Discours de Gambetta

Discours de Gambetta à la réunion des Comités républicains à Bordeaux (le 26 juin 1871) :

 "Il n'y a de politique vraiment sage, vraiment féconde, que celle du pôle républicain.

 Il ne faut pas nous laisser détourner du droit chemin ni par les calomnies ni par les injures; et j'ai la conviction que, si nous voulons tenir bon et rester au poste, si nous voulons incessamment, sur toutes les questions posées, produire les solutions républicaines, nous arriverons à démontrer bientôt, sur toutes les questions posées que nous valons mieux que les injures, que nous sommes un parti de gouvernement capable de diriger les affaires, le parti de l'intelligence et de la raison, et que c'est parmi les hommes se réclamant de nos principes qu'on trouvera vraiment les garanties de science, de désintéressement et d'ordre, sans lesquelles un gouvernement n'est qu'une affaire au profit de quelques uns.

 Aux plus sages ! aux plus dignes ! Parfaitement ! c'est une gageure qu'on doit accepter. Ce n'est pas une formule nouvelle pour des républicains : c'est leur dogme, de ne voir attribuer les fonctions publiques qu'au mérite et à la vertu.

 Oui, quelque calomniés que soient aujourd'hui les hommes et les principes de la Révolution française, nous devons hautement les revendiquer, poursuivre notre œuvre."

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Texte Libre

Citoyen, citoyenne,

Vous trouverez ici quelques contributions visant à participer humblement aux débats concernant la "chose publique" et la vie de la "cité".

Pourquoi ? Parce que la politique n'est pas une activité abstraite réservée à une élite, mais bien un processus démocratique aboutissant à des décisions qui influencent la vie quotidienne de chacun d'entre nous.

Participez vous aussi, et enrichissez le débat en laissant vos commentaires.

Salut et Fraternité

PS : les articles purement historiques sont regroupés désormais sur le blog http://pagesdhistoire.over-blog.com/

Jeudi 1 octobre 2009
Le 19 septembre se sont tenues les 2ndes Sans-Culottides de Saintonge, à l'initiative de l'association "Les Joyeux Jacobins".

Voir à ce propos :

Sur le site de Réso :
- http://www.resistancesociale.fr/spip.php?article773

 

Sur le site de la chorale populaire de Paris :
- http://www.chorale-populaire-de-paris.com/spip.php?article89

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Dimanche 21 juin 2009

Un article du Monde (http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/05/20/plaider-coupable-la-reforme-au-rabais-d-une-justice-gestionnaire_1195956_3224.html) évoque le fait que "Le comité Léger, qui doit rendre fin juin ses recommandations pour réformer le Code pénal, devrait proposer d'introduire la procédure du "plaider-coupable" aux assises. Parue dans la presse mardi 20 mai, l'information a par la suite été confirmée anonymement par deux membres du comité." Cette procédure, inspirée du modèle judiciaire anglo-saxon, a été introduite en France par  la loi "Perben 2" du 9 mars 2004, pour les "petits délits", c'est-à-dire ceux impliquant une peine inférieure à cinq ans d’emprisonnement.
L'extension de cette procédure peut être perçue comme une régression, mais encore comme une négation de l'esprit cartésien, dans la manière de rendre la justice. Il s'agit en effet, pour notre esprit français marqué par le cartésianisme, d'une procédure apparaissant comme incongrue - et même possiblement irrationnelle - et qui a été généralement tenue comme telle jusqu'en 2004 et la loi Perben 2.
En effet, il n'est pas raisonnable de demander à un individu d'affirmer s'il est ou s'il n'est pas coupable de tel ou tel fait qu'on lui reproche, mais il est bien plus rationnel de demander à la société de prouver la culpabilité, ou d'établir l'innocence d'un prévenu. Pourquoi ? Parce que, pour espérer des allègements de peine, pour protéger une personne chère, ou pour toute autre raison qui lui est propre, un prévenu peut se déclarer coupable d'un délit ou d'un crime auquel il est en réalité étranger.
On peut donc s'inquiéter légitimement d'une éventuelle généralisation du "plaider-coupable", qui va conduire à infliger des peines, injustement, à des personnes qui ne les méritent pas.
C'est pourquoi le plaider-coupable n'est pas rationnel, et ne devrait ni s'implanter ni se généraliser dans un pays comme le nôtre, où devrait toujours prévaloir une certaine conception de la rationalité ...On peut sans doute soutenir que Descartes a bien proposé de se servir de la raison pour affronter l’irrationnel, et que cela a marqué notre manière de penser, et par conséquent jusqu'à la conception de nos institutions, y compris judiciaires. Il ne faudrait pas qu'aujourd'hui on s'écarte trop de cette rationalité, et tout particulièrement dans le domaine judiciaire, parce que cela aurait des conséquences importantes, et potentiellement tragiques.

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Samedi 20 juin 2009

Des articles récents dans la presse nationale ont conduit JPC à effectuer une mise au poins à propos de la réussite actuelle au bac d'une part et de l'objectif de faire parvenir 80% d'une classe d'âge au niveau du bac d'autre part. Nous reproduisons tel quel le communiqué de JPC, car il est extrêmement clair et pertinent. Aussi, autant laisser l'original que de retravailler un texte qui, finalement, dirait la même chose mais avec moins d'efficacité.

"80% d’une classe d’âge au niveau du bac ? Une exigence républicaine

Communiqué de presse de Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de l'éducation nationale, sénateur du Territoire de Belfort, vendredi 19 juin 2009.


Comme Ministre de l’Education Nationale, et de concert avec Roland Carraz, Secrétaire d’Etat aux enseignements technologiques, j’ai entrepris de promouvoir l'enseignement technologique et professionnel par une loi votée en novembre 1985 (n°85-1371), qui crée notamment les baccalauréats professionnels. Cette loi répond à l'objectif de 80% d'une classe d'âge atteignant le niveau du baccalauréat en l'an 2000.

Or une confusion regrettable semble persister entre le nombre de jeunes poursuivant leurs études jusqu’au « niveau du bac », en gros à l’âge de 18 ans, et le nombre de bacheliers, confusion relayée par un certain nombre d’articles parus dans la presse cette semaine.

Le fait que 64% d’une même génération décroche le bac est indépendant de l’objectif des « 80% au niveau du bac ». Tout dépend du niveau d’exigence qu’à mon sens il faut maintenir pour concilier la quantité et la qualité. Comme le disait Paul Langevin à la Libération : « L’Ecole doit assurer la promotion de tous, et la sélection des meilleurs ».


L’augmentation du flux de lycéens de 1984 à 1995 a résulté d’une volonté politique progressiste, celle d’une gauche républicaine, soucieuse de l’intérêt du pays. La création des baccalauréats professionnels y a certes contribué (127 000 candidats cette année), mais elle n’y aurait pas suffi (le total des candidats en 2009 a atteint 622 000 dont 331 000 au baccalauréat général). La décentralisation de la construction des lycées au niveau des régions, résultant de la loi votée en novembre 1985, a également joué un rôle important dans la promotion des études longues en modernisant et renouvelant le parc de nos lycées.

Ce n’est pas seulement le Japon, mais pratiquement tous les grands pays développés qui, au milieu des années 80, avaient déjà atteint l’objectif des 70 à 80% de jeunes ayant fait des études jusqu’à l’âge de 18 ans. C’est cette considération qui, en 1984, m’a paru déterminante. Ma prétendue « fascination » pour le Japon qui, à bien des égards d’ailleurs (enseignement supérieur, recherche) mériterait de servir d’exemple, est anecdotique.

La politique volontariste que j’ai menée a porté ses fruits jusqu’en 1995. Elle a représenté un progrès incontestable que traduit aujourd’hui le doublement du nombre de lycéens et d’étudiants par rapport à 1985. Là comme ailleurs, c’est l’intérêt du pays qui commande.

Le problème posé depuis 1996, c’est la stagnation du nombre d’élèves parvenant au niveau du bac, c'est-à-dire poursuivant des études longues jusqu’à 18 ans. La solution n’est pas de faciliter l’accès au bac par un rabais d’exigence, mais de revaloriser les filières qui doivent l’être : baccalauréats technologiques et professionnels d’abord, en leur accordant les moyens en personnels et en locaux qu’ils méritent, filière littéraire ensuite, injustement négligée et qui a impérativement besoin d’être renforcée, car elle aussi répond à un besoin social incontestable."
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Mercredi 10 juin 2009

Sur Public Sénat, le 8 juin 2009, l'avis, simple et évident, de Jean-Pierre Chevènement (président du MRC) : "Je le dis à mes amis socialistes : il est temps de se reprendre [...]. Il faut que les partis socialistes renouent avec l'idée républicaine de la Nation [...] Je suis pour une refondation républicaine [...] naturellement, c'est un travail immense, mais il faut un électrochoc. Comme par exemple ce qui a été fait à Epinay il y a près de 30 ans."
A écouter sur http://www.chevenement.fr/Abstention,-crise-de-l-Europe,-crise-de-la-gauche-le-point-de-vue-de-Jean-Pierre-Chevenement_a807.html

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Mercredi 13 mai 2009

Je ne peux que vous inviter, en cette période électorale, à relire L'Europe contre la gauche de Georges Sarre [1] et La Faute de M. Monnet de Jean-Pierre Chevènement [2].

La Faute de M. Monnet pour le portrait utile de Jean Monnet que dresse Jean-Pierre Chevènement. Le retour sur la volonté de Jean Monnet de créer une Fédération européenne, en mettant en place dès le projet de CECA une évolution ancrée sur la libéralisation et la supranationalité [3]. Jean-Pierre Chevènement y développe aussi ses propres propositions d'un recentrage européen, d'un gouvernement économique de la zone euro, sa volonté de consentir à des délégations de compétence mais en des domaines précisément ciblés, avec un véritable contrôle démocratique et en conservant toujours une possibilité de révocation, ou bien encore l'idée que "l'idée républicaine et l'idée européenne ne sont pas incompatibles dans la durée [4]", mais à condition de suivre une autre voie de construction. De nombreux passages de l'ouvrage méritent qu'on s'y attarde, mais c'est aussi le cas pour la citation de Dominique Strauss-Kahn qui y est insérée, et qui fait le constat d'une "Union européenne malade de son déficit démocratique [5]"  ...

L'Europe contre la gauche en ce que Georges Sarre affirme : "Nous ne sommes pas anti-européens, mais ce que nous avons toujours refusé, car cela ne date pas de 1992, c'est que le mythe de l'Europe nous empêche de penser, de vouloir et d'agir à gauche [6]"; puis qu'après avoir retracé les combats qu'il a mené depuis son adhésion à la SFIO en 1964, la création du CERES, la fondation du MDC et du MRC, il invite les républicains de gauche à la mobilisation. 
Je ne vous cache pas, avant d'aller plus avant, que j'en aime le style, car Georges Sarre a une plume de qualité, associée au sens de la formule qui fait mouche. C'est un essai politique mais que l'on goûte aussi pour sa forme.
Ensuite, et surtout, il y a incontestablement du fond. Et, ce fond, avec le recul, s'est même sans doute bonifié. On aurait pu croire, que depuis 2005, une partie du contenu de l'ouvrage paraitraît daté. En réalité, il n'en est rien, hormis le fait que certains acteurs ont été remplacés par d'autres. Mais le théâtre est le même, et, bien des traits se sont trouvés encore confirmés par l'expérience politique ouverte en 2007.
La réflexion sur "Le discours de l'identité : un discours de compensation" développé comme paliatif pour "combler les inquiétudes des Français relatives à la perte de la souveraineté nationale" a trouvé, depuis, une plus grande justification avec l'exacerbation de ce discours identitaire. Les artifices de la "gouvernance" ou de la rhétorique de la "proximité", sont, déjà, clairement dénoncés comme masquant en réalité le refus de gouverner réellement - en particulier au niveau européen - mais de se comporter en gestionnaires, ou bien encore un défaut de véritable représentation politique. Le passage sur "L'ère du mensonge et du renoncement", ouverte en 1983, à l'époque de la "parenthèse libérale" et du choix fait par François Mitterrand de privilégier le projet européen sur le programme socialiste, n'a rien à voir avec la langue de bois et vaut le détour ...
On trouve, dans ce petit livre, quelques remarques plus communes, sans doute, sur l'Europe servant d'alibi aux politiques libérales, mais aussi des rappels revigorants sur ce qu'est la gauche, sur ce qu'est la nation, sur les liens intrinsèques entre la France et la gauche, sur l'évolution menant du CERES au MRC, etc.
L'ouvrage fait le constat que l'Europe puissance n'est souhaitée que par la France - constat partagé par beaucoup - mais aussi que "La construction européenne" [on peut sans doute indiquer : telle qu'elle a été conçue] "interdit définitivement le progrès social", puisque même lorsque des socialistes ont été au pouvoir, ils n'ont pu réorienter cette construction dans un sens social.
Enfin, on trouve une clé de lecture à prendre en considération à propos de ce qui s'est passé depuis l'automne dernier autour de la gauche républicaine (on rappelle que le texte date de 2005 mais que je le cite pour les mêmes raisons précisées plus haut, c'est-à-dire qu'il reste d'actualité) : "On lit, ici et là, que le créneau du républicanisme de gauche serait enfin libéré [...] certains ne se cachent même pas de vouloir l'occuper, [...]" [7] Certains événements que l'on constate depuis l'automne dernier ne prennent-ils pas sens en relisant ces mots ?
Georges Sarre poursuit son propos par cette invite :  "La gauche républicaine est l'avenir de la gauche. C'est une belle idée, une grande ambition, qui permettra à la France de renouer avec son Histoire ! Oui, décidément, rien n'est perdu ! Tout est à faire ... [8]"
 
