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"Nous allons nous entretenir aujourd'hui d'une époque [à laquelle] nous devons tout ce que nous avons : je veux parler de la Révolution de 1789 [...]
Je pense ne surprendre personne ici en déclarant que moi, enfant du peuple comme vous tous, je suis un admirateur de cette Révolution, qui a tout fait pour la classe à laquelle nous appartenons. Partisan résolu des principes ineffaçables contenus dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, je ferai tout mon possible pour arriver à les faire connaître, ces principes devant former le catéchisme de tout républicain [...]
[La République] a fait de grands efforts pour rendre les lois plus justes, et pour que les charges soient également réparties entre tous les citoyens. Elle a surtout cherché à améliorer le sort du peuple, de l'ouvrier, de ce qu'on a l'habitude d'appeler le petit."
Conférence populaire prononcée par l'instituteur d'une commune du Loir-et-Cher (167 habitants) en 1899, publié par J. OZOUF, Nous les maîtres d'école, Paris 1967.

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Salut et Fraternité

Mercredi 11 juillet 2007

Cet article a été repris dans la lettre UFAL FLASH n° 25, du 17 juillet 2007.

Consternant !
Voilà le mot qui nous vient immédiatement à l'esprit. Consternant mais pas surprenant, car voici plus d'un an que cela était visiblement en préparation, à coup de changement de mode d'administration du vaccin, de congrès médicaux préparant les pédiatres à assouplir leur position, de conseils aux familles disant que ce n'était plus vraiment nécessaire de vacciner, etc.
Nous avions d'ailleurs informé par lettre le journal régional Sud-Ouest de ce qui se passait en Saintonge, et nous avions alors eu la confirmation orale, en nous rendant à l'accueil du journal - pour savoir si notre courrier était bien parvenu à destination - que ce que nous décelions à notre modeste niveau était véridique à plus grande échelle. Confirmation encore lorsque, contactant des amis qui résident en Alsace, ils nous avaient indiqué que là-bas, aussi, on commençait à expliquer aux familles qu'il n'était plus si nécessaire de vacciner !
"On" préparait le terrain ... Malgré le positionnement de l'Institut Pasteur - que nous avions alors fait contacter par une personne du corps médical afin d'être sûr qu'il recommandait toujours, lui, la vaccination - , malgré le positionnement clair de l'Académie nationale de médecine "Les risques accrus de tuberculose exigent de maintenir la vaccination autrement [à cause de la disparition du Monovax et du nécessaire recours à la vaccination intradermique]" (Le Monde daté 12 octobre 2005), malgré l'avis du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) préconisant "la plus grande prudence dans la démarche de suppression de la vaccination généralisée par le BCG" car "les conditions ne sont pas actuellement réunies" (Le Monde, daté 8 juillet 2006), malgré l'avis du Conseil supérieur d'hygiène publique de France (CSHPF) considèrant encore en juillet 2006 que, la vaccination doit être administrée « dans les premières semaines de la vie chez les enfants à risque élevé et, lorsque cela est possible, retardée au-delà de l'âge de 6 mois chez les enfants à faible risque [toujours à cause du retrait du Monovax et du nécessairement recours à l'intradermique]", tout en restant clairement obligatoire pour l'entrée en collectivité." (Le Monde). "On" préparait le terrain ... D'ailleurs, le CSHPF esquissait déjà une évolution, puisqu'il se déclarait favorable à  une protection spécifique sur les populations les plus à risque dans l'avenir. Comme nous le montrons ci-dessous, tout le monde est à risque avec la tuberculose !
En fait, l'évolution, en France, était en cours depuis 2003 : un éditorial du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH, 18 mars 2003), édité par le ministère de la santé et l'Institut de veille sanitaire, envisageait alors « l'abandon de la vaccination généralisée » par le BCG. L'auteur - le professeur Elisabeth Bouvet, du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Bichat-Claude Bernard (Paris) - soulignait les « coûts considérables engendrés par la vaccination » obligatoire.
Jeudi 21 décembre 2007, la menace avait pris une forme plus concrète, avec la parution du rapport de la société française de santé publique (SFSP) préconisant de lever l'obligation de vacciner les enfants par le BCG (bacile Calmette-Guérin).
Et voilà, aujourd'hui, en pleines vacances d'été, bien sûr, la décision tombe. Mme Bachelot, ministre de la santé, annonce que le vaccin du BCG ne sera plus obligatoire, mais sera ciblé sur les populations à risque (entendu aujourd'hui sur France Info, mais déjà distillé la veille sur TF1 par PPDA, confirmé par Le Monde daté 12 juillet 2007). Consternant !
Consternant, car pour la tuberculose, il n'y a pas de population à risque : n'importe qui, n'importe où, n'importe quand, s'il n'est pas vacciné correctement, peut être en contact avec le bacille de Koch véhiculant la maladie et donc tomber malade. A l'école, dans le métro, en faisant ses courses, etc.
Tout le monde, tout un chacun est donc à risque ! Riche(s), pauvre(s), classe(s) moyenne(s), la tuberculose peut frapper toutes les couches de la société.
Si nous en sommes arrivés là, à cette décision qui déclasse le BCG des vaccinations obligatoires, c'est que nos dernières générations de médecins ont "oublié" ce qu'était la tuberculose, et pensent que la France n'est plus affectée que de manière tellement résiduelle qu'on peut baisser la garde. C'est aussi parce que ces mêmes générations de médecins ne maîtrisent pas bien la technique de la vaccination intradermique, qui est désormais la seule technique possible pour administrer le vaccin ! Plutôt que de former les médecins à cette technique - qui est très bien maîtrisée par les infirmières car elles connaissent précisément le geste à accomplir - on préfère ne plus vacciner !
Or la tuberculose a été et peut redevenir ici, en France, une maladie faisant des ravages : au début du XXe siècle, un décès sur huit, en France, était dû à la tuberculose. Oui, vous avez bien lu : un décès sur huit ! C'est aussi qu'on cherche à faire des économies de bouts de chandelles. Une vaccination en moins à rembourser. Oui, mais quel coût pour la collectivité si l'épidémie de tuberculose reprenait ! Surtout lorsqu'on sait qu'aujourd'hui le bacille est devenu plus résistant qu'hier aux antibiotiques (voir là aussi des articles récents du journal Le Monde), et que les nouveaux traitements ou vaccins promis mettront une dizaine d'années encore avant d'être au point (toujours cf. Le Monde) !
Nous reprenons ici un slogan d'une affiche de sensibilisation à la lutte contre la tuberculose, datée du début du XXe siècle : "La tuberculose est un péril national. La combattre est un devoir patriotique." Aujourd'hui, pour faire des économies, pour équilibrer les comptes de la sécurité sociale, pour éviter d'avoir à (re)former les médecins, et parce qu'on considère à tort que la tuberculose ne concerne que certains types de populations (en clair : les exclus, les marginaux, les migrants, les plus pauvres), on cesse de vacciner systématiquement contre la tuberculose. Alors, nous le crions aussi fort que possible : c'est consternant, c'est ridicule, c'est anti-patriotique (pour reprendre le slogan ci-dessus) et on le regrettera bientôt.
En effet, chaque année des cas de tuberculose sont toujours relevés en France. 5 374 cas en 2005 (source : Le Monde daté 12 juillet 2007). Chaque année des groupes scolaires sont touchés. Début décembre 2000, par exemple, une élève de terminale du lycée parisien Jules-Ferry avait été hospitalisée pour une tuberculose pulmonaire à un stade avancé (Le Monde, daté 29 décembre 2000). Mais ce n'est pas un cas isolé. Chaque année des jeunes garçons, des jeunes filles, qui n'étaient pas particulièrement à risque, contractent la maladie. Et ce alors que jusqu'ici on vaccinait massivement ! Alors, qu'est-ce que cela sera dès qu'on aura cessé de protéger systématiquement nos jeunes et que des générations entières ne seront plus couvertes ?

