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"Nous allons nous entretenir aujourd'hui d'une époque [à laquelle] nous devons tout ce que nous avons : je veux parler de la Révolution de 1789 [...]
Je pense ne surprendre personne ici en déclarant que moi, enfant du peuple comme vous tous, je suis un admirateur de cette Révolution, qui a tout fait pour la classe à laquelle nous appartenons. Partisan résolu des principes ineffaçables contenus dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, je ferai tout mon possible pour arriver à les faire connaître, ces principes devant former le catéchisme de tout républicain [...]
[La République] a fait de grands efforts pour rendre les lois plus justes, et pour que les charges soient également réparties entre tous les citoyens. Elle a surtout cherché à améliorer le sort du peuple, de l'ouvrier, de ce qu'on a l'habitude d'appeler le petit."
Conférence populaire prononcée par l'instituteur d'une commune du Loir-et-Cher (167 habitants) en 1899, publié par J. OZOUF, Nous les maîtres d'école, Paris 1967.

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Citoyen, citoyenne,

Vous trouverez ici quelques contributions visant à participer humblement aux débats concernant la "chose publique" et la vie de la "cité".

Pourquoi ? Parce que la politique n'est pas une activité abstraite réservée à une élite, mais bien un processus démocratique aboutissant à des décisions qui influencent la vie quotidienne de chacun d'entre nous.

Participez vous aussi, et enrichissez le débat en laissant vos commentaires.

Salut et Fraternité

Lundi 19 mars 2007

Ségolène Royal nous parle d'une VIe République basée sur la démocratie participative !

Pourquoi vouloir changer les institutions maintenant ?

La France ne va pas mal parce qu'elle a de mauvaises institutions, elle va mal parce que ses élites politiques - de droite, de gauche, du centre - ne sont pas à la hauteur des enjeux.

Porter le débat sur un changement institutionnel vise à masquer cette carence des élites, rien de plus.

Je signalerai notamment que la démocratie participative - qu'on nous vante tant - commence à être vivement dénoncée en Poitou-Charentes, c'est-à-dire là où on l'a déjà expérimentée. Il suffit, par exemple, d'avoir un peu suivi certains congrès syndicaux réunis dans la région tout récemment pour prendre connaissance des dérives décrites, en particulier le fait qu'on substitue aux instances représentatives élues des réunions participatives sans légitimité démocratique ! Et ce n'est qu'un exemple !

Vouloir transposer ces pratiques à l'échelle nationale est suicidaire pour la démocratie représentative, la seule qui a fait ses preuves !

Nous devons réfléchir sérieusement aux implications négatives de la VIe République telle qu'on veut nous la vendre, avant que de la soutenir ! Il ne faudrait pas abattre un régime politique déjà éprouvé - même s'il n'est pas parfait - pour un qui présenterait encore plus d'inconvénients !

Serge MAUPOUET

par Serge MAUPOUET publié dans : vie démocratique
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Commentaires

Merci ! J'applaudis des deux mains cet article plein de bon sens. La candidate Royal va jusqu'à promettre de "financer des jurys citoyens" ... à quand le comité de surveillance stalinien ? On est de plus en plus loin du suffrage universel. Comment Chevènement peut-il soutenir un tel déni de démocratie ?
commentaire n° : 1 posté par : C.Tasin le: 20/03/2007 08:16:42
La démocratie participative, me semble-t-il, est un succédané de la subsidiarité: débrouillez vous pour appliquer à la base ce qui a été décidé au sommet sinon le sommet le fera. Les questions sont qui participe (la population, ses représentants élus, des lobbys,...) sur quoi, quels sont ses pouvoirs et moyens.
Au niveau de la commune c'est nettement plus réaliste qu'au niveau de l'état, encore faut-il que les citoyens s'impliquent ce qui vu le niveau d'abstention et de ceux qui pensent que leur devoir de citoyen se cantonne au vote, ne relète pas la réalité du terrain.
La Révolution, à travers la commune et les sections avaient mis en placce une sorte de démocratie directe, sinon participative; le bien- aimé ROBESPIERRE après s'en être servi comme menace, n'a eu de cesse de les supprimer car elles génaient les visées de la bourgeoise.
commentaire n° : 2 posté par : Gilles GEIRNAERT le: 14/10/2007 10:47:01
Le jacobinisme a tenté, ce me semble, de concilier l'autonomie municipale (mais sans tomber dans le fédéralisme) et le centralisme. Pour autant, il n'a jamais pensé à détourner le suffrage universel par une quelconque "participativité". Je suis d'accord avec vous, d'ailleurs, sur le second constat : "encore faut-il que les citoyens s'impliquent,  ce qui vu le niveau d'abstention, etc." Je crois que l'on sollicite déjà  pas mal les citoyens pour des élections régulières et fréquentes : à mon sens, il ne sert à rien d'en ajouter encore en mettant en place des votes participatifs (et non représentatifs parce que limités à ceux qui y participeraient !). Ce qu'il faut, par contre, c'est que les élus respectent les mandats, appliquent les politiques pour lesquelles ils ont été élus, mais en visant toujours le Bien commun, celui du plus grand nombre (et je précise cela pour me distinguer de notre actuel président de la République qui applique bien son programme mais au profit du plus petit nombre). A vous lire.
réponse de : Serge MAUPOUET (site web) le: 23/11/2007 11:04:27

Jacobins

Un instituteur...

Discours de Gambetta à la réunion des Comités républicains à Bordeaux (le 26 juin 1871) :

 "Il n'y a de politique vraiment sage, vraiment féconde, que celle du pôle républicain.

 Il ne faut pas nous laisser détourner du droit chemin ni par les calomnies ni par les injures; et j'ai la conviction que, si nous voulons tenir bon et rester au poste, si nous voulons incessamment, sur toutes les questions posées, produire les solutions républicaines, nous arriverons à démontrer bientôt, sur toutes les questions posées que nous valons mieux que les injures, que nous sommes un parti de gouvernement capable de diriger les affaires, le parti de l'intelligence et de la raison, et que c'est parmi les hommes se réclamant de nos principes qu'on trouvera vraiment les garanties de science, de désintéressement et d'ordre, sans lesquelles un gouvernement n'est qu'une affaire au profit de quelques uns.

 Aux plus sages ! aux plus dignes ! Parfaitement ! c'est une gageure qu'on doit accepter. Ce n'est pas une formule nouvelle pour des républicains : c'est leur dogme, de ne voir attribuer les fonctions publiques qu'au mérite et à la vertu.

 Oui, quelque calomniés que soient aujourd'hui les hommes et les principes de la Révolution française, nous devons hautement les revendiquer, poursuivre notre œuvre."

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