Discours de Gambetta

Discours de Gambetta à la réunion des Comités républicains à Bordeaux (le 26 juin 1871) :

 "Il n'y a de politique vraiment sage, vraiment féconde, que celle du pôle républicain.

 Il ne faut pas nous laisser détourner du droit chemin ni par les calomnies ni par les injures; et j'ai la conviction que, si nous voulons tenir bon et rester au poste, si nous voulons incessamment, sur toutes les questions posées, produire les solutions républicaines, nous arriverons à démontrer bientôt, sur toutes les questions posées que nous valons mieux que les injures, que nous sommes un parti de gouvernement capable de diriger les affaires, le parti de l'intelligence et de la raison, et que c'est parmi les hommes se réclamant de nos principes qu'on trouvera vraiment les garanties de science, de désintéressement et d'ordre, sans lesquelles un gouvernement n'est qu'une affaire au profit de quelques uns.

 Aux plus sages ! aux plus dignes ! Parfaitement ! c'est une gageure qu'on doit accepter. Ce n'est pas une formule nouvelle pour des républicains : c'est leur dogme, de ne voir attribuer les fonctions publiques qu'au mérite et à la vertu.

 Oui, quelque calomniés que soient aujourd'hui les hommes et les principes de la Révolution française, nous devons hautement les revendiquer, poursuivre notre œuvre."

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Texte Libre

Citoyen, citoyenne,

Vous trouverez ici quelques contributions visant à participer humblement aux débats concernant la "chose publique" et la vie de la "cité".

Pourquoi ? Parce que la politique n'est pas une activité abstraite réservée à une élite, mais bien un processus démocratique aboutissant à des décisions qui influencent la vie quotidienne de chacun d'entre nous.

Participez vous aussi, et enrichissez le débat en laissant vos commentaires.

Salut et Fraternité

PS : les articles purement historiques sont regroupés désormais sur le blog http://pagesdhistoire.over-blog.com/

Samedi 24 octobre 2009

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Jeudi 1 octobre 2009
Le 19 septembre se sont tenus les 2ndes Sans-Culottides de Saintonge, à l'initiative de l'association "Les Joyeux Jacobins".

Voir à ce propos :

Sur le site de Réso :
- http://www.resistancesociale.fr/spip.php?article773

 

Sur le site de la chorale populaire de Paris :
- http://www.chorale-populaire-de-paris.com/spip.php?article89


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Dimanche 21 juin 2009

Un article du Monde (http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/05/20/plaider-coupable-la-reforme-au-rabais-d-une-justice-gestionnaire_1195956_3224.html) évoque le fait que "Le comité Léger, qui doit rendre fin juin ses recommandations pour réformer le Code pénal, devrait proposer d'introduire la procédure du "plaider-coupable" aux assises. Parue dans la presse mardi 20 mai, l'information a par la suite été confirmée anonymement par deux membres du comité." Cette procédure, inspirée du modèle judiciaire anglo-saxon, a été introduite en France par  la loi "Perben 2" du 9 mars 2004, pour les "petits délits", c'est-à-dire ceux impliquant une peine inférieure à cinq ans d’emprisonnement.
L'extension de cette procédure peut être perçue comme une régression, mais encore comme une négation de l'esprit cartésien, dans la manière de rendre la justice. Il s'agit en effet, pour notre esprit français marqué par le cartésianisme, d'une procédure apparaissant comme incongrue - et même possiblement irrationnelle - et qui a été généralement tenue comme telle jusqu'en 2004 et la loi Perben 2.
En effet, il n'est pas raisonnable de demander à un individu d'affirmer s'il est ou s'il n'est pas coupable de tel ou tel fait qu'on lui reproche, mais il est bien plus rationnel de demander à la société de prouver la culpabilité, ou d'établir l'innocence d'un prévenu. Pourquoi ? Parce que, pour espérer des allègements de peine, pour protéger une personne chère, ou pour toute autre raison qui lui est propre, un prévenu peut se déclarer coupable d'un délit ou d'un crime auquel il est en réalité étranger.
On peut donc s'inquiéter légitimement d'une éventuelle généralisation du "plaider-coupable", qui va conduire à infliger des peines, injustement, à des personnes qui ne les méritent pas.
C'est pourquoi le plaider-coupable n'est pas rationnel, et ne devrait ni s'implanter ni se généraliser dans un pays comme le nôtre, où devrait toujours prévaloir une certaine conception de la rationalité ...On peut sans doute soutenir que Descartes a bien proposé de se servir de la raison pour affronter l’irrationnel, et que cela a marqué notre manière de penser, et par conséquent jusqu'à la conception de nos institutions, y compris judiciaires. Il ne faudrait pas qu'aujourd'hui on s'écarte trop de cette rationalité, et tout particulièrement dans le domaine judiciaire, parce que cela aurait des conséquences importantes, et potentiellement tragiques.