[1] Jean-Pierre Chevènement, La faute de M. Monnet, coll. "L'idée républicaine", Fayard, 2006
[2] Georges Sarre, L'Europe contre la gauche, Eyrolles, 2005
[3] Jean-Pierre Chevènement, La faute de M. Monnet, coll. "L'idée républicaine", Fayard, 2006, pp. 27-28
[4] idem, p. 145
[5] idem, p. 42
[6] Georges Sarre, L'Europe contre la gauche, Eyrolles, 2005, p. 87
[7] Georges Sarre, L'Europe contre la gauche, Eyrolles, 2005, p. 164 
[8] Georges Sarre, L'Europe contre la gauche, Eyrolles, 2005, p. 178

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Dimanche 10 mai 2009

Georges SARRE vous donne rendez-vous, pour une réunion publique à ne pas manquer, avec Jean-Yves AUTEXIER, Michel CHARZAT, Marie-Noelle LIENEMANN, dans le XIème arrondissement (68, av Philippe Auguste).

Oui, il existe encore des hommes et des femmes politiques engagés pour la République sociale. C'est le point commun des orateurs de cette soirée. L'une est au PS, deux sont au MRC, l'un est indépendant, engagé dans l'association 'la gauche avant tout'. Ils dépassent les horizons de leurs organisations respectives et proposent du 'neuf', à 'gauche', contre la 'crise'.

Dans la très grave crise économique et sociale que nous traversons, la Gauche doit trouver au plus profond de ses idéaux la force de se hisser à la hauteur de l'enjeu pour proposer une véritable alternative à la mondialisation libérale. Elle doit pour cela repousser toutes les tentations au renoncement et avoir le courage de proposer une puissance publique réhabilitée, adossée à une citoyenneté relevée, dans une France fière de son modèle républicain et une Europe respecteuse des peuples, protectrice, coopérative.

D'horizons différents, de partis et organisations diverses, les orateurs partagent cette orientation fondamentale et débattront, en toute liberté, de cette gauche d'avenir que nous avons la responsabilité de construire.

Venez donner votre avis. Encouragez cette initiative. Participez à cette réunion publique !

Ne pas manquer !


Réunion publique, mardi 12 mai,
sur le thème "La Gauche, la Crise, le Neuf"

présidée par Jean-Yves AUTEXIER,
avec Michel CHARZAT, Marie-Nolle LIENEMANN et Georges SARRE

19H30, au gymnase du 68 avenue Philippe-Auguste, dans le XIeme
(Métro Alexandre-Dumas, Avron, ou Rue des Boulets)

 

Source : lettre électronique du blog de Georges SARRE
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Jeudi 9 avril 2009

Le SNES 17 demande de diffuser largement :

"Faire du 1er Mai un nouveau temps fort de mobilisation.
Les organisations syndicales CGT, CFE-CGC, CFTC, CFDT, FO, FSU, Solidaires, UNSA, appellent à une mobilisation unitaire le 1er mai 2009.
L’augmentation du nombre de chômeurs, la baisse significative de la consommation, l’incertitude grandissante sur l’activité des entreprises témoignent de la gravité de la crise qui frappe un nombre croissant de salariés sans que nul ne puisse aujourd’hui en prédire la durée.
Les mobilisations viennent d’obliger le gouvernement à agir sur les stock-options et les rémunérations exceptionnelles des dirigeants d’entreprise lorsque ces dernières ont reçu des aides publiques directes. Sur la question de la redistribution des richesses produites, le décret annoncé bien qu’insuffisant est un début de remise en cause du système actuel. Elle laisse cependant de côté l’essentiel des revendications du 5 janvier 2009 portées par les mobilisations du 29 janvier et du 19 mars 2009.
Gouvernement et patronat doivent rapidement mettre en œuvre les mesures déjà prises et engager les négociations et les concertations pour répondre à l’ensemble des revendications.
C’est pourquoi, dans la suite des journées du 29 janvier et du 19 mars et dans ce contexte exceptionnel, les organisations syndicales s’entendent pour faire du 1er Mai un nouveau temps fort de mobilisation pour peser sur le gouvernement et le patronat.
L’intersyndicale des Unions Départementales, CGT, CFE-CGC, CFTC, CFDT, FO, FSU, Solidaires, UNSA, appellent à un rassemblement le plus large possible et sur l’ensemble de notre département, le 1er mai prochain.

Les lieux de rassemblement seront « La Rochelle, Rochefort, Saintes et Jonzac »
- Pour La Rochelle rassemblement place de Verdun à 10 heures
- Pour Rochefort rassemblement place Colbert à 10 heures
- Pour Saintes, rassemblement Palais de Justice à 10 heures
- Pour Jonzac, rassemblement Jardin Public à 10 heures"

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Jeudi 26 mars 2009

Poursuivant mon exploration des ouvrages historiques d'Henri Lerner, et après avoir déjà proposé un "avis" de lecture de son ouvrage sur Emile MAYER (1851-1938), un « pur produit de l’esprit républicain » (selon les propres dire d'Henri LERNER), puis avoir réinvesti un certain nombre de passages de son De Gaulle et la Gauche dans des articles sur les gaullistes de gauche, je me penche désormais sur son Catroux[1], publié en 1990 chez Albin Michel, avec une préface de Jean Lacouture. Pour le contenu historique, j'ai assez pu apprécier l'enseignement d'Henri Lerner en tant qu'étudiant pour savoir la solidité de l'érudition, mais ici je constate, après une première lecture en diagonale, que la qualité purement littéraire de l'ouvrage est elle aussi excellente.

La présentation du père de Georges Catroux est déjà fort intéressante :
"Le père [2] du général [Catroux] fut sans nul doute un bon officier, pourvu des plus belles qualités militaires, ayant acquis de bonnes manières et complété son instruction élémentaire par un travail acharné. Homme de principes sévères, intelligent, exigeant beaucoup de lui-même, mais aussi des autres, ne plaisantant jamais avec les obligations de service, il poussait l'énergie jusqu'à la rudesse et pratiquait, non sans excès, le culte du devoir [...] En revanche un certain penchant pour la sociabilité l'amena parfois à s'intéresser à la vie mondaine : en garnison à Limoges, cet homme, chez qui on s'attendait à trouver un ours mal léché, se révéla un hôte accompli.
Son caractère était celui d'un militaire républicain aux fermes convictions. Intellectuellement, c'était un esprit curieux qui, peu sensible à la culture artistique et littéraire, était plutôt attiré par les sciences et les mathématiques, comme en témoigne le soin qu'il prit de meubler ses loisirs par l'étude de la physique, et la passion qu'il apportait à résoudre des problèmes de mathématiques. Politiquement, c'était un Bleu de l'Ouest qui détestait les Bonaparte et vouait une hostilité foncière à l'Eglise catholique, sans que sa carrière ait eu à souffrir de ses opinions. Le moins qu'on puisse dire est qu'il n'appartenait pas à la même famille spirituelle que celle du professeur Henri de Gaulle et, s'il avait lui aussi une certaine idée de la France, celle-ci restait inséparable de la République et de la démocratie. Cependant, l'un comme l'autre auraient pu se réclamer de la même intransigeance quant au sens du devoir et au culte de la patrie, mais le colonel Catroux n'eût pas songé à se référer à la France glorieuse, transcendant l'histoire au-dessus de toutes les discordes civiles, telle que pouvait la concevoir un monarchiste de regret. Sa France à lui était celle de la Liberté, de l'Egalité, de la Fraternité, et pour lui ces trois vertus patriotiques se confondaient avec la République."

Le premier chapitre de l'ouvrage, intitulé "Un grand seigneur de la République" présente l'intérêt de la carrière de Georges Catroux. Quelques extraits significatifs :
"Compagnon de Lyautey et de De Gaulle [3]
En dépit des différences de tempérament, de milieu familial et de formation intellectuelle qui le séparaient de Lyautey comme de De Gaulle, il put se flatter d'être un de ceux qui les ont le mieux compris, et ce fut assurément un de ses plus beaux titres de gloire que d'avoir réussi à se faire apprécier de l'un comme de l'autre, et à devenir leur collaborateur et ami.
Avec Lyautey, les rapports, sans être faciles - mais comment auraient-ils pu l'être ? - , furent, vingt-cinq années durant, scandés par l'alternance de brouilles à répétition et de démonstrations d'amitié. [...] Non que Catroux ait fait partie des collaborateurs qui entourèrent constamment le Maréchal [...] Il fut à ses côtés aux deux extrémités de sa carrière marocaine [...] Mais Lyautey, qui savait pouvoir se faire comprendre de Catroux en qui il avait toute confiance, le considéra comme l'un de ses disciples dont il se sentait le plus proche, et souligna lui-même "la véritable joie intellectuelle" qu'il éprouvait à travailler avec lui. Cette intimité du coeur et de l'esprit dura jusqu'à la mort du Maréchal en 1934, si l'on en juge d'après les lettres empreintes de confiance et d'abandon, que ce dernier continua à lui adresser du fond de sa retraite lorraine.
De Lyautey, brièvement servi mais attentivement suivi, Catroux retint l'exemple et proclama hautement la dette qu'il avait contractée envers celui "qui avait versé quelques gouttes de son cerveau dans son esprit." [...]
Pour avoir été aussi mouvementées, les relations qu'il entretint avec De Gaulle furent d'une autre nature. Pouvait-on rêver au début du siècle deux jeunes officiers plus dissemblables, l'un tourné vers la métropole, tandis que l'autre semblait le type accompli de l'officier colonial ? Il fallut les hasards de la captivité en Allemagne durant la guerre de 1914-1918 au camp d'Ingolstadt pour les réunir, mais s'ils apprirent alors à se connaître et à s'estimer assez pour maintenir leurs relations, au moins par la pensée jusqu'en 1939, tous deux restaient encore fort éloignés l'un de l'autre [...]
Tout se noua entre eux pendant l'été 1940, lorsque leur réaction commune devant le drame national forgea un lien indestructible. A l'heure où l'Armée française était profondément imprégnée du mythe Pétain, Catroux comprit que de Gaulle incarnait la légitimité française et, de tous les chefs militaires de haut rang, il fut le seul à se rallier aussitôt et à se mettre spontanément à ses ordres. Ce général d'armée habitué aux grands commandements sut alors s'élever assez haut pour faire passer les intérêts de la France avant sa situation personnelle en se mettant sous la direction de celui qui lui était hiérarchiquement inférieur mais "qui était investi à ses yeux d'une mission qui ne se hiérarchisait pas". Comme il l'expliqua en vain à Giraud pour l'inciter à suivre son exemple, il avait reconnu que de Gaulle étant la France, avait reçu une délégation nationale pour rassembler et unir les Français dans la guerre. Son comportement fit alors de lui, au sens le plus noble du terme, un gaulliste authentique et un fidèle compagnon. Jamais de Gaulle n'oublia ce geste exceptionnel qui scella la "déférente amitié" qu'il lui porta jusqu'à la fin de la vie."

"Aristocrate de style, républicain de formation [4]
S'il fut, par ses manières et son allure, sinon par sa naissance, un homme de haute qualité, il n'en demeura pas moins formement attaché à la République [...] Eut-il vraiment des convictions politiques nettement affirmées ? Bien que certaines de ses amitiés eussent nom Herriot [5], Painlevé [6] et Paul Boncour, il n'avait rien d'un général politicien. Tout en sachant bien qu'un chef militaire avait intérêt à pouvoir compter sur des appuis politiques, les rapports qu'il entretint avec ces milieux se situaient exclusivement sur le plan de l'amitié personnelle, et il serait absurde de voir en lui un général de gauche, politicien radical et franc-maçon. Mais sa fréquentation des hommes politiques lui permit d'acquérir une vaste expérience du gouvernement et peut-être même en tira-t-il un certain scepticisme. En somme, ce républicain très sûr, capable de nouer des amitiés éclectiques dans tous les milieux, hormis ceux de l'extrême-gauche et de l'extrême-droite, ne formulait aucune réserve à l'égard du régime et pratiquait la loyauté envers un pouvoir civil dont il admettait la primauté. On serait plus près de la réalité en le classant parmi les libéraux, indéfectiblement attachés aux valeurs démocratiques et à la société égalitaire issue de la Révolution."

En attendant un véritable article, qui viendra remplacer ces courtes citations, je vous invite à vous pencher sur votre encyclopédie historique préférée pour, déjà, en savoir un peu plus ...

