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"Nous allons nous entretenir aujourd'hui d'une époque [à laquelle] nous devons tout ce que nous avons : je veux parler de la Révolution de 1789 [...]
Je pense ne surprendre personne ici en déclarant que moi, enfant du peuple comme vous tous, je suis un admirateur de cette Révolution, qui a tout fait pour la classe à laquelle nous appartenons. Partisan résolu des principes ineffaçables contenus dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, je ferai tout mon possible pour arriver à les faire connaître, ces principes devant former le catéchisme de tout républicain [...]
[La République] a fait de grands efforts pour rendre les lois plus justes, et pour que les charges soient également réparties entre tous les citoyens. Elle a surtout cherché à améliorer le sort du peuple, de l'ouvrier, de ce qu'on a l'habitude d'appeler le petit."
Conférence populaire prononcée par l'instituteur d'une commune du Loir-et-Cher (167 habitants) en 1899, publié par J. OZOUF, Nous les maîtres d'école, Paris 1967.

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Salut et Fraternité

Mardi 27 mai 2008

Ce soir, et contrairement à mon habitude, je vais évoquer un fait qui m'a concerné aujourd'hui.
Le lecteur voudra bien m'en excuser. Il d'avance sait que j'ai horreur du nombrilisme.
Mais c'est un véritable coup de gueule que je veux lancer en partant de ce petit vécu ...

Tenez vous bien : je prenais le train ce soir. Comme souvent, pour revenir du travail. Un acte banal, non ?
Pas du tout, bien au contraire. Rien de banal. Prendre le train pour se déplacer devient un vrai défi, comme vous allez le voir ...

Je partais simplement de Jonzac, et je me rendais à Saintes : une quarantaine de km séparent les deux villes.

Départ prévu à 17h55. En fait le train entre en gare à cette heure là, et part avec un léger décalage.
Nous roulons.
Puis le train ralentit progressivement et s'arrête en pleine voie.
Il est 18h15. Nous ne sommes pas encore à Pons.
Un instant d'attente, et un contrôleur annonce qu'un souci mécanique a obligé le train à s'arrêter.
Un quart d'heure s'écoule, et un contrôleur précise que la locomotive est effectivement en panne.
Une heure s'est écoulée, et un contrôleur prévient qu'une locomotive de secours vient de partir de Bordeaux.
Une heure et demi plus tard, la locomotive arrive enfin.
Un bon quart d'heure pour arrimer la locomotive au train en panne et nous repartons.
Nous roulons à vitesse plus réduite que la normale.
Résultat : le train devait arriver à 18h27, et il est arrivé exactement à 21h27.

3 heures de retard pour un trajet de 40 km !

Et ici, je m'arrête au trajet que je devais effectuer, je n'évoque pas les correspondances annulées pour les autres passagers, etc.

Cette panne n'est pas qu'une anecdote. Depuis septembre, c'est la troisième fois sur ce simple trajet que je subis un retard important suite à une panne de locomotive, et ce alors que je ne prends ce train que 3 fois dans la semaine. Là, il est vrai que le record de retard est battu ! 
Trois heures de retard sur un parcours de seulement 40 km, il faut le souligner à nouveau, c'est en effet une prouesse !

Si je cumule ces retards liés à des pannes sur ce trajet, avec d'autres pannes que j'ai subies en fin d'année dernière pour aller à Paris, le tableau se complète. En fin d'année dernière, le TGV Paris-Tours que j'empruntais est tombé en panne, puis à Saint-Pierre-des-Corps, où j'avais une correspondance, tout le trafic était perturbé parce qu'un autre train que le mien était lui aussi tombé en panne.

Alors, de deux choses l'une : ou je suis un malchanceux de première catégorie ... ou vraiment la SNCF n'entretient plus ses trains comme elle le devrait. Au vu de l'annonce de ses bénéfices importants, je penche pour la deuxième solution.

Mais, là, vraiment, cela devient impossible. L'usager est à bout, il craque, il n'en peut plus. Il précise qu'il est solidaire des personnels, qui ont sincèrement l'air d'être tout aussi catastrophé que lui. Mais l'usager ne pardonne pas à la direction de la SNCF de gérer aussi lamentablement cette entreprise de service public dont la mission première ne devrait pas être de faire des bénéfices, mais bien d'assurer une qualité optimale de service pour le plus grand nombre. Il fallait que je le dise ce soir, car l'exaspération est à son comble.

par Serge MAUPOUET publié dans : saintongejacobine
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Commentaires

Bonjour de Pertuis en luberon.