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Samedi 20 juin 2009

Des articles récents dans la presse nationale ont conduit JPC à effectuer une mise au poins à propos de la réussite actuelle au bac d'une part et de l'objectif de faire parvenir 80% d'une classe d'âge au niveau du bac d'autre part. Nous reproduisons tel quel le communiqué de JPC, car il est extrêmement clair et pertinent. Aussi, autant laisser l'original que de retravailler un texte qui, finalement, dirait la même chose mais avec moins d'efficacité.

"80% d’une classe d’âge au niveau du bac ? Une exigence républicaine

Communiqué de presse de Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de l'éducation nationale, sénateur du Territoire de Belfort, vendredi 19 juin 2009.


Comme Ministre de l’Education Nationale, et de concert avec Roland Carraz, Secrétaire d’Etat aux enseignements technologiques, j’ai entrepris de promouvoir l'enseignement technologique et professionnel par une loi votée en novembre 1985 (n°85-1371), qui crée notamment les baccalauréats professionnels. Cette loi répond à l'objectif de 80% d'une classe d'âge atteignant le niveau du baccalauréat en l'an 2000.

Or une confusion regrettable semble persister entre le nombre de jeunes poursuivant leurs études jusqu’au « niveau du bac », en gros à l’âge de 18 ans, et le nombre de bacheliers, confusion relayée par un certain nombre d’articles parus dans la presse cette semaine.

Le fait que 64% d’une même génération décroche le bac est indépendant de l’objectif des « 80% au niveau du bac ». Tout dépend du niveau d’exigence qu’à mon sens il faut maintenir pour concilier la quantité et la qualité. Comme le disait Paul Langevin à la Libération : « L’Ecole doit assurer la promotion de tous, et la sélection des meilleurs ».


L’augmentation du flux de lycéens de 1984 à 1995 a résulté d’une volonté politique progressiste, celle d’une gauche républicaine, soucieuse de l’intérêt du pays. La création des baccalauréats professionnels y a certes contribué (127 000 candidats cette année), mais elle n’y aurait pas suffi (le total des candidats en 2009 a atteint 622 000 dont 331 000 au baccalauréat général). La décentralisation de la construction des lycées au niveau des régions, résultant de la loi votée en novembre 1985, a également joué un rôle important dans la promotion des études longues en modernisant et renouvelant le parc de nos lycées.

Ce n’est pas seulement le Japon, mais pratiquement tous les grands pays développés qui, au milieu des années 80, avaient déjà atteint l’objectif des 70 à 80% de jeunes ayant fait des études jusqu’à l’âge de 18 ans. C’est cette considération qui, en 1984, m’a paru déterminante. Ma prétendue « fascination » pour le Japon qui, à bien des égards d’ailleurs (enseignement supérieur, recherche) mériterait de servir d’exemple, est anecdotique.

La politique volontariste que j’ai menée a porté ses fruits jusqu’en 1995. Elle a représenté un progrès incontestable que traduit aujourd’hui le doublement du nombre de lycéens et d’étudiants par rapport à 1985. Là comme ailleurs, c’est l’intérêt du pays qui commande.

Le problème posé depuis 1996, c’est la stagnation du nombre d’élèves parvenant au niveau du bac, c'est-à-dire poursuivant des études longues jusqu’à 18 ans. La solution n’est pas de faciliter l’accès au bac par un rabais d’exigence, mais de revaloriser les filières qui doivent l’être : baccalauréats technologiques et professionnels d’abord, en leur accordant les moyens en personnels et en locaux qu’ils méritent, filière littéraire ensuite, injustement négligée et qui a impérativement besoin d’être renforcée, car elle aussi répond à un besoin social incontestable."
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Mercredi 10 juin 2009

Sur Public Sénat, le 8 juin 2009, l'avis, simple et évident, de Jean-Pierre Chevènement (président du MRC) : "Je le dis à mes amis socialistes : il est temps de se reprendre [...]. Il faut que les partis socialistes renouent avec l'idée républicaine de la Nation [...] Je suis pour une refondation républicaine [...] naturellement, c'est un travail immense, mais il faut un électrochoc. Comme par exemple ce qui a été fait à Epinay il y a près de 30 ans."
A écouter sur http://www.chevenement.fr/Abstention,-crise-de-l-Europe,-crise-de-la-gauche-le-point-de-vue-de-Jean-Pierre-Chevenement_a807.html

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Lundi 8 juin 2009

Le MRC est, à nouveau, à la croisée des chemins.
Parmi ces chemins, il y en a de meilleurs que d'autres. Je vais ici les exposer dans l'ordre inverse de pertinence. En commençant par les plus mauvais, et en terminant par le meilleur, celui qui permettrait un véritable rebond non seulement pour le MRC mais aussi pour toute la gauche !
Un premier chemin mènerait à la disparition totale du MRC de l'échiquier politique. Pour ma part, je n'ose pas l'imaginer, et je ne pourrais concevoir cette issue dramatique que comme une désastreuse abdication de toute possibilité de relever la Gauche, la Nation et la République.
Un second chemin consisterait en un repli autour des plus fidèles chevènementistes, transformant le MRC en une sorte de grand club de pensée. Je ne vois guère l'utilité de cette évolution à moyen terme, parce que cela aboutirait, d'ici quelques années, à un aboutissement similaire à celui auquel mènerait le premier chemin. Donc, je préfère ne pas l'imaginer non plus.
Un troisième chemin ferait se rencontrer deux branches du gaullisme, les derniers représentants du gaullisme de droite (DLR) et le gaullisme de gauche, dans une sorte de néo-Pôle républicain sans le nom. C'est ce qu'ont espéré ceux - tout à fait minoritaires - qui sont partis sur des listes DLR. Pousser plus avant dans cette direction impliquerait un éloignement des militants les plus sociaux, et serait en contradiction avec l'ancrage de notre parti à gauche, que j'ai entendu affirmer dès 2002 par M. Georges Sarre, lors d'une réunion au Kremlin-Bicêtre, alors que le Pôle Républicain allait devenir le MRC !
Un quatrième chemin conduirait à la réaffirmation du MRC pour entraîner une véritable refondation républicaine des forces de gauche. Or, dans la soirée électorale qui a suivi la publication des premiers résultats concernant les Européennes, on a pu entendre la quasi-totalité des personnalités du PS appeler - enfin ! - à une ouverture vers les autres forces de gauche, sinon même à la formation d'un plus grand parti à gauche. Cette invite replace concrètement M. Jean-Pierre Chevènement comme une personnalité majeure dans le débat qui s'ouvre sur la refondation de la gauche, puisque, sur son impulsion, le MRC appelle depuis son dernier congrès à la formation d'un grand parti de toute la gauche. Ce quatrième chemin nécessite, la reprise d'activité rapide des militants les plus sociaux qui se sont "mis en congé" pour suivre la campagne du Front de gauche.
Sur ces quatre voies, deux permettent un rebond. Ces deux voies supposent des choix stratégiques différents. Elles dépendent aussi des ouvertures qui seront faites par les autres partis au MRC. Mais elles n'offrent pas les mêmes perspectives, et ne débouchent pas ensuite sur les mêmes politiques.
Si le principal parti de gauche - on voit ici de quel parti je parle -  prend conscience rapidement - même si on peut déplorer que ce soit tardivement - que la refondation républicaine que le MRC propose est la meilleure solution pour sortir de l'ornière, alors le quatrième chemin peut être celui d'un rebond majeur, pour toute la gauche; et ce en particulier si l'on parvient à construire ce grand parti confédéral de toute la gauche, indispensable pour remporter les prochaines élections présidentielles, élections dont tout le monde mesure bien l'importance cruciale. Si le principal parti de gauche ne réagit pas maintenant - et on attend depuis fort longtemps qu'il réagisse ! - dans le sens d'une refondation sociale et républicaine, on peut se faire du souci pour l'ensemble de la gauche dans la perspective des échéances futures. Or, la gauche n'a pas le droit de les perdre ! La gauche doit se mettre en position de les gagner !

