Un instituteur ...

"Nous allons nous entretenir aujourd'hui d'une époque [à laquelle] nous devons tout ce que nous avons : je veux parler de la Révolution de 1789 [...]
Je pense ne surprendre personne ici en déclarant que moi, enfant du peuple comme vous tous, je suis un admirateur de cette Révolution, qui a tout fait pour la classe à laquelle nous appartenons. Partisan résolu des principes ineffaçables contenus dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, je ferai tout mon possible pour arriver à les faire connaître, ces principes devant former le catéchisme de tout républicain [...]
[La République] a fait de grands efforts pour rendre les lois plus justes, et pour que les charges soient également réparties entre tous les citoyens. Elle a surtout cherché à améliorer le sort du peuple, de l'ouvrier, de ce qu'on a l'habitude d'appeler le petit."
Conférence populaire prononcée par l'instituteur d'une commune du Loir-et-Cher (167 habitants) en 1899, publié par J. OZOUF, Nous les maîtres d'école, Paris 1967.

Discours de Gambetta

Discours de Gambetta à la réunion des Comités républicains à Bordeaux (le 26 juin 1871) :

 "Il n'y a de politique vraiment sage, vraiment féconde, que celle du pôle républicain.

 Il ne faut pas nous laisser détourner du droit chemin ni par les calomnies ni par les injures; et j'ai la conviction que, si nous voulons tenir bon et rester au poste, si nous voulons incessamment, sur toutes les questions posées, produire les solutions républicaines, nous arriverons à démontrer bientôt, sur toutes les questions posées que nous valons mieux que les injures, que nous sommes un parti de gouvernement capable de diriger les affaires, le parti de l'intelligence et de la raison, et que c'est parmi les hommes se réclamant de nos principes qu'on trouvera vraiment les garanties de science, de désintéressement et d'ordre, sans lesquelles un gouvernement n'est qu'une affaire au profit de quelques uns.

 Aux plus sages ! aux plus dignes ! Parfaitement ! c'est une gageure qu'on doit accepter. Ce n'est pas une formule nouvelle pour des républicains : c'est leur dogme, de ne voir attribuer les fonctions publiques qu'au mérite et à la vertu.

 Oui, quelque calomniés que soient aujourd'hui les hommes et les principes de la Révolution française, nous devons hautement les revendiquer, poursuivre notre œuvre."

Texte Libre

Citoyen, citoyenne,

Vous trouverez ici quelques contributions visant à participer humblement aux débats concernant la "chose publique" et la vie de la "cité".

Pourquoi ? Parce que la politique n'est pas une activité abstraite réservée à une élite, mais bien un processus démocratique aboutissant à des décisions qui influencent la vie quotidienne de chacun d'entre nous.

Participez vous aussi, et enrichissez le débat en laissant vos commentaires.

Salut et Fraternité
Serge MAUPOUET


PS : les articles purement historiques sont regroupés désormais sur le blog http://pagesdhistoire.over-blog.com/

Nous reprenons ici un constat, celui établi par les IUFM (Instituts universitaires de formation des maîtres) eux-mêmes.

Les deux ministères en charge du dossier, le Ministère de l'Education nationale et le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, ont présenté leurs projets le 13 novembre 2009 aux organisations de représentants des personnels. Pour un directeur d'IUFM - s'exprimant dans le courriel d'accompagnement d'un Communiqué de son établissement  -, "Ces projets, en fait, nient toute dimension professionnelle à la formation d'enseignant". Déjà, l'année précédente, les IUFM avaient couru le risque voir leur rôle réduit à la mise en place de modules professionnalisants complétant ces masters.

Le projet de cadrage des masters enseignants a ensuite été présenté au CNESER (Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche) le 21 décembre 2009. Seuls le MEDEF et l'UNI n'ont pas rejeté le texte (Pour, n°142, janvier 2010). Une motion a par contre été adoptée pour "un nouveau cadrage des masters garantissant l'articulation entre des éléments progressifs de professionnalisation et une formation disciplinaire" (Pour, n°142, janvier 2010).

Pour avoir une analyse critique de la réforme, on peut se référer utilement à l'entretien du "Café pédagogique" avec Jean-Louis Auduc, directeur-adjoint d'IUFM (www.cafepedagogique.net/lexpresso/pages/2009/12/j-lauduc28122009.aspx) bon connaisseur du système éducatif, dont j'avais suivi certaines interventions, il y a dix ans, lorsque j'étais moi-même en formation à l'IUFM de Créteil.

Sans aller aussi en profondeur que l'article précédent, et en puisant dans diverses sources, on peut, pour faire simple, poser que, dans ces projets, il y a un arbre, mais derrière il y a la forêt.

L'arbre, c'est l'intention affichée d'élever le niveau de recrutement de la licence au master. Quasiment personne ne peut contester a priori a légitimité d'une telle intention. C'est justement l'habilité de l'ensemble du dispositif que de mettre en avant une proposition qui ne peut, en pratique, qu'être très largement acceptée.

Mais derrière l'arbre, il y a la forêt.
La forêt, c'est d'abord le fait que les masters qui conduiront au recrutement seront des masters disciplinaires et non pas des masters professionnels. Or, par exemple, les professeurs des écoles n'ont pas vocation à être hyper-spécialisés dans une discipline, mais au contraire doivent acquérir des compétences d'enseignants polyvalents. Les nouveaux enseignants recrutés disposeront, certes, d'une plus grande compétence dans une discipline, mais leur formation professionnelle sera réduite à des stages, au demeurant assez courts.
La forêt, c'est ensuite le schéma général adopté pour les conours, lequel ne permettrait pas de bien s'assurer des compétences des candidats pour accomplir réellement des missions d'enseignement. C'est encore le fait que le temps de préparation des épreuves écrites de ces concours n'est pas clairement défini dans le cadre de la mise en place des masters.
La forêt, c'est encore le fait que la formation professionnelle des candidats ayant obtenu le concours se fera seulement sur 1/3 de leur temps de service, tandis que les 2 autres tiers seront consacrés à leurs activités concrètes d'enseignement dans leur établissement d'affectation.
La forêt, c'est toujours qu'on tourne le dos à la possibilité de faire jouer la complémentarité IUFM-UFR, c'est à dire qu'on coupe les liens et échanges réciproques entre les lieux de diffusion des savoirs universitaires (les UFR - cf. fr.wikipedia.org/wiki/Unit%C3%A9_de_formation_et_de_recherche) et les lieux de transmission des savoirs professionnels (les IUFM - http://www.iufm.fr/).
La forêt c'est finalement qu'on va mettre devant des élèves de jeunes enseignants qui n'auront pas vraiment en main les outils pour gérer une classe, qui n'auront pas pu assez réfléchir, en amont, sur le décalage qui peut exister entre leur représentation de ce qu'est une classe, et ce qu'une classe peut être dans la réalité ...

Et ces quelques remarques n'épuisent pas le sujet !
Serge Maupouet
Les EPEP (Etablissement Public d'Enseignement Primaire) ont d'abord été proposés à titre expérimental par l'article 86 de la Loi n°2004-809 du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales : "Les établissements publics de coopération intercommunale ou plusieurs communes d'un commun accord, ou une commune, peuvent, après avis des conseils des écoles concernées et accord de l'autorité académique, mener, pour une durée maximum de cinq ans, une expérimentation tendant à créer des établissements publics d'enseignement primaire. [...]. Dans le respect des dispositions des articles L. 211-1 et L. 411-1 à L. 411-3 du code de l'éducation, les statuts de ces établissements sont adoptés par délibération, après accord du représentant de l'Etat. Le conseil d'administration de l'établissement comprend des représentants des collectivités territoriales, des enseignants et des parents. Un décret en Conseil d'Etat détermine les règles d'organisation et de fonctionnement de cet établissement ainsi que les modalités d'évaluation des résultats de l'expérimentation." (source : légifrance).
Un projet de décret sur ce dispositif avait été élaboré en janvier 2007, puis fin 2008, trois parlementaires UMP ont déposé une proposition de loi (05.snuipp.fr/spip.php?article358). Sur le site du SNUIPP cité ci-avant, vous trouverez un comparatif entre le projet de décret et la proposition de loi, ainsi que le texte de cette proposition de loi. Pour une fiche plus simple, on peut consulter, par exemple, le site de la FCPE nationale : www.fcpe.asso.fr/e_upload/pdf/epep3.pdf.

Aussi, début juin 2009 - et face à certaines évolutions locales pressenties - dans un tract commun à destination des parents d'élèves et des citoyens de la ville de Saintes (17 - Charente-Maritime), une fédération de parents, ainsi que plusieurs mouvements et partis de la gauche saintaise (MRC-PCF-PRG-GA 17), avaient pu constater : "Les EPEP [...] sont inscrits dans un projet de loi pour créer de gros ensembles scolaires, regroupant plusieurs écoles élémentaires et maternelles dans une même structure. La mise en place d'un Conseil d'Administration entraînera la diminution très importante du nombre de représentants de parents. Les collectivités locales peuvent être à l'initiative de la création d'un EPEP. Toutes fermetures d'écoles envisagées [...] transfert de classes [...] regroupement d'écoles [...] favorisent la mise en place de ces gros ensembles scolaires [...]"

Le constat était posé de manière valable, et la proposition de loi sur les EPEP devait être examinée fin décembre 2008.  L'Assemblée Nationale avait d'ailleurs budgétisé, le 4 novembre 2008, 500 emplois de vie scolaire en prévision de la création de ces EPEP (cf. site SNUIPP cité supra). Le vote sur la proposition de loi avait ensuite été repoussée en janvier 2009, puis à nouveau différée ... on constate toujours, début 2010 "le retrait momentané des projets d'EPEP" (textes préparatoires 6e congrès de la FSU, supplément à la revue Pour, n° 140, p. 5).
Serge Maupouet
Depuis la rentrée 2008, les heures élèves obligatoires ont été diminuées : perte de 2 heures par rapport à la situation précédente, accompagnant la supression du samedi matin. La semaine est donc généralement organisée sur 8 demi-journées (4 jours) et comporte 24 heures pour la plupart des élèves, et un peu plus, ponctuellement, pour certains élèves repérés comme étant en difficulté.

Pourtant aucun travail de recherche sur les rythmes scolaires ne permet de penser que la semaine scolaire était trop longue, en nombre de demi-journées : voir le dossier complet proposé à ce sujet par la FCPE nationale (www.fcpe.asso.fr/ewb_pages/d/dossier_fcpe2268.php).
En réalité, ce sont les journées de travail qui sont trop chargées. Supprimer le samedi matin n'est donc pas une solution pertinente, au contraire, puisque cela concentre les enseignements sur les 4 autres jours de la semaine.

Il est vrai que l'adoption d'une semaine sur 9 demi-journées, c'est-à-dire avec école le mercredi matin, était restée possible dans certains départements (Michelle Frémont, "les 60 heures nouveau casse-tête", in Fenêtres sur cours n° 315 du 16 juin 2008, hebdomadaire du SNUIPP-FSU), mais de manière dérogatoire, liée à un projet, et en tenant compte des impératifs de transports scolaires. Une fiche de synthèse de la FCPE nationale indique que la dérogation est accordée pour une durée de 3 ans maximum (www.fcpe.asso.fr/e_upload/pdf/procedure.pdf)
Certains maires, certaines municipalités, conscients que la priorité était à donner aux besoins des enfants, ont souhaité promouvoir ce rythme sur 9 demi-journées : ainsi, à Poitiers (http://www.mairie-poitiers.fr/rubriques/actualites/poitiers_magazine/poitmag159/pdf/actualite_3.pdf),  à Arras (http://www.liberation.fr/societe/0101316771-a-arras-voltaire-a-trouve-son-rythme), à Toulouse (pedagogie.ac-toulouse.fr/ien31-grand-mirail/articles.php?lng=fr&pg=5). A Belfort, le maire (Etienne BUTZBACH, Mouvement Républicain et Citoyen) avait  fait voter , le 28 mars 2009, une motion souhaitant "que soit restaurée la semaine de quatre jours et demi selon des modalités concertées avec les enseignants et les parents, dans l'intérêt des enfants" (www.cmbelfort.com/index.php?post/2009/04/06/Rythmes-scolaires-dans-les-ecoles-belfortaines). D'autres villes ont mis la réflexion en route, comme Angers (www.angers.fr/fileadmin/plugin/tx_dcddownloads/Le_questionnaire_01.pdf) ou Lille (/www.libelille.fr/saberan/2009/03/lcole-ce-sera-p.html). Pour une liste plus complète, on peut consulter (sous réserve d'une vérification que nous n'avons pas pu faire nous-même) : fcpe.centre.casanova.nanterre.over-blog.com/pages/Et_si_nous_regardions_ce_qui_se_fait_en_France-1070223.html

En outre, les nouveaux programmes sont alourdis en mathématiques et en français, au détriment des autres domaines d'apprentissage. Il n'y a donc pas, globalement, d'allègement des programmes, et ceci alors que la semaine est amputée de 2 heures. C'est ce que relève les textes préparatoires 6e congrès de la FSU, supplément à la revue Pour, n° 140, p. 5 : "les programmes 2008 comportent des notions plus difficiles sur un temps d'enseignement hebdomadaire réduit de 2 heures et fait courir le risque de placer davantage d'élèves en difficulté. La réorganisation de la semaine scolaire déséquilibre les enseignements au détriment des disciplines de découverte du monde, ainsi que des apprentissages artistiques et d'éducation physique."

Il est vrai que les enseignants doivent consacrer, désormais, 2 heures par semaine aux élèves en difficultés, sur environ 30 semaines : c'est ce qu'on appelle "l'aide personnalisée". Mais, d'une part, il ne s'agit pas de suivre toute l'année un groupe d'élève, il y a une rotation entre les élèves inclus dans le dispositif, par conséquent aucun élève ne récupère, en aucune manière, les 2 heures d'enseignement obligatoire supprimées, et d'autre part le dispositif prend des formes variées et complexes : voir le bilan qu'en dresse le ministère de l'Education Nationale (media.education.gouv.fr/file/Toute_l_actualite/87/1/tableau-aide-personnalisee_37871.pdf)
Mais encore, ces heures ne pallient en aucune manière la disparition progressive des RASED.
En outre, aucune formation particulière des maîtres n'avait été initialement prévue  (Michelle Frémont, "les 60 heures nouveau casse-tête", op. cit.).
Enfin, les enquêtes menées par le syndicat enseignant SNUIPP en 2008-2009 ont montré que "le dispositif est loin d'être la réponse adaptée pour apporter une aide efficace à ceux qui en ont besoin" (lettre d'informations syndicales "Tout ce qu'on ne vous dira peut-être pas", mercredi 30 septembre 2009, SNUIPP-FSU 86). Ce syndicat appelle à n'utiliser "les heures d'aide personnalisée que dans le cadre de projets pour tous les enfants". C'est évidemment une excellente piste pour reconquérir le temps retiré sur les heures élèves obligatoires, et retrouver le chemin des 26 heures d'enseignement pour tous !

Serge Maupouet



Le 19 juin 2009, le syndicat enseignant SNUIPP-FSU, section de Charente-Maritime, a écrit une lettre fort intéressante  à Mme la Directrice de la CAF de ce même département, à propos de la mise en place de jardins d'éveil - nouveau type de structure d’accueil pour les enfants âgés de 2 à 3 ans, mise en place par la secrétaire d’Etat à la famille (17.snuipp.fr/IMG/pdf/LettreCAF_-_jardins_d_eveil.pdf) suite à un rapport sénatorial sur la scolarisation des jeunes enfants.  Depuis le mois de mai 2009, on trouve en ligne, sur le site du Ministère du Travail, des Relations sociales, de la Famille (etc.) un "guide méthodologique à l'usage des maires" expliquant "comment organiser un jardin d'éveil" (www.[...]_2009-76_-_jardins_d_eveil_-_annexe_5_guide_methodologique_en_direction_des_maires.pdf). Notons que ce genre de dispositif a connu des précurseurs, comme les "jardins maternels" en 2005 (53.snuipp.fr/spip.php?article861).
Or, à l'heure actuelle, environ 21% des enfants de 2 ans sont scolarisés en école maternelle, (chiffres de l'année 2007-2008, en 2000-2001 on était au-dessus des 34 %) , tandis que l'ensemble des enfants de 3 ans sont, de fait, scolarisés (www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?ref_id=nattef07116&reg_id=0).
Si, pour l"instant, seules 8000 places sont prévues d'ici à 2012 en jardins d'éveil, il faut mettre ces ouvertures en parallèle avec la réduction des capacités d'accueil des écoles, en particulier pour les moins de 3 ans, suite aux  suppressions massives de postes d'enseignants, déjà faites ou encore à venir (un exemple parmi d'autres, pris en Bretagne : www.letelegramme.com/local/finistere-nord/brest/ville/carte-scolaire-abrupte-coupe-sombre-prevue-a-brest-29-01-2009-226289.php).
Dans le Supplément au Pour, n° 140 (revue de la FSU), qui donne les textes préparatoires au 6e congrès national de la FSU à Lille, on peut lire, p. 10 : "Le désengagement de l'Etat vis à vis des plus petits se traduit par le projet de création des jardins d'éveil, nouvelles structures d'accueil pour les 2/3 ans. Celles-ci ne sauraient remplacer l'école : 8000 places en trois ans contre 50000 enfants qui n'ont plus de place à l'école chaque année, coût pour les familles, qualification des personnels ..."
Aussi, le SNUIPP-FSU 17, dans son courrier à la CAF peut valablement écrire : "Les enseignants sont très inquiets et même choqués par la mise en place de ces "jardins d'éveil", véritable provocation envers la profession, mise en place qui entraînera :
·  la fermeture d'un grand nombre de classes à très court terme
·  des dépenses supplémentaires pour les familles
·  des dépenses supplémentaires pour les collectivités territoriales
"

Les inquiétudes liées à l'instauration de tels jardins d'éveil sont  aussi partagées par une fédération de parents d'élèves comme la FCPE, qui évoque le fait que "la non scolarisation des 2/3 ans ne repose ni sur une logique éducative, ni sur une rationalisation des coûts, la seule motivation du gouvernement est de réduire à tout prix le budget de l'Education nationale" et parle, à leur sujet de "poudre aux yeux" (www.fcpe.asso.fr/ewb_pages/a/actualite-fcpe-2283.php), puisque "8 000 places en jardin d’éveil, cela ne concerne en réalité que 1% des enfants de cette classe d’âge !". Les DDEN (délégués départementaux de l'éducation nationale) évoquent,  eux aussi, une possible concurrence entre ces structures et les écoles maternelles (www.dden-fed.org/documents/ACTU63052009.doc).

Le Rhône et la Mayenne (la Mayenne avait déjà expérimenté les "jardins maternels" (voir supra)) avaient été choisis comme départements-pilotes pour tester les jardins d’éveil, dès la rentrée de septembre 2009 (www.dden54.fr/dden9.php?menu=812), mais le département de la Mayenne a finalement renoncé à l'expérimentation (www.enfant.com/votreenfant-1-3ans/education/les-jardins-d-eveil-ne-font-pas-recette.html ou www.ouest-france.fr/ofdernmin_-La-Mayenne-ne-testera-pas-les-jardins-d-eveil_-748492--BKN_actu.Htm). Or, il semblerait que, selon le courrier syndical évoqué plus haut, "plusieurs CAF ont déjà donné leur accord au financement de "jardins d'éveil"". Raison pour laquelle, les co-secrétaires généraux indiquent : "Nous souhaiterions que la CAF de Charente-Maritime prenne une position par rapport à ces créations qui vont à l'encontre de l'école publique gratuite et de ses élèves."

La réponse de la CAF au courrier du SNUIPP 17 n'est pas disponible en ligne. Toutefois, on peut penser qu'une expérimentation de plusieurs jardins d'éveil pourrait bien avoir lieu, cette année, dans le département.
A suivre, donc.
Serge Maupouet

Le 4 novembre 2009, le MRC et le PS avaient convenu de contacts en vue de la constitution de listes communes pour les élections régionales de mars 2010.

Aussi, recevant localement une invitation pour une réunion publique de Mme Royal, le dimanche 15 novembre 2009 à La Crèche (79), décision avait été prise au niveau du MRC régional de se rendre sur place et de faire, si l'opportunité en était offerte, une intervention.

Tout en signifiant une volonté d'unité à gauche pour cette échéance, il s'agissait de rappeler nos convictions républicaines et en particulier la nécessité de concevoir des régions stratèges, ancrées dans la République.

Cette intervention étant disponible en ligne, tout comme les autres interventions faites ce jour à La Crèche, nous plaçons un lien vers elle : Intervention pour le MRC Poitou-Charentes - La Crèche, 15 novembre 2009

 

Un article du Monde (http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/05/20/plaider-coupable-la-reforme-au-rabais-d-une-justice-gestionnaire_1195956_3224.html) évoque le fait que "Le comité Léger, qui doit rendre fin juin ses recommandations pour réformer le Code pénal, devrait proposer d'introduire la procédure du "plaider-coupable" aux assises. Parue dans la presse mardi 20 mai, l'information a par la suite été confirmée anonymement par deux membres du comité." Cette procédure, inspirée du modèle judiciaire anglo-saxon, a été introduite en France par  la loi "Perben 2" du 9 mars 2004, pour les "petits délits", c'est-à-dire ceux impliquant une peine inférieure à cinq ans d’emprisonnement.
L'extension de cette procédure peut être perçue comme une régression, mais encore comme une négation de l'esprit cartésien, dans la manière de rendre la justice. Il s'agit en effet, pour notre esprit français marqué par le cartésianisme, d'une procédure apparaissant comme incongrue - et même possiblement irrationnelle - et qui a été généralement tenue comme telle jusqu'en 2004 et la loi Perben 2.
En effet, il n'est pas raisonnable de demander à un individu d'affirmer s'il est ou s'il n'est pas coupable de tel ou tel fait qu'on lui reproche, mais il est bien plus rationnel de demander à la société de prouver la culpabilité, ou d'établir l'innocence d'un prévenu. Pourquoi ? Parce que, pour espérer des allègements de peine, pour protéger une personne chère, ou pour toute autre raison qui lui est propre, un prévenu peut se déclarer coupable d'un délit ou d'un crime auquel il est en réalité étranger.
On peut donc s'inquiéter légitimement d'une éventuelle généralisation du "plaider-coupable", qui va conduire à infliger des peines, injustement, à des personnes qui ne les méritent pas.
C'est pourquoi le plaider-coupable n'est pas rationnel, et ne devrait ni s'implanter ni se généraliser dans un pays comme le nôtre, où devrait toujours prévaloir une certaine conception de la rationalité ...On peut sans doute soutenir que Descartes a bien proposé de se servir de la raison pour affronter l’irrationnel, et que cela a marqué notre manière de penser, et par conséquent jusqu'à la conception de nos institutions, y compris judiciaires. Il ne faudrait pas qu'aujourd'hui on s'écarte trop de cette rationalité, et tout particulièrement dans le domaine judiciaire, parce que cela aurait des conséquences importantes, et potentiellement tragiques.

Des articles récents dans la presse nationale ont conduit JPC à effectuer une mise au poins à propos de la réussite actuelle au bac d'une part et de l'objectif de faire parvenir 80% d'une classe d'âge au niveau du bac d'autre part. Nous reproduisons tel quel le communiqué de JPC, car il est extrêmement clair et pertinent. Aussi, autant laisser l'original que de retravailler un texte qui, finalement, dirait la même chose mais avec moins d'efficacité.

"80% d’une classe d’âge au niveau du bac ? Une exigence républicaine

Communiqué de presse de Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de l'éducation nationale, sénateur du Territoire de Belfort, vendredi 19 juin 2009.


Comme Ministre de l’Education Nationale, et de concert avec Roland Carraz, Secrétaire d’Etat aux enseignements technologiques, j’ai entrepris de promouvoir l'enseignement technologique et professionnel par une loi votée en novembre 1985 (n°85-1371), qui crée notamment les baccalauréats professionnels. Cette loi répond à l'objectif de 80% d'une classe d'âge atteignant le niveau du baccalauréat en l'an 2000.

Or une confusion regrettable semble persister entre le nombre de jeunes poursuivant leurs études jusqu’au « niveau du bac », en gros à l’âge de 18 ans, et le nombre de bacheliers, confusion relayée par un certain nombre d’articles parus dans la presse cette semaine.

Le fait que 64% d’une même génération décroche le bac est indépendant de l’objectif des « 80% au niveau du bac ». Tout dépend du niveau d’exigence qu’à mon sens il faut maintenir pour concilier la quantité et la qualité. Comme le disait Paul Langevin à la Libération : « L’Ecole doit assurer la promotion de tous, et la sélection des meilleurs ».


L’augmentation du flux de lycéens de 1984 à 1995 a résulté d’une volonté politique progressiste, celle d’une gauche républicaine, soucieuse de l’intérêt du pays. La création des baccalauréats professionnels y a certes contribué (127 000 candidats cette année), mais elle n’y aurait pas suffi (le total des candidats en 2009 a atteint 622 000 dont 331 000 au baccalauréat général). La décentralisation de la construction des lycées au niveau des régions, résultant de la loi votée en novembre 1985, a également joué un rôle important dans la promotion des études longues en modernisant et renouvelant le parc de nos lycées.

Ce n’est pas seulement le Japon, mais pratiquement tous les grands pays développés qui, au milieu des années 80, avaient déjà atteint l’objectif des 70 à 80% de jeunes ayant fait des études jusqu’à l’âge de 18 ans. C’est cette considération qui, en 1984, m’a paru déterminante. Ma prétendue « fascination » pour le Japon qui, à bien des égards d’ailleurs (enseignement supérieur, recherche) mériterait de servir d’exemple, est anecdotique.

La politique volontariste que j’ai menée a porté ses fruits jusqu’en 1995. Elle a représenté un progrès incontestable que traduit aujourd’hui le doublement du nombre de lycéens et d’étudiants par rapport à 1985. Là comme ailleurs, c’est l’intérêt du pays qui commande.

Le problème posé depuis 1996, c’est la stagnation du nombre d’élèves parvenant au niveau du bac, c'est-à-dire poursuivant des études longues jusqu’à 18 ans. La solution n’est pas de faciliter l’accès au bac par un rabais d’exigence, mais de revaloriser les filières qui doivent l’être : baccalauréats technologiques et professionnels d’abord, en leur accordant les moyens en personnels et en locaux qu’ils méritent, filière littéraire ensuite, injustement négligée et qui a impérativement besoin d’être renforcée, car elle aussi répond à un besoin social incontestable."

Sur Public Sénat, le 8 juin 2009, l'avis, simple et évident, de Jean-Pierre Chevènement (président du MRC) : "Je le dis à mes amis socialistes : il est temps de se reprendre [...]. Il faut que les partis socialistes renouent avec l'idée républicaine de la Nation [...] Je suis pour une refondation républicaine [...] naturellement, c'est un travail immense, mais il faut un électrochoc. Comme par exemple ce qui a été fait à Epinay il y a près de 30 ans."
A écouter sur http://www.chevenement.fr/Abstention,-crise-de-l-Europe,-crise-de-la-gauche-le-point-de-vue-de-Jean-Pierre-Chevenement_a807.html

Je ne peux que vous inviter, en cette période électorale, à relire L'Europe contre la gauche de Georges Sarre [1] et La Faute de M. Monnet de Jean-Pierre Chevènement [2].

La Faute de M. Monnet pour le portrait utile de Jean Monnet que dresse Jean-Pierre Chevènement. Le retour sur la volonté de Jean Monnet de créer une Fédération européenne, en mettant en place dès le projet de CECA une évolution ancrée sur la libéralisation et la supranationalité [3]. Jean-Pierre Chevènement y développe aussi ses propres propositions d'un recentrage européen, d'un gouvernement économique de la zone euro, sa volonté de consentir à des délégations de compétence mais en des domaines précisément ciblés, avec un véritable contrôle démocratique et en conservant toujours une possibilité de révocation, ou bien encore l'idée que "l'idée républicaine et l'idée européenne ne sont pas incompatibles dans la durée [4]", mais à condition de suivre une autre voie de construction. De nombreux passages de l'ouvrage méritent qu'on s'y attarde, mais c'est aussi le cas pour la citation de Dominique Strauss-Kahn qui y est insérée, et qui fait le constat d'une "Union européenne malade de son déficit démocratique [5]"  ...

L'Europe contre la gauche en ce que Georges Sarre affirme : "Nous ne sommes pas anti-européens, mais ce que nous avons toujours refusé, car cela ne date pas de 1992, c'est que le mythe de l'Europe nous empêche de penser, de vouloir et d'agir à gauche [6]"; puis qu'après avoir retracé les combats qu'il a mené depuis son adhésion à la SFIO en 1964, la création du CERES, la fondation du MDC et du MRC, il invite les républicains de gauche à la mobilisation. 
Je ne vous cache pas, avant d'aller plus avant, que j'en aime le style, car Georges Sarre a une plume de qualité, associée au sens de la formule qui fait mouche. C'est un essai politique mais que l'on goûte aussi pour sa forme.
Ensuite, et surtout, il y a incontestablement du fond. Et, ce fond, avec le recul, s'est même sans doute bonifié. On aurait pu croire, que depuis 2005, une partie du contenu de l'ouvrage paraitraît daté. En réalité, il n'en est rien, hormis le fait que certains acteurs ont été remplacés par d'autres. Mais le théâtre est le même, et, bien des traits se sont trouvés encore confirmés par l'expérience politique ouverte en 2007.
La réflexion sur "Le discours de l'identité : un discours de compensation" développé comme paliatif pour "combler les inquiétudes des Français relatives à la perte de la souveraineté nationale" a trouvé, depuis, une plus grande justification avec l'exacerbation de ce discours identitaire. Les artifices de la "gouvernance" ou de la rhétorique de la "proximité", sont, déjà, clairement dénoncés comme masquant en réalité le refus de gouverner réellement - en particulier au niveau européen - mais de se comporter en gestionnaires, ou bien encore un défaut de véritable représentation politique. Le passage sur "L'ère du mensonge et du renoncement", ouverte en 1983, à l'époque de la "parenthèse libérale" et du choix fait par François Mitterrand de privilégier le projet européen sur le programme socialiste, n'a rien à voir avec la langue de bois et vaut le détour ...
On trouve, dans ce petit livre, quelques remarques plus communes, sans doute, sur l'Europe servant d'alibi aux politiques libérales, mais aussi des rappels revigorants sur ce qu'est la gauche, sur ce qu'est la nation, sur les liens intrinsèques entre la France et la gauche, sur l'évolution menant du CERES au MRC, etc.
L'ouvrage fait le constat que l'Europe puissance n'est souhaitée que par la France - constat partagé par beaucoup - mais aussi que "La construction européenne" [on peut sans doute indiquer : telle qu'elle a été conçue] "interdit définitivement le progrès social", puisque même lorsque des socialistes ont été au pouvoir, ils n'ont pu réorienter cette construction dans un sens social.
Enfin, on trouve une clé de lecture à prendre en considération à propos de ce qui s'est passé depuis l'automne dernier autour de la gauche républicaine (on rappelle que le texte date de 2005 mais que je le cite pour les mêmes raisons précisées plus haut, c'est-à-dire qu'il reste d'actualité) : "On lit, ici et là, que le créneau du républicanisme de gauche serait enfin libéré [...] certains ne se cachent même pas de vouloir l'occuper, [...]" [7] Certains événements que l'on constate depuis l'automne dernier ne prennent-ils pas sens en relisant ces mots ?
Georges Sarre poursuit son propos par cette invite :  "La gauche républicaine est l'avenir de la gauche. C'est une belle idée, une grande ambition, qui permettra à la France de renouer avec son Histoire ! Oui, décidément, rien n'est perdu ! Tout est à faire ... [8]"
 
[1] Jean-Pierre Chevènement, La faute de M. Monnet, coll. "L'idée républicaine", Fayard, 2006
[2] Georges Sarre, L'Europe contre la gauche, Eyrolles, 2005
[3] Jean-Pierre Chevènement, La faute de M. Monnet, coll. "L'idée républicaine", Fayard, 2006, pp. 27-28
[4] idem, p. 145
[5] idem, p. 42
[6] Georges Sarre, L'Europe contre la gauche, Eyrolles, 2005, p. 87
[7] Georges Sarre, L'Europe contre la gauche, Eyrolles, 2005, p. 164 
[8] Georges Sarre, L'Europe contre la gauche, Eyrolles, 2005, p. 178

Le SNES 17 demande de diffuser largement :

"Faire du 1er Mai un nouveau temps fort de mobilisation.
Les organisations syndicales CGT, CFE-CGC, CFTC, CFDT, FO, FSU, Solidaires, UNSA, appellent à une mobilisation unitaire le 1er mai 2009.
L’augmentation du nombre de chômeurs, la baisse significative de la consommation, l’incertitude grandissante sur l’activité des entreprises témoignent de la gravité de la crise qui frappe un nombre croissant de salariés sans que nul ne puisse aujourd’hui en prédire la durée.
Les mobilisations viennent d’obliger le gouvernement à agir sur les stock-options et les rémunérations exceptionnelles des dirigeants d’entreprise lorsque ces dernières ont reçu des aides publiques directes. Sur la question de la redistribution des richesses produites, le décret annoncé bien qu’insuffisant est un début de remise en cause du système actuel. Elle laisse cependant de côté l’essentiel des revendications du 5 janvier 2009 portées par les mobilisations du 29 janvier et du 19 mars 2009.
Gouvernement et patronat doivent rapidement mettre en œuvre les mesures déjà prises et engager les négociations et les concertations pour répondre à l’ensemble des revendications.
C’est pourquoi, dans la suite des journées du 29 janvier et du 19 mars et dans ce contexte exceptionnel, les organisations syndicales s’entendent pour faire du 1er Mai un nouveau temps fort de mobilisation pour peser sur le gouvernement et le patronat.
L’intersyndicale des Unions Départementales, CGT, CFE-CGC, CFTC, CFDT, FO, FSU, Solidaires, UNSA, appellent à un rassemblement le plus large possible et sur l’ensemble de notre département, le 1er mai prochain.

Les lieux de rassemblement seront « La Rochelle, Rochefort, Saintes et Jonzac »
- Pour La Rochelle rassemblement place de Verdun à 10 heures
- Pour Rochefort rassemblement place Colbert à 10 heures
- Pour Saintes, rassemblement Palais de Justice à 10 heures
- Pour Jonzac, rassemblement Jardin Public à 10 heures"

Dans le dernier numéro du Délégué de l'Education nationale, revue de la Fédération des Délégués Départementaux de l'Education nationale [1], on trouve un article à la fois accessible, clair et précis sur les rythmes scolaires et leurs conséquences concernant les apprentissages. En deux pages, il n'est pas possible de faire le tour du sujet, néanmoins les propos de François TESTU, doyen de l'UFR Arts et Sciences humaines à l'Université François Rabelais de Tours, méritent d'être relevés et connus.
Il ne s'agit pas, ici, de reprendre l'intégralité de l'article : j'y renvoie les lecteurs. Mais je vous propose quelques extraits éclairants, introduits par les mots "entretien in Le délégué". Les titres placés en tête de chaque citation sont de l'auteur du blog et non pas de l'auteur de l'article. J'espère qu'ils collent néanmoins assez correctement à l'esprit des citations. Me signaler toute correction nécessaire à ce propos. Comme d'habitude, je sollicite tout avis ou commentaire éclairant le sujet.
Dans plusieurs numéros récents de La Revue des parents, Le magazine de la FCPE, un certain nombre d'articles, s'inspirant parfois des travaux de François TESTU, mais aussi citant la position de Claire LECONTE, chercheuse en psychologie de l'éducation et présentée comme spécialiste de l'aménagement des temps scolaires à l'Université de Lille III, permettent de donner des éclairages complémentaires et des témoignages concrets. Aussi des extraits de ces articles sont placés après les citations retenues, introduits par les mots "La revue des parents"

- à l'intérieur d'une journée :
entretien in Le délégué : "[...] Aujourd'hui, grâce aux travaux de chronopsychologie scolaire, il est possible de considérer que l'activité intellectuelle des élèves ainsi que les comportements d'adaptation à la situation scolaire fluctuent au cours de la journée et de la semaine. Au cours de la journée, la fluctuation est généralement la suivante : après un "creux" de la première heure de classe (entre 8 et 9 heures), le niveau de performance s'élève jusqu'en fin de matinée où se situe un pic (entre 11 et 12 heures), s'abaisse après le déjeuner puis s'élève plus ou moins selon l'âge au cours de l'après-midi. [...] Il existerait donc, indépendamment de l'origine des enfants et des modes de vie, deux moments reconnus comme difficiles : les débuts de matinée et d'après-midi."
La Revue des parents [2] : "Il faudrait concentrer les temps d'apprentissage au moment où l'enfant est le plus attentif, c'est-à-dire en fin de matinée ou en fin de journée".

- dans la semaine :
entretien in Le délégué : "Le lundi est non seulement un jour de faibles résultats, mais en plus il se produit un phénomène de désynchronisation qui se manifeste par un niveau de performance faible et une rupture de la rythmicité [...] Ce phénomène perdure jusqu'au mardi matin lorsque le week-end comprend deux jours et ne s'observe pas le jeudi qui suit également un congé."

- le rythme veille-sommeil
entretien in Le délégué : "Le rythme veille-sommeil doit être respecté en priorité. Du respect de sa durée, de sa qualité, de sa régularité au fil des nuits, dépendent l'adaptation des comportements à la situation scolaire mais également extra-scolaire (vacances, congés) et périscolaire (autour de la journée), et par voie de conséquence, le niveau de vigilance et les performences intellectuelles. [...] En aucun cas on ne devra considérer un grand dormeur comme un "paresseux" !"
La Revue des parents [3] citant Claire LECONTE : "Les enfants ne sont pas comme les adultes. S'il y a un décalage dans l'heure du coucher, ils mettent longtemps à s'adapter ou à rattraper le sommeil perdu. C'est physiologique, on n'y peut rien".

- effets de la supression du samedi matin :
entretien in Le délégué : "L'application de la semaine de 4 jours "secs" non seulement génère une inversion de la rythmicité journalière classique, signe de désynchronisation, le lundi, mais en plus elle est accompagnée d'une baisse du niveau de performance."
La Revue des parents [4] : "Les deux jours de week-end déstructurent totalement le rythme biologique [des enfants] confirme Claire Leconte, professeur des universités en psychologie de Lille III et chercheuse en chronobiologie. La mauvaise tendance va être de décaler le coucher du soir quand ils n'ont pas d'école le lendemain. Or, c'est l'erreur à ne pas commettre. Les mettre au lit tardivement, c'est les priver d'une partie du sommeil profond qui intervient en début de nuit et qui est responsable de la récupération physique et musculaire et le moment capital où l'hormone de croissance est secrétée."
La Revue des parents [5] : "Deux rapports de l'Inspection générale de l'Education nationale de 2000 et 2002 émettaient clairement des réserves sur cet emploi du temps "confortable socialement" mais peu probant en termes d'apprentissage scolaire. Ils préconisaient ainsi la semaine de cinq jours comme étant "plus favorable à la continuité éducative, à la répartition équilibrée des charges de travail et au respect des rythmes biologiques."

- une problématique concernant l'aide personnalisée :
entretien in Le délégué : "[...] comment l'organiser temporellement lorsque l'on sait que début et fin de journée, période de l'interclasse de midi ne sont guère des moments favorables aux apprentissages plus poussés ?"
La Revue des parents [6] : "Les heures d'aides individualisées doivent être placées à des moment propices et non sur la pause du midi de manière à ne pas stigmatiser les enfants qui en ont besoin".

- les bonnes pistes :
Le délégué : "[proposer] de la classe le mercredi matin ou bien tout simplement [rétablir] le samedi matin pour les plus âgés du cycle élementaire"

[1] Entretien de Jean Moreau avec François Testu, in Le délégué de l'Education nationale, revue de la Fédération des Délégués Départementaux de l'Education nationale, n° 218, mars 2009, pp. 12-13
[2] et [6] Marianne PEYRI, "Opter pour le mercredi matin", in La Revue des parents, Le magazine de la FCPE, n°362, février 2009, p. 24
[4] Alexandra DEFRESNE, "Comment compenser les effets néfastes du samedi libéré ?", in La Revue des parents, Le magazine de la FCPE, n°361, décembre 2008, pp. 12-13
[3] et [5] Marianne PEYRI, "La capacité d'attention d'un enfant ne peut pas dépasser 4h30 par jour", in La Revue des parents, Le magazine de la FCPE, n°362, février 2009, pp. 22-23

L'Information géographique de décembre 2008 livre un article de Cyprien Richer intitulé "Questions vives pour la géographie de l'intercommunalité [1]". Une bonne base de départ pour une réflexion citoyenne sur l'état de l'intercommunalité aujourd'hui, à condition de ne pas s'en tenir ici à la "neutralité convenue" du travail universitaire, mais de la confronter avec des éléments plus politiques, au bon sens du terme.

C'est pourquoi, en tirant la substantifique moëlle de l'article, je vous propose de la mettre en relation avec les débats actuels sur la simplification de l'organisation territoriale (comité pour la réforme des collectivités locales, présidé par Edouard Balladur), mais aussi avec les positions de l'instigateur de la loi de 1999 sur "la coopération intercommunale" [2] (Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l’Intérieur entre 1997 et 2000). Or, le calendrier fait bien les choses, puisque Jean-Pierre Chevènement, désormais sénateur du Territoire de Belfort vient d'être auditionné, le 14 janvier 2009, dans le cadre de la mission du Sénat sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales [3].

Tout d'abord : qu'est-ce que l'intercommunalité ? Sur le site de l'AdCF (Assemblée des Communautés de France), on trouve la définition suivante :


Pour Jean-Pierre Chevènement, il faut revoir en partie les seuils existants et "simplifier les outils de l’intercommunalité :
a) étendre aux grandes agglomérations (plus de 250.000 habitants) le statut de « communauté urbaine » (CU) ;
b) maintenir au-dessus (entre 50.000 habitants et 250.000 habitants) les communautés d’agglomération (CA) ;
c) réserver aux petites villes et au milieu rural le statut des communautés de communes (CC). Les cinq syndicats d’agglomérations nouvelles (SAN) devraient donc disparaître (au profit de CA ou de CC).[5a]
En outre, il propose d'inciter les plus petites communautés de communes à se grouper pour franchir le seuil des 10 000 habitants; mais encore d'appliquer une règle spécifique à la région parisienne : par exemple constituer une seule communauté urbaine, ou sinon penser à la Région Ile-de-France [5b].

Le géographe Cyprien Richer pointe, dans son article, le succès de l'intercommunalité, puisqu'en 2006 85% de la population française est insérée dans une institution intercommunale à fiscalité propre [6].  Jean-Pierre Chevènement, dans sa récente audition au Sénat, actualise les données : fin 2008, il y a au total 2.583 EPCI, groupant 33.600 communes, soit 92 % du total et 87 % de la population française [7]. L'AdCF propose sur son site internet une carte de l'intercommunalité [8]. Mais si Cyprien Richer souligne le succès de l'intercommunalité, c'est pour préciser immédiatement que "cette transformation profonde de l'architecture administrative française paraît cependant poser plus de questions qu'elle ne parvient à en résoudre. [9]"

L'idée intercommunale est ancienne, les premières "ententes intercommunales" remontent à 1837 [10]. Toutefois, les deux lois qui ont véritablement fait naître l'intercommunalité sont les lois de 1992 et 1999. L'expérience a été souvent promue pour recomposer l'échelon municipal, perçu par les élites comme trop émietté [11], ou pour adapter la réalité française à la "légalité européenne" [12] elle aboutit en réalité à conforter le rôle de la commune. La loi ATR de 1992 a promu l'intercommunalité "au rang de "territoire de projet""  en mettant en place une incitation financière : les regroupements se sont alors construits en fonction "d'affinités partisanes"[13].

Derrière une certaine unanimité ci-dessus relevée au sein des élites pour déplorer l'émiettement communal et sa supposée inadaptation au monde moderne, dénote le positionnement de Martin Vanier, relevé par Cyprien Richer : "Cependant, selon Martin Vanier, le mal territorial français, "idée facile et suspecte", caractérisé par l'émiettement communal, n'est, en fait, qu'une lecture partisane de notre organisation territoriale pour la faire évoluer dans le nouveau contexte européen. La France, d'après lui, n'a pas de raison particulière de "stigmatiser ses compromis institutionnels" puisqu'aucun pays ne peut se vanter d'avoir "trouvé le bon compromis entre l'idéal fonctionnel, les impératifs démocratiques, et les nécessités politiques" (Vanier, 1999) [14]" Pour Jean-Pierre Chevènement, l’EPCI n’est pas une collectivité locale mais plutôt une « Coopérative de communes ». Aussi, l’intercommunalité n’est pas un échelon supplémentaire de collectivité. La France, comme la plupart des pays d’Europe occidentale, a trois niveaux de collectivités : la commune, le département, la région. [15] Nonobstant, suivant Cyprien Richer, puisque la situation actuelle est celle du développement de nouveaux territoires locaux intercommunaux se superposant aux communes ou cantons, sans les faire disparaître, le pouvoir local se trouve complexifié d'une part, et l'analyse ne peut plus être que multiscalaire d'autre part [16].

L'intercommunalité s'est développée prioritairement au sein de régions où les solidarités intercommunales étaient déjà fortes en préalable à tout développement institutionnel. Ainsi, selon José Chaboche "trois arcs [ont été] rapidement couverts, suite à un processus déjà ancien : le Grand ouest, l'arc Rhône-alpin et le Nord-Est [17]", pour les raisons suivantes :
- élus issus des mêmes creusets syndicaux en Bretagne;
- modèle sociopolitique rhénan dans l'arc Rhône-alpin, liant les campagnes au réseau urbain;
- régions industrielles du Nord-Est souhaitant gérer les effets des crises sidérurgiques et minières, après la croissance des années 60
D'une manière plus générale, la constitution d'une identité intercommunale s'élabore sur le long terme. Soit la conscience d'une identité commune préexiste, et dans ce cas l'intercommunalité construit un cadre institutionnel la formalisant, soit cette identité n'existe pas, et elle est à construire par l'instauration d'un fonctionnement solidaire. Pour le premier cas, Cyprien Richer donne en exemple Villefranche-sur-Saône, pour le second cas, il cite le cas du Lunévillois [18].

Malgré l'essor du phénomène intercommunal, le géographe constate que la question de l'intercommunalité a peu passioné ses collègues. Il cite Guy Baudelle (1997) : "l'examen de certains indices laisse à penser que l'intercommunalité est un thème quasi-marginal dans la géographie française [19]"; puis remarque que les dictionnaires de géographie récents oublient de définir le terme "intercommunalité", tout comme la plupart des autres échelons administratifs, peut-être par une aversion disciplinaire persistante envers la géographie politique ou la géopolitique [20]; il note encore qu'une poignée de thèses de géographie ont toutefois porté sur l'intercommunalité [21] ; enfin, il relève qu'entre 1996 et 2006, seule une soixantaine d'articles, dans un corpus de 17 revues géographiques, ont traité de ce thème [22]. D'autres disciplines lui consacrent par contre de nombreux ouvrages : l'intercommunalité intéresse "les sciences politiques, les études administratives et fiscales ou les sciences économiques [23]".

Cyprien Richer s'interroge finalement pour savoir si l'on peut considérer l'intercommunalité comme un nouveau territoire [24] ? Plusieurs territorialités entrent en effet en concurrence : les communes, les pays, les ECPI. La commune comporte un fort ancrage identitaire, alors que l'ECPI n'est perçu que comme une institution de pure gestion. Le pays est lui un "vieux concept", initialiement utilisé en géographie pour désigner un espace porteur d'une cohérence, marqué par une certaine homogénéité. La loi sur les pays de 1995 a fait porter l'accent sur leur "cohésion géographique [25]", mais en maintenant le flou sur leur portée.
Pour Jean-Pierre Chevènement, le Pays n'a plus de raison d'être : "Il serait utile de fondre « les pays » dans les intercommunalités. Les « pays » n’ont pas de réalité institutionnelle. En tant que structures informelles ils n’ont pas d’avenir. Ils sont une source de complexification inutile. Ils doivent donc s’effacer." [26]

Suivant Cyprien Richer, l'intercommunalité semble, aujourd'hui, être plus un outil qu'une identité [27]. En outre, deux facettes de l'intercommunalité entrent parfois en concurrence : l'intercommunalité "de gestion", qui concerne les réseaux et équipement collectifs (électricité, eau, transports) , et l'intercommunalité "de projet" incluant des projets de développement économique et du territoire [28] (en particulier le souci d'une cohérence organisationnelle et d'une politique globale).

Cyprien Richer n'évoque pas la question des relations entre l'intercommunalité et le département. Aussi, sur cette question, il est possible de renvoyer le lecteur vers le dossier de l'AdCF : "Relations Conseils généraux et communautés : Pacte territorial ou lutte d'institutions ? [29]

Pour ce géographe, quelles questions restent ouvertes[30] ? Celles de ...
- la dimension optimale des regroupements intercommunaux : la division reste "trop étroite" (Chacoche, 2001)
- la technique de découpe : la création de pays calqués sur le simple maillage administratifs, ou bien de pays conduisant à la constitution de "fiefs politiques" (Frère, Richer, 2006), résultats tous deux éloignés de l'esprit présidant à la mise en place de ces structures; le grégraphe privilégie l'échelle du bassin versant, celle de l'agglomération, du bassin de vie, de la zone d'emploi, de l'aire urbaine [31]. L'aire urbaine est, en outre, le cadre spatial de référence de la Loi Voynet (1999) et de la loi SRU (2000). En 2006, Jean-Pierre Chevènement pouvait déjà constater que " la très grande majorité des aires urbaines disposent de structures d’action efficaces pour préparer l’avenir à moyen et long terme : 14 communautés urbaines, 164 communautés d’agglomération, alors que nous n’en prévoyions au départ qu’une quarantaine, et de nombreuses communautés de communes constituées autour de villes petites et moyennes [32]
- même remarque que la précédente sur les ECPI, qui sont constitués plus en fonction "des affinités électives [que des] préoccupation spatiales" (Chaboche, Baudelle, 2002)
- l'analyse spécifique du géographe, qui consiste à emboîter ou à mettre en relation des échelles différentes, conduit à mettre l'accent non pas tant sur le découpage des institutions intercommunales, mais sur leur nécessaire articulation. Ainsi, pour Martin Vanier, cité par Cyprien Richer : "c'est [...] la multiplication des échelles et des cadres territoriaux et, surtout, leur articulation qui représente la véritable innovation institutionnelle [33] ". Reprenant l'idée, en conclusion, Cyprien Richer oppose deux manières de considérer la questions intercommunale : "soit l'on discute inlassablement de la taille des périmètres, soit l'on considère la complexité institutionnelle comme une richesse, en recherchant les interactions nécessaires entre les différents échelons [34]."

Jean-Pierre Chevènement, propose de son côté de mieux prendre en compte le rôle des intercommunalités, en particulier par la relance  des contrats de plan entre l’Etat et les groupements intercommunaux, pour un meilleur aménagement du territoire, notamment en matière d’équipements communautaires et d’habitat social [35]. En outre, pour lui, si un danger menace aujourd'hui les intercommunalités, c'est la question de leur financement : "Le vrai danger qui menace les intercommunalités est constitué aujourd’hui par l’érosion de [leur] principale ressource : la TPU, aujourd’hui amputée de la part salariale (dont la progression est alignée à environ 1 % sur celle de la DGF) et plafonnée à 3,5 % de la valeur ajoutée, ce qui touche environ 40 % des bases. Par ailleurs la progression de ces mêmes bases est ralentie voire annulée par le retournement de conjoncture économique. Il faut inscrire cette difficulté de financement dans une perspective plus vaste : celle de la réforme de la fiscalité locale pour garantir une progression raisonnable de ses recettes à l’intercommunalité. La création d’une fiscalité additionnelle, aujourd’hui souvent rendue inévitable par la contradiction entre la nécessité de mener à bien de véritables projets d’agglomération et la stagnation des recettes de TPU, n’est pas une solution pour l’avenir à très long terme. [36]"

[1] "Questions vives pour la géographie de l'intercommunalité", par Cyprien Richer, post-doctorant à l'Université de Franche-Comté, Laboratoire ThéMA, in L'Information géographique, n°4, volume 72, décembre 2008, Armand Colin, Paris, pp. 56-77.
[2] voir le texte de Loi sur légifrance http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000005628197&dateTexte=20090118
[3] "Des réformes ciblées pour les collectivités territoriales" - Intervention de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, ancien ministre de l’Intérieur, dans le cadre de la mission sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales, mercredi 14 janvier 2009.
[4] http://www.adcf.asso.fr/2-163-Fiche-Intercommunalite.php?num=22
[5a] et [5b] "Des réformes ciblées pour les collectivités territoriales" - Intervention de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, ancien ministre de l’Intérieur, dans le cadre de la mission sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales, mercredi 14 janvier 2009. http://www.chevenement.fr/Des-reformes-ciblees-pour-les-collectivites-territoriales_a750.html
[6] "Questions vives pour la géographie de l'intercommunalité", par Cyprien Richer, op. cit. p. 57 ; à
confronter avec la déclaration du ministre délégué aux collectivités territoriales, le 17 mars 2006 au Sénat, qui avance le chiffre de 32 913 communes concernées par l'intercommunalité à fiscalité propre, soit 53,8 millions d’habitants au 1er janvier 2006. Jean-Pierre Chevènement précise que "les groupements à taxe professionnelle unique concernent, eux, 15 130 communes et 40,9 millions d’habitants, soit les deux tiers de la population française." (intervention à la 17e Convention nationale de l'ADCF, Deauville, jeudi 12 octobre 2006)
[7] "Des réformes ciblées pour les collectivités territoriales" - Intervention de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, ancien ministre de l’Intérieur, dans le cadre de la mission sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales, mercredi 14 janvier 2009. http://www.chevenement.fr/Des-reformes-ciblees-pour-les-collectivites-territoriales_a750.html
[8] carte "La France intercommunale 2008" http://www.intercommunalites.com/2-163-Fiche-Intercommunalite.php?num=117
[9] "Questions vives pour la géographie de l'intercommunalité", op. cit., p. 56
[10] idem, p. 64
[11] environ
36 600 communes en France, contre 8 000 en Italie et en Espagne, 1 400 en Allemagne, 590 en Belgique, mais selon Jean-Pierre Chevènement : "c’est dans la commune d’abord que vit le principe de la démocratie." in Jean-Pierre Chevènement, "éléments d'intervention à la 17e Convention nationale de l'ADCF", Deauville, jeudi 12 octobre 2006 
[12] "Des réformes ciblées pour les collectivités territoriales" - Intervention de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, ancien ministre de l’Intérieur, dans le cadre de la mission sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales, mercredi 14 janvier 2009. http://www.chevenement.fr/Des-reformes-ciblees-pour-les-collectivites-territoriales_a750.html
[13] "Questions vives pour la géographie de l'intercommunalité", op. cit p. 65
[14] idem, p. 64
[15]
idemi, p. 65
[16] idem, p. 73
[17] idem, p. 62
[18] idem, p. 65
[19] idem, p. 59
[20] idem, p. 59 et note 5, même page
[21] liste disponible : idem, notes p. 60
[22] idem, p.61
[23] idem, p. 61
[24] idem, p. 66
[25] idem, p. 67
[26] "Des réformes ciblées pour les collectivités territoriales" - Intervention de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, ancien ministre de l’Intérieur, dans le cadre de la mission sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales, mercredi 14 janvier 2009. http://www.chevenement.fr/Des-reformes-ciblees-pour-les-collectivites-territoriales_a750.html
[27] "Questions vives pour la géographie de l'intercommunalité", op. cit., p. 67
[28] idem, p. 69
[29] 
http://www.adcf.asso.fr/files/dosinstitetjuridique/dossier-dApartements-agglos-0908.pdf
[30] "Questions vives pour la géographie de l'intercommunalité", op. cit., p. 70
[31] idem, p. 71, note : ""La notion d'aire urbaine est porteuse d'une double référence : explicite, à un schéma monocentrique classique composé d'un centre et de sa périphérie; implicite, à l'organisation d'un système de transports optimisé en vue de garantir l'accessibilité à ce centre principal" (Gallet, 2005). De ce fait, l'aire urbaine correspond aux limites de la ville automobile; il apparaît donc paradoxal d'estimer que l'optimum territorial de l'intercommunalité (et des transports publics) soit l'aire urbaine."
[32] Jean-Pierre Chevènement, "éléments d'intervention à la 17e Convention nationale de l'ADCF", Deauville, jeudi 12 octobre 2006
[33] "Questions vives pour la géographie de l'intercommunalité", op. cit., p. 72
[34] idem, p. 73
[35] Jean-Pierre Chevènement, "éléments d'intervention à la 17e Convention nationale de l'ADCF", Deauville, jeudi 12 octobre 2006
[36] "Des réformes ciblées pour les collectivités territoriales" - Intervention de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, ancien ministre de l’Intérieur, dans le cadre de la mission sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales, mercredi 14 janvier 2009. http://www.chevenement.fr/Des-reformes-ciblees-pour-les-collectivites-territoriales_a750.html