Je découvre votre coup de colère, le comprend et le partage. La SNCF aujourd'hui "déraille" complètement!
Ses seules idées sont pour le TGV; Les lignes transversales et les TER c'est plus que secondaire pour l'entreprise...depuis la séparation et la création de RFF, et l'éclatement qui s'en suit,( Fret...)
Seules les Régions supportent, autant que faire ce peut, la part ferroviaire des voyageurs, en subissant le désengagement de l'ETAT. Pourtant aujourd'hui, tout ce beau Monde se gargarise du Grenelle de l'environnement...et c'est tout! Le carburant se fait rare et cher; Peu importe! Les routes et les autoroutes sont à saturations aux heures du boulot ( A/R ); On continue! Du bruit, de la pollution, la planète se réchauffe; Parlons-en...point final!
Alors, mobilisons-nous tous ensemble pour rendre le RAIL plus "comestible", car il a encore un avenir, pour peu que nous aidions à sa reconquête en coordonnant nos actions vers les collectivités locales, et la SNCF-RFF, etc..
Amicalement,
Gilbert
Cadre Honoraire SNCF-CGT-PACA
commentaire n° : 1 posté par : Gilbert SOULET (site web) le: 28/05/2008 09:53:56
Cette mésaventure n'est qu'une conséquence de la séparation de RFF et de la SNCF, elle-même une conséquence de l'idéologie libérale de l'europe actuelle..
http://www.ccomptes.fr/CC/documents/Allocutions/08-rpt-reseau-ferroviaire.pdf
commentaire n° : 2 posté par : phenig le: 28/05/2008 11:08:39
Re-bonjour et merci à phenig de nous avoir communiqué le rapport théma sur " Le Réseau ferroviaire: une réforme inachevée, une stratégie incertaine " du 1er Président de la Cour des comptes. Je ne partage pas tout; Mais puisque nous souhaitons tous la maintenance du Réseau, l'ETAT doit éponger la dette de RFF; c'est la seule solution! Amicalement, Gilbert < gisoulet@wanadoo.fr >
commentaire n° : 3 posté par : Gilbert SOULET (site web) le: 28/05/2008 13:31:15

Merci de vos commentaires et de vos contributions au sujet de cet article. Des pistes sont ouvertes, le renvoi au rapport est instructif. La grande question, pour moi, reste de savoir
comment parvenir à mobiliser à la fois les usagers et les personnels pour obtenir les investissements nécessaires de la part de l'Etat. Car les usagers d'un côté, les personnels de l'autre
n'obtiendront rien séparément. Ici, il en va d'un intérêt commun qui se confond, en l'espèce, avec l'intérêt général. Comment faire se rencontrer usagers et personnels pour un combat citoyen
permettant de remettre sur pied une SNCF digne de ce nom ?


réponse de : Serge MAUPOUET (site web) le: 28/05/2008 16:20:11

Jacobins

Un instituteur...

Discours de Gambetta à la réunion des Comités républicains à Bordeaux (le 26 juin 1871) :

 "Il n'y a de politique vraiment sage, vraiment féconde, que celle du pôle républicain.

 Il ne faut pas nous laisser détourner du droit chemin ni par les calomnies ni par les injures; et j'ai la conviction que, si nous voulons tenir bon et rester au poste, si nous voulons incessamment, sur toutes les questions posées, produire les solutions républicaines, nous arriverons à démontrer bientôt, sur toutes les questions posées que nous valons mieux que les injures, que nous sommes un parti de gouvernement capable de diriger les affaires, le parti de l'intelligence et de la raison, et que c'est parmi les hommes se réclamant de nos principes qu'on trouvera vraiment les garanties de science, de désintéressement et d'ordre, sans lesquelles un gouvernement n'est qu'une affaire au profit de quelques uns.

 Aux plus sages ! aux plus dignes ! Parfaitement ! c'est une gageure qu'on doit accepter. Ce n'est pas une formule nouvelle pour des républicains : c'est leur dogme, de ne voir attribuer les fonctions publiques qu'au mérite et à la vertu.

 Oui, quelque calomniés que soient aujourd'hui les hommes et les principes de la Révolution française, nous devons hautement les revendiquer, poursuivre notre œuvre."

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