Discours de Gambetta

Discours de Gambetta à la réunion des Comités républicains à Bordeaux (le 26 juin 1871) :

 "Il n'y a de politique vraiment sage, vraiment féconde, que celle du pôle républicain.

 Il ne faut pas nous laisser détourner du droit chemin ni par les calomnies ni par les injures; et j'ai la conviction que, si nous voulons tenir bon et rester au poste, si nous voulons incessamment, sur toutes les questions posées, produire les solutions républicaines, nous arriverons à démontrer bientôt, sur toutes les questions posées que nous valons mieux que les injures, que nous sommes un parti de gouvernement capable de diriger les affaires, le parti de l'intelligence et de la raison, et que c'est parmi les hommes se réclamant de nos principes qu'on trouvera vraiment les garanties de science, de désintéressement et d'ordre, sans lesquelles un gouvernement n'est qu'une affaire au profit de quelques uns.

 Aux plus sages ! aux plus dignes ! Parfaitement ! c'est une gageure qu'on doit accepter. Ce n'est pas une formule nouvelle pour des républicains : c'est leur dogme, de ne voir attribuer les fonctions publiques qu'au mérite et à la vertu.

 Oui, quelque calomniés que soient aujourd'hui les hommes et les principes de la Révolution française, nous devons hautement les revendiquer, poursuivre notre œuvre."

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Citoyen, citoyenne,

Vous trouverez ici quelques contributions visant à participer humblement aux débats concernant la "chose publique" et la vie de la "cité".

Pourquoi ? Parce que la politique n'est pas une activité abstraite réservée à une élite, mais bien un processus démocratique aboutissant à des décisions qui influencent la vie quotidienne de chacun d'entre nous.

Participez vous aussi, et enrichissez le débat en laissant vos commentaires.

Salut et Fraternité

PS : les articles purement historiques sont regroupés désormais sur le blog http://pagesdhistoire.over-blog.com/

Mardi 7 octobre 2008

A la tribune installée devant le Palais de Justice de Saintes, on m'a demandé de bien vouloir lire, pour le SNES-FSU, cette déclaration :
"Le Snes et l'ensemble des syndicats du second degré de la FSU appellent à la grève aujourd’hui dans le cadre de cette importante journée de mobilisation réunissant l'ensemble des salariés du public comme du privé.

En effet, le gouvernement n'offre comme réponse à la crise qu'un maintien de ses choix économiques et fiscaux, refuse de considérer la question du pouvoir d'achat dans son ampleur, sacrifie délibérément les services et l'emploi publics.

Ses projets éducatifs sont marqués par la volonté de diminuer l'offre éducative, ou de réduire les horaires d'enseignement, comme dans ses projets de réforme, ce qui est porteur de lourdes menaces pour certains enseignements et la voie technologique.

D'ores et déjà, 30600 suppressions de postes de fonctionnaires ont été annoncées au budget 2009, dont 135OO suppressions dans l'Education Nationale. 

Cette journée est une mobilisation nécessaire pour obtenir les moyens d'une politique éducative ambitieuse, d'une revalorisation de nos métiers et nos salaires.

Le gouvernement entend imposer au pas de charge des réformes régressives pour le système éducatif: En faisant massivement grève le 7 octobre et en participant aux manifestations, faisons lui entendre nos revendications et nos propositions."

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Vendredi 3 octobre 2008

En 2007, le Conseil général de Charente-Maritime a revu son système de transport en commun sur l’ensemble du département, avec l’idée de lier le transport scolaire et les lignes régulières [1].

La nouvelle concession départementale des transports scolaires a été attribuée, avant l’été, à Kéolis, filiale de la SNCF, aux dépends de la compagnie départementale des transports Aunis-Saintonge, qui dépend pourtant majoritairement du Conseil général [2]. Kéolis proposait apparemment moins cher [3], un transport plus rapide (calculé à la vitesse de 55 km/h contre 35 km/h pour Aunis-Saintonge) impliquant un regroupement d’arrêts, mais aussi d’économiser quasiment 1 million de km parcourus par an [4]. Kéolis, en outre, devait acheter un nombre important de bus pour pouvoir remplir sa mission.

Pour comprendre la situation, il faut savoir que le département est découpé en plusieurs zones de transport, dont certaines échappent à la concession : ainsi les 3 Communautés d’Agglomération, Royan, Rochefort et La Rochelle, et le SIVU des transports de Saintes (qui réunit Saintes et 3 communes limitrophes) et certaines zones très rurales. Pour Saintes, le SIVU a concédé le marché depuis quelques années à BUSS, une filiale de Kéolis. Ainsi, la SNCF contrôle de fait une bonne partie des transports scolaires de Charente-Maritime [5].

Pendant l’été, peu d’informations ont circulé sur les nouveaux horaires et les circuits de transports. Des horaires ne correspondant pas aux trajets à effectuer avaient été adressés à des élèves, certains d’entre eux devaient partir le matin d’un certain arrêt qui n’était pas desservi au retour le soir, etc.

Concrètement, depuis début septembre, le ramassage scolaire est assuré effectivement par Kéolis, et aujourd’hui, 3 octobre, le service reste toujours insatisfaisant, et ce bien que des améliorations aient été obtenues. Les problèmes sont apparus très vite pour les dessertes périurbaines, rurbaines ou rurales, ils ont été conséquents, les parents se sont mobilisés, mais le Conseil général n’a pas encore à reconsidéré la question dans sa globalité. Par contre, à Saintes même, dans l’espace de concession du SIVU, il n’y a pas eu de souci particulier. Même chose dans les CDA hors concession. Le problème concerne donc essentiellement l’espace rural, celui qui est par définition le plus sensible à la thématique des transports scolaires.

Le 8 septembre, une réunion d’échange sur l’insuffisance constatée du nouveau système de desserte avait lieu à Corme Royal [6], en présence de la municipalité de cette ville, de 70 parents d’élèves, et d’un conseiller général. Ce conseiller a produit une liste d’arrêts à respecter, inclus dans l’appel d’offre. Sur cette commune, de nombreux arrêts existants précédemment avaient été supprimés. Les parents présents ont proposé de revenir au service de l’an dernier, ce que le conseiller général aurait jugé impossible.

Le 10 septembre, le conseil local d’une fédération de parents d’élèves de Saintes a organisé une réunion d’échange sur le sujet, à Nieul-les-Saintes. Etaient présents des maires, des conseillers généraux et la députée de la circonscription, ainsi que le directeur départemental de Kéolis, et trois cadres de l’entreprise [7]. 100 personnes environ assistaient à cette assemblée.

D’une manière générale, en milieu périurbain, rurbain ou rural, les mêmes problèmes émergeaient [voir notes 6, 7 et 11] :

-          les arrêts en campagne supprimés, qui obligent les parents à amener et récupérer les enfants à plusieurs kilomètres de leur domicile ;

-          les arrêts « en ville » regroupés ;

-          les circuits aller à 9 h et retour à 16 h supprimés, contraignant les enfants à prendre les circuits de 8h ou 17h [11] et à rester longtemps en étude, avant ou après les cours ;

-          des retards systématiques sur certaines destinations, les élèves n’étant pas à l’heure pour les débuts des cours ;

-          des embouteillages autour de la gare routière de Saintes, à 8h et à 17h, induisant un danger pour les élèves circulant à pied ;

-          des enfants devant prendre des bus des lignes régulières à certains horaires, ce qui les mélangeait à des adultes ;

-          des parents accusant Kéolis et le Conseil général de sacrifier le transport scolaire à la rentabilité et à des soucis d’économie budgétaire.

Des maires se sont mobilisés, pour négocier individuellement, et ont ponctuellement obtenu des améliorations. Les fédérations de parents ont fait remonter les doléances, et ont négocié elles aussi des améliorations.

