second type d'incidents, ceux qui fréquentent, par exemple, la ligne de RER allant à Roissy-en-Brie savent bien que "certains"  (des élèves ou d'autres jeunes voulant embêter des élèves) prenant le train tirent fréquemment le signal d'alarme juste avant d'arriver à la station desservant un lycée, simplement pour que tout le monde soit en retard au premier cours du matin ... plus grave : sur la ligne du bus 182, à Vitry sur Seine, à la fin des années 90, les "incidents" étaient devenus tant fréquents que les chauffeurs ne souhaitaient plus desservir certains arrêts. Pour parler du train : évoquons les ruptures de caténaires sur les lignes TGV, les portions de lignes sur lesquelles la vitesse est limitée parce que les rails sont trop vétustes, le manque de personnel à bord des trains (parfois un seul contrôleur dans un train corail pour assurer la sécurité), etc., etc. ! Bref, arrêtons là une liste qui pourrait être longue ! Pour avoir fréquenté pendant 20 ans les transports parisiens (occasionnellement d'abord, puis quotidiennement de 1988 à 2004, avec juste une coupure pour cause de service national), pour avoir pris le train assidûment pendant plusieurs années sur des trajets Paris-Province (Paris-Blois, Paris-Tours, Paris-Saint-Maixent-L'Ecole en particulier), je peux témoigner que la plupart des annulations ou des retards sont bien liés à ce qu'on appelle de manière générique des "incidents" !
Mais, parlons statistiques : Bernard Thibault le précise, sans que la SNCF ni la RATP n'y trouvent à redire, «90% des perturbations dans les transports n'ont rien à voir avec la grève (et) sont le plus souvent liées à des incidents techniques» (source : 20 minutes, 18/07/2007) ! Par conséquent, dans les transports publics, les retards ou annulation pour faits de grève sont ultra-minoritaires. Ajoutons encore, que les paralysies totales des transports, même en cas de grève, sont l'exception ! De fait, et sans qu'il n'y ait besoin d'une loi, il y a toujours un minimum de trains, de métros, de bus qui circulent ...

Les promoteurs du service minimum travaillent sur des représentations, sur des préjugés, pas sur des faits. Ce service minimum n'est en fait qu'un prétexte qui masque un objectif bien réel : réduire autant que possible le droit de grève. C'est ce sur quoi insiste le communiqué de convergences-service public "Avec le projet sur le service minimum, voulu aujourd'hui dans les transports, évoqué pour demain dans l'éducation nationale et pourquoi pas ensuite étendu à l'ensemble du salariat, une attaque décisive contre le droit de grève est déclenchée."
En effet, lorsqu'une mesure constitue une régression sociale, et que la direction d'une entreprise publique ou un gouvernement ne souhaite pas négocier, la grève est le dernier recours possible. Or, c'est la multiplication de ces mesures de régression sociale qui a été à l'origine de plusieurs grèves importantes depuis 1995. Par le service minimum obligatoire, l'objectif est de pouvoir continuer la politique de régression sociale, mais en ne laissant plus aux salariés la possibilité de faire grève de manière efficace.
Une grève qui ne serait pas gênante pour les usagers - c'est malheureux à dire - ne sera pas prise en compte par le gouvernement ! Les salariés perdront des journées de salaire, mais puisque le service continuera à être rendu de manière plus ou moins convenable, il n'y aura plus de pression suffisante sur les décideurs. Les salariés s'épuiseront dans des mouvements qui ne déboucheront plus sur rien.
Les usagers seront peut-être satisfaits de ne pas avoir été gênés par la grève, mais sauront-ils ce qu'en fait ils auront perdu en sécurité, en qualité de service - et sur le long terme ! - parce que les salariés n'auront pas été en mesure de s'opposer à de mauvaises mesures ?

 

par Serge MAUPOUET publié dans : social
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Jacobins

Un instituteur...

Discours de Gambetta à la réunion des Comités républicains à Bordeaux (le 26 juin 1871) :

 "Il n'y a de politique vraiment sage, vraiment féconde, que celle du pôle républicain.

 Il ne faut pas nous laisser détourner du droit chemin ni par les calomnies ni par les injures; et j'ai la conviction que, si nous voulons tenir bon et rester au poste, si nous voulons incessamment, sur toutes les questions posées, produire les solutions républicaines, nous arriverons à démontrer bientôt, sur toutes les questions posées que nous valons mieux que les injures, que nous sommes un parti de gouvernement capable de diriger les affaires, le parti de l'intelligence et de la raison, et que c'est parmi les hommes se réclamant de nos principes qu'on trouvera vraiment les garanties de science, de désintéressement et d'ordre, sans lesquelles un gouvernement n'est qu'une affaire au profit de quelques uns.

 Aux plus sages ! aux plus dignes ! Parfaitement ! c'est une gageure qu'on doit accepter. Ce n'est pas une formule nouvelle pour des républicains : c'est leur dogme, de ne voir attribuer les fonctions publiques qu'au mérite et à la vertu.

 Oui, quelque calomniés que soient aujourd'hui les hommes et les principes de la Révolution française, nous devons hautement les revendiquer, poursuivre notre œuvre."

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