En 2007, le Conseil général de Charente-Maritime a revu son système de transport en commun sur l’ensemble du département, avec l’idée de lier
le transport scolaire et les lignes régulières [1].
La nouvelle concession départementale des transports scolaires a été attribuée, avant l’été, à Kéolis, filiale de la SNCF, aux dépends de la
compagnie départementale des transports Aunis-Saintonge, qui dépend pourtant majoritairement du Conseil général [2]. Kéolis proposait apparemment moins cher [3], un transport plus rapide (calculé
à la vitesse de 55 km/h contre 35 km/h pour Aunis-Saintonge) impliquant un regroupement d’arrêts, mais aussi d’économiser quasiment 1 million de km parcourus par an [4]. Kéolis, en outre, devait
acheter un nombre important de bus pour pouvoir remplir sa mission.
Pour comprendre la situation, il faut savoir que le département est découpé en plusieurs zones de transport, dont certaines échappent à la
concession : ainsi les 3 Communautés d’Agglomération, Royan, Rochefort et La Rochelle, et le SIVU des transports de Saintes (qui réunit Saintes et 3 communes limitrophes) et certaines zones
très rurales. Pour Saintes, le SIVU a concédé le marché depuis quelques années à BUSS, une filiale de Kéolis. Ainsi, la SNCF contrôle de fait une bonne partie des transports scolaires de
Charente-Maritime [5].
Pendant l’été, peu d’informations ont circulé sur les nouveaux horaires et les circuits de transports. Des horaires ne correspondant pas aux
trajets à effectuer avaient été adressés à des élèves, certains d’entre eux devaient partir le matin d’un certain arrêt qui n’était pas desservi au retour le soir, etc.
Concrètement, depuis début septembre, le ramassage scolaire est assuré effectivement par Kéolis, et aujourd’hui, 3 octobre, le service
reste toujours insatisfaisant, et ce bien que des améliorations aient été obtenues. Les problèmes sont apparus très vite pour les dessertes périurbaines, rurbaines ou rurales, ils ont été
conséquents, les parents se sont mobilisés, mais le Conseil général n’a pas encore à reconsidéré la question dans sa globalité. Par contre, à Saintes même, dans l’espace de concession du SIVU, il
n’y a pas eu de souci particulier. Même chose dans les CDA hors concession. Le problème concerne donc essentiellement l’espace rural, celui qui est par définition le plus sensible à la thématique
des transports scolaires.
Le 8 septembre, une réunion d’échange sur l’insuffisance constatée du nouveau système de desserte avait lieu à Corme Royal [6], en
présence de la municipalité de cette ville, de 70 parents d’élèves, et d’un conseiller général. Ce conseiller a produit une liste d’arrêts à respecter, inclus dans l’appel d’offre. Sur cette
commune, de nombreux arrêts existants précédemment avaient été supprimés. Les parents présents ont proposé de revenir au service de l’an dernier, ce que le conseiller général aurait jugé
impossible.
Le 10 septembre, le conseil local d’une fédération de parents d’élèves de Saintes a organisé une réunion d’échange sur le sujet, à
Nieul-les-Saintes. Etaient présents des maires, des conseillers généraux et la députée de la circonscription, ainsi que le directeur départemental de Kéolis, et trois cadres de l’entreprise [7].
100 personnes environ assistaient à cette assemblée.
D’une manière générale, en milieu périurbain, rurbain ou rural, les mêmes problèmes émergeaient [voir notes 6, 7 et
11] :
- les arrêts en campagne supprimés, qui obligent les parents à amener et récupérer les enfants à plusieurs kilomètres de leur domicile ;
- les arrêts « en ville » regroupés ;
- les circuits aller à 9 h et retour à 16 h supprimés, contraignant les enfants à prendre les circuits de 8h ou 17h [11] et à rester longtemps en étude,
avant ou après les cours ;
- des retards systématiques sur certaines destinations, les élèves n’étant pas à l’heure pour les débuts des cours ;
- des embouteillages autour de la gare routière de Saintes, à 8h et à 17h, induisant un danger pour les élèves circulant à pied ;
- des enfants devant prendre des bus des lignes régulières à certains horaires, ce qui les mélangeait à des adultes ;
- des parents accusant Kéolis et le Conseil général de sacrifier le transport scolaire à la rentabilité et à des soucis d’économie budgétaire.
Des maires se sont mobilisés, pour négocier individuellement, et ont ponctuellement obtenu des améliorations. Les fédérations de parents ont
fait remonter les doléances, et ont négocié elles aussi des améliorations.
Le 22 septembre, un nouveau plan de desserte, de nouveaux horaires ont été instaurés, les pôles d'échanges ayant été préalablement revus
(ainsi, à Saintes trois pôles d’échange mis en place pour désengorger la gare routière), mais tout ceci sans rétablissement des seconds services, pour des raisons financières, leur
rétablissement exigeant une décision politique du Conseil général.
Le 26 septembre, trois fédérations de parents, du public comme du privé, au niveau local, ont organisé une manifestation unitaire à Saintes,
saluée par la presse (Sud-Ouest [8]) comme une « union sacrée », un « petit événement ». 300 personnes y ont participé ... Pour parvenir à faire manifester non pas
une, non pas deux, mais trois fédérations de parents, dont certaines sont traditionnellement opposées à ce mode d’expression … vous en conviendrez aisément : il faut que la situation soit
grave ! Dans les slogans, le président du Conseil général, a été cité, tout simplement parce qu’il est celui qui peut, politiquement, faire avancer favorablement – ou non – le dossier,
et une lettre commune lui a été adressée [9]. Une réunion avec Kéolis a eu lieu, dans la foulée de la manifestation.
Le lundi suivant, 29 septembre, le président du Conseil général, était de passage à Saintes pour une inauguration. Des parents ont pu
l’approcher quelques instants. D’après eux [10], il aurait alors annoncé le rétablissement du second service du matin (à 9h). En recoupant ces dires et plusieurs sources est apparue aussi, en
contrepoint, l’impossibilité de remettre en place le second service du soir, pour des raisons financières, en l’état actuel de la concession.
Le mercredi 1er octobre, effectivement, le second service du matin était rétabli, mais avec une tournée réduite, tous les arrêts
n’étant pas systématiquement desservis.
Il reste donc, encore aujourd’hui, la question du rétablissement du second service du soir, l’amélioration du second service du matin, plus
d’un mois après la rentrée ... et à faire le point sur les arrêts rétablis ou encore à rétablir. Une table ronde aurait été consentie par le Conseil général pour le jeudi 9 octobre.
L’affaire est toujours à suivre, avec vigilance. N'hésitez pas à laisser vos commentaires, et à rectifier toute inexactitude que vous pourriez
relever. Je vous renvoie aussi à la lecture des commentaires laissées sur cette page internet, vous pourrez y constater toute la retenue et la mesure que j'ai observées en rédigeant cet
article :
http://www.edubourse.com/finance/actualites.php?actu=40760
Sources :
- [1], [2], [3] et [5] L'Echo des Arènes, "Transports scolaires : rentrée à risques", n°131, septembre 2008;
- [4] source syndicale
- [6] compte-rendu de la réunion à Corme
- [7] Sud-Ouest "Il y a urgence !", édition du 12 septembre 2008
- [8] et [9] Sud-Ouest, "Bussereau pour cible", édition du samedi 27 septembre 2008
- [10] informations orales tranmises par des parents d'élèves, donc reproduites sous toute réserve
- [11] http://www.edubourse.com/finance/actualites.php?actu=40760
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