Dans le dernier numéro du Délégué de l'Education nationale, revue de la Fédération des Délégués Départementaux de l'Education nationale [1], on trouve un article à la fois
accessible, clair et précis sur les rythmes scolaires et leurs conséquences concernant les apprentissages. En deux pages, il n'est pas possible de faire le tour du sujet, néanmoins les propos de
François TESTU, doyen de l'UFR Arts et Sciences humaines à l'Université François Rabelais de Tours, méritent d'être relevés et connus.
Il ne s'agit pas, ici, de reprendre l'intégralité de l'article : j'y renvoie les lecteurs. Mais je vous propose quelques extraits éclairants, introduits par les mots "entretien in Le
délégué". Les titres placés en tête de chaque citation sont de l'auteur du blog et non pas de l'auteur de l'article. J'espère qu'ils collent néanmoins assez correctement à l'esprit des
citations. Me signaler toute correction nécessaire à ce propos. Comme d'habitude, je sollicite tout avis ou commentaire éclairant le sujet.
Dans plusieurs numéros récents de La Revue des parents, Le magazine de la FCPE, un certain nombre d'articles, s'inspirant parfois des travaux de François TESTU, mais aussi citant la
position de Claire LECONTE, chercheuse en psychologie de l'éducation et présentée comme spécialiste de l'aménagement des temps scolaires à l'Université de Lille III, permettent de
donner des éclairages complémentaires et des témoignages concrets. Aussi des extraits de ces articles sont placés après les citations retenues, introduits par les mots "La revue des
parents"
- à l'intérieur d'une journée :
entretien in Le délégué : "[...] Aujourd'hui, grâce aux travaux de chronopsychologie scolaire, il est possible de considérer que l'activité intellectuelle des élèves ainsi que les
comportements d'adaptation à la situation scolaire fluctuent au cours de la journée et de la semaine. Au cours de la journée, la fluctuation est généralement la suivante : après un "creux" de la
première heure de classe (entre 8 et 9 heures), le niveau de performance s'élève jusqu'en fin de matinée où se situe un pic (entre 11 et 12 heures), s'abaisse après le déjeuner puis s'élève plus
ou moins selon l'âge au cours de l'après-midi. [...] Il existerait donc, indépendamment de l'origine des enfants et des modes de vie, deux moments reconnus comme difficiles : les débuts de
matinée et d'après-midi."
La Revue des parents [2] : "Il faudrait concentrer les temps d'apprentissage au moment où l'enfant est le plus attentif, c'est-à-dire en fin de matinée ou en fin de
journée".
- dans la semaine :
entretien in Le délégué : "Le lundi est non seulement un jour de faibles résultats, mais en plus il se produit un phénomène de désynchronisation qui se manifeste par un niveau de
performance faible et une rupture de la rythmicité [...] Ce phénomène perdure jusqu'au mardi matin lorsque le week-end comprend deux jours et ne s'observe pas le jeudi qui suit également un
congé."
- le rythme veille-sommeil
entretien in Le délégué : "Le rythme veille-sommeil doit être respecté en priorité. Du respect de sa durée, de sa qualité, de sa régularité au fil des nuits, dépendent l'adaptation des
comportements à la situation scolaire mais également extra-scolaire (vacances, congés) et périscolaire (autour de la journée), et par voie de conséquence, le niveau de vigilance et les
performences intellectuelles. [...] En aucun cas on ne devra considérer un grand dormeur comme un "paresseux" !"
La Revue des parents [3], citant Claire LECONTE : "Les enfants ne sont pas comme les adultes. S'il y a un décalage dans l'heure du coucher, ils mettent longtemps à
s'adapter ou à rattraper le sommeil perdu. C'est physiologique, on n'y peut rien".
- effets de la supression du samedi matin :
entretien in Le délégué : "L'application de la semaine de 4 jours "secs" non seulement génère une inversion de la rythmicité journalière classique, signe de désynchronisation, le lundi,
mais en plus elle est accompagnée d'une baisse du niveau de performance."
La Revue des parents [4] : "Les deux jours de week-end déstructurent totalement le rythme biologique [des enfants] confirme Claire Leconte, professeur des universités en psychologie de
Lille III et chercheuse en chronobiologie. La mauvaise tendance va être de décaler le coucher du soir quand ils n'ont pas d'école le lendemain. Or, c'est l'erreur à ne pas commettre. Les mettre
au lit tardivement, c'est les priver d'une partie du sommeil profond qui intervient en début de nuit et qui est responsable de la récupération physique et musculaire et le moment capital où
l'hormone de croissance est secrétée."
La Revue des parents [5] : "Deux rapports de l'Inspection générale de l'Education nationale de 2000 et 2002 émettaient clairement des réserves sur cet emploi du temps "confortable
socialement" mais peu probant en termes d'apprentissage scolaire. Ils préconisaient ainsi la semaine de cinq jours comme étant "plus favorable à la continuité éducative, à la répartition
équilibrée des charges de travail et au respect des rythmes biologiques."
- une problématique concernant l'aide personnalisée :
entretien in Le délégué : "[...] comment l'organiser temporellement lorsque l'on sait que début et fin de journée, période de l'interclasse de midi ne sont guère des moments favorables
aux apprentissages plus poussés ?"
La Revue des parents [6] : "Les heures d'aides individualisées doivent être placées à des moment propices et non sur la pause du midi de manière à ne pas stigmatiser
les enfants qui en ont besoin".
- les bonnes pistes :
Le délégué : "[proposer] de la classe le mercredi matin ou bien tout simplement [rétablir] le samedi matin pour les plus âgés du cycle élementaire"
[1] Entretien de Jean Moreau avec François Testu, in Le délégué de l'Education nationale, revue de la Fédération des Délégués Départementaux de l'Education nationale, n° 218, mars 2009,
pp. 12-13
[2] et [6] Marianne PEYRI, "Opter pour le mercredi matin", in La Revue des parents, Le magazine de la FCPE, n°362, février 2009, p. 24
[4] Alexandra DEFRESNE, "Comment compenser les effets néfastes du samedi libéré ?", in La Revue des parents, Le magazine de la FCPE, n°361, décembre 2008, pp. 12-13
[3] et [5] Marianne PEYRI, "La capacité d'attention d'un enfant ne peut pas dépasser 4h30 par jour", in La Revue des parents, Le magazine de la FCPE, n°362, février 2009, pp.
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