Le MRC est, à nouveau, à la croisée des chemins.
Parmi ces chemins, il y en a de meilleurs que d'autres. Je vais ici les exposer dans l'ordre inverse de pertinence. En commençant par les plus mauvais, et en terminant par le meilleur, celui qui
permettrait un véritable rebond non seulement pour le MRC mais aussi pour toute la gauche !
Un premier chemin mènerait à la disparition totale du MRC de l'échiquier politique. Pour ma part, je n'ose pas l'imaginer, et je ne pourrais concevoir cette issue dramatique que
comme une désastreuse abdication de toute possibilité de relever la Gauche, la Nation et la République.
Un second chemin consisterait en un repli autour des plus fidèles chevènementistes, transformant le MRC en une sorte de grand club de pensée. Je ne vois guère l'utilité de cette
évolution à moyen terme, parce que cela aboutirait, d'ici quelques années, à un aboutissement similaire à celui auquel mènerait le premier chemin. Donc, je préfère ne pas l'imaginer non
plus.
Un troisième chemin ferait se rencontrer deux branches du gaullisme, les derniers représentants du gaullisme de droite (DLR) et le gaullisme de gauche, dans une sorte de
néo-Pôle républicain sans le nom. C'est ce qu'ont espéré ceux - tout à fait minoritaires - qui sont partis sur des listes DLR. Pousser plus avant dans
cette direction impliquerait un éloignement des militants les plus sociaux, et serait en contradiction avec l'ancrage de notre parti à gauche, que j'ai entendu affirmer dès 2002
par M. Georges Sarre, lors d'une réunion au Kremlin-Bicêtre, alors que le Pôle Républicain allait devenir le MRC !
Un quatrième chemin conduirait à la réaffirmation du MRC pour entraîner une véritable refondation républicaine des forces de gauche. Or, dans la soirée électorale qui a suivi la
publication des premiers résultats concernant les Européennes, on a pu entendre la quasi-totalité des personnalités du PS appeler - enfin ! - à une ouverture vers les autres forces de gauche,
sinon même à la formation d'un plus grand parti à gauche. Cette invite replace concrètement M. Jean-Pierre Chevènement comme une personnalité majeure dans
le débat qui s'ouvre sur la refondation de la gauche, puisque, sur son impulsion, le MRC appelle depuis son dernier congrès à la formation d'un grand parti de toute la gauche.
Ce quatrième chemin nécessite, la reprise d'activité rapide des militants les plus sociaux qui se sont "mis en congé" pour suivre la campagne du Front de gauche.
Sur ces quatre voies, deux permettent un rebond. Ces deux voies supposent des choix stratégiques différents. Elles dépendent aussi des ouvertures qui seront faites par les autres partis au MRC.
Mais elles n'offrent pas les mêmes perspectives, et ne débouchent pas ensuite sur les mêmes politiques.
Si le principal parti de gauche - on voit ici de quel parti je parle - prend conscience rapidement - même si on peut déplorer que ce soit tardivement - que la refondation
républicaine que le MRC propose est la meilleure solution pour sortir de l'ornière, alors le quatrième chemin peut être celui d'un rebond majeur, pour toute la gauche; et ce en
particulier si l'on parvient à construire ce grand parti confédéral de toute la gauche, indispensable pour remporter les prochaines élections présidentielles, élections dont tout le
monde mesure bien l'importance cruciale. Si le principal parti de gauche ne réagit pas maintenant - et on attend depuis fort longtemps qu'il réagisse ! - dans le sens d'une
refondation sociale et républicaine, on peut se faire du souci pour l'ensemble de la gauche dans la perspective des échéances futures. Or, la gauche n'a pas le droit de les perdre ! La
gauche doit se mettre en position de les gagner !
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