Références

"Nous allons nous entretenir aujourd'hui d'une époque [à laquelle] nous devons tout ce que nous avons : je veux parler de la Révolution de 1789 [...]
Je pense ne surprendre personne ici en déclarant que moi, enfant du peuple comme vous tous, je suis un admirateur de cette Révolution, qui a tout fait pour la classe à laquelle nous appartenons. Partisan résolu des principes ineffaçables contenus dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, je ferai tout mon possible pour arriver à les faire connaître, ces principes devant former le catéchisme de tout républicain [...]
[La République] a fait de grands efforts pour rendre les lois plus justes, et pour que les charges soient également réparties entre tous les citoyens. Elle a surtout cherché à améliorer le sort du peuple, de l'ouvrier, de ce qu'on a l'habitude d'appeler le petit."
Conférence populaire prononcée par l'instituteur d'une commune du Loir-et-Cher (167 habitants) en 1899, publié par J. OZOUF, Nous les maîtres d'école, Paris 1967.

Recherche

Bienvenue !

Citoyen, citoyenne,

Vous trouverez ici quelques contributions visant à participer humblement aux débats concernant la "chose publique" et la vie de la "cité".

Pourquoi ? Parce que la politique n'est pas une activité abstraite réservée à une élite, mais bien un processus démocratique aboutissant à des décisions qui influencent la vie quotidienne de chacun d'entre nous.

Participez vous aussi, et enrichissez le débat en laissant vos commentaires.

Salut et Fraternité

Samedi 26 avril 2008
La théorie libérale classique affirme que pour sortir d'une crise, il faut essentiellement agir sur 4 leviers :
- la baisse des taux d'intérêts
- la baisse du coût du travail
- la réduction du coût moyen de production
- l'innovation
Jouer sur ces 4 facteurs permettrait de redonner aux investisseurs confiance en l'avenir; le redémarrage net de l'investissement assurant le réamorçage de la machine économique.

L'Etat a un rôle dans ce schéma libéral : il doit agir pour favoriser le retour de la confiance des investisseurs.
Comment ?
En pratiquant l'orthodoxie budgétaire : en équilibrant son budget, afin de ne pas vivre pas au-dessus de ses moyens.
En assainissant la situation économique par une politique de déflation.
En mettant en place une politique de baisse des salaires : les pouvoirs publics doivent notamment réduire les salaires des fonctionnaires et des militaires de carrière, pour donner le bon exemple.
En défendant la monnaie, base de la stabilité et de la confiance, suivant en cela les préceptes du philisophe Alain : "Je conseille une monnaie de plomb et une vie rustique" !
En créant les conditions du retour à un excédent de la balance commerciale.

Une rhétorique classique accompagne cette théorie libérale :
- les salaires trop élevés nuisent à la compétitivité
- des rémunérations trop rigides empêchent les adaptations "indispensables" visant à réduire les coûts de production
- les syndicats de salariés sont une force d'opposition aux "nécessaires" adaptations
- des allocations-chômage trop généreuses empêchent les salaires de fléchir (d'où les attaques virulentes contre l'"assistanat")

Si certains d'entre vous, en lisant cet article, trouvent des points communs avec la politique actuelle menée par le gouvernement français, je les rassure : c'est logique ! Sa politique est essentiellement néo-libérale.
Mais, pour plus de clarté, je vous renvoie, à titre de comparaison, à la politique de déflation menée par M. Doumergue : à qui demandait-on, en 1934, des sacrifices ?
A. aux fonctionnaires, avec réduction de leurs effectifs à concurrence de 10% et mise à la retraite anticipée des agents en surnombre;
B. aux pensionnés civils et militaires d'ancienneté
C. aux bénéficiaires d'allocation diverses :
D. aux collectivités, avec, par exemple, une réduction de la contribution de l'Etat aux dépenses de personnels des préfectures et sous-préfectures.

Vous constaterez donc que les cibles de la politique gouvernementale actuelle sont globalement les mêmes que celles de M. Doumergue en 1934.
Je pourrai aussi vous renvoyer aux principaux décrets-lois de Laval, du 16 juillet 1935, quoique ceux-ci diffèrent en partie de la politique actuelle : en effet, d'une part, une contribution excepttionnelle touchait les revenus les plus élevés, et, d'autre part,  l'on abaissait les prix de l'électricité; alors qu'aujourd'hui on prend tant bien soin de préserver les revenus des plus riches de l'impôt, que d'augmenter les bénéfices des sociétés d'Etat (dans l'optique de pouvoir mieux les vendre ensuite ...)