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Mercredi 13 mai 2009

Je ne peux que vous inviter, en cette période électorale, à relire L'Europe contre la gauche de Georges Sarre [1] et La Faute de M. Monnet de Jean-Pierre Chevènement [2].

La Faute de M. Monnet pour le portrait utile de Jean Monnet que dresse Jean-Pierre Chevènement. Le retour sur la volonté de Jean Monnet de créer une Fédération européenne, en mettant en place dès le projet de CECA une évolution ancrée sur la libéralisation et la supranationalité [3]. Jean-Pierre Chevènement y développe aussi ses propres propositions d'un recentrage européen, d'un gouvernement économique de la zone euro, sa volonté de consentir à des délégations de compétence mais en des domaines précisément ciblés, avec un véritable contrôle démocratique et en conservant toujours une possibilité de révocation, ou bien encore l'idée que "l'idée républicaine et l'idée européenne ne sont pas incompatibles dans la durée [4]", mais à condition de suivre une autre voie de construction. De nombreux passages de l'ouvrage méritent qu'on s'y attarde, mais c'est aussi le cas pour la citation de Dominique Strauss-Kahn qui y est insérée, et qui fait le constat d'une "Union européenne malade de son déficit démocratique [5]"  ...

L'Europe contre la gauche en ce que Georges Sarre affirme : "Nous ne sommes pas anti-européens, mais ce que nous avons toujours refusé, car cela ne date pas de 1992, c'est que le mythe de l'Europe nous empêche de penser, de vouloir et d'agir à gauche [6]"; puis qu'après avoir retracé les combats qu'il a mené depuis son adhésion à la SFIO en 1964, la création du CERES, la fondation du MDC et du MRC, il invite les républicains de gauche à la mobilisation. 
Je ne vous cache pas, avant d'aller plus avant, que j'en aime le style, car Georges Sarre a une plume de qualité, associée au sens de la formule qui fait mouche. C'est un essai politique mais que l'on goûte aussi pour sa forme.
Ensuite, et surtout, il y a incontestablement du fond. Et, ce fond, avec le recul, s'est même sans doute bonifié. On aurait pu croire, que depuis 2005, une partie du contenu de l'ouvrage paraitraît daté. En réalité, il n'en est rien, hormis le fait que certains acteurs ont été remplacés par d'autres. Mais le théâtre est le même, et, bien des traits se sont trouvés encore confirmés par l'expérience politique ouverte en 2007.
La réflexion sur "Le discours de l'identité : un discours de compensation" développé comme paliatif pour "combler les inquiétudes des Français relatives à la perte de la souveraineté nationale" a trouvé, depuis, une plus grande justification avec l'exacerbation de ce discours identitaire. Les artifices de la "gouvernance" ou de la rhétorique de la "proximité", sont, déjà, clairement dénoncés comme masquant en réalité le refus de gouverner réellement - en particulier au niveau européen - mais de se comporter en gestionnaires, ou bien encore un défaut de véritable représentation politique. Le passage sur "L'ère du mensonge et du renoncement", ouverte en 1983, à l'époque de la "parenthèse libérale" et du choix fait par François Mitterrand de privilégier le projet européen sur le programme socialiste, n'a rien à voir avec la langue de bois et vaut le détour ...
On trouve, dans ce petit livre, quelques remarques plus communes, sans doute, sur l'Europe servant d'alibi aux politiques libérales, mais aussi des rappels revigorants sur ce qu'est la gauche, sur ce qu'est la nation, sur les liens intrinsèques entre la France et la gauche, sur l'évolution menant du CERES au MRC, etc.
L'ouvrage fait le constat que l'Europe puissance n'est souhaitée que par la France - constat partagé par beaucoup - mais aussi que "La construction européenne" [on peut sans doute indiquer : telle qu'elle a été conçue] "interdit définitivement le progrès social", puisque même lorsque des socialistes ont été au pouvoir, ils n'ont pu réorienter cette construction dans un sens social.
Enfin, on trouve une clé de lecture à prendre en considération à propos de ce qui s'est passé depuis l'automne dernier autour de la gauche républicaine (on rappelle que le texte date de 2005 mais que je le cite pour les mêmes raisons précisées plus haut, c'est-à-dire qu'il reste d'actualité) : "On lit, ici et là, que le créneau du républicanisme de gauche serait enfin libéré [...] certains ne se cachent même pas de vouloir l'occuper, [...]" [7] Certains événements que l'on constate depuis l'automne dernier ne prennent-ils pas sens en relisant ces mots ?
Georges Sarre poursuit son propos par cette invite :  "La gauche républicaine est l'avenir de la gauche. C'est une belle idée, une grande ambition, qui permettra à la France de renouer avec son Histoire ! Oui, décidément, rien n'est perdu ! Tout est à faire ... [8]"
 
[1] Jean-Pierre Chevènement, La faute de M. Monnet, coll. "L'idée républicaine", Fayard, 2006
[2] Georges Sarre, L'Europe contre la gauche, Eyrolles, 2005
[3] Jean-Pierre Chevènement, La faute de M. Monnet, coll. "L'idée républicaine", Fayard, 2006, pp. 27-28
[4] idem, p. 145
[5] idem, p. 42
[6] Georges Sarre, L'Europe contre la gauche, Eyrolles, 2005, p. 87
[7] Georges Sarre, L'Europe contre la gauche, Eyrolles, 2005, p. 164 
[8] Georges Sarre, L'Europe contre la gauche, Eyrolles, 2005, p. 178

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Dimanche 10 mai 2009

Georges SARRE vous donne rendez-vous, pour une réunion publique à ne pas manquer, avec Jean-Yves AUTEXIER, Michel CHARZAT, Marie-Noelle LIENEMANN, dans le XIème arrondissement (68, av Philippe Auguste).

Oui, il existe encore des hommes et des femmes politiques engagés pour la République sociale. C'est le point commun des orateurs de cette soirée. L'une est au PS, deux sont au MRC, l'un est indépendant, engagé dans l'association 'la gauche avant tout'. Ils dépassent les horizons de leurs organisations respectives et proposent du 'neuf', à 'gauche', contre la 'crise'.

Dans la très grave crise économique et sociale que nous traversons, la Gauche doit trouver au plus profond de ses idéaux la force de se hisser à la hauteur de l'enjeu pour proposer une véritable alternative à la mondialisation libérale. Elle doit pour cela repousser toutes les tentations au renoncement et avoir le courage de proposer une puissance publique réhabilitée, adossée à une citoyenneté relevée, dans une France fière de son modèle républicain et une Europe respecteuse des peuples, protectrice, coopérative.

D'horizons différents, de partis et organisations diverses, les orateurs partagent cette orientation fondamentale et débattront, en toute liberté, de cette gauche d'avenir que nous avons la responsabilité de construire.

Venez donner votre avis. Encouragez cette initiative. Participez à cette réunion publique !

Ne pas manquer !


Réunion publique, mardi 12 mai,
sur le thème "La Gauche, la Crise, le Neuf"

présidée par Jean-Yves AUTEXIER,
avec Michel CHARZAT, Marie-Nolle LIENEMANN et Georges SARRE

19H30, au gymnase du 68 avenue Philippe-Auguste, dans le XIeme
(Métro Alexandre-Dumas, Avron, ou Rue des Boulets)

 

Source : lettre électronique du blog de Georges SARRE
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Jeudi 9 avril 2009

Le SNES 17 demande de diffuser largement :

"Faire du 1er Mai un nouveau temps fort de mobilisation.
Les organisations syndicales CGT, CFE-CGC, CFTC, CFDT, FO, FSU, Solidaires, UNSA, appellent à une mobilisation unitaire le 1er mai 2009.
L’augmentation du nombre de chômeurs, la baisse significative de la consommation, l’incertitude grandissante sur l’activité des entreprises témoignent de la gravité de la crise qui frappe un nombre croissant de salariés sans que nul ne puisse aujourd’hui en prédire la durée.
Les mobilisations viennent d’obliger le gouvernement à agir sur les stock-options et les rémunérations exceptionnelles des dirigeants d’entreprise lorsque ces dernières ont reçu des aides publiques directes. Sur la question de la redistribution des richesses produites, le décret annoncé bien qu’insuffisant est un début de remise en cause du système actuel. Elle laisse cependant de côté l’essentiel des revendications du 5 janvier 2009 portées par les mobilisations du 29 janvier et du 19 mars 2009.
Gouvernement et patronat doivent rapidement mettre en œuvre les mesures déjà prises et engager les négociations et les concertations pour répondre à l’ensemble des revendications.
C’est pourquoi, dans la suite des journées du 29 janvier et du 19 mars et dans ce contexte exceptionnel, les organisations syndicales s’entendent pour faire du 1er Mai un nouveau temps fort de mobilisation pour peser sur le gouvernement et le patronat.
L’intersyndicale des Unions Départementales, CGT, CFE-CGC, CFTC, CFDT, FO, FSU, Solidaires, UNSA, appellent à un rassemblement le plus large possible et sur l’ensemble de notre département, le 1er mai prochain.

Les lieux de rassemblement seront « La Rochelle, Rochefort, Saintes et Jonzac »
- Pour La Rochelle rassemblement place de Verdun à 10 heures
- Pour Rochefort rassemblement place Colbert à 10 heures
- Pour Saintes, rassemblement Palais de Justice à 10 heures
- Pour Jonzac, rassemblement Jardin Public à 10 heures"

- Publié dans : éducation
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Jeudi 26 mars 2009

Poursuivant mon exploration des ouvrages historiques d'Henri Lerner, et après avoir déjà proposé un "avis" de lecture de son ouvrage sur Emile MAYER (1851-1938), un « pur produit de l’esprit républicain » (selon les propres dire d'Henri LERNER), puis avoir réinvesti un certain nombre de passages de son De Gaulle et la Gauche dans des articles sur les gaullistes de gauche, je me penche désormais sur son Catroux[1], publié en 1990 chez Albin Michel, avec une préface de Jean Lacouture. Pour le contenu historique, j'ai assez pu apprécier l'enseignement d'Henri Lerner en tant qu'étudiant pour savoir la solidité de l'érudition, mais ici je constate, après une première lecture en diagonale, que la qualité purement littéraire de l'ouvrage est elle aussi excellente.

La présentation du père de Georges Catroux est déjà fort intéressante :
"Le père [2] du général [Catroux] fut sans nul doute un bon officier, pourvu des plus belles qualités militaires, ayant acquis de bonnes manières et complété son instruction élémentaire par un travail acharné. Homme de principes sévères, intelligent, exigeant beaucoup de lui-même, mais aussi des autres, ne plaisantant jamais avec les obligations de service, il poussait l'énergie jusqu'à la rudesse et pratiquait, non sans excès, le culte du devoir [...] En revanche un certain penchant pour la sociabilité l'amena parfois à s'intéresser à la vie mondaine : en garnison à Limoges, cet homme, chez qui on s'attendait à trouver un ours mal léché, se révéla un hôte accompli.
Son caractère était celui d'un militaire républicain aux fermes convictions. Intellectuellement, c'était un esprit curieux qui, peu sensible à la culture artistique et littéraire, était plutôt attiré par les sciences et les mathématiques, comme en témoigne le soin qu'il prit de meubler ses loisirs par l'étude de la physique, et la passion qu'il apportait à résoudre des problèmes de mathématiques. Politiquement, c'était un Bleu de l'Ouest qui détestait les Bonaparte et vouait une hostilité foncière à l'Eglise catholique, sans que sa carrière ait eu à souffrir de ses opinions. Le moins qu'on puisse dire est qu'il n'appartenait pas à la même famille spirituelle que celle du professeur Henri de Gaulle et, s'il avait lui aussi une certaine idée de la France, celle-ci restait inséparable de la République et de la démocratie. Cependant, l'un comme l'autre auraient pu se réclamer de la même intransigeance quant au sens du devoir et au culte de la patrie, mais le colonel Catroux n'eût pas songé à se référer à la France glorieuse, transcendant l'histoire au-dessus de toutes les discordes civiles, telle que pouvait la concevoir un monarchiste de regret. Sa France à lui était celle de la Liberté, de l'Egalité, de la Fraternité, et pour lui ces trois vertus patriotiques se confondaient avec la République."