Le 22 septembre, un nouveau plan de desserte, de nouveaux horaires ont été instaurés, les pôles d'échanges ayant été préalablement revus (ainsi, à Saintes trois pôles d’échange mis en place pour désengorger la gare routière), mais tout ceci sans rétablissement des seconds services, pour des raisons financières, leur rétablissement exigeant une décision politique du Conseil général.

Le 26 septembre, trois fédérations de parents, du public comme du privé, au niveau local, ont organisé une manifestation unitaire à Saintes, saluée par la presse (Sud-Ouest [8]) comme une « union sacrée », un « petit événement ». 300 personnes y ont participé ... Pour parvenir à faire manifester non pas une, non pas deux, mais trois fédérations de parents, dont certaines sont traditionnellement opposées à ce mode d’expression … vous en conviendrez aisément : il faut que la situation soit grave ! Dans les slogans, le président du Conseil général, a été cité, tout simplement parce qu’il est celui qui peut, politiquement, faire avancer favorablement – ou non – le dossier, et une lettre commune lui a été adressée [9]. Une réunion avec Kéolis a eu lieu, dans la foulée de la manifestation.

Le lundi suivant, 29 septembre, le président du Conseil général, était de passage à Saintes pour une inauguration. Des parents ont pu l’approcher quelques instants. D’après eux [10], il aurait alors annoncé le rétablissement du second service du matin (à 9h). En recoupant ces dires et plusieurs sources est apparue aussi, en contrepoint, l’impossibilité de remettre en place le second service du soir, pour des raisons financières, en l’état actuel de la concession.

Le mercredi 1er octobre, effectivement, le second service du matin était rétabli, mais avec une tournée réduite, tous les arrêts n’étant pas systématiquement desservis.

Il reste donc, encore aujourd’hui, la question du rétablissement du second service du soir, l’amélioration du second service du matin, plus d’un mois après la rentrée ... et à faire le point sur les arrêts rétablis ou encore à rétablir. Une table ronde aurait été consentie par le Conseil général pour le jeudi 9 octobre.

L’affaire est toujours à suivre, avec vigilance. N'hésitez pas à laisser vos commentaires, et à rectifier toute inexactitude que vous pourriez relever. Je vous renvoie aussi à la lecture des commentaires laissées sur cette page internet, vous pourrez y constater toute la retenue et la mesure que j'ai observées en rédigeant cet article :
http://www.edubourse.com/finance/actualites.php?actu=40760 

Sources :
- [1], [2], [3] et [5] L'Echo des Arènes, "Transports scolaires : rentrée à risques", n°131, septembre 2008;
- [4] source syndicale
- [6] compte-rendu de la réunion à Corme
- [7] Sud-Ouest "Il y a urgence !", édition du 12 septembre 2008
- [8] et [9] Sud-Ouest, "Bussereau pour cible", édition du samedi 27 septembre 2008
- [10] informations orales tranmises par des parents d'élèves, donc reproduites sous toute réserve
- [11] http://www.edubourse.com/finance/actualites.php?actu=40760

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Lundi 1 septembre 2008

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Les gaullistes de gauche – 1ère époque : 1945-1970 ou le gaullisme de gauche au temps de de Gaulle.

L’histoire du gaullisme de gauche peut se diviser en quatre moments. Dans ce premier article - en fait coupé en deux car notre blog ne nous permettait pas de le publier en une fois, donc vous trouverez la suite ci-après (voir le gaullisme de gauche : la seconde vague en 1958) -, nous proposons de traiter des deux premiers moments, correspondants aux lendemains de la Libération, puis au retour au pouvoir du général de Gaulle en 1958, jusqu’à la disparition de ce dernier, en nous référant à l’ouvrage d’Henri LERNER, De Gaulle et la gauche[1], à des articles de l’Encyclopaedia Universalis et aux notices biographiques présentes sur le site de l’Assemblée Nationale. Pourtant, par rapport au propos d’Henri LERNER nous tentons ici d’inverser la relation : ce qui nous intéresse n’est pas tant les relations de de Gaulle avec la gauche, que les relations d’hommes de gauche avec la politique du Général.

Dans un second article, nous nous pencherons sur l’évolution du gaullisme de gauche après la disparition du général de Gaulle, en évoquant l’acceptation de certains principes gaullistes par une partie notable de la gauche – et même parfois, chose surprenante, à l’extrême-gauche – dans le courant des années 1970 et au début des années 1980, puis d’autre part l'affiliation d’un nombre conséquent de gaullistes de gauche aux mouvements se posant – à tort ou à raison – comme les héritiers du gaullisme traditionnel, mais aussi le ralliement de gaullistes de gauche à Jean-Pierre Chevènement, vraiment à gauche de l’échiquier politique dans les années 1980 et 1990. Pour cet article, ne disposant pas d’étude historique spécifique, nous nous référerons essentiellement aux ouvrages historiques généraux et aux notices biographiques de l’Assemblée Nationale. L'article n'est pas prêt, nos lecteurs devront être patients ...

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D’emblée, précisons qu’il a longtemps existé une relation ambiguë entre la gauche et de Gaulle, faite de répulsion et de séduction.

En fait, la gauche de son temps et de Gaulle n’évoluent pas dans les mêmes univers, ne partagent pas les mêmes références intellectuelles, mais, ceci étant posé, malgré tout, entre leurs univers respectifs, des recoupements sont possibles, des visions communes sont partagées. Le charisme du grand homme vient en outre perturber tout positionnement purement idéologique de ses interlocuteurs vis-à-vis de lui : beaucoup adhèrent à l’homme d’action, capable d’impulser le mouvement salvateur, à la geste gaullienne, celle de la lutte pour la Libération d’abord, puis celle conduisant à une politique étrangère autonome à l’égard des Blocs, une politique qui permet la décolonisation puis qui prend en compte le Tiers-Monde, enfin qui valorise un concept né à gauche : la Nation. En résumé, une politique étrangère brillante, celle que la gauche n’a pas su mener sous la IVe République, mais qu’elle aurait globalement aimé faire. Une indication en ce sens ? Les grands axes de cette politique n’ont pas été infléchis après l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir en 1981. Et il aura fallu attendre la victoire de la « droite de l’argent[2] » avec Nicolas Sarkosy pour que les invariants hérités du gaullisme gaullien en politique étrangère soient sérieusement infléchis …

Pour autant, même si le Général a eu de la sympathie pour les qualités intellectuelles de Jaurès, même s’il a fréquenté dans l’Entre-deux-guerres le salon d’Emile Mayer[3] où il a pu rencontrer des hommes de gauche proches de Léon Blum, même s’il a eu des entretiens avec Léon Blum en personne pendant la même période, même s’il a dirigé après la Libération un gouvernement très orienté à gauche, même s’il a souhaité après 1965 une politique de participation et par conséquent un axe plus social, les personnalités politiques de la gauche française n’ont jamais pu se départir de certaines réserves à son égard.