Seulement, voilà : cette politique libérale permet-elle de sortir d'une crise économique ?

La réponse est non. Toutes les expériences tentées dans les années 1930, lors de la Grande crise, ont été des échecs indiscutables.

Pourquoi ?
Parce que ce n'est pas en réduisant les salaires et les pensions qu'on favorise la consommation. Au contraire, on la contracte tellement que cela approfondit la crise.
Parce que plus l'on réduit les ressources des citoyens, plus les contibutions rentrent mal : les recettes fiscales sont amenuisées par la contraction des revenus, de la production et des échanges. Il devient très difficile d'équilibrer le budget, même en réduisant drastiquement les dépenses.
Parce que la politique de déflation fait peser les sacrifices sur les plus démunis ou sur les classes moyennes.
Elle est donc source de crises sociales, qui nuisent à l'activité économique, et par conséquent réduisent encore par contrecoup les contributions prélevées sur elle par l'Etat.

En outre, nous vivons aujourd'hui une situation paradoxale : la politique libérale classique conduit à un phénomène de déflation, alors qu'aujourd'hui nous assistons, en parallèle à la mise en place de la politique néo-libérale en France, à une aggravation de la hausse des prix (celle-ci ayant débuté lors de la dévaluation masquée réalisée lors de la mise en place de l'Euro au début de ce XXIe siècle, mais étant désormais entretenue soit par des pratiques spéculatives sur les marchés des matières premières, soit par l'accroissement des marges de certains distributeurs).
En clair : bien que nos concitoyens disposent de moins en moins de ressources disponibles, ils sont confrontés à une hausse massive des prix.

La question essentielle est donc de savoir, dans les mois qui viennent, et si le phénomène paradoxal se poursuit, si le niveau de vie de nos concitoyens se maintiendra à un point acceptable pour eux, ou s'il baissera à un point tel qu'il ne sera plus acceptable pour le plus grand nombre. Dans le premier cas, tout mouvement social, même d'ampleur sera contenu. Dans le second on pourrait assister à une véritable explosion sociale, avec des risques conséquents pour notre régime démocratique et républicain fragilisé.

Comment donc sort-on donc d'une crise ?
Par une politique néo-keynésienne associée à la recherche d'une organisation plus efficace de l'outil de production, par la mise en place de nouvelles règles du jeu économique (limitant, par exemple, les dangers nés d'une spéculation excessive, ou les prêts usuriers consentis à des gens n'ayant pas de ressources suffisantes pour emprunter), par une redéfinition des fondamentaux économiques (voir à ce propos l'opinion de Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix et concepteur du microcrédit, dans Le Monde 2 du samedi 20 avril 2008), par l'intervention positive de l'Etat (et non pas seulement comme un pompier ou un policier économique, mais comme un véritable acteur de développement social, industriel, de services), par une politique de redistribution des richesses qui permet même aux plus démunis de continuer à vivre décemment.

En tout cas, une chose est sûre, et il faut le répéter. On ne sort pas d'une crise par la paupérisation généralisée : je me demande pourquoi, en haut lieu, on ne semble pas prendre en compte cette simple évidence ?


par Serge MAUPOUET publié dans : économie
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander

Jacobins

Un instituteur...

Discours de Gambetta à la réunion des Comités républicains à Bordeaux (le 26 juin 1871) :

 "Il n'y a de politique vraiment sage, vraiment féconde, que celle du pôle républicain.

 Il ne faut pas nous laisser détourner du droit chemin ni par les calomnies ni par les injures; et j'ai la conviction que, si nous voulons tenir bon et rester au poste, si nous voulons incessamment, sur toutes les questions posées, produire les solutions républicaines, nous arriverons à démontrer bientôt, sur toutes les questions posées que nous valons mieux que les injures, que nous sommes un parti de gouvernement capable de diriger les affaires, le parti de l'intelligence et de la raison, et que c'est parmi les hommes se réclamant de nos principes qu'on trouvera vraiment les garanties de science, de désintéressement et d'ordre, sans lesquelles un gouvernement n'est qu'une affaire au profit de quelques uns.

 Aux plus sages ! aux plus dignes ! Parfaitement ! c'est une gageure qu'on doit accepter. Ce n'est pas une formule nouvelle pour des républicains : c'est leur dogme, de ne voir attribuer les fonctions publiques qu'au mérite et à la vertu.

 Oui, quelque calomniés que soient aujourd'hui les hommes et les principes de la Révolution française, nous devons hautement les revendiquer, poursuivre notre œuvre."

transfert de nom de domaine sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus