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"Nous allons nous entretenir aujourd'hui d'une époque [à laquelle] nous devons tout ce que nous avons : je veux parler de la Révolution de 1789 [...]
Je pense ne surprendre personne ici en déclarant que moi, enfant du peuple comme vous tous, je suis un admirateur de cette Révolution, qui a tout fait pour la classe à laquelle nous appartenons. Partisan résolu des principes ineffaçables contenus dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, je ferai tout mon possible pour arriver à les faire connaître, ces principes devant former le catéchisme de tout républicain [...]
[La République] a fait de grands efforts pour rendre les lois plus justes, et pour que les charges soient également réparties entre tous les citoyens. Elle a surtout cherché à améliorer le sort du peuple, de l'ouvrier, de ce qu'on a l'habitude d'appeler le petit."
Conférence populaire prononcée par l'instituteur d'une commune du Loir-et-Cher (167 habitants) en 1899, publié par J. OZOUF, Nous les maîtres d'école, Paris 1967.

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Citoyen, citoyenne,

Vous trouverez ici quelques contributions visant à participer humblement aux débats concernant la "chose publique" et la vie de la "cité".

Pourquoi ? Parce que la politique n'est pas une activité abstraite réservée à une élite, mais bien un processus démocratique aboutissant à des décisions qui influencent la vie quotidienne de chacun d'entre nous.

Participez vous aussi, et enrichissez le débat en laissant vos commentaires.