Suivant Henri LERNER, on peut certainement dire que « Tous les hommes de gauche qui l’ont approché, servi et souvent aimé, ont éprouvé, peu ou prou, la réaction de Jean Gaulmier, authentique Français libre et fervent républicain, qui ne s’est jamais senti à l’aise avec lui, tout en acceptant de le suivre, aussi longtemps qu’il lui a paru se conformer à l’idée qu’il se faisait de la Démocratie et de la République. On sait que ce radical de vieille souche, gaulliste de guerre, alla jusqu’au bout de sa pensée et fit son mea culpa, à la veille de l’élection présidentielle de 1965 en invoquant l’exemple de ces républicains, une poignée il est vrai, qui s’étaient ralliés au Consulat, mais avaient su dire non à l’Empire. Réaction typiquement révélatrice d’un esprit de gauche authentique[4]. » Cela n’a pas empêché que des hommes de gauche persistent à soutenir son action, voyant en de Gaulle non seulement le libérateur de 1944, mais aussi celui capable de donner des institutions stables à la France, le seul homme en mesure de ramener l’armée à la raison suite aux événements d’Algérie, et même, espéraient-ils, celui qui serait capable de mettre en œuvre la grande réforme sociale à condition de rallier à lui une partie notable de la gauche. Ce dernier point ne s’étant pas réalisé, le gaullisme de gauche, du temps du vivant du général, n’a jamais été plus qu’une modeste force … Citons ici la boutade du gaulliste, Alexandre Sanguinetti – qui penchait pourtant vers un certain jacobinisme – à propos de ceux qui choisissaient vraiment de franchir le pas en s’affichant ouvertement  gaullistes de gauche : « C'est un luxe que je ne peux, quant à moi, me payer[5] ! »

1er moment : la première vague en 1945

En 1945, les gaullistes de gauche sont des antifascistes et/ou des résistants. Parmi les premiers, René Capitant – qui a rencontré de Gaulle en Alsace dès 1939 puis est devenu en novembre 1943 le commissaire à l’Education nationale du Comité Français de Libération Nationale (C.F.L.N.) à Alger, avant de devenir Ministre de l’Education nationale du Gouvernement Provisoire de la République Française (G.P.R.F.) en novembre 1944[6]  –, ou Louis Vallon – qui, lui, l’a rencontré en 1942, avant de siéger à l’Assemblée consultative d’Alger et d’être le directeur adjoint de son cabinet de Président du gouvernement provisoire de la République.

Parmi les seconds, André Weil-Curiel – un des premiers gaullistes de 1940[7] –, Léo Hamon – professeur de droit, membre de « Ceux de la résistance », vice-président du Comité parisien de la Libération – Jacques Debu-Bridel – passé de la droite au Front national communiste, puis au gaullisme –, Jean de Lipkowski – un des rares Français à avoir entendu, de Royan, le message du 18 Juin du général de Gaulle, qu’il est parvenu à rejoindre à Londres, après plusieurs échecs, en passant par l’Espagne[8].

Au lendemain du discours de Bayeux, en juillet 1946, René Capitant et Léo Hamon rallient des hommes de gauche favorables aux idées constitutionnelles du Général et fondent une Union gaulliste qui obtient 17 élus[9] aux élections de novembre 1946 : trop peu pour impulser une dynamique au mouvement. L’Union est dissoute lors de la création du RPF en avril 1947[10], et René Capitant entraîne alors ses amis dans ce parti[11], devant lui-même le premier président du groupe d’Action démocratique et sociale, émanation parlementaire du R.P.F[12], puis le président du Conseil national du R.P.F. Il n’est pas réélu en 1951, ayant choisi de ne plus se présenter dans le département de la Seine mais en Isère. Il n’hésite pas à soutenir publiquement Pierre-Mendès France en 1953 et 1954, puis devient Garde des Sceaux, ministre de la justice du 31 mai 1968 à juin 1969[13]

Pendant ce temps, Louis Vallon, devenu directeur de l'Administration des monnaies et médailles (1946-1951), a participé au lancement du R.P.F. Il en devient le délégué général pour la région parisienne en 1947, et assure alors conjointement le secrétaire général de l'Action professionnelle ouvrière et sociale, l'aile gauche du gaullisme. Elu député R.P.F. de la Seine en 1951, il quitte pourtant en 1953 le groupe gaulliste à l’Assemblée nationale[14] face aux dérives droitières d’autres élus de sa formation.

(A suivre dans l'article publié ci-dessous …)



[1] Henri LERNER a été professeur d’histoire contemporaine à l’Université Paris-XII Val de Marne) au milieu des années 1990. Il a écrit plusieurs ouvrages autour des relations et amitiés de de Gaulle, dont Emile Mayer, un prophète bâillonné, dont est tiré un autre article disponible sur ce blog, mais aussi Catroux, Albin Michel, 1990, et a rédigé des articles de l’Encyclopaedia Universalis.

[2] Notons ici qu’il y a plusieurs droites, comme l’a noté si bien René Rémond, et que parmi elles existent parfois des oppositions notables. La famille du général de Gaulle s’inscrit dans la tradition de la droite catholique et monarchiste, la droite de l’honneur et de l’ordre, de l’Eglise et de l’Armée, qui éprouve un certain mépris pour la droite de l’argent. Ces lignes de fracture, le monarchisme en moins, se retrouvent encore aujourd’hui, comme le met en évidence un article récent du Monde commentant la mauvaise perception de la réforme de l’armée par une partie de la droite, celle-là même qui est héritière de la droite de l’honneur et de l’ordre évoquée précédemment dans cette note.

[3] Voir à ce propos l’autre ouvrage d’Henri LERNER, dont nous avons donné un compte-rendu de lecture sur ce blog, Emile Mayer, un prophète bâillonné, Editions Michalon, 1995

[4] Henri LERNER, De Gaulle et la gauche, L’Interdisciplinaire (avec le concours de l’Université Paris XII – Val de Marne), Limonest, 1994, p. 8

[5] Pierre DABEZIES, article « Alexandre SANGUINETTI » (1913-1980) in Encyclopaedia Universalis, 2004

[6] A l’adresse http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/biographies/IVRepublique/capitant-rene-marie-alphonse-charles-19081903.asp on peut lire  « en 1939, [René Capitant] est affecté à l'Etat major de la 4e armée française. Dans ces fonctions, il rencontre, à Wangenbourg, le colonel Charles de Gaulle »

[7] Henri LERNER, De Gaulle et la gauche, L’Interdisciplinaire (avec le concours de l’Université Paris XII – Val de Marne), Limonest, 1994

[11] Henri LERNER, De Gaulle et la gauche, L’Interdisciplinaire (avec le concours de l’Université Paris XII – Val de Marne), Limonest, 1994

[14] Christian SAUVAGE, article « Louis VALLON » (1901-1981) in Encyclopaedia Universalis, 2004

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Lundi 1 septembre 2008

(suite de l'article publié ci-dessus). Merci de participer à l'amélioration de l'article en laissant vos commentaires.

2ème moment : la seconde vague en 1958

Il s’agit de personnalités attirées par l’esprit progressiste du Général, et qui pensent que lui seul est capable de faire rentrer l’armée dans le rang suite aux événements d’Algérie. On trouve parmi elles Maurice Clavel, Jean-Claude Servan-Schreiber, Jacques Dauer, Louis Vallon, Léo Hamon et de manière moins engagée, le général Billotte (chef d'état-major du général de Gaulle à Londres en 1942, puis, en 1943, secrétaire du Comité de la défense nationale[15]), Gilbert Grandval, ancien résident général au Maroc, ou Philippe Dechartre.

Ces personnalités ne parviennent pas à mettre sur pied un mouvement politique unifié, mais se répartissent entre le Centre de la Réforme Républicaine, le Front du Progrès et l’éphémère Union Travailliste. Confirmant la boutade d’Alexandre Sanguinetti,  tant que ces gaullistes s’affichent nettement de gauche du mouvement, ils rencontrent généralement peu de succès : ainsi, Jean de Lipkowski, candidat du CRR, est battu aux élections législatives du 30 novembre 1958 ; mais il est ensuite continuellement élu député de Charente-Maritime de 1962 à 1995 ...

Le Centre de la Réforme Républicaine est la tentative la plus aboutie. Fondé après l’acceptation du retour du général de Gaulle, dès le début du mois de juin 1958[16], avec le soutien du Général, et à l’instigation de Jean-Nöel de Lipkowski, Frenay, Barberot, Geneviève de Gaulle et Philippe Dechartre. le secrétaire général en est Jean-Claude Servan-Schreiber, assisté de Maurice Clavel. En plus de ces fondateurs, on compte dans les rangs du mouvement, des gaullistes de la première heure comme André Weil-Curiel, d’anciens élus mendésistes et socialistes comme Pierre Clostermann, Paul Alduy, Georges Juskewiensky, des journalistes de gauche comme Georges Altman ou Charles Ronsere. Le parti présente 80 candidats aux élections législatives d’octobre 1958, dont 25 dans le département de la Seine, mais subit un échec électoral qui met fin à son existence effective.

Refusant de se fondre dans une UNR jugée trop conservatrice, les militants du Centre de la Réforme Républicaine créent, le 14 avril 1959, avec l’assentiment du Général, l’Union Démocratique du Travail, dirigée par Louis Vallon (inquiet de sentir le Général prisonnier de la droite[17]), et comptant aussi Léo Hamon, devenu gaulliste de gauche en 1959 après avoir quitte le MRP[18] (il avait tenté d’aider l’abbé Pierre en 1954, le rejet de l’amendement qu’il proposait ayant entraîné la mobilisation que l’on sait), mais encore Maurice Clavel et Jean-Charles Servan-Schreiber (le seul de sa famille a avoir rejoint le gaullisme).

L’UDT, qui veut faire contrepoids à l’UNR (Union pour la Nouvelle République), mais s’associe à elle pour les élections, reste autonome jusqu’à la fin de la Guerre d’Algérie et dispose de quelques élus. Ainsi, Louis Vallon, qui s’est présenté à la députation en Seine-et-Oise et est devenu rapporteur général du budget, sur l’insistance de de Gaulle[19], afin de surveiller le ministre de l'Économie et des Finances, Valéry Giscard d'Estaing, perçu comme trop conservateur par certains députés gaullistes.

L’UDT se fond ensuite dans l’UDR, mais en conservant une attitude critique envers Georges Pompidou, ce qui conduit ce dernier à refuser aux gaullistes de gauche le groupe parlementaire qu’ils souhaitaient former à l’automne 1967. En conséquence, seul Léo Hamon se rend au Congrès de sa formation politique, à Lille, en 1967, René Capitant et ses amis faisant de la résistance. Léo Hamon, finalement élu député de l’Essone en juin 1968, devient secrétaire d’Etat en juin 1969, auprès de Jacques Chaban-Delmas puis porte-parole du gouvernement jusqu’en 1972 et enfin secrétaire d’Etat chargé de la Participation et le l’Intéressement[20]. Quant à Louis Vallon, battu en Seine-et-Oise en 1967, il est réélu l'année suivante dans le XVIIIe arrondissement à Paris[21].

 

D’autres tentatives d’organisation partisane se révèlent moins probantes.

Ainsi, d’une part, le Mouvement pour la Communauté, qui devient par la suite, en 1964, le Front du Progrès dirigé par Jacques Dauer[22]. Jacques Dauer est entré au RPF dès sa fondation en 1947, et il est devenu responsable des jeunes de ce mouvement pour la région parisienne. Il fonde en 1953 Paris-Jeunes, appelé à devenir, après 1958, un des principaux organes de presse du gaullisme de gauche[23]. En mai 1968, Jacques Dauer prend parti pour les étudiants, en dénonçant « la dérive conservatrice du pouvoir[24] »

 

Mais encore, d’autre part, l’Union Travailliste [ou Union Démocratique du Travail] animée par Gilbert Grandval, le général Billotte et Yvon Morandat – qui a rejoint Londres dès 1940.

 

Après son retrait de l’armée en 1950, et « Pour défendre une certaine idée de la France indépendante[25] », le général Billotte adhère initialement au Rassemblement du peuple français (R.P.F.), étant élu député de Côte-d'Or en 1951. Après avoir soutenu le gouvernement Pinay et s'être battu contre la Communauté européenne de défense, il devient ministre de la Défense nationale du cabinet Edgar Faure (oct. 1955-janv. 1956). Engagé contre la pratique de la torture par l'armée en Algérie, il est cofondateur de l'Union démocratique du travail en 1958. Gaulliste de gauche, il est maire de Créteil de 1965 à 1977 – et il inscrit sa commune dans la politique de villes nouvelles – député U.N.R.-U.D.T. de la Seine de 1962 à 1966 et du Val-de-Marne de mars à juin 1967 et sous l'étiquette U.D.R. de juin 1968 à mars 1978, Ministre d'État, il est chargé des D.O.M.-T.O.M. de 1966 à 1968, dans les troisième et quatrième gouvernements Pompidou[26].

Ces mouvements, ainsi que  Centre de la Défense Républicaine et divers groupements ayant refusé de se laisser absorber par l’UNR, intègrent finalement la Convention de la Gauche – Ve République en octobre 1966, sous la direction du secrétaire général Philippe Dechartre. Le ministre Louis Joxe « prête intérêt » au mouvement, mais les résultats se laissent attendre.

Au final, les gaullistes de gauche n’étant pas parvenus à former une formation politique unifiée basée sur leur positionnement, n’ont pas su attirer les 3 millions d’électeurs qui, pourtant, en 1965, avaient voté pour de Gaulle sur son nom sans toutefois se satisfaire de la politique sociale menée par son gouvernement.

(A suivre …)



[15] Charles-Louis FOULON, article « Pierre BILLOTTE » (1906-1992) in Encyclopaedia Universalis, 2004

[17] Christian SAUVAGE, article « Louis VALLON » (1901-1981) in Encyclopaedia Universalis, 2004

[18] Charles-Louis FOULON, article « Léo HAMON » (1908-1993) in Encyclopaedia Universalis, 2004

[19] Christian SAUVAGE, article « Louis VALLON » (1901-1981) in Encyclopaedia Universalis, 2004

[20] Charles-Louis FOULON, article « Léo HAMON » (1908-1993) in Encyclopaedia Universalis, 2004

[21] Christian SAUVAGE, article « Louis VALLON » (1901-1981) in Encyclopaedia Universalis, 2004

[22] Henri LERNER, De Gaulle et la gauche, L’Interdisciplinaire (avec le concours de l’Université Paris XII – Val de Marne), Limonest, 1994

[24] idem

[25] Charles-Louis FOULON, article « Pierre BILLOTTE » (1906-1992) in Encyclopaedia Universalis, 2004

[26] Charles-Louis FOULON, article « Pierre BILLOTTE » (1906-1992) in Encyclopaedia Universalis, 2004

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Mercredi 6 août 2008

Extraits de l’interview de Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel à l’université de Montpellier et membre de l’Institut Universitaire de France, publiée dans Libération du 8 juillet 2008, et reprise dans Combat républicain, n° 125, reçu le 6 août 2008.

Quel est le sens de cette révision constitutionnelle ?
Renforcer le pouvoir présidentiel ! Pour le comprendre, il faut revenir aux origines de la Ve République. En 1958, l’objectif est de mettre fin à la toute puissance du Parlement et de restaurer l’autorité de l’exécutif. Mais les constituants hésitent entre donner le pouvoir au Premier ministre - thèse de Michel Debré - ou au président de la
République - thèse du Général. Résultat : ils le donnent à l’un et à l’autre et une dyarchie s’installe au sommet de
l’Etat. D’où de multiples conflits au sein de l’exécutif, entre de Gaulle et Pompidou, Pompidou et Chaban, Giscard et Chirac, Mitterrand et Rocard, et aujourd’hui Sarkozy et Fillon. En 2000, le quinquennat et l’inversion du calendrier électoral commencent à trancher cette ambiguïté fondatrice : élus sur le nom du Président et dans la foulée de son élection, les députés sont pris dans un lien direct et de subordination au chef de l’Etat. La figure du Premier ministre est zappée.

L’actuel projet de réforme poursuit donc un mouvement déjà entamé ?
Oui, elle enlève, cette fois, des pouvoirs au Premier ministre. Par exemple, ce n’est plus lui mais le Président qui prononcera le discours de politique générale. Le Premier ministre perd aussi la maîtrise de l’ordre du jour puisqu’il devra le partager avec les présidents des groupes parlementaires. En outre, et c’est fondamental, les discussions des projets de loi ne se feront plus sur le projet rédigé par le Premier ministre mais sur le projet réécrit par les parlementaires. Il s’agit donc bien d’affaiblir la position du Premier ministre pour affirmer la primauté du Président.

Vous ne croyez donc pas à la volonté de l’Elysée de rééquilibrer les pouvoirs en faveur du Parlement ?
C’est un faux-semblant. Aujourd’hui, le Parlement ne peut plus être un lieu de contre-pouvoir ou d’équilibre du pouvoir exécutif. En France comme en Allemagne, en Espagne ou en Grande-Bretagne, partout, le Parlement et l’exécutif sont soudés. Il y a longtemps que Maurice Duverger a montré que celui qui gagne les élections gagne à la fois le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif. Le Parlement fait aujourd’hui partie de ce que Montesquieu appelait «la faculté de statuer». Quels sont, en 2008, les lieux «modernes» de la faculté d’empêcher, du contrepoids au bloc exécutif-législatif ? Les citoyens, la presse, la justice, la décentralisation… Or, sur tous ces sujets «modernes», la réforme est muette !

Pourtant, elle accorde beaucoup de nouveaux droits au Parlement…
De la poudre aux yeux. La vraie question n’est pas de renforcer le Parlement, lequel a peu ou prou les mêmes compétences que les parlements anglais, allemand, italien et espagnol. La vraie question, qui n’est pas dans la réforme, c’est le non-cumul des mandats : si les députés sont la moitié du temps dans leur mairie, leur conseil général ou régional, vous aurez beau donner tous les pouvoirs du monde au Parlement, si les députés ne sont pas là pour les exercer, rien ne changera.

A qui profite cette réforme alors ?
Au parti du Président. Prenons l’exemple de l’ordre du jour : aujourd’hui, il est fixé par le Premier ministre, trente
jours sur trente. Si la réforme est votée, ce sera quinze jours pour François Fillon, quatorze jours pour le patron des députés UMP, Jean-François Copé, et un jour pour celui des députés PS, Jean-Marc Ayrault. Il ne s’agit pas d’un pouvoir gagné par le Parlement mais d’un pouvoir supplémentaire pour le parti du Président. D’où l’intérêt porté par Nicolas Sarkozy aux députés UMP. D’où leur convocation régulière à l’Elysée, d’où sa tentation de  "décopéiser" le groupe UMP de l’Assemblée. Cette réforme donne un pouvoir de négociation réelle à l’UMP. Au point que certains craignent un retour au régime de partis, très décrié sous la IVe République. Tout dépendra de  l’importance et de la discipline du groupe majoritaire. (…)

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Dimanche 27 juillet 2008

Le 15 juin dernier, j'avais écrit la réflexion suivante, qui vient d'être confirmée par un sondage réalisé en Irlande :
"Lorsqu'un peuple vote dans un sens contraire à celui escompté, les dirigeants européens le refont voter jusqu'au moment où il vote dans le sens attendu : on connaît la vieille rengaine !
Elle a déjà été entonnée au moment de Maastricht. Les Danois avaient refusé le texte (approuvé par leur Parlement le 12 mai 1992, soutenu par tous les grands partis et la presse, mais refusé le 2 juin suivant par le peuple) ..., alors les dirigeants européens avaient mis en place un deuxième service.  Après avoir concédé des exemptions spécifiques pour le pays, concernant la défense commune, la monnaie unique, la citoyenneté de l'UE et la mise en application des lois, un second referendum avait été organisé sur le traité de Maastricht le 18 mai 1993.
Elle a été reprise lors de la ratification du traité de Nice : les Irlandais, déjà en résistance, avaient dit "non" en 2001. Un taux d'abstention élevé avait servi de prétexte pour refaire voter les Irlandais en 2002.
Le gouvernement français pense sans doute que c'est dans les vieux pots qu'on fait la meilleure soupe, car il en train de nous réchauffer ce vieux refrain ...
La preuve ? d'après une dépêche AFP "Le secrétaire d'Etat français [M. Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat charté des Affaires européennes] a estimé samedi qu'il n'y avait "pas d'autre solution" pour sauver le traité européen de Lisbonne qu'un nouveau vote des Irlandais, mais que celui-ci pourrait avoir lieu après une "adaptation" du texte pour ce pays".
Le "souci", c'est que les Irlandais n'aiment pas du tout qu'on leur dicte ce qu'ils doivent faire : ils viennent de le prouver ... et le président de Libertas, Declan Ganlay, présenté par Le Monde [1] comme "Mister No" affirme que "Nous voulons une renégociation totale de ce traité antidémocratique".
Alors, non seulement ce traité est antidémocratique - et je l'ai montré dans Riposte Laïque du 20 janvier 2008 [2] - mais encore les pratiques des européistes frôlent constamment le déni démocratique, en reproposant systématiquement chaque texte retoqué par les citoyens à ces mêmes citoyens après l'avoir seulement retouché à la marge.
Conclusion : il faut toujours savoir garder confiance dans les peuples. En poursuivant petit jeu, les "élites" européistes vont se discréditer encore plus ..."

En confirmation de cette réflexion, un sondage vient d'être réalisé en Irlande - au lendemain de la visite de Nicolas Sarkosy, lequel exerce au nom de la France la présidence tournante de l'Union européenne - sondage qui confirme que la perspective d'un nouveau vote imposé par l'Union augmenterait la défiance des Irlandais envers les institutions européennes. Voici un commentaire "LCI, d'après agence [3]" publié le 27 juillet 2008 à propos de ce sondage :
"Les Irlandais devront-ils voter de nouveau sur le traité de Lisbonne ? La question qui titille l'Union européenne a été posée... aux Irlandais eux-mêmes, lors d'un sondage réalisé pour le cercle de réflexion eurosceptique Open Europe, basé à Londres. Le résultat est sans appel : c'est une nouvelle fois un "non" franc et massif - 71% des personnes interrogées rejettent l'hypothèse d'une nouvelle consultation populaire, après la victoire du "non" à 53% au référendum du 12 juin. Seulement 24% des sondés se disent favorables à la tenue d'un second référendum.

Plus en détail, parmi les personnes ayant exprimé une opinion, 62% disent qu'elles voteraient "non" en cas de nouvelle consultation, 34% penchant pour le "oui". Ces chiffres signifient que l'avance du "non" serait portée à 24 points dans l'éventualité où les Irlandais seraient appelés à voter à nouveau, assure Open Europe.

Ainsi, dans l'hypothèse où une nouvelle consultation populaire serait organisée, l'écart entre le "non" et le "oui" serait encore plus large. Un très net renforcement de l'opposition au traité de Lisbonne que souligne le sondage : il montre que 17% des personnes ayant voté "oui" en juin seraient désormais prêtes à dire "non", contre 6% de celles ayant voté "non" qui seraient maintenant décidées à approuver le traité. Autre fait significatif, parmi les personnes s'étant abstenues en juin, 57% disent être prêtes à voter "non", contre seulement 26% "oui".

"Brian Cowen pourrait mettre son avenir politique en jeu"

Les nombreux commentaires suscités en Europe par le vote négatif des Irlandais ont aussi eu le don d'irriter les sondés, qui y voient une atteinte à leur souveraineté. Ils sont 67% à approuver le jugement que "les hommes politiques européens ne respectent pas le non irlandais", et 61% à être en désaccord avec l'idée que "si les 26 autres membres de l'UE ratifient le traité dans leur parlement, alors l'Irlande doit changer d'avis et soutenir le traité". Enfin, élément qui devrait faire réfléchir Brian Cowen, 53% des Irlandais se disent moins susceptibles de voter en [sa] faveur du Premier ministre aux prochaines élections législatives, s'il convoque un nouveau référendum."

Le respect du vote démocratique, de l'expression populaire et souveraine des peuples, est donc bien un préalable indispensable à toute construction européenne. C'est logique. C'est le plus élémentaire bon sens. Et c'est tout simplement ce que disent les Irlandais. Ils ont raison.