[1] Henri LERNER, Catroux, Albin Michel, Paris, 1990
[2] idem, pp. 38-39
[3] idem, pp. 26-27
[4] idem pp. 22-23
[5] D'après le Petit Mourre : "Militant radical, Herriot fut élu maire de Lyon en 1905 et conserva cette charge jusqu'à sa mort. Sénateur "1912/19) puis député du Rhône (1919-57), il dirigea le Cartel des gauches, qui l'emporta sur le Bloc national aux élections de 1924 [...] Herriot constitua un troisième cabinet qui ne dura que quelques mois, après la victoire de la gauche aux élections de 1932. Elu président de la Chambre après la victoire du Front populaire [...] Elu à l'Assemblée constituante de 1945, il redevint président de l'Assemblée nationale (1947/54)"
[6] D'après le Petit Mourre : "Il fut attiré dans la vie politique par Briand, qui le prit comme ministre de l'Instruction publique (1915/16). Ministre de la Guerre dans le cabinet Ribot (mars/sept. 1917), Painlevé devient président du Conseil (sept./nov. 1917) mais fut renversé à la suite des campagnes de Clemenceau [...]. Républicain socialiste, Painlevé participa en 1924 à la fondation du Cartel des gauches. Président de la Chambre (1924/25), il revint à la tête du gouvernement en avr. 1925. [...] Il fut ensuite ministre de la Guerre presque sans interruption de 1925 à 1929, fit voter la loi du 31 mars 1928 fixant à un an la durée du service militaire et prit les premières décisions concernant la ligne Maginot."

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Vendredi 20 mars 2009

Dans le dernier numéro du Délégué de l'Education nationale, revue de la Fédération des Délégués Départementaux de l'Education nationale [1], on trouve un article à la fois accessible, clair et précis sur les rythmes scolaires et leurs conséquences concernant les apprentissages. En deux pages, il n'est pas possible de faire le tour du sujet, néanmoins les propos de François TESTU, doyen de l'UFR Arts et Sciences humaines à l'Université François Rabelais de Tours, méritent d'être relevés et connus.
Il ne s'agit pas, ici, de reprendre l'intégralité de l'article : j'y renvoie les lecteurs. Mais je vous propose quelques extraits éclairants, introduits par les mots "entretien in Le délégué". Les titres placés en tête de chaque citation sont de l'auteur du blog et non pas de l'auteur de l'article. J'espère qu'ils collent néanmoins assez correctement à l'esprit des citations. Me signaler toute correction nécessaire à ce propos. Comme d'habitude, je sollicite tout avis ou commentaire éclairant le sujet.
Dans plusieurs numéros récents de La Revue des parents, Le magazine de la FCPE, un certain nombre d'articles, s'inspirant parfois des travaux de François TESTU, mais aussi citant la position de Claire LECONTE, chercheuse en psychologie de l'éducation et présentée comme spécialiste de l'aménagement des temps scolaires à l'Université de Lille III, permettent de donner des éclairages complémentaires et des témoignages concrets. Aussi des extraits de ces articles sont placés après les citations retenues, introduits par les mots "La revue des parents"

- à l'intérieur d'une journée :
entretien in Le délégué : "[...] Aujourd'hui, grâce aux travaux de chronopsychologie scolaire, il est possible de considérer que l'activité intellectuelle des élèves ainsi que les comportements d'adaptation à la situation scolaire fluctuent au cours de la journée et de la semaine. Au cours de la journée, la fluctuation est généralement la suivante : après un "creux" de la première heure de classe (entre 8 et 9 heures), le niveau de performance s'élève jusqu'en fin de matinée où se situe un pic (entre 11 et 12 heures), s'abaisse après le déjeuner puis s'élève plus ou moins selon l'âge au cours de l'après-midi. [...] Il existerait donc, indépendamment de l'origine des enfants et des modes de vie, deux moments reconnus comme difficiles : les débuts de matinée et d'après-midi."
La Revue des parents [2] : "Il faudrait concentrer les temps d'apprentissage au moment où l'enfant est le plus attentif, c'est-à-dire en fin de matinée ou en fin de journée".

- dans la semaine :
entretien in Le délégué : "Le lundi est non seulement un jour de faibles résultats, mais en plus il se produit un phénomène de désynchronisation qui se manifeste par un niveau de performance faible et une rupture de la rythmicité [...] Ce phénomène perdure jusqu'au mardi matin lorsque le week-end comprend deux jours et ne s'observe pas le jeudi qui suit également un congé."

- le rythme veille-sommeil
entretien in Le délégué : "Le rythme veille-sommeil doit être respecté en priorité. Du respect de sa durée, de sa qualité, de sa régularité au fil des nuits, dépendent l'adaptation des comportements à la situation scolaire mais également extra-scolaire (vacances, congés) et périscolaire (autour de la journée), et par voie de conséquence, le niveau de vigilance et les performences intellectuelles. [...] En aucun cas on ne devra considérer un grand dormeur comme un "paresseux" !"
La Revue des parents [3] citant Claire LECONTE : "Les enfants ne sont pas comme les adultes. S'il y a un décalage dans l'heure du coucher, ils mettent longtemps à s'adapter ou à rattraper le sommeil perdu. C'est physiologique, on n'y peut rien".

- effets de la supression du samedi matin :
entretien in Le délégué : "L'application de la semaine de 4 jours "secs" non seulement génère une inversion de la rythmicité journalière classique, signe de désynchronisation, le lundi, mais en plus elle est accompagnée d'une baisse du niveau de performance."
La Revue des parents [4] : "Les deux jours de week-end déstructurent totalement le rythme biologique [des enfants] confirme Claire Leconte, professeur des universités en psychologie de Lille III et chercheuse en chronobiologie. La mauvaise tendance va être de décaler le coucher du soir quand ils n'ont pas d'école le lendemain. Or, c'est l'erreur à ne pas commettre. Les mettre au lit tardivement, c'est les priver d'une partie du sommeil profond qui intervient en début de nuit et qui est responsable de la récupération physique et musculaire et le moment capital où l'hormone de croissance est secrétée."
La Revue des parents [5] : "Deux rapports de l'Inspection générale de l'Education nationale de 2000 et 2002 émettaient clairement des réserves sur cet emploi du temps "confortable socialement" mais peu probant en termes d'apprentissage scolaire. Ils préconisaient ainsi la semaine de cinq jours comme étant "plus favorable à la continuité éducative, à la répartition équilibrée des charges de travail et au respect des rythmes biologiques."

- une problématique concernant l'aide personnalisée :
entretien in Le délégué : "[...] comment l'organiser temporellement lorsque l'on sait que début et fin de journée, période de l'interclasse de midi ne sont guère des moments favorables aux apprentissages plus poussés ?"
La Revue des parents [6] : "Les heures d'aides individualisées doivent être placées à des moment propices et non sur la pause du midi de manière à ne pas stigmatiser les enfants qui en ont besoin".

