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"Nous allons nous entretenir aujourd'hui d'une époque [à laquelle] nous devons tout ce que nous avons : je veux parler de la Révolution de 1789 [...]
Je pense ne surprendre personne ici en déclarant que moi, enfant du peuple comme vous tous, je suis un admirateur de cette Révolution, qui a tout fait pour la classe à laquelle nous appartenons. Partisan résolu des principes ineffaçables contenus dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, je ferai tout mon possible pour arriver à les faire connaître, ces principes devant former le catéchisme de tout républicain [...]
[La République] a fait de grands efforts pour rendre les lois plus justes, et pour que les charges soient également réparties entre tous les citoyens. Elle a surtout cherché à améliorer le sort du peuple, de l'ouvrier, de ce qu'on a l'habitude d'appeler le petit."
Conférence populaire prononcée par l'instituteur d'une commune du Loir-et-Cher (167 habitants) en 1899, publié par J. OZOUF, Nous les maîtres d'école, Paris 1967.

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Vous trouverez ici quelques contributions visant à participer humblement aux débats concernant la "chose publique" et la vie de la "cité".

Pourquoi ? Parce que la politique n'est pas une activité abstraite réservée à une élite, mais bien un processus démocratique aboutissant à des décisions qui influencent la vie quotidienne de chacun d'entre nous.

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Salut et Fraternité

PS : les articles purement historiques sont regroupés désormais sur le blog http://pagesdhistoire.over-blog.com/

Mercredi 13 mai 2009

Je ne peux que vous inviter, en cette période électorale, à relire L'Europe contre la gauche de Georges Sarre [1] et La Faute de M. Monnet de Jean-Pierre Chevènement [2].

La Faute de M. Monnet pour le portrait utile de Jean Monnet que dresse Jean-Pierre Chevènement. Le retour sur la volonté de Jean Monnet de créer une Fédération européenne, en mettant en place dès le projet de CECA une évolution ancrée sur la libéralisation et la supranationalité [3]. Jean-Pierre Chevènement y développe aussi ses propres propositions d'un recentrage européen, d'un gouvernement économique de la zone euro, sa volonté de consentir à des délégations de compétence mais en des domaines précisément ciblés, avec un véritable contrôle démocratique et en conservant toujours une possibilité de révocation, ou bien encore l'idée que "l'idée républicaine et l'idée européenne ne sont pas incompatibles dans la durée [4]", mais à condition de suivre une autre voie de construction. De nombreux passages de l'ouvrage méritent qu'on s'y attarde, mais c'est aussi le cas pour la citation de Dominique Strauss-Kahn qui y est insérée, et qui fait le constat d'une "Union européenne malade de son déficit démocratique [5]"  ...