Notes :
[1] Marion Van Rentergheim, "Un second vote difficile à imposer", in Le Monde, daté du mardi 17 juin 2008, p. 8
[2] vous trouverez l'article repris sur ce blog : http://saintongejacobine.over-blog.com/article-15940780.html
[3] http://laposte.lci.fr/infos/monde/institutions/0,,3923612-VU5WX0lEIDQ0OQ==,00-irlandais-disent-nouveau-vote-.html

Par Serge MAUPOUET - Publié dans : Europe
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Mercredi 18 juin 2008

Selon une dépêche de l'AFP, "le Sénat a refusé mercredi d'inscrire la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution, revenant sur une disposition votée en ce sens par les députés en première lecture du projet de réforme des institutions." Une large majorité s'est dégagée contre cet amendement.
Prise de conscience après la mobilisation largement médiatisée de l'Académie française ? Sursaut républicain (on voudrait le croire ...) ? Quoiqu'il en soit, le Sénat a retoqué la proposition pourtant adoptée à la quasi-unanimité à l'Assemblée nationale !
Il est souvent question de l'inutilité de l'Académie française ... il est souvent question de l'inutilité du Sénat ... Pour cette fois, les Républicains - dont les jacobins - doivent une fière chandelle à l'existence de ces deux institutions pourtant fort conservatrices !
Soulignons que le vote a transcendé le clivage gauche-droite :
"La majorité UMP mais aussi les centristes, les communistes, les radicaux - dont l'ancien PS Michel Charasse - et quelques sénateurs PS, comme Robert Badinter ou Jean-Luc Mélenchon, ont voté la suppression. La majorité du PS, les Verts et quelques UMP ont en revanche voté contre."[1] et [2]

[1] http://www.lefigaro.fr/politique/2008/06/18/01002-20080618ARTFIG00614-langues-regionales-le-senat-contredit-l-assemblee.php
[2] évidemment, l'article du Figaro (journal qui, je le précise, n'est pas du tout dans mes lectures préférées - une fois n'est pas coutume ...), ne mentionne pas le vote du sénateur MRC. Mais François Autain a bien voté pour la suppression de la disposition ajoutée par les députés. Vous pouvez le vérifier sur le site du Sénat : http://www.senat.fr/scrupub/2007/scr2007-98.html

__________________________________________________________________________________________
Le 3 juin précédent, j'avais pu écrire sur "L'inquiétude légitime de Jean-Luc MELENCHON face à la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution" :
Fier d'être jacobin". Voilà une affirmation devenue rare face à la pression d'un politiquement correct qui favorise d'autres orientations et jette largement le discrédit a priori sur celle-ci ... Mais Jean-Luc MELENCHON l'a bien dit, et nous le remercions chaudement. Cela fait vraiment du bien d'entendre un homme politique de premier plan affirmer son jacobinisme !

C'est lors du débat au Sénat, mardi 13 mai 2008, "autour d’une question orale avec débat posée par Nicolas Alfonsi (sénateur rdse)  à la ministre de la culture et de la communication à propos de la sauvegarde et la transmission des langues régionales ou minoritaires" [1] que le sénateur PS a senti nécessaire de réaffirmer ce positionnement.

Alros que les députés ont souhaité, presqu'unanimement [2], inscrire dans la prochaine révision constitutionnelle que "les langues régionales font partie du "patrimoine" de la France"" [3], Jean-Luc MELENCHON a exprimé son inquiétude, et a évoqué les risques de dérives communautaires [4].

L'ensemble du discours mérite d'être consulté, mais je vous en donne un extrait, qui me semble significatif, concernant les implications de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, dont la ratification serait sans doute facilitée, dans un second temps, par l'adoption de la révision constitutionnelle [5] :

"Le fait de parler une langue différente ne suffit pas à instituer des droits particuliers en faveur de ses locuteurs ! Or c’est ce que prévoit explicitement la charte : il s’agit d’encourager la pratique de ces langues « dans la vie publique et la vie privée ».
S’agissant de la vie privée, je rappelle que le caractère laïque de notre République interdit que les institutions gouvernementales et étatiques fassent quelque recommandation que ce soit concernant la vie privée des personnes.
Quant à la vie publique, il est précisé que les États doivent « prendre en considération les besoins et les vœux exprimés par les groupes pratiquant ces langues ».

À l’évidence, ce texte [il s'agit ici de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires] a été écrit à l’intention de pays où des secteurs entiers de la population parlent une autre langue que la langue nationale et seulement celle-là, comme c’est le cas des minorités hongroises ou autres, qui existent dans divers pays de l’Union européenne. Mais en aucun cas il n’a été écrit pour la France, car dans quelles conditions peut-on désigner les représentants de ces groupes ? Va-t-on maintenant élire des représentants des locuteurs de telle ou telle langue ? Non ! C’est en totale contradiction avec l’idée d’égalité républicaine !

Il ne peut être question de faire bénéficier de procédures en langues régionales devant les autorités judiciaires, comme le prévoit l’article 9 de la charte, ou devant les services publics, comme le décide l’article 10. Témoigner, poursuivre en justice, signer des contrats dans une autre langue que la langue française constituerait un recul par rapport à l’ordonnance de Villers-Cotterêts. Pourtant, c’est ce que prévoit cette Charte européenne des langues régionales ou minoritaires !

Le Conseil constitutionnel a donc eu raison de dire, en 1999, qu’en conférant « des droits spécifiques à des “ groupes ” de locuteurs de langues régionales ou minoritaires, à l’intérieur de “ territoires ” dans lesquels ces langues sont pratiquées, [cette Charte] porte atteinte aux principes constitutionnels d’indivisibilité de la République, d’égalité devant la loi et d’unicité du peuple français. »

[...]

Pour toutes ces raisons, la République française n’a donc rien à gagner à modifier sa Constitution pour ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Elle ne pourrait que se renier en le faisant. Elle doit, tout au contraire, continuer sa politique bienveillante et intégratrice, qui donne aux cultures et aux langues régionales toute leur place dès lors que la République est première chez elle !"


Merci M. MELENCHON de votre bel et courageux argumentaire.

Notes :
[1] présentation de son intervention par Jean-Luc MELENCHON lui-même, sur son blog. Voir l'article complet à l'adresse http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=592
[2] Jean-Louis ANDREANI, "La revanche des langues régionales, in Le Monde, daté mardi 3 juin 2008, p. 2
[3] idem
[4]"Il ne s’agit pas de dire que la sauvegarde des langues et cultures régionales nous pousse sur la pente qui conduit automatiquement à la sécession, au particularisme et au communautarisme. Telle n’est pas mon intention ! Mais j’ai bien l’intention de dire que le risque existe." cf. http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=592
[5] Jean-Louis ANDREANI, "La revanche des langues régionales, in Le Monde, daté mardi 3 juin 2008, p. 2

Par Serge MAUPOUET - Publié dans : vie démocratique
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Samedi 7 juin 2008

J'avais déjà eu l'occasion de manifester mon inquiétude concernant le maintien des activités de la crèche familiale de Saintes, une des 3 structures de ce type existant en Charente-Maritime.

On sait bien que depuis l'instauration de la PSU (prestation service unique) par la CAF (caisse d'allocations familiales), les crèches familiales sont en difficulté. Mais, ici, à Saintes, la mobilisation des parents avait incité l'ancienne municipalité à refuser de passer sous le régime de la PSU, ce qui avait permis de sauver l'essentiel, de maintenir les assistantes maternelles dans la structure, de continuer d'offrir aux parents un règlement forfaitaire.

Néanmoins, depuis plus d'un an, toujours sous la précédente municipalité, les signaux étaient à l'orange : tout recrutement d'assistante maternelle, même pour remplacer des démissions ou des départs en retraite était suspendu  ... raison pour laquelle j'avais insisté pour que le maintien de la crèche familiale figure dans le programme de la liste commune PRG-MRC constituée à l'occasion des municipales.