Le premier chapitre de l'ouvrage, intitulé "Un grand seigneur de la République" présente l'intérêt de la carrière de Georges Catroux. Quelques extraits significatifs :
"Compagnon de Lyautey et de De Gaulle [3]
En dépit des différences de tempérament, de milieu familial et de formation intellectuelle qui le séparaient de Lyautey comme de De Gaulle, il put se flatter d'être un de ceux qui les ont le mieux compris, et ce fut assurément un de ses plus beaux titres de gloire que d'avoir réussi à se faire apprécier de l'un comme de l'autre, et à devenir leur collaborateur et ami.
Avec Lyautey, les rapports, sans être faciles - mais comment auraient-ils pu l'être ? - , furent, vingt-cinq années durant, scandés par l'alternance de brouilles à répétition et de démonstrations d'amitié. [...] Non que Catroux ait fait partie des collaborateurs qui entourèrent constamment le Maréchal [...] Il fut à ses côtés aux deux extrémités de sa carrière marocaine [...] Mais Lyautey, qui savait pouvoir se faire comprendre de Catroux en qui il avait toute confiance, le considéra comme l'un de ses disciples dont il se sentait le plus proche, et souligna lui-même "la véritable joie intellectuelle" qu'il éprouvait à travailler avec lui. Cette intimité du coeur et de l'esprit dura jusqu'à la mort du Maréchal en 1934, si l'on en juge d'après les lettres empreintes de confiance et d'abandon, que ce dernier continua à lui adresser du fond de sa retraite lorraine.
De Lyautey, brièvement servi mais attentivement suivi, Catroux retint l'exemple et proclama hautement la dette qu'il avait contractée envers celui "qui avait versé quelques gouttes de son cerveau dans son esprit." [...]
Pour avoir été aussi mouvementées, les relations qu'il entretint avec De Gaulle furent d'une autre nature. Pouvait-on rêver au début du siècle deux jeunes officiers plus dissemblables, l'un tourné vers la métropole, tandis que l'autre semblait le type accompli de l'officier colonial ? Il fallut les hasards de la captivité en Allemagne durant la guerre de 1914-1918 au camp d'Ingolstadt pour les réunir, mais s'ils apprirent alors à se connaître et à s'estimer assez pour maintenir leurs relations, au moins par la pensée jusqu'en 1939, tous deux restaient encore fort éloignés l'un de l'autre [...]
Tout se noua entre eux pendant l'été 1940, lorsque leur réaction commune devant le drame national forgea un lien indestructible. A l'heure où l'Armée française était profondément imprégnée du mythe Pétain, Catroux comprit que de Gaulle incarnait la légitimité française et, de tous les chefs militaires de haut rang, il fut le seul à se rallier aussitôt et à se mettre spontanément à ses ordres. Ce général d'armée habitué aux grands commandements sut alors s'élever assez haut pour faire passer les intérêts de la France avant sa situation personnelle en se mettant sous la direction de celui qui lui était hiérarchiquement inférieur mais "qui était investi à ses yeux d'une mission qui ne se hiérarchisait pas". Comme il l'expliqua en vain à Giraud pour l'inciter à suivre son exemple, il avait reconnu que de Gaulle étant la France, avait reçu une délégation nationale pour rassembler et unir les Français dans la guerre. Son comportement fit alors de lui, au sens le plus noble du terme, un gaulliste authentique et un fidèle compagnon. Jamais de Gaulle n'oublia ce geste exceptionnel qui scella la "déférente amitié" qu'il lui porta jusqu'à la fin de la vie."