Salut et Fraternité

Mardi 22 mai 2007
La "République nouvelle" était destinée, il y a 60 ans, à restaurer le régime républicain après le sinistre intermède du régime de Vichy. Cette république méritait le qualificatif de "nouvelle" car elle instaurait une démocratie économique et sociale jusqu'alors inédite.
Cette nouvelle ambition républicaine était issue de la Résistance, et avait trouvé une traduction concrète dans le programme novateur du CNR (Conseil National de la Résistance ), publié le 15 mars 1944. Du passé, on pouvait et on voulait alors faire table rase. Les élites avaient failli ou trahi. Jean Moulin, de Gaulle, les Quatre-vingts (1) sont restés dans l’histoire parce qu’ils ont été de trop rares exceptions ... 
 Alors, il était possible de faire du neuf et de réaliser enfin ce qui avait été jusque-là une espérance : la justice sociale par des avancées d’une ampleur exceptionnelle. Ce neuf était appelé à durer. Il a constitué notre modèle républicain pendant plus d’un demi-siècle. Ce neuf avait pour nom : suffrage universel masculin et féminin, Sécurité sociale, services publics, comités d’entreprises, retraités généralisées, droit à l’éducation et à la culture, etc. 
 Il faut noter que ce programme révolutionnaire fut réalisé en un temps très court, sans rencontrer d’opposition insurmontable, et dans un contexte financier très difficile. Le pays était en ruine au sortir du Second conflit mondial et les mesures proposées étaient coûteuses pour la collectivité, mais la volonté politique était si forte (2) et la mobilisation des travailleurs si efficace (3) qu’il fut possible de mener de  front reconstruction du pays, création de richesses (4) et mise en place des conquêtes sociales. 
 Aujourd’hui, hélas, des hommes de droite et de gauche consacrent leur travail politique à la destruction systématique de tous les acquis de cette époque. 
 Le prétexte en est double : d’une part le pays serait endetté, d’autre part la mondialisation rendrait inéluctable le sacrifice de ce qui a été bâti hier pour le bénéfice du plus grand nombre. 
 La démonstration précédente montre comment ces arguments sont fallacieux ! Hé quoi ! Au sortir du plus terrible conflit qu’ait connu l’humanité, dans une situation financière désastreuse, les Français ont pu bâtir un modèle économique et social qui a été admiré pendant des décennies, et aujourd’hui alors que le pays vit en paix et qu’il n’a jamais compté autant de contribuables assujettis à l’impôt sur la fortune, il serait impossible de continuer à financer notre modèle républicain, démocratique et social ? 
 Disons-le clairement : nos hommes politiques, de droite et de gauche, qui argumentent sur ce point se moquent des citoyens. 
 Si l’Etat est endetté — à cause d’une absurde politique fiscale, qui permet aux plus aisés d’échapper à la nécessaire solidarité nationale et de subventions données trop largement aux plus grandes entreprises qui les encaissent sans créer pour autant des emplois en France —, la France est riche. La France a les moyens de financer son modèle social, à condition de le vouloir. 
 En outre, nos élites confondent aujourd’hui les dépenses avec les investissements. Les dépenses sociales n’en sont bien souvent pas : en dépensant aujourd’hui de l’argent pour la meilleure santé des citoyens, on réalise en réalité des économies pour demain. Vacciner contre le BCG c’est éviter de devoir soigner des tuberculeux demain. Et si nous prenons cet exemple c’est bien parce que des groupes de pression tentent en ce moment de retirer ce vaccin de la liste de ceux qui sont obligatoires … Ces prétendues dépenses, dans la santé, ou bien encore dans le social, l’éducation, la formation, la recherche, etc. sont donc en réalité des investissements. 
 Quelle est la situation aujourd’hui ? La gratuité de la santé n’est plus assurée : même la consultation d’un généraliste n’est plus entièrement remboursée. Des femmes enceintes sont contraintes de subir des temps de transport extrêmement longs pour accéder à une maternité avec le risque d’accoucher, le grand jour venu, pendant le trajet. Les services des urgences ferment à leur tour, pour ne plus être en fonction que dans les  agglomérations majeures. Les services sociaux se serrent la ceinture ou bien sont réorganisés par pôles comme à l’AP-HP : un service social pour un hôpital entier n’est plus la même chose qu’une assistance sociale dans chaque service. Et ne parlons pas des hôpitaux de province qui n’ont pas d’assistance sociale … ou des établissements scolaires qui bénéficient d’une assistante sociale une demi-journée par semaine pour plus de mille élèves ! Des prestations sociales ont été déléguées au niveau départemental, conduisant à des inégalités de traitement en fonction du lieu de résidence. Il faut parcourir parfois des dizaines de kilomètres pour trouver un bureau de poste qui mérite encore cette appellation. Les trains de nuit ont été supprimés, de nombreuses lignes Corail sont sur le grill, et il faut avoir Internet pour obtenir des prix avantageux : les plus humbles sont donc contraints de payer le train au prix fort ! Avoir un téléphone fixe chez soi est devenu deux fois plus onéreux depuis la privatisation de France Télécom, se chauffer au gaz coûte de plus en plus cher avec la privatisation en cours de Gaz de France, demain ce sera la même chose pour accéder à l’électricité. Etc. 
 Le modèle démocratique français a lui aussi été considérablement éprouvé non seulement par les retouches successives de la Constitution de la Ve République , qui l’ont peu à peu dénaturée, mais encore bien plus par la confiscation du débat politique au profit de certaines élites et des groupes de médias. On l’a bien vu pendant la campagne du référendum sur la Constitution européenne. Les dirigeants des principaux partis, le gouvernement, les médias d’audience nationale ou régionale ont très majoritairement fait campagne pour le oui. 70% du temps de parole a été donné aux défenseurs du oui. Or, c’est le non qui a très majoritairement gagné. Séisme majeur, révélateur de divergences de vues radicales entre le peuple et les élites ! 
 Mais encore, l’alternance systématique droite/gauche à chaque élection nationale montre bien que les élus, depuis vingt ans, ne mènent pas une politique répondant à la volonté populaire. A ce propos, force est de constater que la leçon de 2002 n’a pas été tirée. 
 Un autre projet politique que celui de la régression systématique est possible. Les générations de l’après-guerre ont été capables de relever le défi. Aux générations actuelles de montrer qu’elles sont tout aussi capables de se mobiliser pour construire un avenir meilleur et redonner sens à la fraternité républicaine. 
 Serge MAUPOUET 
 Notes :
 (1) il s’agit des quatre-vingts parlementaires (57 députés et 23 sénateurs) qui, le 10 juillet 1940, ont refusé de voter les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain et se sont ainsi opposés à la disparition du régime républicain.
 (2) en particulier avec la mise en œuvre du plan Monnet et les nationalisations.
 (3) Thorez avait donné la ligne à suivre, à Waziers, le 21 juillet 1945 : « Produire, c’est aujourd’hui la forme la plus élevée du devoir de classe, du devoir des Français ... »  
 (4) Le plein-emploi était assuré, et en 1951, six ans seulement après la fin de la guerre, la production industrielle battait son record historique … qui datait de 1929.
 

 

 

par Serge MAUPOUET publié dans : social
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Jacobins

Un instituteur...

Discours de Gambetta à la réunion des Comités républicains à Bordeaux (le 26 juin 1871) :

 "Il n'y a de politique vraiment sage, vraiment féconde, que celle du pôle républicain.

 Il ne faut pas nous laisser détourner du droit chemin ni par les calomnies ni par les injures; et j'ai la conviction que, si nous voulons tenir bon et rester au poste, si nous voulons incessamment, sur toutes les questions posées, produire les solutions républicaines, nous arriverons à démontrer bientôt, sur toutes les questions posées que nous valons mieux que les injures, que nous sommes un parti de gouvernement capable de diriger les affaires, le parti de l'intelligence et de la raison, et que c'est parmi les hommes se réclamant de nos principes qu'on trouvera vraiment les garanties de science, de désintéressement et d'ordre, sans lesquelles un gouvernement n'est qu'une affaire au profit de quelques uns.

 Aux plus sages ! aux plus dignes ! Parfaitement ! c'est une gageure qu'on doit accepter. Ce n'est pas une formule nouvelle pour des républicains : c'est leur dogme, de ne voir attribuer les fonctions publiques qu'au mérite et à la vertu.

 Oui, quelque calomniés que soient aujourd'hui les hommes et les principes de la Révolution française, nous devons hautement les revendiquer, poursuivre notre œuvre."

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