Hélas, la nouvelle municipalité (gauche, PS-PCF-Verts, mais sans le PRG ni le MRC ...), si elle a bien pris connaissance du problème, ne semble pas encore avoir bien pris conscience de la nécessité de concrétiser rapidement toute action indispensable au maintien et à la pérennisation de la structure.

En effet, dans le nouveau journal municipal (Saintes, juin 2008, numéro 1, p. 19), on peut lire un interview d'une élue en charge du dossier :
"La crèche familiale. La crèche les Calinous connaît des difficultés liées au changement de statut des assistantes maternelles. "Ce changement de statut risque d'entraîner à la fois un surcoût pour la structure et peut-être une diminution du nombre d'enfants accueillis. Nous allons travailler sur ce dossier avec l'ensemble des personnes concernées. A Saintes, nous avons différents modes d'accueil pour l'enfance et la petite enfance, celui-ci associe à la fois le dispositif d'un équipement en crèche et le dispositif d'accueil familial. C'est un mode d'accueil qui demande à être soutenu et maintenu, mais peut-être modifié."
Les autres structures
"Une réflexion est actuellement menée autour de la création d'une structure d'accueil petite enfance sur la rive droite, où il n'existe qu'une seule halte-garderie. toutes les structues petite enfance sont concentrées sur la rive gauche. Ce projet pourrait remplacer celui de l'ouverture d'une crèche sur le site de Recouvrance !""

On voit bien ici que, non seulement, le fonctionnement de la créche familiale sera modfié (dans quelle mesure les atouts de la structure actuelle seront-ils préservés ?), mais qu'en outre le projet de la municipalité précédente d'ouvrir une nouvelle structure sur le site de Recouvrance est en passe d'être délaissé.

J'ajoute que les informations dont je dipose personnellement acrroissent mon inquiétude. J'ai en effet assisté au dernier conseil d'établissement de la crèche familiale (réuni le 5 juin) en tant que représentant des parents. Il s'ensuit que nous avons obtenu, en teneur, les réponses suivantes :
- il n'y aura toujours pas de nouveau recrutement d'assistante maternelle, même pour remplacer des démissions ou des départs en retraite;
- cette politique attentiste pour le recrutement ne sera pas modifiée tant que la réflexion sur le nouveau fonctionnement de la structure ne sera pas avancé, mais aucun délai n'est fixé pour le terme de cette réflexion;
- le désengagement de la CAF pose un problème de financement;
- le nouveau statut des assistantes maternelles entraîne lui aussi un surcoût et un problème de gestion de la nouvelle définition des amplitudes horaires d'accueil et du temps de travail sur l'année. 
- il n'est pas actuellement envisagé de transfert de compétence pour élargir le financement de la structure à la CDC (Communauté de Communes);
- il n'y a pas de réponse claire sur la non-fermeture, même si la municipalité affirme qu'elle souhaite le maintien de la crèche familiale; en effet, la non-fermeture reposerait - non exclusivement, mais essentiellement - sur la capacité des assistantes maternelles à inventer ou à accepter un nouveau mode de fonctionnement, qui reste à définir.

Aucune volonté politique pour compenser le désengagement de la CAF ou pour assumer les coûts indiqués ci-dessus ne s'est manifestée. La seule piste financière serait de monter un projet créatif et innovant pour obtenir un financement complémentaire de la CAF (ce qui revient à dire que la municipalité ne souhaite pas consentir une rallonge budgétaire ...).
Lorsque j'ai évoqué la nécessaire mise en balance du coût financier pour maintenir la structure et le coût sociétal induit par la fermeture de la structure (en particulier le fait que les places sont déjà insuffisantes pour répondre aux besoins, et que les femmes actives seront les premières touchées en cas de restriction des possibilités d'accueil), je n'ai obtenu qu'un silence.

Deux points positifs, néanmoins, émergent de la réunion du 5 juin : les avancées obtenues par les parents les années précédentes sont avalisées par la nouvelle équipe, à savoir le paiement en titres CESU et le rejet de la PSU.

En l'état actuel des choses, j'en déduis, à titre personnel :
1) que l'on semble se satisfaire que la crèche familiale continue à simplement survivre (ira-t-on jusqu'à prendre le risque qu'elle meure de sa belle mort ?), en refusant de s'engager à recruter à court ou moyen terme pour maintenir les effectifs d'une part, et en ne fixant pas de délai clair pour mener la réflexion nécessaire à la pérennisation de la structure d'autre part;
2) que le seul projet existant permettant d'accroîter les places d'accueil en crèche est en passe d'être abandonné (création d'une crèche associée à l'EHPAD de Recouvrance).

J'espère que la municipalité de gauche va réagir rapidement, réorienter vers la jeunesse sa ligne politique (il faut certes une politique en direction des seniors, mais à condition qu'elle n'oublie pas l'enfance et la jeunesse); pour la petite enfance, l'urgence est déjà de s'engager véritablement, avec des moyens humains et financiers, en ayant pour objectif d'abord de maintenir l'existant, puis d'augmenter les capacités d'accueil.

Pour l'instant, et en attente de toute précision complémentaire qui voudrait bien m'être faite, je tiens à manifester ici mon inquiétude. Celle-ci ne sera dissipée que lorsque les recrutements d'assistantes maternelles reprendront, au minimum pour compenser les départs (dans la structure, il n'y a plus que 20 assistantes maternelles, dont 18 réellement en activité, contre 26 il y a seulement deux ans).

Evidemment, j'accueille sur ce blog tout droit de réponse de la part de la municipalité actuelle.

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Mardi 3 juin 2008

"Fier d'être jacobin". Voilà une affirmation devenue rare face à la pression d'un politiquement correct qui favorise d'autres orientations et jette largement le discrédit a priori sur celle-ci ... Mais Jean-Luc MELENCHON l'a bien dit, et nous le remercions chaudement. Cela fait vraiment du bien d'entendre un homme politique de premier plan affirmer son jacobinisme [1] !

C'est lors du débat au Sénat, mardi 13 mai 2008, "autour d’une question orale avec débat posée par Nicolas Alfonsi (sénateur rdse)  à la ministre de la culture et de la communication à propos de la sauvegarde et la transmission des langues régionales ou minoritaires" [2] que le sénateur PS a senti nécessaire de réaffirmer ce positionnement.

Alros que les députés ont souhaité, presqu'unanimement [3], inscrire dans la prochaine révision constitutionnelle que "les langues régionales font partie du "patrimoine" de la France"" [4], Jean-Luc MELENCHON a exprimé son inquiétude, et a évoqué les risques de dérives communautaires [5].

L'ensemble du discours mérite d'être consulté, mais je vous en donne un extrait, qui me semble significatif, concernant les implications de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, dont la ratification serait sans doute facilitée, dans un second temps, par l'adoption de la révision constitutionnelle [6] :

"Le fait de parler une langue différente ne suffit pas à instituer des droits particuliers en faveur de ses locuteurs ! Or c’est ce que prévoit explicitement la charte : il s’agit d’encourager la pratique de ces langues « dans la vie publique et la vie privée ».
S’agissant de la vie privée, je rappelle que le caractère laïque de notre République interdit que les institutions gouvernementales et étatiques fassent quelque recommandation que ce soit concernant la vie privée des personnes.
Quant à la vie publique, il est précisé que les États doivent « prendre en considération les besoins et les vœux exprimés par les groupes pratiquant ces langues ».

À l’évidence, ce texte [il s'agit ici de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires] a été écrit à l’intention de pays où des secteurs entiers de la population parlent une autre langue que la langue nationale et seulement celle-là, comme c’est le cas des minorités hongroises ou autres, qui existent dans divers pays de l’Union européenne. Mais en aucun cas il n’a été écrit pour la France, car dans quelles conditions peut-on désigner les représentants de ces groupes ? Va-t-on maintenant élire des représentants des locuteurs de telle ou telle langue ? Non ! C’est en totale contradiction avec l’idée d’égalité républicaine !