- les bonnes pistes :
Le délégué : "[proposer] de la classe le mercredi matin ou bien tout simplement [rétablir] le samedi matin pour les plus âgés du cycle élementaire"

[1] Entretien de Jean Moreau avec François Testu, in Le délégué de l'Education nationale, revue de la Fédération des Délégués Départementaux de l'Education nationale, n° 218, mars 2009, pp. 12-13
[2] et [6] Marianne PEYRI, "Opter pour le mercredi matin", in La Revue des parents, Le magazine de la FCPE, n°362, février 2009, p. 24
[4] Alexandra DEFRESNE, "Comment compenser les effets néfastes du samedi libéré ?", in La Revue des parents, Le magazine de la FCPE, n°361, décembre 2008, pp. 12-13
[3] et [5] Marianne PEYRI, "La capacité d'attention d'un enfant ne peut pas dépasser 4h30 par jour", in La Revue des parents, Le magazine de la FCPE, n°362, février 2009, pp. 22-23

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Dimanche 18 janvier 2009

L'Information géographique de décembre 2008 livre un article de Cyprien Richer intitulé "Questions vives pour la géographie de l'intercommunalité [1]". Une bonne base de départ pour une réflexion citoyenne sur l'état de l'intercommunalité aujourd'hui, à condition de ne pas s'en tenir ici à la "neutralité convenue" du travail universitaire, mais de la confronter avec des éléments plus politiques, au bon sens du terme.

C'est pourquoi, en tirant la substantifique moëlle de l'article, je vous propose de la mettre en relation avec les débats actuels sur la simplification de l'organisation territoriale (comité pour la réforme des collectivités locales, présidé par Edouard Balladur), mais aussi avec les positions de l'instigateur de la loi de 1999 sur "la coopération intercommunale" [2] (Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l’Intérieur entre 1997 et 2000). Or, le calendrier fait bien les choses, puisque Jean-Pierre Chevènement, désormais sénateur du Territoire de Belfort vient d'être auditionné, le 14 janvier 2009, dans le cadre de la mission du Sénat sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales [3].

Tout d'abord : qu'est-ce que l'intercommunalité ? Sur le site de l'AdCF (Assemblée des Communautés de France), on trouve la définition suivante :

"Définition de l'intercommunalité
  Quelques repères

L'intercommunalité est le rassemblement institutionnel de plusieurs communes qui partagent un projet de développement et mettent en commun pour sa réalisation leurs moyens et ressources dans un souci d'efficacité de la gestion publique.[...]
Il existe trois catégories de communautés :

- la communauté urbaine (elle constitue un ensemble d'un seul tenant et sans enclave de plus de 500 000 habitants),
- la communauté d'agglomération (elle constitue un ensemble de plus de 50 000 habitants d'un seul tenant et sans enclave autour d'une ou plusieurs communes centre de plus de 15 000 habitants.
- la communauté de communes ([...] elle doit regrouper regroupant plusieurs communes d'un seul tenant et sans enclave. Elle correspond à des territoires plutôt ruraux mais instaure une coopération intercommunale forte sur des axes essentiels de la vie locale).

Elles sont toutes dotées d'une fiscalité propre.
Les communautés de communes peuvent adopter une fiscalité additionnelle sur les 4 impôts directs locaux (taxe professionnelle, taxe d'habitation, deux taxes foncières: foncier bâti et foncier non bâti) ou choisir la taxe professionnelle unique (TPU).
Les communautés urbaines et d'agglomération sont, depuis la loi du 12 juillet 1999, de droit sous le régime de la taxe professionnelle unique.
Les communautés à taxe professionnelle unique gardent néanmoins la faculté d'adopter une fiscalité additionnelle sur les ménages (fiscalité mixte). [4]"


Pour Jean-Pierre Chevènement, il faut revoir en partie les seuils existants et "simplifier les outils de l’intercommunalité :
a) étendre aux grandes agglomérations (plus de 250.000 habitants) le statut de « communauté urbaine » (CU) ;
b) maintenir au-dessus (entre 50.000 habitants et 250.000 habitants) les communautés d’agglomération (CA) ;
c) réserver aux petites villes et au milieu rural le statut des communautés de communes (CC). Les cinq syndicats d’agglomérations nouvelles (SAN) devraient donc disparaître (au profit de CA ou de CC).[5a]
En outre, il propose d'inciter les plus petites communautés de communes à se grouper pour franchir le seuil des 10 000 habitants; mais encore d'appliquer une règle spécifique à la région parisienne : par exemple constituer une seule communauté urbaine, ou sinon penser à la Région Ile-de-France [5b].

Le géographe Cyprien Richer pointe, dans son article, le succès de l'intercommunalité, puisqu'en 2006 85% de la population française est insérée dans une institution intercommunale à fiscalité propre [6].  Jean-Pierre Chevènement, dans sa récente audition au Sénat, actualise les données : fin 2008, il y a au total 2.583 EPCI, groupant 33.600 communes, soit 92 % du total et 87 % de la population française [7]. L'AdCF propose sur son site internet une carte de l'intercommunalité [8]. Mais si Cyprien Richer souligne le succès de l'intercommunalité, c'est pour préciser immédiatement que "cette transformation profonde de l'architecture administrative française paraît cependant poser plus de questions qu'elle ne parvient à en résoudre. [9]"

L'idée intercommunale est ancienne, les premières "ententes intercommunales" remontent à 1837 [10]. Toutefois, les deux lois qui ont véritablement fait naître l'intercommunalité sont les lois de 1992 et 1999. L'expérience a été souvent promue pour recomposer l'échelon municipal, perçu par les élites comme trop émietté [11], ou pour adapter la réalité française à la "légalité européenne" [12] elle aboutit en réalité à conforter le rôle de la commune. La loi ATR de 1992 a promu l'intercommunalité "au rang de "territoire de projet""  en mettant en place une incitation financière : les regroupements se sont alors construits en fonction "d'affinités partisanes"[13].

Derrière une certaine unanimité ci-dessus relevée au sein des élites pour déplorer l'émiettement communal et sa supposée inadaptation au monde moderne, dénote le positionnement de Martin Vanier, relevé par Cyprien Richer : "Cependant, selon Martin Vanier, le mal territorial français, "idée facile et suspecte", caractérisé par l'émiettement communal, n'est, en fait, qu'une lecture partisane de notre organisation territoriale pour la faire évoluer dans le nouveau contexte européen. La France, d'après lui, n'a pas de raison particulière de "stigmatiser ses compromis institutionnels" puisqu'aucun pays ne peut se vanter d'avoir "trouvé le bon compromis entre l'idéal fonctionnel, les impératifs démocratiques, et les nécessités politiques" (Vanier, 1999) [14]" Pour Jean-Pierre Chevènement, l’EPCI n’est pas une collectivité locale mais plutôt une « Coopérative de communes ». Aussi, l’intercommunalité n’est pas un échelon supplémentaire de collectivité. La France, comme la plupart des pays d’Europe occidentale, a trois niveaux de collectivités : la commune, le département, la région. [15] Nonobstant, suivant Cyprien Richer, puisque la situation actuelle est celle du développement de nouveaux territoires locaux intercommunaux se superposant aux communes ou cantons, sans les faire disparaître, le pouvoir local se trouve complexifié d'une part, et l'analyse ne peut plus être que multiscalaire d'autre part [16].