"Définition de l'intercommunalité
  Quelques repères

L'intercommunalité est le rassemblement institutionnel de plusieurs communes qui partagent un projet de développement et mettent en commun pour sa réalisation leurs moyens et ressources dans un souci d'efficacité de la gestion publique.[...]
Il existe trois catégories de communautés :

- la communauté urbaine (elle constitue un ensemble d'un seul tenant et sans enclave de plus de 500 000 habitants),
- la communauté d'agglomération (elle constitue un ensemble de plus de 50 000 habitants d'un seul tenant et sans enclave autour d'une ou plusieurs communes centre de plus de 15 000 habitants.
- la communauté de communes ([...] elle doit regrouper regroupant plusieurs communes d'un seul tenant et sans enclave. Elle correspond à des territoires plutôt ruraux mais instaure une coopération intercommunale forte sur des axes essentiels de la vie locale).

Elles sont toutes dotées d'une fiscalité propre.
Les communautés de communes peuvent adopter une fiscalité additionnelle sur les 4 impôts directs locaux (taxe professionnelle, taxe d'habitation, deux taxes foncières: foncier bâti et foncier non bâti) ou choisir la taxe professionnelle unique (TPU).
Les communautés urbaines et d'agglomération sont, depuis la loi du 12 juillet 1999, de droit sous le régime de la taxe professionnelle unique.
Les communautés à taxe professionnelle unique gardent néanmoins la faculté d'adopter une fiscalité additionnelle sur les ménages (fiscalité mixte). [4]"

Quelques nouvelles du recensement de la population en Saintonge ... qui permettent de constater qu'on s'approche du seuil permettant la constitution d'une Communauté d'agglomération

- Saintes compte 28 122 habitants fin 2008, soit 399 de plus qu'en 1999.
- La communauté de communes totalise 45 729 habitants (+ 2 142 habitants par rapport à 1999).
- Chaniers, hors-CDC, compte 3389 habitants (+ 77, + 2,27% par rapport à 1999).


Pour transformer l'actuelle Communauté de Communes en Communauté d’Agglomération, il faudrait passer le seuil des  50 000 habitants d’un seul tenant et sans enclave autour d’une commune centre de plus de 15 000 habitants. Pour la commune centre, aucun souci. Mais on voit bien, ici, l'enjeu qu'il y aurait à inclure - en dépassant les blocages politiques actuels - la commune de Chaniers, puisqu'on arriverait, déjà, aujourd'hui, à 49118 habitants, tout à proximité du seuil permettant la constitution d'une Communauté d'Agglomération - et tout laisse à penser, que vu l'attractivité de Saintes, la population va continuer à croître. Cela permettrait d'obtenir, enfin, les compétences et dotations budgétaires afférentes (dont la dotation d'intercommunalité et la TPU).


Sources :
- site internet de Sud-Ouest, "info en continu", lundi 5 janvier 2009, pour la démographie.
- http://www.insee.fr/fr/methodes/nomenclatures/zonages/zonage_def/nz110.pdf pour les conditions nécessaires à la création d'une Communauté d'Agglomération
Dans Les cahiers de l'Histoire, n°64, de mars 1967, p. 113 on peut lire, sous la plume de Jean GUIFFAN, agrégé de l'Université :

"A travers la multiplicité et la variété des partis, la variété des étiquettes, le comportement politique des Français s'est toujours divisé en deux grandes tendances, l'une favorable à un changement des structures, l'autre à leur conservation et au respect des traditions.

En effet, deux tempéraments politiques, définis par l'acceptation ou le refus de l'ordre existant, se sont opposés sous tous les régimes permettant une vie politique, notamment parlementaire :
- Aristocrates et Patriotes sous la Constituante
- Feuillants et Jacobins sous la Législative
- Girondins en Montagnards sous la Convention
- Ultras et Libéraux sous la Restauration
- Résistance et Mouvement sous la Monarchie de Juillet
- Parti de l'Ordre et Nouvelle Montagne sous la IIe République
- Monarchistes et Républicains de 1857 à 1885
- Droite et Gauche depuis 1885

Cette opposition a constamment évolué en raison de la disparition progressive des anciennes structures (et donc des "anciennes droites") et de l'apparition à l'extrême-gauche de nouvelles tendances toujours plus avancées", rejettant peu à peu 'l'ancienne gauche" vers le centre puis vers la droite.
Cette évolution générale explique le caractère péjoratif du terme "droite" en France, refusé par la quasi-totalité des hommes politiques [...]

Laissons au philosophe Alain le soin de conclure : "Lorsqu'on me demande si la coupure entre parti de droite et de gauche, hommes de droite et hommes de gauche, a encore un sens, la première idée qui me vient est que l'homme qui pose cette question n'est certainement pas un homme de gauche
."
Le respect du vote populaire est la condition minimale de la démocratie.
C'est la raison pour laquelle, le traité constitutionnel européen, trois fois désavoué en ses diverses versions, peut légitimement être considéré comme caduc.
D'après une brève de Résistance sociale (http://www.resistancesociale.fr/spip.php?article175), il semble que la Cour constitutionnelle allemande soit prête à s'opposer à la ratification par l'Allemagne dudit traité européen, pour ce motif : le traité est caduc puisqu'il n'a pas été ratifié à l'unanimité. La lumière viendra-t-elle d'Allemagne ? Ce pays donnera-t-il à la France une leçon de démocratie ?
Je vous laisse lire la brève, ci-dessous (vous lirez évidemment "caduc" au lieu de "caduque"). N'hésitez pas à laisser vos commentaires à ce propos.

A lire sur le site de Résistance sociale :
Mis en ligne le 13 octobre 2008
"En dépit de ses déclarations du 9 octobre disant qu’il n’y avait pas selon lui d’objections à la ratification, le Président allemand va-t-il être, comme en 2005, empêché d’apposer sa signature sur le nouveau traité européen ? Selon des sources non-officielles, la Cour constitutionnelle allemande saisie par le parti « la Gauche » d’Oscar Lafontaine et le député de droite Peter Gauweiler (CSU) s’apprêterait à refuser de statuer au fond, le traité de Lisbonne étant caduque (sic.) à défaut d’unanimité pour sa ratification depuis le "non" irlandais. Peter Gauweiler, à l’origine du recours, estime que le traité mettra fin à l’Etat national allemand avec l’avènement d’un Etat fédéral européen. Die Linke voit quant à lui dans le traité un moyen d’abolir l’Etat social allemand et d’obliger les Etats membres à augmenter leurs dépenses militaires et à s’engager dans des missions hors de l’UE. La Cour de Karlsruhe devrait rappeler, dans son arrêt attendu pour la fin de l’année, que les demandes sur la conformité du traité de Lisbonne à la loi fondamentale allemande seraient sans objet du fait du "non" irlandais. Malgré le troisième refus référendaire de la Constitution européenne recyclée dans le traité dit de Lisbonne, les deux chambres du Parlement allemand s’étaient obstinées, comme leurs homologues des autres pays européens, à autoriser la ratification du traité. Juridiquement l’Allemagne n’a jamais ratifié le traité constitutionnel en 2005, comme elle devrait visiblement voir s’interdire la ratification du traité de Lisbonne"

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