"Aristocrate de style, républicain de formation [4]
S'il fut, par ses manières et son allure, sinon par sa naissance, un homme de haute qualité, il n'en demeura pas moins formement attaché à la République [...] Eut-il vraiment des convictions politiques nettement affirmées ? Bien que certaines de ses amitiés eussent nom Herriot [5], Painlevé [6] et Paul Boncour, il n'avait rien d'un général politicien. Tout en sachant bien qu'un chef militaire avait intérêt à pouvoir compter sur des appuis politiques, les rapports qu'il entretint avec ces milieux se situaient exclusivement sur le plan de l'amitié personnelle, et il serait absurde de voir en lui un général de gauche, politicien radical et franc-maçon. Mais sa fréquentation des hommes politiques lui permit d'acquérir une vaste expérience du gouvernement et peut-être même en tira-t-il un certain scepticisme. En somme, ce républicain très sûr, capable de nouer des amitiés éclectiques dans tous les milieux, hormis ceux de l'extrême-gauche et de l'extrême-droite, ne formulait aucune réserve à l'égard du régime et pratiquait la loyauté envers un pouvoir civil dont il admettait la primauté. On serait plus près de la réalité en le classant parmi les libéraux, indéfectiblement attachés aux valeurs démocratiques et à la société égalitaire issue de la Révolution."

En attendant un véritable article, qui viendra remplacer ces courtes citations, je vous invite à vous pencher sur votre encyclopédie historique préférée pour, déjà, en savoir un peu plus ...

[1] Henri LERNER, Catroux, Albin Michel, Paris, 1990
[2] idem, pp. 38-39
[3] idem, pp. 26-27
[4] idem pp. 22-23
[5] D'après le Petit Mourre : "Militant radical, Herriot fut élu maire de Lyon en 1905 et conserva cette charge jusqu'à sa mort. Sénateur "1912/19) puis député du Rhône (1919-57), il dirigea le Cartel des gauches, qui l'emporta sur le Bloc national aux élections de 1924 [...] Herriot constitua un troisième cabinet qui ne dura que quelques mois, après la victoire de la gauche aux élections de 1932. Elu président de la Chambre après la victoire du Front populaire [...] Elu à l'Assemblée constituante de 1945, il redevint président de l'Assemblée nationale (1947/54)"
[6] D'après le Petit Mourre : "Il fut attiré dans la vie politique par Briand, qui le prit comme ministre de l'Instruction publique (1915/16). Ministre de la Guerre dans le cabinet Ribot (mars/sept. 1917), Painlevé devient président du Conseil (sept./nov. 1917) mais fut renversé à la suite des campagnes de Clemenceau [...]. Républicain socialiste, Painlevé participa en 1924 à la fondation du Cartel des gauches. Président de la Chambre (1924/25), il revint à la tête du gouvernement en avr. 1925. [...] Il fut ensuite ministre de la Guerre presque sans interruption de 1925 à 1929, fit voter la loi du 31 mars 1928 fixant à un an la durée du service militaire et prit les premières décisions concernant la ligne Maginot."

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Républicains de gauche

Un instituteur ...

"Nous allons nous entretenir aujourd'hui d'une époque [à laquelle] nous devons tout ce que nous avons : je veux parler de la Révolution de 1789 [...]
Je pense ne surprendre personne ici en déclarant que moi, enfant du peuple comme vous tous, je suis un admirateur de cette Révolution, qui a tout fait pour la classe à laquelle nous appartenons. Partisan résolu des principes ineffaçables contenus dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, je ferai tout mon possible pour arriver à les faire connaître, ces principes devant former le catéchisme de tout républicain [...]
[La République] a fait de grands efforts pour rendre les lois plus justes, et pour que les charges soient également réparties entre tous les citoyens. Elle a surtout cherché à améliorer le sort du peuple, de l'ouvrier, de ce qu'on a l'habitude d'appeler le petit."
Conférence populaire prononcée par l'instituteur d'une commune du Loir-et-Cher (167 habitants) en 1899, publié par J. OZOUF, Nous les maîtres d'école, Paris 1967.

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