L'Europe contre la gauche en ce que Georges Sarre affirme : "Nous ne sommes pas anti-européens, mais ce que nous avons toujours refusé, car cela ne date pas de 1992, c'est que le mythe de l'Europe nous empêche de penser, de vouloir et d'agir à gauche [6]"; puis qu'après avoir retracé les combats qu'il a mené depuis son adhésion à la SFIO en 1964, la création du CERES, la fondation du MDC et du MRC, il invite les républicains de gauche à la mobilisation. 
Je ne vous cache pas, avant d'aller plus avant, que j'en aime le style, car Georges Sarre a une plume de qualité, associée au sens de la formule qui fait mouche. C'est un essai politique mais que l'on goûte aussi pour sa forme.
Ensuite, et surtout, il y a incontestablement du fond. Et, ce fond, avec le recul, s'est même sans doute bonifié. On aurait pu croire, que depuis 2005, une partie du contenu de l'ouvrage paraitraît daté. En réalité, il n'en est rien, hormis le fait que certains acteurs ont été remplacés par d'autres. Mais le théâtre est le même, et, bien des traits se sont trouvés encore confirmés par l'expérience politique ouverte en 2007.
La réflexion sur "Le discours de l'identité : un discours de compensation" développé comme paliatif pour "combler les inquiétudes des Français relatives à la perte de la souveraineté nationale" a trouvé, depuis, une plus grande justification avec l'exacerbation de ce discours identitaire. Les artifices de la "gouvernance" ou de la rhétorique de la "proximité", sont, déjà, clairement dénoncés comme masquant en réalité le refus de gouverner réellement - en particulier au niveau européen - mais de se comporter en gestionnaires, ou bien encore un défaut de véritable représentation politique. Le passage sur "L'ère du mensonge et du renoncement", ouverte en 1983, à l'époque de la "parenthèse libérale" et du choix fait par François Mitterrand de privilégier le projet européen sur le programme socialiste, n'a rien à voir avec la langue de bois et vaut le détour ...
On trouve, dans ce petit livre, quelques remarques plus communes, sans doute, sur l'Europe servant d'alibi aux politiques libérales, mais aussi des rappels revigorants sur ce qu'est la gauche, sur ce qu'est la nation, sur les liens intrinsèques entre la France et la gauche, sur l'évolution menant du CERES au MRC, etc.
L'ouvrage fait le constat que l'Europe puissance n'est souhaitée que par la France - constat partagé par beaucoup - mais aussi que "La construction européenne" [on peut sans doute indiquer : telle qu'elle a été conçue] "interdit définitivement le progrès social", puisque même lorsque des socialistes ont été au pouvoir, ils n'ont pu réorienter cette construction dans un sens social.
Enfin, on trouve une clé de lecture à prendre en considération à propos de ce qui s'est passé depuis l'automne dernier autour de la gauche républicaine (on rappelle que le texte date de 2005 mais que je le cite pour les mêmes raisons précisées plus haut, c'est-à-dire qu'il reste d'actualité) : "On lit, ici et là, que le créneau du républicanisme de gauche serait enfin libéré [...] certains ne se cachent même pas de vouloir l'occuper, [...]" [7] Certains événements que l'on constate depuis l'automne dernier ne prennent-ils pas sens en relisant ces mots ?
Georges Sarre poursuit son propos par cette invite :  "La gauche républicaine est l'avenir de la gauche. C'est une belle idée, une grande ambition, qui permettra à la France de renouer avec son Histoire ! Oui, décidément, rien n'est perdu ! Tout est à faire ... [8]"
 
[1] Jean-Pierre Chevènement, La faute de M. Monnet, coll. "L'idée républicaine", Fayard, 2006
[2] Georges Sarre, L'Europe contre la gauche, Eyrolles, 2005
[3] Jean-Pierre Chevènement, La faute de M. Monnet, coll. "L'idée républicaine", Fayard, 2006, pp. 27-28
[4] idem, p. 145
[5] idem, p. 42
[6] Georges Sarre, L'Europe contre la gauche, Eyrolles, 2005, p. 87
[7] Georges Sarre, L'Europe contre la gauche, Eyrolles, 2005, p. 164 
[8] Georges Sarre, L'Europe contre la gauche, Eyrolles, 2005, p. 178

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Un instituteur...

Discours de Gambetta à la réunion des Comités républicains à Bordeaux (le 26 juin 1871) :

 "Il n'y a de politique vraiment sage, vraiment féconde, que celle du pôle républicain.

 Il ne faut pas nous laisser détourner du droit chemin ni par les calomnies ni par les injures; et j'ai la conviction que, si nous voulons tenir bon et rester au poste, si nous voulons incessamment, sur toutes les questions posées, produire les solutions républicaines, nous arriverons à démontrer bientôt, sur toutes les questions posées que nous valons mieux que les injures, que nous sommes un parti de gouvernement capable de diriger les affaires, le parti de l'intelligence et de la raison, et que c'est parmi les hommes se réclamant de nos principes qu'on trouvera vraiment les garanties de science, de désintéressement et d'ordre, sans lesquelles un gouvernement n'est qu'une affaire au profit de quelques uns.

 Aux plus sages ! aux plus dignes ! Parfaitement ! c'est une gageure qu'on doit accepter. Ce n'est pas une formule nouvelle pour des républicains : c'est leur dogme, de ne voir attribuer les fonctions publiques qu'au mérite et à la vertu.

 Oui, quelque calomniés que soient aujourd'hui les hommes et les principes de la Révolution française, nous devons hautement les revendiquer, poursuivre notre œuvre."

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