Serge MAUPOUET

par Serge MAUPOUET publié dans : santé
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Jacobins

Un instituteur...

Discours de Gambetta à la réunion des Comités républicains à Bordeaux (le 26 juin 1871) :

 "Il n'y a de politique vraiment sage, vraiment féconde, que celle du pôle républicain.

 Il ne faut pas nous laisser détourner du droit chemin ni par les calomnies ni par les injures; et j'ai la conviction que, si nous voulons tenir bon et rester au poste, si nous voulons incessamment, sur toutes les questions posées, produire les solutions républicaines, nous arriverons à démontrer bientôt, sur toutes les questions posées que nous valons mieux que les injures, que nous sommes un parti de gouvernement capable de diriger les affaires, le parti de l'intelligence et de la raison, et que c'est parmi les hommes se réclamant de nos principes qu'on trouvera vraiment les garanties de science, de désintéressement et d'ordre, sans lesquelles un gouvernement n'est qu'une affaire au profit de quelques uns.

 Aux plus sages ! aux plus dignes ! Parfaitement ! c'est une gageure qu'on doit accepter. Ce n'est pas une formule nouvelle pour des républicains : c'est leur dogme, de ne voir attribuer les fonctions publiques qu'au mérite et à la vertu.

 Oui, quelque calomniés que soient aujourd'hui les hommes et les principes de la Révolution française, nous devons hautement les revendiquer, poursuivre notre œuvre."

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