L'intercommunalité s'est développée prioritairement au sein de régions où les solidarités intercommunales étaient déjà fortes en préalable à tout développement institutionnel. Ainsi, selon José Chaboche "trois arcs [ont été] rapidement couverts, suite à un processus déjà ancien : le Grand ouest, l'arc Rhône-alpin et le Nord-Est [17]", pour les raisons suivantes :
- élus issus des mêmes creusets syndicaux en Bretagne;
- modèle sociopolitique rhénan dans l'arc Rhône-alpin, liant les campagnes au réseau urbain;
- régions industrielles du Nord-Est souhaitant gérer les effets des crises sidérurgiques et minières, après la croissance des années 60
D'une manière plus générale, la constitution d'une identité intercommunale s'élabore sur le long terme. Soit la conscience d'une identité commune préexiste, et dans ce cas l'intercommunalité construit un cadre institutionnel la formalisant, soit cette identité n'existe pas, et elle est à construire par l'instauration d'un fonctionnement solidaire. Pour le premier cas, Cyprien Richer donne en exemple Villefranche-sur-Saône, pour le second cas, il cite le cas du Lunévillois [18].

Malgré l'essor du phénomène intercommunal, le géographe constate que la question de l'intercommunalité a peu passioné ses collègues. Il cite Guy Baudelle (1997) : "l'examen de certains indices laisse à penser que l'intercommunalité est un thème quasi-marginal dans la géographie française [19]"; puis remarque que les dictionnaires de géographie récents oublient de définir le terme "intercommunalité", tout comme la plupart des autres échelons administratifs, peut-être par une aversion disciplinaire persistante envers la géographie politique ou la géopolitique [20]; il note encore qu'une poignée de thèses de géographie ont toutefois porté sur l'intercommunalité [21] ; enfin, il relève qu'entre 1996 et 2006, seule une soixantaine d'articles, dans un corpus de 17 revues géographiques, ont traité de ce thème [22]. D'autres disciplines lui consacrent par contre de nombreux ouvrages : l'intercommunalité intéresse "les sciences politiques, les études administratives et fiscales ou les sciences économiques [23]".

Cyprien Richer s'interroge finalement pour savoir si l'on peut considérer l'intercommunalité comme un nouveau territoire [24] ? Plusieurs territorialités entrent en effet en concurrence : les communes, les pays, les ECPI. La commune comporte un fort ancrage identitaire, alors que l'ECPI n'est perçu que comme une institution de pure gestion. Le pays est lui un "vieux concept", initialiement utilisé en géographie pour désigner un espace porteur d'une cohérence, marqué par une certaine homogénéité. La loi sur les pays de 1995 a fait porter l'accent sur leur "cohésion géographique [25]", mais en maintenant le flou sur leur portée.
Pour Jean-Pierre Chevènement, le Pays n'a plus de raison d'être : "Il serait utile de fondre « les pays » dans les intercommunalités. Les « pays » n’ont pas de réalité institutionnelle. En tant que structures informelles ils n’ont pas d’avenir. Ils sont une source de complexification inutile. Ils doivent donc s’effacer." [26]

Suivant Cyprien Richer, l'intercommunalité semble, aujourd'hui, être plus un outil qu'une identité [27]. En outre, deux facettes de l'intercommunalité entrent parfois en concurrence : l'intercommunalité "de gestion", qui concerne les réseaux et équipement collectifs (électricité, eau, transports) , et l'intercommunalité "de projet" incluant des projets de développement économique et du territoire [28] (en particulier le souci d'une cohérence organisationnelle et d'une politique globale).

Cyprien Richer n'évoque pas la question des relations entre l'intercommunalité et le département. Aussi, sur cette question, il est possible de renvoyer le lecteur vers le dossier de l'AdCF : "Relations Conseils généraux et communautés : Pacte territorial ou lutte d'institutions ? [29]

Pour ce géographe, quelles questions restent ouvertes[30] ? Celles de ...
- la dimension optimale des regroupements intercommunaux : la division reste "trop étroite" (Chacoche, 2001)
- la technique de découpe : la création de pays calqués sur le simple maillage administratifs, ou bien de pays conduisant à la constitution de "fiefs politiques" (Frère, Richer, 2006), résultats tous deux éloignés de l'esprit présidant à la mise en place de ces structures; le grégraphe privilégie l'échelle du bassin versant, celle de l'agglomération, du bassin de vie, de la zone d'emploi, de l'aire urbaine [31]. L'aire urbaine est, en outre, le cadre spatial de référence de la Loi Voynet (1999) et de la loi SRU (2000). En 2006, Jean-Pierre Chevènement pouvait déjà constater que " la très grande majorité des aires urbaines disposent de structures d’action efficaces pour préparer l’avenir à moyen et long terme : 14 communautés urbaines, 164 communautés d’agglomération, alors que nous n’en prévoyions au départ qu’une quarantaine, et de nombreuses communautés de communes constituées autour de villes petites et moyennes [32]
- même remarque que la précédente sur les ECPI, qui sont constitués plus en fonction "des affinités électives [que des] préoccupation spatiales" (Chaboche, Baudelle, 2002)
- l'analyse spécifique du géographe, qui consiste à emboîter ou à mettre en relation des échelles différentes, conduit à mettre l'accent non pas tant sur le découpage des institutions intercommunales, mais sur leur nécessaire articulation. Ainsi, pour Martin Vanier, cité par Cyprien Richer : "c'est [...] la multiplication des échelles et des cadres territoriaux et, surtout, leur articulation qui représente la véritable innovation institutionnelle [33] ". Reprenant l'idée, en conclusion, Cyprien Richer oppose deux manières de considérer la questions intercommunale : "soit l'on discute inlassablement de la taille des périmètres, soit l'on considère la complexité institutionnelle comme une richesse, en recherchant les interactions nécessaires entre les différents échelons [34]."