Il ne peut être question de faire bénéficier de procédures en langues régionales devant les autorités judiciaires, comme le prévoit l’article 9 de la charte, ou devant les services publics, comme le décide l’article 10. Témoigner, poursuivre en justice, signer des contrats dans une autre langue que la langue française constituerait un recul par rapport à l’ordonnance de Villers-Cotterêts. Pourtant, c’est ce que prévoit cette Charte européenne des langues régionales ou minoritaires !

Le Conseil constitutionnel a donc eu raison de dire, en 1999, qu’en conférant « des droits spécifiques à des “ groupes ” de locuteurs de langues régionales ou minoritaires, à l’intérieur de “ territoires ” dans lesquels ces langues sont pratiquées, [cette Charte] porte atteinte aux principes constitutionnels d’indivisibilité de la République, d’égalité devant la loi et d’unicité du peuple français. »

[...]

Pour toutes ces raisons, la République française n’a donc rien à gagner à modifier sa Constitution pour ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Elle ne pourrait que se renier en le faisant. Elle doit, tout au contraire, continuer sa politique bienveillante et intégratrice, qui donne aux cultures et aux langues régionales toute leur place dès lors que la République est première chez elle !"


Merci M. MELENCHON de votre bel et courageux argumentaire.

Notes :
[1] à gauche, on se dit encore volontiers jacobin, comme Jean-Luc MELENCHON. Le courant jacobin a, en outre, été longtemps fort au PCF, et il y a des jacobins au MRC. A droite, c'est plus rare de se présenter comme jacobin, mais un certain nombre de gaullistes de gauche l'ont fait (voir mon article sur les gaullistes de gauche). Je compète sur ce point mon article, en octobre 2008, pour ajouter cette note, car Pierre MAZEAUD, ancien député RPR, ancien président du Conseil constitutionnel (etc.), a lui aussi affirmé être jacobin lors d'une émission politique récente, et c'est ainsi qu'il est présenté par François Gervais, dans la lettre Horizons politiques (www.horizons-politiques.com/fait-politique565.html) : "L’ancien président du Conseil constitutionnel, gaulliste jacobin Pierre Mazeaud". Il y aurait donc encore des jacobins à gauche ET à droite ... Toutefois, prêtons aussi méfiance à l'étiquette jacobine ... ainsi l'auteur de ce blog est pour le maintien des départements, création de la Révolution française et gage de proximité avec le citoyen, alors que Pierre MAZEAUD se positionne pour la disparition de cet échelon.
[2] présentation de son intervention par Jean-Luc MELENCHON lui-même, sur son blog. Voir l'article complet à l'adresse http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=592
[3] Jean-Louis ANDREANI, "La revanche des langues régionales, in Le Monde, daté mardi 3 juin 2008, p. 2
[4] idem
[5]"Il ne s’agit pas de dire que la sauvegarde des langues et cultures régionales nous pousse sur la pente qui conduit automatiquement à la sécession, au particularisme et au communautarisme. Telle n’est pas mon intention ! Mais j’ai bien l’intention de dire que le risque existe." cf. http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=592
[6] Jean-Louis ANDREANI, "La revanche des langues régionales, in Le Monde, daté mardi 3 juin 2008, p. 2

Par Serge MAUPOUET - Publié dans : saintongejacobine
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Mardi 27 mai 2008

Ce soir, et contrairement à mon habitude, je vais évoquer un fait qui m'a concerné aujourd'hui.
Le lecteur voudra bien m'en excuser. Il d'avance sait que j'ai horreur du nombrilisme.
Mais c'est un véritable coup de gueule que je veux lancer en partant de ce petit vécu ...

Tenez vous bien : je prenais le train ce soir. Comme souvent, pour revenir du travail. Un acte banal, non ?
Pas du tout, bien au contraire. Rien de banal. Prendre le train pour se déplacer devient un vrai défi, comme vous allez le voir ...

Je partais simplement de Jonzac, et je me rendais à Saintes : une quarantaine de km séparent les deux villes.

Départ prévu à 17h55. En fait le train entre en gare à cette heure là, et part avec un léger décalage.
Nous roulons.
Puis le train ralentit progressivement et s'arrête en pleine voie.
Il est 18h15. Nous ne sommes pas encore à Pons.
Un instant d'attente, et un contrôleur annonce qu'un souci mécanique a obligé le train à s'arrêter.
Un quart d'heure s'écoule, et un contrôleur précise que la locomotive est effectivement en panne.
Une heure s'est écoulée, et un contrôleur prévient qu'une locomotive de secours vient de partir de Bordeaux.
Une heure et demi plus tard, la locomotive arrive enfin.
Un bon quart d'heure pour arrimer la locomotive au train en panne et nous repartons.
Nous roulons à vitesse plus réduite que la normale.
Résultat : le train devait arriver à 18h27, et il est arrivé exactement à 21h27.

3 heures de retard pour un trajet de 40 km !

Et ici, je m'arrête au trajet que je devais effectuer, je n'évoque pas les correspondances annulées pour les autres passagers, etc.

Cette panne n'est pas qu'une anecdote. Depuis septembre, c'est la troisième fois sur ce simple trajet que je subis un retard important suite à une panne de locomotive, et ce alors que je ne prends ce train que 3 fois dans la semaine. Là, il est vrai que le record de retard est battu ! 
Trois heures de retard sur un parcours de seulement 40 km, il faut le souligner à nouveau, c'est en effet une prouesse !

Si je cumule ces retards liés à des pannes sur ce trajet, avec d'autres pannes que j'ai subies en fin d'année dernière pour aller à Paris, le tableau se complète. En fin d'année dernière, le TGV Paris-Tours que j'empruntais est tombé en panne, puis à Saint-Pierre-des-Corps, où j'avais une correspondance, tout le trafic était perturbé parce qu'un autre train que le mien était lui aussi tombé en panne.

Alors, de deux choses l'une : ou je suis un malchanceux de première catégorie ... ou vraiment la SNCF n'entretient plus ses trains comme elle le devrait. Au vu de l'annonce de ses bénéfices importants, je penche pour la deuxième solution.

Mais, là, vraiment, cela devient impossible. L'usager est à bout, il craque, il n'en peut plus. Il précise qu'il est solidaire des personnels, qui ont sincèrement l'air d'être tout aussi catastrophé que lui. Mais l'usager ne pardonne pas à la direction de la SNCF de gérer aussi lamentablement cette entreprise de service public dont la mission première ne devrait pas être de faire des bénéfices, mais bien d'assurer une qualité optimale de service pour le plus grand nombre. Il fallait que je le dise ce soir, car l'exaspération est à son comble.

Par Serge MAUPOUET - Publié dans : saintongejacobine
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Républicains de gauche

Un instituteur ...

"Nous allons nous entretenir aujourd'hui d'une époque [à laquelle] nous devons tout ce que nous avons : je veux parler de la Révolution de 1789 [...]
Je pense ne surprendre personne ici en déclarant que moi, enfant du peuple comme vous tous, je suis un admirateur de cette Révolution, qui a tout fait pour la classe à laquelle nous appartenons. Partisan résolu des principes ineffaçables contenus dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, je ferai tout mon possible pour arriver à les faire connaître, ces principes devant former le catéchisme de tout républicain [...]
[La République] a fait de grands efforts pour rendre les lois plus justes, et pour que les charges soient également réparties entre tous les citoyens. Elle a surtout cherché à améliorer le sort du peuple, de l'ouvrier, de ce qu'on a l'habitude d'appeler le petit."
Conférence populaire prononcée par l'instituteur d'une commune du Loir-et-Cher (167 habitants) en 1899, publié par J. OZOUF, Nous les maîtres d'école, Paris 1967.

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