Jean-Pierre Chevènement, propose de son côté de mieux prendre en compte le rôle des intercommunalités, en particulier par la relance  des contrats de plan entre l’Etat et les groupements intercommunaux, pour un meilleur aménagement du territoire, notamment en matière d’équipements communautaires et d’habitat social [35]. En outre, pour lui, si un danger menace aujourd'hui les intercommunalités, c'est la question de leur financement : "Le vrai danger qui menace les intercommunalités est constitué aujourd’hui par l’érosion de [leur] principale ressource : la TPU, aujourd’hui amputée de la part salariale (dont la progression est alignée à environ 1 % sur celle de la DGF) et plafonnée à 3,5 % de la valeur ajoutée, ce qui touche environ 40 % des bases. Par ailleurs la progression de ces mêmes bases est ralentie voire annulée par le retournement de conjoncture économique. Il faut inscrire cette difficulté de financement dans une perspective plus vaste : celle de la réforme de la fiscalité locale pour garantir une progression raisonnable de ses recettes à l’intercommunalité. La création d’une fiscalité additionnelle, aujourd’hui souvent rendue inévitable par la contradiction entre la nécessité de mener à bien de véritables projets d’agglomération et la stagnation des recettes de TPU, n’est pas une solution pour l’avenir à très long terme. [36]"

[1] "Questions vives pour la géographie de l'intercommunalité", par Cyprien Richer, post-doctorant à l'Université de Franche-Comté, Laboratoire ThéMA, in L'Information géographique, n°4, volume 72, décembre 2008, Armand Colin, Paris, pp. 56-77.
[2] voir le texte de Loi sur légifrance http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000005628197&dateTexte=20090118
[3] "Des réformes ciblées pour les collectivités territoriales" - Intervention de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, ancien ministre de l’Intérieur, dans le cadre de la mission sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales, mercredi 14 janvier 2009.
[4] http://www.adcf.asso.fr/2-163-Fiche-Intercommunalite.php?num=22
[5a] et [5b] "Des réformes ciblées pour les collectivités territoriales" - Intervention de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, ancien ministre de l’Intérieur, dans le cadre de la mission sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales, mercredi 14 janvier 2009. http://www.chevenement.fr/Des-reformes-ciblees-pour-les-collectivites-territoriales_a750.html
[6] "Questions vives pour la géographie de l'intercommunalité", par Cyprien Richer, op. cit. p. 57 ; à
confronter avec la déclaration du ministre délégué aux collectivités territoriales, le 17 mars 2006 au Sénat, qui avance le chiffre de 32 913 communes concernées par l'intercommunalité à fiscalité propre, soit 53,8 millions d’habitants au 1er janvier 2006. Jean-Pierre Chevènement précise que "les groupements à taxe professionnelle unique concernent, eux, 15 130 communes et 40,9 millions d’habitants, soit les deux tiers de la population française." (intervention à la 17e Convention nationale de l'ADCF, Deauville, jeudi 12 octobre 2006)
[7] "Des réformes ciblées pour les collectivités territoriales" - Intervention de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, ancien ministre de l’Intérieur, dans le cadre de la mission sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales, mercredi 14 janvier 2009. http://www.chevenement.fr/Des-reformes-ciblees-pour-les-collectivites-territoriales_a750.html
[8] carte "La France intercommunale 2008" http://www.intercommunalites.com/2-163-Fiche-Intercommunalite.php?num=117
[9] "Questions vives pour la géographie de l'intercommunalité", op. cit., p. 56
[10] idem, p. 64
[11] environ
36 600 communes en France, contre 8 000 en Italie et en Espagne, 1 400 en Allemagne, 590 en Belgique, mais selon Jean-Pierre Chevènement : "c’est dans la commune d’abord que vit le principe de la démocratie." in Jean-Pierre Chevènement, "éléments d'intervention à la 17e Convention nationale de l'ADCF", Deauville, jeudi 12 octobre 2006 
[12] "Des réformes ciblées pour les collectivités territoriales" - Intervention de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, ancien ministre de l’Intérieur, dans le cadre de la mission sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales, mercredi 14 janvier 2009. http://www.chevenement.fr/Des-reformes-ciblees-pour-les-collectivites-territoriales_a750.html
[13] "Questions vives pour la géographie de l'intercommunalité", op. cit p. 65
[14] idem, p. 64
[15]
idemi, p. 65
[16] idem, p. 73
[17] idem, p. 62
[18] idem, p. 65
[19] idem, p. 59
[20] idem, p. 59 et note 5, même page
[21] liste disponible : idem, notes p. 60
[22] idem, p.61
[23] idem, p. 61
[24] idem, p. 66
[25] idem, p. 67
[26] "Des réformes ciblées pour les collectivités territoriales" - Intervention de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, ancien ministre de l’Intérieur, dans le cadre de la mission sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales, mercredi 14 janvier 2009. http://www.chevenement.fr/Des-reformes-ciblees-pour-les-collectivites-territoriales_a750.html
[27] "Questions vives pour la géographie de l'intercommunalité", op. cit., p. 67
[28] idem, p. 69
[29] 
http://www.adcf.asso.fr/files/dosinstitetjuridique/dossier-dApartements-agglos-0908.pdf
[30] "Questions vives pour la géographie de l'intercommunalité", op. cit., p. 70
[31] idem, p. 71, note : ""La notion d'aire urbaine est porteuse d'une double référence : explicite, à un schéma monocentrique classique composé d'un centre et de sa périphérie; implicite, à l'organisation d'un système de transports optimisé en vue de garantir l'accessibilité à ce centre principal" (Gallet, 2005). De ce fait, l'aire urbaine correspond aux limites de la ville automobile; il apparaît donc paradoxal d'estimer que l'optimum territorial de l'intercommunalité (et des transports publics) soit l'aire urbaine."
[32] Jean-Pierre Chevènement, "éléments d'intervention à la 17e Convention nationale de l'ADCF", Deauville, jeudi 12 octobre 2006
[33] "Questions vives pour la géographie de l'intercommunalité", op. cit., p. 72
[34] idem, p. 73
[35] Jean-Pierre Chevènement, "éléments d'intervention à la 17e Convention nationale de l'ADCF", Deauville, jeudi 12 octobre 2006
[36] "Des réformes ciblées pour les collectivités territoriales" - Intervention de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, ancien ministre de l’Intérieur, dans le cadre de la mission sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales, mercredi 14 janvier 2009. http://www.chevenement.fr/Des-reformes-ciblees-pour-les-collectivites-territoriales_a750.html





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Un instituteur ...

"Nous allons nous entretenir aujourd'hui d'une époque [à laquelle] nous devons tout ce que nous avons : je veux parler de la Révolution de 1789 [...]
Je pense ne surprendre personne ici en déclarant que moi, enfant du peuple comme vous tous, je suis un admirateur de cette Révolution, qui a tout fait pour la classe à laquelle nous appartenons. Partisan résolu des principes ineffaçables contenus dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, je ferai tout mon possible pour arriver à les faire connaître, ces principes devant former le catéchisme de tout républicain [...]
[La République] a fait de grands efforts pour rendre les lois plus justes, et pour que les charges soient également réparties entre tous les citoyens. Elle a surtout cherché à améliorer le sort du peuple, de l'ouvrier, de ce qu'on a l'habitude d'appeler le petit."
Conférence populaire prononcée par l'instituteur d'une commune du Loir-et-Cher (167 habitants) en 1899, publié par J. OZOUF, Nous les maîtres d'école, Paris 1967.

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